Archive

Archives pour 03/2012

Hommage à Antonio Tabucchi

Antonio TabucchiAuteur majeur, Antonio Tabucchi (1973-2012), vient tout juste de décéder.

Considéré comme l’un des plus grands écrivains italiens contemporains, Antonio Tabucchi est notamment l’auteur de Nocturne indien, Pereira prétend et Tristano meurt.

Voyageur et universitaire insatiable, Antonio Tabucchi découvre la langue et la culture portugaise au cours de ses études et fera du Portugal sa seconde patrie. Il se passionne pour l’œuvre de Fernando Pessoa, qu’il traduit intégralement en italien.

Chroniqueur en Italie pour le Corriere della Sera et en Espagne pour El País, Tabucchi est aussi un polémiste très engagé contre le gouvernement de Silvio Berlusconi.

Il laisse derrière lui une œuvre considérable, traduite dans une quarantaine de langues et couronnée par plusieurs prix. Certains de ses romans ont été portés à l’écran, dont Nocturne indien (prix Médicis étranger, 1987) par Alain Corneau, et Pereira prétend par Roberto Faenza avec Marcello Mastroianni.

Antonio Tabucchi en trois livres

Tristano meurt : Elu meilleur livre de l’année 1994 par  Lire, ce sombre et bouleversant roman est une parabole sur la disparition. Nous sommes au cœur de la Toscane, dans un XXème siècle finissant, et le vieux Tristano va mourir. Gravement malade, il convoque à son chevet un ami écrivain qui transcrira ses ultimes confessions. Un face-à-face avec l’au-delà que Tabucchi met en scène dans un récit d’une sobriété implacable.

Pereira prétend : Ce roman qui retrace les aventures d’un journaliste sous la dictature de Salazar, salué par une grande partie de la presse et du public, est devenu en Italie le porte-drapeau de la résistance à Berlusconi.

Nocturne indien : couronné par le prix Médicis étranger en 1987, le roman est adapté au cinéma par Alain Corneau en 1989. Un jeune homme débarque à Bombay à la recherche d’un ami disparu ; il n’a que peu d’indices. D’un hôtel louche à une salle d’hôpital, d’un couvent portugais à une société théosophique, de Bombay à Goa en passant par Madras il tente de reconstituer son itinéraire. Il ne retrouve pas cet ami, mais peut-être n’est-t-il à la recherche que de sa propre identité…

L’œuvre d’Antonio Tabucchi, à lire et à relire dans vos bibliothèques !

Photo :
Rebeca Yanke. CC-BY-SA-2.0. Source : Wikimedia Commons.

Découvrez la sérigraphie

La Bibliothèque Molitor de l’IUFM propose un rayon consacré aux techniques artistiques, mis à jour en fonction des publications.

La sérigraphie, méthode de reproduction graphique peu coûteuse, a été très employée en  école primaire dans les années 70, ainsi que par les étudiants d’écoles d’art (les affiches de mai 68, par exemple, employaient ce procédé).

Malgré sa popularité passée, elle a longtemps connu un désamour éditorial. Le dernier ouvrage consacré à ce sujet datait de 1988.

En 2012, est paru aux éditions Pyramid un ouvrage très complet : à la fois manuel technique énumérant les outils nécessaires et détaillant  « pas à pas » les méthodes de réalisation, sa dernière partie propose de découvrir des artistes et leurs créations.

Les exemples présentés illustrent  la partie technique, et forment une somme d’inspiration pour l’apprenti-sérigraphe. On y découvre que cette technique, si elle permet à peu de coût de reproduire des illustrations sur support papier, est aussi utilisable sur d’autres mediums, comme le tissu.

Cet ouvrage agréable à lire, aux illustrations colorées,  pourra servir de source d’inspiration aux enseignants, mais également être utilisé par tout amateur souhaitant découvrir les travaux manuels.

 

La Sérigraphie. Outils, techniques et portaits d’artistes.

Claire Dalquié et Matteo Cossu ; Editions Pyramyd, 2012.

Bibliothèque Molitor : cote 702 DAL

Categories: Question de fonds Tags: ,

Plus de livres empruntables à la bibliothèque Michelet !

A la bibliothèque Michelet, située au cœur de l’Institut d’art et d’archéologie, le long des jardins de l’Observatoire, de nombreux ouvrages sont désormais disponibles à l’emprunt à domicile.

Cette bibliothèque spécialisée en histoire de l’art et en archéologie dont les collections dépassent les 100.000 ouvrages propose 15 % de ses collections à l’emprunt à domicile pour les étudiants de Paris-Sorbonne et Paris I. L’Institut dessert en effet les deux communautés universitaires.

L’équipe de la bibliothèque reprend progressivement les collections afin d’en mettre le plus possible à l’emprunt. Bien entendu des critères particuliers jouent pour les ouvrages d’histoire de l’art et d’archéologie : leur coût, leur format et leur poids, leur rareté, etc.

