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Archives pour 05/2011

Comprendre la littérature anglophone

 

 

Vous cherchez des petites études critiques des auteurs anglais et américains les plus récents et vous désespérez d’en trouver ?

 

Sachez que les presses universitaires de l’université de Caroline du Sud ont lancé une collection nommée « Understanding« , destinée à éclairer les œuvres d’écrivains comme Toni Morrison, Julian Barnes ou encore Paul Auster.

 

En langue originale mais de lecture aisée, cette série est destinée à tous ceux qui souhaitent accompagner leurs lectures de littérature contemporaine d’un éclairage critique.

***

Voici une bibliographie des titres que vous trouverez à la bibliothèque Clignancourt, suivis de leurs cotes pour les localiser sur les rayons :

- Bauer, Margaret Donovan (1963-). Understanding Tim Gautreaux. 2010. EU 81 GAU 4 bau
– Birns, Nicholas. Understanding Anthony Powell. 2004. GB 82 POW 4 bir
– Fisher, James. Understanding Tony Kushner. 2008. EU 81 KUS 4 fis
– Friedman, Lawrence S. Understanding Cynthia Osick. 1991. EU 81 OZI 4 fri
– Frye, Steven. Understanding Cormac McCarthy. 2009. EU 81 MCC 4 fry
– Furman, Marva Jannett. Toni Morrison’s fiction. 1996. EU 81 MOR 4 fur
– Gleason, Paul William. Understanding T.C. Boyle. 2009. EU 81 BOY 4 gle
– Griffin, Alice, et Geraldine Thorsten. Understanding Lillian Hellman. 1999. EU 81 HEL 4 gri
– Kreyling, Michael. Understanding Eudora Welty. 1999. EU 81 WEL 4 kre
– Landon, Brooks. Understanding Thomas Berger. 2010. EU 81 BER 4 lan
– Link, Eric Carl. Understanding Philip K. Dick. 2010. EU 81 DIC 4 lin
– Malcolm, David. Understanding Ian McEwan. 2002. GB 82 MCE 4 mal
– Moffett, Joe. Understanding Charles Wright. 2008. EU 81 WRI 4 mof
– Moseley, Merritt. Understanding Julian Barnes. 1997. GB 82 BAR 4 mos
– Nakadate, Neil. Understanding Jane Smiley. 2010. EU 81 SMI 4 nak
– Peacock, James. Understanding Paul Auster. 2010. EU 81 AUS 4 pea
– Rood, Karen Lane. Understanding Annie Proulx. 2001. EU 81 PRO 4 roo
– Roudané, Matthew Charles. Understanding Edward Albee. 1987. EU 81 ALB 4 rou
– Spikes, Michael Paul. Understanding contemporary American literary theory. 2003. 810.15 SPI
– Theado, Matt. Understanding Jack Kerouac. 2000. EU 81 KER 4 the
– Whitt, Margaret Earley (1946-). Understanding Flannery O’Connor. 1997. EU 81 OCO 4 whi

Le château perché d’Henri IV

Un bel ouvrage, fruit d’un travail collectif, a paru en décembre 2010 à l’occasion de l’exposition consacrée à « Henri IV, prince de paix et patron des arts » au musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.

Le livre retrace l’histoire d’un château disparu, demeure de Henri II et de Henri IV, qui s’épanouissait jadis sur les pentes d’un site exceptionnel de la vallée de la Seine.

ChateauNeufgros

« Le Château-neuf de Saint-Germain-en-Laye » paru aux Presses franciliennes sous la direction de M. Emmanuel Lurin, professeur d’Histoire de l’art à Paris IV, retrace avec beaucoup d’élégance l’histoire d’une grande demeure royale aujourd’hui disparue.

M. Lurin a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses sur le sujet :

 

-Le Château-Neuf, dont l’architecture est singulière, évoque l’idée d’une villa à l’italienne, lieu de délassement entre demeure et jardins : est-il significatif du règne d’Henri IV ?


