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Archives pour 07/2011

Les outils du bibliothécaire : le caddie

Le caddie, la poussette, le chariot à roulettes avec ses variantes : deux, voire six roulettes, rondes et pas carrées…

C’est l’outil majeur du bibliothécaire pendant toute sa carrière de forçat. Traîner des kilos voire même des tonnes de livres dans des escaliers classés pour cause d’ascenseur en panne.

Mais parfois le bibliothécaire au lumbago persistant trouve une aide inattendue : un pharaon, assis par là depuis des milliers d’années, lui tend une main charitable quoique pétrifiée…

Toutencarton était son nom. Il se mit à parler : j’aime votre métier, moi aussi je voulais être bibliothécaire et fumer des papyrus.

L’intention était louable.

Voici un problème technique quotidiennement renouvelé : transporter dans un raidillon impraticable, (baudriers bienvenus) les nouvelles acquisitions :

Mais le bibliothécaire est héroïque, voir têtu, et il continue sa tâche vaillamment. Il collectionne les caddies et fini par en rêver la nuit…

Fabrice Cicard, Soline Astier.
Photos : Fabrice Cicard

 

Découvrir la littérature sud-africaine, Zakes Mda

Zakes Mda, peintre, poète et dramaturge Sud Africain, a enseigné la littérature africaine au Lesotho et aux Etats-Unis. De retour en Afrique du Sud en 1995, il publie son premier roman She Plays with the Darkness, puis Le Pleureur (Dapper, 1999). Au pays de l’ocre rouge, son troisième roman, a reçu le prix du Commmonwealth en 2001. Son quatrième roman La Madone d’Excelsior est paru au Seuil en 2004. Il a ensuite écrit la pièce de théâtre La Route portée à la scène par Ewlyne Guillaume (France, 2007, filmée par François Dubreuil).

Le roman : en 1971, dix-neuf citoyennes d’Excelsior sont accusées d’avoir enfreint « L’Apartheid Immorality Act » qui interdisait les relations sexuelles entre blancs et noirs. Zakes Mda s’inspire de ce fait pour écrire l’histoire d’une famille au cœur de ce scandale. Nikki, la madone déchue transgresse les interdits par amour, ses choix auront alors des répercussions sur les vies de son fils noir Viliki, et de sa fille métisse, Popi, qui grandissent dans l’Afrique du sud d’après l’Apartheid. La Madone d’Excelsior, illustrée par les peintures de l’auteur est une description authentique, haute en couleurs et brillante de la vie en Afrique du Sud et de ses changements depuis les années soixante-dix.

“The strange thing was that there was only one queue. Not two, as was the case not so long ago: a slow long queue for blacks and a quick short one for whites. One queue now, for all the colours of the rainbow.”

Le roman est disponible à la bibliothèque Clignancourt, cote : AF 82 MDA 3 mad.

Magali Lauret, stagiaire à la bibliothèque Clignancourt

Lectures d’été : Lunar park, Bret Easton Ellis

Roman le plus abouti de Bret Easton Ellis pour beaucoup, Lunar park est une œuvre dérangeante qui se joue des genres littéraires tout en pointant avec une ironie grinçante les travers de la société américaine forturnée.

Dans ce livre, Bret Easton Ellis recourt à l’autofiction. Débutant la lecture, on pourrait croire se trouver dans une autobiographie de facture assez classique, le parcours jusqu’au succès que l’on connaît est retracé, entrecoupé de souvenirs de jeunesse et rythmé par les doses de drogues consommées par le narrateur.

Touchant le fond, le narrateur renoue avec une ancienne compagne et avec son fils qu’il n’avait pas voulu connaître. Ils s’installent en famille dans une vaste demeure mais le bonheur apparent est vite fissuré, les adultes comme les enfants étant dépendants de psychotropes pour contrôler leurs humeurs. Très vite des événements étranges se produisent dans la maison, qui ne sont pas sans rappeler au narrateur certains événements de son enfance.

Peu à peu, on glisse dans un roman à suspense où ressurgissent les personnages des livres précédents d’Ellis, dont le glaçant Patrick Bateman (American psycho). Difficile pour le lecteur de démêler le vrai du faux, entre autofiction, fantastique et thriller dans une intrigue à rebondissements.

Un roman où l’enfant terrible des lettres américaines réussit un beau tour de force, en mêlant réel, fiction et folie.

Disponible à la bibliothèque Clignancourt, en français et en anglais, à la cote :
EU 81 ELL 3 lun

Du même auteur, on pourra lire également en édition bilingue Letters from L.A., cote :
EU 81 ELL 3 let

La forge à livres

Si vous flânez  et bouquinez cet été, vous pourrez apercevoir des bibliothèques au travers des pages. Presque un mirage, un peu trop de soleil sur les marges ?