« Le Château-Neuf a pour origine une simple maison de plaisance, demeurée inachevée à la mort de son commanditaire le roi Henri II (1559). Trente-cinq ans plus tard, Henri IV relance les travaux et agrandit cette maison aux dimensions d’un château, qui conserve néanmoins le caractère intime et les fonctions d’une villa.

On y reconnait le goût du roi pour les galeries d’apparat, les portiques ouverts sur des terrasses et de beaux jardins – autant d’éléments que l’on retrouve dans d’autres constructions du règne, comme le château de Fontainebleau ou le « palais-villa » des Tuileries. Mais c’est au Château-Neuf que le goût d’Henri IV en matière de bâtiments et de jardins apparaît avec le plus d’évidence. »

350px-Saint-Germain-en-Laye_château2_dessinLe Château Neuf en 1637,
par Auguste Alexandre Guillaumot (1815-1892) (Gallica)


-Le site à flanc de colline, courant jusqu’à la Seine, regroupe plusieurs monuments, le Château-neuf et le Château-Vieux : quelles sont leurs différences et leurs spécificités ?


« À la fin du XVIe siècle, le domaine royal de Saint-Germain-en-Laye comportait en effet deux résidences, dont la principale et la plus ancienne était le Château-Vieux. C’est la demeure historique des rois, reconstruite par François Ier en vue d’accueillir le souverain et toute la cour. À partir de 1557, Henri II fait bâtir dans le parc une maison de plaisance dont le principal attrait – outre le calme et l’isolement qu’elle offre au roi et à son entourage – est la belle vue sur la vallée de la Seine.

Par la suite, Henri IV donne beaucoup d’ampleur et de faste à ce « Bâtiment-Neuf » dont il fait sa résidence personnelle à Saint-Germain. Sans abandonner le Château-Vieux, il le réserve à ses courtisans et surtout à sa famille, d’abord le dauphin (1601), puis tous ses enfants, légitimes et illégitimes, qu’il fait élever ensemble dans le grand château de Saint-Germain. Ce rapport de complémentarité entre le château principal et une maison satellite, réservée au roi, se retrouve au XVIIe siècle : Louis XIII fera aménager pour lui-même le petit château du Val dans la forêt de Laye tandis qu’à Versailles, Louis XIV fera construire le Grand Trianon dans les années 1680. »

 

-Le déploiement en terrasses du Château-Neuf témoigne-t-il d’un renouveau architectural ? Et qu’en est-il des grottes artificielles et des jardins qui recèlent des merveilles d’hydraulique ?


« Rappelons que la vue panoramique sur la vallée de la Seine avait déjà « attiré » la maison d’Henri II en bordure de plateau. Mais la décision d’aménager la pente entre le Château-Neuf et la Seine revient certainement à Henri IV.

Il y fait bâtir un immense jardin en terrasses, dont la partie supérieure s’ordonnait autour de deux galeries monumentales, ouvertes en portiques : la galerie dorique et la galerie toscane. Celles-ci abritaient des grottes artificielles, agrémentées de fontaines à automates, qui sont l’œuvre de Tommaso Francini, un ingénieur italien qui avait travaillé auparavant dans les villas du duc de Toscane.

Si les jardins de pente étaient nombreux en Italie centrale, ils étaient beaucoup plus rares en France et celui de Saint-Germain est une œuvre exceptionnelle, dont la composition s’inspire du complexe hellénistique du temple de la Fortune à Préneste, près de Rome. C’est là que réside le caractère fondamentalement « italien » du projet, avec les grottes et les fontaines ajoutées par les Francini. Pour le reste, on est bien loin des jardins maniéristes d’Italie centrale : le jardin du Château-Neuf privilégie l’espace, la perspective et la symétrie, annonçant déjà les grands jardins « à la française ». »

 

-L’ouvrage que vous avez dirigé est extrêmement riche en iconographie :
était-il aisé de dénicher et rassembler toutes ces eaux-fortes, gravures
et plans ?


« L’iconographie du livre est le fruit de longues recherches documentaires dans les fonds de la Bibliothèque nationale, de l’École nationale des Beaux-Arts, des Archives départementales des Yvelines ou encore des musées de Saint-Germain (mais il reste encore bien d’autres pièces à exhumer, notamment aux Archives nationales).

S’agissant d’un château disparu et encore peu étudié, il était important de reproduire dans le livre l’essentiel de la documentation, des vestiges et des œuvres conservées. Dans la composition des catalogues et la rédaction des notices, nous avons mené un travail assez complexe d’analyse et de composition : chaque pièce est étudiée pour elle-même (en particulier les gravures qui, on l’oublie trop souvent, sont des œuvres d’art avant d’être des « documents » d’architecture) mais aussi reliée au projet d’ensemble qui est une description raisonnée du Château-Neuf. Un vrai travail de mosaïste qui choisit et assemble ses pièces dans une composition d’ensemble, sans oublier la valeur de chacune d’entre elles… »

 

-Vous dites dans le prologue que le livre s’ouvre sur une absence
irrémédiable, celle du château disparu : au-delà de l’écriture, l’élégance que dégage l’ensemble de l’ouvrage serait-elle due à un brin de nostalgie ?

 

« Ce soin que je porte à l’écriture, et que je partage avec mes auteurs, n’a rien à voir avec le sujet du livre. N’oublions pas que les œuvres d’art sont des pensées formelles, qui imposent à l’historien une forme très particulière d’exégèse : la réflexion, en histoire de l’art, est presque indissociable du regard que l’on porte sur les œuvres et des termes que l’on choisit (non sans mal) pour les commenter.

Quant à la nostalgie, je ne crois pas qu’elle soit vraiment présente dans notre livre. La nostalgie est un sentiment de perte et de regret, que l’on peut éprouver à titre individuel, mais qui n’a pas sa place dans le travail et le discours d’un historien. Je n’ai aucune nostalgie envers le règne d’Henri IV et n’aspire en aucun cas à voir « restaurés » un jour la culture ou l’art de cette époque (ainsi, le projet de reconstitution des Tuileries est pour moi une aberration culturelle). De même, je n’ai rien à dire sur la destruction du Château-Neuf, qui est un fait historique comme un autre, si ce n’est qu’elle conditionne fortement mon enquête. Je suis sensible en revanche aux ruines, comme aux documents d’archives et à tous les témoignages fragmentaires du passé. »

 

Le « Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye » est disponible à la bibliothèque Michelet en plusieurs exemplaires ainsi qu’au prêt à domicile aux cotes : CAT 2010-59  et CAT 2010-59+1

Article wikipedia sur le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye.

Clarice Lispector à la bibliothèque Clignancourt

A la suite du colloque organisé par les universités de Paris 8 et Paris Sorbonne, la bibliothèque Clignancourt a réalisé une sélection d’ouvrages critiques sur l’auteure brésilienne Clarice Lispector (1920-1977). Considérée comme un écrivain majeur du XXe siècle au Brésil, cette femme de lettres et journaliste est encore méconnue en France.

L’exposition a lieu jusqu’à la fin du mois et les ouvrages sont d’ores et déjà empruntables.

———

Plus d’informations sur Clarice Lispector sont à retrouver sur le blog de l’UFR de portugais, Estudos lusófonos.

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Antiquité rêvée …

Depuis quelques jours se tient à  la Maison de la Recherche une exposition organisée par la bibliothèque (1). Cette exposition de l’artiste Roger Blaquière propose une immersion dans un ensemble d’œuvres  montrant des livres d’artistes, des gravures détournées, des peintures sur papier et des terres cuites.

Un long séjour de Roger Blaquière à la Villa Médicis de Rome a profondément marqué et inspiré son œuvre. Pour l’artiste, il s’agit non pas d’études savantes et objectives sur l’Antiquité mais d’un vagabondage sur ce grand passé de notre culture. L’utilisation de papier kraft comme support de couleur donne à celle-ci une profondeur et une vibration nécessaire à ce « fatras pittoresque de la mémoire »(2).