La forge à livres est une hallucination tirée du « Mariage du ciel et de l’enfer » de William Blake (1757-1827), prophète romantique avant l’heure, peintre, graveur et poète.

Pendant son voyage souterrain en enfer, il explore une série de cavernes où sont enfantés les livres. Nous vous donnons ici une traduction, suivie de la version originale. Il existe une magnifique traduction d’André Gide paru chez José Corti mais qui n’est pas libre de droit d’auteur, c’est pourquoi nous ne la proposons pas ici.

« FANTAISIE MEMORABLE

J’étais dans une imprimerie, en Enfer, et je vis la méthode par laquelle le savoir était transmis de génération en génération.

Dans la première chambre était un Homme-Dragon déblayant les gravats de la bouche d’une caverne ; à l’intérieur, plusieurs dragons creusaient la caverne.

Dans la deuxième chambre était une vipère. Elle se lovait dans le roc de la caverne ; d’autres la paraient d’or, d’argent et de pierreries.

Dans la troisième chambre se trouvait un aigle dont les ailes et les plumes étaient d’air ; il insufflait l’infini à l’intérieur de la caverne ; alentour, nombre d’aigles, pareils à des hommes, bâtissaient des palais sur d’immenses falaises.

Dans la quatrième chambre, des lions de flamme ardente tournaient furieux et fondaient les métaux en fluides vivants.

Dans la cinquième chambre, étaient les formes sans nom qui jetaient les métaux dans l’étendue.

Là, des hommes les recueillaient, occupant la sixième chambre, et les métaux se transformèrent en livres et s’ordonnèrent en bibliothèques. »

 

Voici la version originale, tirée de l’édition suivante : « William Blake, Selected Poetry », Oxford University Press, 2008, p.80.

« A MEMORABLE FANCY

I was in a printing-house in Hell and saw the method in which knowledge is transmitted from generation to generation.

In the first chamber was a dragon-man, clearing away the rubbish from a cave’s mouth; within, a number of dragons were hollowing the cave.

In the second chamber was a viper folding round the rock and the cave, and others adorning it with gold, silver, and precious stones.

In the third chamber was an eagle with wings and feathers of air; he caused the inside of the cave to be infinite. Around were numbers of eagle-like men, who built palaces in the immense cliffs.

In the fourth chamber were lions of flaming fire raging around and melting the metals into living fluids.

In the fifth chamber were unnamed forms, which cast the metals into the expanse.

There they were received by men who occupied the sixth chamber, and took the forms of books, and were arranged in libraries. « 

- Article wikipedia sur William Blake

- « Le mariage du ciel et de l’enfer » sur My Library Things

Photo : William Blake par Thomas Phillips. Source : Wikimedia commons

Les archives Paul-Marie Masson

Le Professeur Paul-Marie Masson (Sète, Hérault, 19 sept. 1882-Paris, 27 jan. 1954), successeur d’André Pirro à la Sorbonne en 1943, fonda l’Institut de Musicologie en 1951. Musicologue et compositeur, Masson était spécialiste de la musique française du XVIIIe siècle. Il avait soutenu sa thèse intitulée L’opéra de Rameau (Paris, Laurens, 1930 ; repr. New York, Da Capo, 1972, 596 p.).

La Bibliothèque Michelet (dont le fonds musical actuel provient, rappelons-le, de l’ancienne Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie) conserve de nombreuses partitions anciennes et ouvrages ayant appartenu à l’origine à Paul-Marie Masson. Mais outre ces documents pour la plupart publiés, le « fonds Masson » comportait également des archives sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention dans cet article.

Ces archives sont longtemps restées inexploitées et ce n’est qu’en 1992 qu’un inventaire a pu être établi en collaboration avec les Archives du Rectorat de Paris. Faute de place à l’époque à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie, les archives Masson avaient alors été mises en dépôt aux Archives du Rectorat (partie administrative concernant la carrière et les activités d’enseignement et de recherche de Paul-Marie Masson à Grenoble et à la Sorbonne, notices et correspondance d’étudiants…) et à la Médiathèque Musicale Mahler (partie principalement musicologique). En 2009, l’ensemble des cartons d’archives déposées à la Médiathèque Musicale Mahler a enfin réintégré la Bibliothèque Michelet. A l’exception de deux cartons (cartons n° 3 et 4), toujours en dépôt aux Archives du Rectorat, le fonds d’archives (54 cartons) et l’inventaire correspondant sont donc maintenant accessibles et consultables sur place à la Bibliothèque Michelet.