Présentés dans les vitrines, les leporello(3) aux titres évocateurs « Variation divinatoire« , « Petits talismans pour un parcours oublié » ou « Le rivage d’Aéa » témoignent d’ « Etranges voyages »  dans un univers poétique empreint d’un ailleurs mystérieux. Quant aux Déesses et Idoles de terre et de papier,  Claude Gache écrit qu‘ « elles ont dû, autrefois, méduser de jeunes guerriers comme l’affirment certaines légendes ; aujourd’hui, leur format réduit contribue à en faire des objets d’une dévotion profane et esthétique ».(4) Une exposition sur le thème du vestige, présentée dans le cadre de l’association du Centre Allonnais de Prospection et de Recherches Archéologiques, souligne l’inscription de la pratique de l’artiste dans une démarche mémorielle dont la forme même appartient à l’artiste.

Une déambulation dans la bibliothèque mais aussi au pied de l’escalier B permettra de découvrir au gré de vos sens, une œuvre qui mérite que l’on s’y attarde.

(1) 28 rue Serpente (75006 Paris) jusqu’au 24 juin 2011

(2) (4) Extrait du catalogue publié à l’occasion de la rétrospective Roger Blaquière présentée à L’Espal (Le Mans – 2009)

(3) Technique de pliage et de collage des pages pour que le livre puisse s’ouvrir comme un accordéon

Site de l’artiste : http://www.roger-blaquiere.com/

Photos  publiées avec l’accord de Roger Blaquière

Scielo, des revues en accès ouvert pour le monde ibérique et latino-américain

En accès libre, Scielo est une plate-forme multidisciplinaire de publication de revues scientifiques en constante évolution pour les étudiants en sciences humaines ou en sciences exactes. Cette ressource permet un accès à plus de 750 revues scientifiques ibériques et latino-américaines et à plus de 290 000 articles en texte intégral.

Scielo est un outil fondamental pour la recherche, car il propose l’accès à des revues scientifiques très connues dans le monde ibérique et latino-américain. Il est à noter que cet outil s’adresse aussi bien aux hispanistes et aux étudiants en portugais qu’à tous ceux qui souhaitent établir une comparaison avec les recherches conduites en Espagne, au Portugal et en Amérique latine.

Recherchez et retrouvez simplement les différents documents dont vous avez besoin à l’aide des différents modes de recherche proposés (par mots clés, par thèmes ou par revues).

Le plus : lorsque vous cliquez sur un article, une barre de services située à gauche vous offre plusieurs possibilités dont celle de traduire l’article ou de l’envoyer par e-mail.

A noter : le portail et les articles étant intégralement en espagnol ou en portugais, il est important de bien maîtriser ces langues. Néanmoins, la plate-forme est accessible également en anglais. De surcroît, grâce à la barre de services située à gauche des articles, une traduction directe des articles est possible vers plusieurs langues, dont le français.

Laura Navarro

Mémoires d’Auteuil : se rappeler l’histoire de l’école normale devenue IUFM

Mémoires d’Auteuil est un groupe formé par d’anciens enseignants de l’IUFM de Paris et de l’École normale d’instituteurs d’Auteuil, qui se proposent de refaire vivre l’histoire du site Molitor, à partir des documents préservés. Différentes actions sont menées :

  • Rappeler l’histoire des institutions et de la formation des enseignants. Grâce aux travaux et aux publications conservés, découvrir la vie quotidienne des stagiaires et les voyages réalisés par de nombreuses promotions de normaliens.
  • Effectuer un travail d’inventaire des monographies de 1925 à 1981, référencer les notes de voyage des normaliens ainsi que l’ensemble des collections photographiques conservées depuis 1882, garder la mémoire des matériels pédagogiques (sciences, beaux-arts, …).
  • Organiser des expositions, comme « Mémoires d’Auteuil » en 2009 à Molitor et “Dessin et Arts Plastiques à Auteuil depuis 1872” en 2010 à Molitor puis jusqu’en février 2011 sur le site Batignolles.
L’ensemble de ce travail est présenté sur le site internet memoiresdauteuil.free.fr et enrichi régulièrement, notamment grâce aux apports constants et bienvenus des anciens élèves ou enseignants de l’établissement.