On y trouve une riche documentation personnelle composée essentiellement de coupures de presse, articles, notes de cours, fiches manuscrites, etc., le tout classé dans des dossiers et des sous-dossiers. La documentation non musicale (cartons 6 à 10) concerne des disciplines telles que le Latin, le Grec, la philosophie, l’esthétique, l’histoire, psychologie, la politique, la religion, l’ethnographie, l’enseignement, la littérature française et étrangère.

La documentation musicale (cartons 10 à 56) se répartit de la manière suivante (le classement d’origine a peu ou prou visiblement été respecté ou reconstitué dans la mesure du possible) :

-Actualité musicale (1923-1944) (carton 10)
-Théorie de la musique, instruments (cartons 11-13)
-Histoire de la musique : sous-classement chronologique des origines au XXe siècle :
Origines – Antiquité (carton 14)
Moyen Âge (carton 15-17)
XVIe siècle (carton 18)
XVIIe siècle (cartons 19-22)
XVIIe siècle (cartons 23-33)
Jean-Philippe Rameau (cartons 33-36)
XIXe siècle (France : cartons 37-42 ; Etranger : cartons 43-46)
XXe siècle (France : cartons 47-53 ; Etranger : cartons 53-56)

Toute cette documentation mérite d’être conservée et consultée car elle constitue un ensemble unique ; elle témoigne de l’ouverture d’esprit de Paul-Marie Masson et de son intérêt pour toutes les époques de l’histoire de la musique. On y trouve des noms de compositeurs célèbres aussi bien que de compositeurs méconnus ou oubliés qu’il pourrait être intéressant de redécouvrir.

Le domaine des archives, en particulier des archives privées de musiciens, ouvre de larges et nouvelles perspectives de recherche et de réflexion aussi bien pour les musicologues, que pour les héritiers et légataires de tels fonds patrimoniaux et pour les professionnels de la documentation.

Bibliographie

Inventaire Masson (documentation extraite du fonds Masson de l’UFR de Musique et Musicologie de Paris-Sorbonne) / réalisé par Pascale Prouteau et Annie Kowacévic avec la collaboration de David Peyceré, … et Nathalie Cousin,…, Université de Paris-Sorbonne, dactyl., 1992, 37 p.

Peyceré, David, « Un fonds d’archives retrouvé : la documentation de Paul-Marie Masson (1910-1952) », in : Revue internationale de musique française, n° 31, juin 1994, p. 115-120.

Archives privées, un patrimoine méconnu : petit guide à l’usage des propriétaires / Association des archivistes français, section « Archives départementales » ; [avant-propos par Henri Zuber,…], Paris, Association des archivistes français, impr. 2005 (49-Angers : ASG Gal’ Art Edition), 46 p.

Sites Internet

Calames
Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur

Association des archivistes français (AAF)
8, rue Jean-Marie Jego
75013 Paris
Tél. 01 46 06 39 44
Fax 01 46 06 39 52

Association française pour la protection des archives françaises

Remerciements

Nous remercions Alain Galliari d’avoir hébergé si longtemps les archives Masson à la Médiathèque Musicale Mahler, Danièle Pistone, Nicolas Meeùs, Frédéric Billiet, directeurs successifs de l’UFR de Musique et Musicologie, qui sont intervenus pour toutes les démarches concernant le dépôt puis, plus tard, la reprise de ces archives, grâce aussi à Joëlle Claud et Marie-Danièle Schaeffer. Enfin, nos remerciements vont aussi à Jacqueline Paternault qui nous a parlé avec enthousiasme de ses recherches et de son projet de guide sur la gestion et la valorisation des archives privées musicales.

Photo : Gallica/BnF, domaine public. Source : Wikimedia commons.
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Les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement musical

Tuteur à la bibliothèque Michelet, Nazim Ould Ali, étudiant en master 2 musique et musicologie à Paris-Sorbonne, nous parle de son sujet de recherche.


« Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) au XXème siècle et au début du XXIème siècle a profondément bouleversé nos modes de vie induisant de nouvelles pratiques qui ont donné à notre quotidien plus de rythme et de confort. Même si de nombreuses critiques de ces nouvelles technologies fusent de part et d’autre, un retour à un mode de vie moins fourni en technologies relève bien évidemment de la pure fiction tant l’apparition de la moindre innovation produit un effet d’euphorie quasi immédiat qui se traduit par une course à son acquisition et des chiffres de consommation hallucinants.
Si tous les domaines tels que les transports, la finance et la santé semblent avoir bénéficié très amplement des avancées technologiques, il est un domaine qui n’est pas en reste : celui de l’enseignement.
Si autrefois, l’introduction du tableau noir et de la craie ont révolutionné les pratiques d’enseignement dans les écoles de par leur aspect innovant pour l’époque, ces moyens paraissent aujourd’hui bien archaïques devant la plénitude d’outils technologiques dont peut disposer l’enseignant du XXIème siècle et en faire usage dans le cadre de ses activités pédagogiques.