Le groupe Mémoires d’Auteuil est présent à Molitor le mardi après-midi (bureau C106).

La vie de la première bibliothèque du collège de la Sorbonne

Vous souhaiteriez connaître le fonctionnement de la toute première bibliothèque du collège de la Sorbonne ? Quelles collections  conservait-elle ? Comment le bibliothécaire gérait-il le fonds ? Et que dire des lecteurs ? Avaient-ils les mêmes droits ? Y avait-il beaucoup de différences avec nos SCD ? Pas si sûr…

Au XIIIe siècle naît l’université de Paris et le collège de la Sorbonne est fondé en 1257 près de la montagne Sainte-Geneviève. À l’origine, l’université est une association spirituelle regroupant maîtres et étudiants dans la défense d’intérêts communs. Le collège est un pensionnat destiné à loger les plus pauvres des étudiants avant de s’étendre aux autres. Au fur et à mesure de leur développement, les maîtres suivent leurs élèves et viennent y dispenser leur enseignement.

Le collège de la Sorbonne  abrite dès son édification des manuscrits, la plupart en latin. La majeure partie provient des dons de clercs, sociétaires d’alors. Durant les 15 premières années, peu nombreux, ils sont déposés dans des coffres, au trésor, salle où l’on conserve les objets de valeur. Difficile alors de parler de véritable bibliothèque.

Les dons continuent à affluer. En 1289, on organise enfin une bibliothèque digne de ce nom. Grâce à son nombre de volumes (près de 1 000), elle est déjà la plus grande de Paris et une des plus importantes d’Europe.

Comment est organisée la bibliothèque ?

La première bibliothèque est aménagée au premier étage du collège dans une pièce longue et étroite. Elle mesure 40 pas de longueur et 12 pas de largeur. Elle est éclairée par 38 fenêtres. Les subdivisions du catalogue ornent les murs et les vitraux. Cette salle est la bibliothèque commune bientôt appelée « magna libraria » (grande bibliothèque). C’est l’actuel libre accès. La « parva libraria » (petite bibliothèque) renferme les doubles, les volumes rarement consultés et ceux réservés au prêt. C’est l’actuel magasin.

Dans la bibliothèque commune, les livres sont enchaînés à des pupitres inclinés (26) disposés en rangées. Ils sont posés à plat sur le pupitre et sur un rayon placé en dessous. Une ferrure rivée à la reliure du manuscrit retient l’un des bouts de la chaîne. Une tringle commandée par une serrure à l’extrémité relie l’autre bout. Ces chaînes ont pour but de prévenir les vols.

Dans la petite bibliothèque, dans le même souci, les livres sont déposés dans des armoires et coffres fermés à clé. On y appose des marques de propriété, équivalent des tampons sur la page de garde. Au début, l’autorisation d’emprunter est  réservée aux sociétaires. Puis, à la fin du XIIIe siècle, elle s’étend à un plus large public. C’est le cas des anciens sociétaires, étudiants extérieurs, maîtres en théologie et universitaires extérieurs. Pour emporter à domicile il faut s’identifier. On  inscrit les noms et les ouvrages sur des feuilles volantes ou sur les pages de garde blanches. On découpe ces mentions une fois le retour fait. Les prêts sont gratuits. A partir de 1321, les lecteurs extérieurs devront s’acquitter d’une caution.

Quelles sont les règles ?

La bibliothèque est régie dès son origine par un règlement draconien. Il se précise en 1321. La bibliothèque est considérée comme un lieu sacré. Les lecteurs ne peuvent  ni parler,  ni  chuchoter. Ils ne doivent pas déranger quiconque en marchant.

Les ouvrages sont fragiles. Ils sont menacés de toute part. Par la poussière, l’eau, l’huile, le feu, les taches de cire et de graisse. Les lecteurs doivent alors se laver les mains et refermer le livre après chaque consultation à l’aide du fermoir. Les œuvres ne sont pas non plus à l’abri des coups de canifs et de ciseaux. Faire des signets est d’un usage courant. De même que de découper le folio pour s’en faire du brouillon. Pour chaque délit, on exige six deniers. Et dans certains cas on recourt à l’excommunication.

La bonne conservation des collections passe aussi par le contrôle strict de l’entrée de la bibliothèque. Elle est interdite aux enfants et aux illettrés. Les étrangers doivent être accompagnés par un membre du collège. Il se reconnaît à sa tenue composée  d’une robe et d’un bonnet. Il est responsable de son hôte. Il possède une clé de la bibliothèque et doit fermer la porte après chaque passage.

Les professeurs ne sont pas des lecteurs ordinaires. Ils ont quelques privilèges, dont celui de pouvoir consulter en priorité les ouvrages demandés. Et certains folio leurs sont seuls réservés. Il s’agit pour la plupart d’écrits interdits.

Comment le bibliothécaire gère-t-il son fonds ?

Un premier catalogue est mis en place à la fin du XIIIe siècle. Les manuscrits sont classés par sections et, à l’intérieur de chacune d’entre elles, les auteurs par ordre alphabétique.

La première section comprend le trivium (grammaire, rhétorique, logique). La deuxième, le quadrivium (arithmétique, astronomie, musique, alchimie, géométrie, médecine). La troisième, la partie religieuse (textes sacrés, commentaires, concordances, pères de l’Église).

Le bibliothécaire donne à chaque volume un numéro d’ordre à l’intérieur de chaque section, par exemple le numéro 8 parmi les livres de Saint Bernard.

En 1321, un nouveau catalogue est mis en place. La bibliothèque comprend, en 1338, 1 720 ouvrages dont 300 dans la « magna libraria » et  1 400 dans la « parva libraria ». Désormais deux catalogues coexistent. Le premier donne la liste des volumes avec un titre abrégé dans l’ordre où ils figurent sur les pupitres. Le titre de chaque volume est accompagné des premiers mots du texte. Une cote ABC leur est attribuée. Un deuxième catalogue est une sorte d’index du contenu des volumes répartis par matière (grammaire, logique, écritures…) car un ouvrage peut porter sur plusieurs sujets. Ici les mots du second ou de l’avant-dernier feuillet remplacent les premiers mots du texte.

Ces catalogues sont constitués pour la commodité des bibliothécaires eux-mêmes, afin d’assurer la bonne gestion du fonds. Les étudiants et les maîtres n’y ont pas accès.

Au fil des ans, le fonds ne cesse de s’accroître. Dans la seconde moitié du XVe siècle, la première presse s’installe  à la Sorbonne et le nombre d’imprimés dépasse celui des manuscrits. En 1770, une partie des collections du collège rejoint la toute nouvelle bibliothèque de la Sorbonne sous le nom de Bibliothèque de l’Université de Paris.

Photos :
– vue du collège de Sorbonne en 1550. Domaine public. Source : Wikimedia commons,
– Rector of the University of Paris and Doctor of the Sorbonne. Domaine public. Source : Wikimedia commons,
– Miniature Prayer Book In Latin, illuminated manuscript on parchment. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

Historiae de rebus Hispaniae

La bibliothèque Marcel-Bataillon se trouve depuis peu en possession d’un ouvrage ancien : La Historia General en tres tomos de Juan de Mariana dans une édition de 1733.

Né en 1536 à Talaverne, Juan de Mariana est un jésuite espagnol et un théoricien politique, resté célèbre pour sa monumentale Historia general de España. Elevé par les jésuites, il étudie à l’université d’Alcalá. Pour enseigner la théologie, il voyage en Europe, notamment en Italie et en France. Au Collège Romain où il est nommé à 25 ans, il est remarqué pour ses commentaires de Saint Thomas d’Aquin. Il revient ensuite en Espagne pour s’installer définitivement à Tolède où il mourra en 1624.