A travers la situation observée, les technologies de l’information, de la communication et de la création pour l’enseignement (TICCE)  ont intégré l’enseignement musical.

Ainsi, le mémoire que je rédige en ce moment, aura notamment pour objet d’examiner au moyen d’observations et d’enquêtes leur emploi en se penchant sur l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’enseignement de la musique à travers les collèges de différentes régions de France.
Une telle étude ne pourra se passer d’évoquer des logiciels éducatifs et des programmes multimédias pertinents contribuant à faciliter l’apprentissage et/ou l’enseignement de la musique. Un survol de quelques applications (Crescendo, Progressivo, Solfegis 2, Musicalis…) permettra ainsi de donner un aperçu sur les toutes dernières innovations destinées au domaine pédagogique.

Je n’en dirai pas plus, et espère vous avoir suffisamment accroché pour vous inciter à consulter le mémoire, après l’avoir soutenu et déposé à Paris-Sorbonne… « 

Nazim Ould Ali

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Le prêt entre bibliothèques : un service à connaître

Avez-vous déjà entendu parler du Prêt entre bibliothèques, ou, plus hermétique encore, du PEB ?
Eh bien, c’est un service pour les lecteurs que l’on se rend entre bibliothèques, à l’échelle internationale.

Si vous repérez un ouvrage, un article, une partition, des microfiches, etc., dans un catalogue, comme par exemple le Sudoc (catalogue des bibliothèques universitaires en France), dans une bibliothèque en France ou à l’étranger, vous pouvez demander à le faire venir pour le consulter via votre bibliothèque universitaire.

Lorsque le prêt est possible, si la bibliothèque prêteuse est d’accord, l’ouvrage demandé sera consultable sur place uniquement.
On ne vous demandera pas : que faisiez-vous au temps chaud ? Mais on vous demandera 2 euros.
Pourquoi ? Pour réguler l’usage du service et couvrir une partie des coûts induits.

Attention, beaucoup d’ouvrages et d’articles sont disponibles directement sur internet dans les bibliothèques numériques des grands établissements, comme Gallica pour la Bibliothèque Nationale ou l’Institut national d’histoire de l’art.

Voici, pour plus de précisions, la page web expliquant les modalités du prêt entre bibliothèques à Paris-Sorbonne.

Ci-dessous, la pierre angulaire du système du prêt entre bibliothèques en notre ère globalisée :

Quelle est cette chose à la couleur fadasse ?
–    Un billet de votre arrière-grand-mère pour l’emprunt russe ?
–     Un ouvre-boîte high-tech ?
–    Le nouvel iPod ?
–    Un concept révolutionnaire de brosse à dents ?
Rien de tout cela, la chose est un coupon IFLA, ou mieux encore, un IFLA Voucher.

La perversité ayant ses limites, on explique : un coupon IFLA (International federation of library associations and institutions) est un moyen de paiement, c’est une « monnaie de bibliothèque », une monnaie d’échange en quelque sorte, parce que l’euro n’est pas suffisant, après mûre réflexion…

Pascale Godon, Soline Astier

Thèses électroniques, mode d’emploi

La bibliothèque Serpente est souvent appelée à juste titre : Bibliothèque des thèses.  La responsable des thèses s’est prêtée au jeu de l’écriture pour satisfaire votre curiosité.  Et de ses doigts virevoltant sur le clavier de son ordinateur sont sortis de précieuses informations pour tous ceux qui veulent consulter les thèses électroniques de l’Université Paris-Sorbonne :

« Toutes les thèses soutenues à Paris-Sorbonne depuis septembre 2009 sont disponibles sous format électronique. Pour rechercher et consulter ces thèses électroniques, vous pouvez utiliser le catalogue en ligne sur les ordinateurs des bibliothèques de Paris-Sorbonne. La recherche peut être effectuée par auteur, titre, sujet, etc dans le catalogue général comme dans le catalogue des thèses et mémoires ou dans le catalogue des thèses électroniques (sélection dans la rubrique catalogues).

Lorsque vous avez repéré une thèse que vous voulez consulter, cliquez sur le titre de la thèse. Une fiche de présentation s’affiche contenant notamment le résumé de la thèse ainsi que des mots-clés.

Pour accéder au document, cliquez sur bibliothèque électronique en bas de la notice.

Une nouvelle page s’affiche :

Vous accédez alors à la version complète de la thèse.

Attention : l’accès aux thèses est possible uniquement depuis les postes informatiques des bibliothèques de Paris-Sorbonne.

Aucun accès aux thèses n’est possible en dehors des bibliothèques ni par internet, ni par accès à distance ! »

M.A. Desboeufs, en charge du service des thèses : marie-alix.desboeufs@paris-sorbonne.fr

Pour en savoir plus sur les thèses électroniques je vous conseille  la lecture de ce numéro de périodique publié par l’Abes (1) : Sujet(s) de thèses in Arabesques, n° 60, octobre-décembre 2010

(1) Agence bibliographique de l’enseignement supérieur

Des chiffres sur le dos d’un livre, oui mais pour quoi faire ?

Certes, en bon lecteur, vous savez déjà que les chiffres présents sur le dos d’un livre désignent une cote. Mais sans doute désireriez-vous en savoir un peu plus sur ces codes quelque peu énigmatiques. Car malgré certaines apparences, ceux-ci sont loin d’être arbitraires. Découvrez alors dans les lignes qui suivent le ressort caché de ces merveilleuses formules.

Libre accès et magasin

Ces combinaisons de chiffres obéissent à une logique bien spécifique dans un système de classement conçu pour aider le lecteur et les bibliothécaires  à se repérer facilement dans les domaines de la connaissance. A la bibliothèque Michelet et pour la plupart des bibliothèques du SCD la classification en libre accès est systématique et suit celle élaborée en 1876 par un bibliothécaire devenu alors célèbre, Melvil Dewey.

Ce système aujourd’hui baptisé classification décimale Dewey (CDD) est le plus utilisé dans le monde et la quasi-totalité des bibliothèques universitaires françaises l’ont adopté. Il se traduit par un régime de notation et obéit à une norme élaborée à partir d’indices. Les indices se réfèrent et se construisent par le traitement intellectuel du document. Cette notation vise alors à décrire avec une précision plus ou moins grande selon le souhait du bibliothécaire le contenu du livre.

A l’inverse, les livres rangés en magasin suivent une toute autre logique. Elle n’a rien d’universelle ; c’est ce qu’on appelle une cote « maison ».

Mais alors la Dewey dans tout ça, c’est quoi au juste ?

La Dewey est à la fois une cote et un indice. Elle sert autant à l’indexation qu’à ranger les livres sur les étagères. Les connaissances y sont réparties en dix grandes classes :


000 : Informatique.
100 : philosophie, parapsychologie, occultisme, psychologie.
200
: religion.
300 : sciences sociales.
400
: langues.
500 : sciences de la nature et mathématiques.
600 : technologies.
700 : arts et beaux arts décoratifs.
800
: littérature.
900 : histoire géographie.

Les 10 classes se divisent ensuite en 10 divisions qui se divisent en 10 sections.

Ainsi, par exemple la sculpture au Bénin : 730.966 83

L’indice 730 représente la notation pour la sculpture, 9 la subdivision commune introduisant une ère géographique, l’indice 966 précisant qu’il s’agit de l’Afrique occidentale et 83 du Bénin.

Et avant comment faisait-on ?

Dans la Rome Antique, les livres des bibliothèques étaient simplement classés par sujet. On rangeait ensemble les livres écrits en latin, puis ceux en grec.

Au Moyen Age, principalement dans les bibliothèques ecclésiastiques, les livres étaient encore une fois classés en fonction de leur sujet, mais aussi en fonction de leurs dimensions ou leur ordre d’entrée. Actuellement, le rangement en magasin reprend à certains égards ce système de classification médiéval. Les livres profanes étaient divisés dans le catalogue entre le Trivium (grammaire, dialectique, rhétorique) et le Quadrium (géométrie, arithmétique, astronomie, musique). Y était ajouté un indice de localisation qui indiquait un numéro de pupitre, de rayon et d’entrée.

Puis Gabriel Naudé, bibliothécaire de Mazarin,  fut l’un des précurseurs de la Dewey. Dans son livre écrit en 1627, L’advis pour dresser une bibliothèque, il préconise de classer les livres par thématiques entre la théologie, les mathématiques, la médecine, la jurisprudence, les humanités, la philosophie, l’histoire.

Finalement, la Dewey constitue une petite révolution  pour les bibliothèques en libre accès. Par une simple combinaison de chiffres il est possible de connaître avec précision le contenu d’un livre. Cette traduction d’un langage sémantique en une formule mathématique peut paraître hermétique néophyte mais s’avère être la source d’une richesse inépuisable pour offrir un classement précis.

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