Outre son œuvre principale, Historia general de España, Juan de Mariana est aussi connu pour son traité anti-absolutiste « De Regis et Rege institutioni » (1598). Bien accueilli en Espagne mais jugé subversive en France, ce livre est brûlé en place publique à la suite de l’assassinat d’Henri IV.

« Historiae de rebus Hispaniae » a été publié à Tolède à partir de 1592. En 1605, Juan de Mariana augmente l’édition de dix livres, consacrés à l’accession au trône de Charles IX. Ensuite les auteurs de cette somme ont fait de nouveaux ajouts, jusqu’à l’accès au trône de Philippe IV en 1621.

Cet ouvrage, plébiscité par la critique de l’époque, a amené Juan de Mariana à en faire une traduction du latin en espagnol. Il reste une référence pour la rigueur de ses recherches historiques.

Photos :
– Juan de Mariana : domaine public. Source : wikimedia commons,
– Historia de España : bibliothèque Marcel-Bataillon.

La bibliothèque Marcel – Bataillon se trouve depuis peu, en possession d’un ouvrage ancien : La Historia General en tres tomos de Juan de Mariana dans une édition de 1733.

 

Né en 1536 à Talaverne, Juan de Mariana est un jésuite espagnol et un théoricien politique, resté célèbre pour sa monumentale Historia general de España. Elevé par les jésuites, il étudie à l’université d’Alcalá. Pour enseigner la théologie, il voyage en Europe, notamment en Italie et en France. Au Collège Romain où il est nommé à 25 ans, il est remarqué pour ses commentaires de Saint Thomas d’Aquin. Il revient ensuite en Espagne pour s’installer définitivement à Tolède où il mourra en 1624.

 

Outre son œuvre principale, Historia general de España, Juan de Mariana est aussi connu pour son traité anti-absolutiste « De Regis et Rege institutioni » (1598). Bien accueillie en Espagne mais jugée subversive en France, ce livre est brûlé en place publique à la suite de l’assassinat d’Henri IV.

 

« Historiae de rebus Hispaniae » a été publié à Tolède à partir de 1592. En 1605, Juan de Mariana augmente l’édition de dix livres, consacrés à l’accession au trône de Charles IX. Ensuite les auteurs de cette somme ont fait de nouveaux ajouts, jusqu’à l’accès au trône de Philippe IV en 1621.

 

Cet ouvrage, plébiscité par la critique de l’époque, a amené Juan de Mariana à en faire une traduction du latin en espagnol. Il reste une référence pour la rigueur de ses recherches historiques.

Carme Riera à la Bibliothèque d’études catalanes

Carme Riera (Palma de Majorque, 12/01/1948) est l’auteure du roman La meitat de l’ànima (La moitié de l’âme), œuvre au programme de l’agrégation 2011. Elle a publié plusieurs romans, recueils de narrations, études littéraires et a remporté de nombreux prix littéraires en Catalogne. Elle est enseignante à l’Université autonome de Barcelone.

Venez la rencontrer le Vendredi 13 mai 2011 à 18h à la Bibliothèque d’études catalanes.

Pour cette occasion, vous pourrez consulter et/ou emprunter les œuvres de et sur l’auteure disponibles à la bibliothèque ainsi qu’un dossier de presse réalisé par les bibliothécaires. Ils seront présentés sur une table avec des bibliographies sélectives jusqu’au 16 mai.

Bibliothèque du Centre d’études catalanes
9 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
Tél: 01.42.77.65.69
bibliotheque.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr

 

Le cinéma brésilien à la bibliothèque Clignancourt

A l’occasion du 13e festival de cinéma brésilien de Paris, la bibliothèque Clignancourt a effectué une sélection d’ouvrages que vous pouvez consulter et emprunter durant une quinzaine de jours.

Des ouvrages ainsi que des DVD sur le cinéma brésilien sont exposés. Vous retrouverez aussi des informations sur le festival qui a lieu du 4 au 17 mai 2011.

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