En 2011 plus de 3000 volumes ont ainsi pu être rajoutés à ceux déjà empruntables et ce travail de fond en sus des chantiers en cours se poursuivra dans les années à venir.

Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter la bibliothèque !

Photo :
Marcel Baronnet. Wikipedia. CC : BY-NC-SA.

 

Categories: Actualités Tags: ,

Rechercher des thèses

Nouveau portail de l’ensemble des thèses françaises, theses.fr est désormais une ressource incontournable pour qui souhaite rechercher ou consulter des thèses.

Sur theses.fr sont recensées plus de 6.000 thèses soutenues en France depuis 2006. Pour bon nombre d’entre elles, vous pourrez accéder au texte intégral directement depuis le portail. Sur ce même site sont signalées près de 60.000 thèses en préparation depuis 2001.

Si vous cherchez par contre des thèses antérieures aux années 2000, il sera préférable de consulter le Sudoc, le catalogue des bibliothèques de l’enseignement supérieur, qui répertorie les thèses françaises. Quelques-unes d’entre elles sont accessibles directement sur le site. Une fois repérées sur le catalogue, ces thèses peuvent être demandées par votre BU par le service du prêt entre bibliothèques.

Par ailleurs, de nombreux travaux, thèses et habilitations à diriger des recherches, sont disponibles sur le site d’archives ouvertes TEL.

Enfin, pour vous aider dans vos recherches, l’ABES, l’agence bibliographique de l’enseignement supérieur, a réalisé une sélection de sites consacrée aux thèses.

La bibliothérapie c’est quoi au juste ?

Lire est indispensable pour vos études. Mais savez vous que cette activité qui peut-être ô combien utile et agréable a des vertus insoupçonnées. Avez-vous déjà entendu parler de bibliothérapie ? Un nouveau concept à la mode ? Une méthode révolutionnaire venue d’Angleterre ? Une énième thérapie à l’ordre du jour ? Et si, la bibliothérapie avant d’être cette nouvelle façon de guérir névroses et pathologies nerveuses, n’était pas simplement avant tout une philosophie de vie ?

Comment cela est-il arrivé ?

De nos jours en Angleterre plus de la moitié des bibliothécaires, et oui, pratique la « prescription de lecture ». L’entretien avec le lecteur, qu’on n’osera encore qualifier de patient dure généralement 40 minutes. Après avoir rempli un questionnaire sur sa personnalité et ses goûts, il repart avec une ordonnance de huit livres à lire. Bon d’accord en France le concept n’existe pas encore. Ce qui est un peu dommage quand on pense que cette médication inédite est loin d’être neuve. Elle est pratiquée depuis plus de 200 ans au Pennsylvania Hospital aux Etats Unis.

Mais en quoi cela consiste t-il ?

C’est très simple. Alors qu’habituellement lorsque  vous lisez un livre l’objectif est d’en avoir une compréhension intellectuelle, pour le bibliothérapeute, il s’agit d’en éprouver une compréhension émotionnelle par une réaction émotive appropriée. La bibliothérapie loin de s’adresser uniquement aux malades peut-être un véritable passeport pour les biens portants afin de partir à la conquête de soi, des autres et du monde. C’est avant tout une philosophie qui peut être une véritable alliée dans la poursuite de vos études. Vous allez découvrir comment.

Propos sur la lecture

La lecture peut donner lieu à un véritable électrochoc. Par l’impulsion de l’auteur, l’esprit un peu paresseux reçoit un choc électrique et sort de sa torpeur. C’est ce qu’avait entrevu Proust. Il le mentionne dans une préface intitulé « sur la lecture » écrite en 1905. La lecture lui procure un vif réveil. Un esprit somnolent peut ainsi être ramené à la vie .Emerson ne se mettait jamais à travailler avant d’avoir lu une page de Platon et Dante de Vigile.

Philosophie

C’est le philosophe contemporain  Marc Alain Ouaknin qui a posé les bases philosophiques de la bibliothérapie. Comme Proust il insiste sur cette donnée fondamentale : la lecture ouvre au jeu en libérant les blocages de l’esprit. Cette perméabilité à la parole de l’autre permet une véritable catharsis au sens qu’Aristote donne à ce concept. Elle permet de résoudre certains conflits en libérant l’agressivité. De plus parce qu’un texte dépasse toujours l’intention de son auteur, le lecteur joue un rôle de véritable créateur. Il interprète et construit du sens. Et en produisant du sens se transforme lui-même. Par cette ouverture au monde  il se protège contre la maladie.

Dans les fonds du SCD aussi on pense bibliothérapie

Vous découvrirez aussi dans les fonds du SCD de Paris Sorbonne des ouvrages fort utiles qui vous éclaireront sur cette nouvelle façon de lire. Dans l’art de lire ou comment résister à l’adversité Michèle Petit montre comment en préservant un espace de rêve et de liberté la littérature peut contribuer au bien être. Notamment dans les pays où sévissent crises économiques, guerres et catastrophes naturelles. Dans façon  de lire, manières d’être Marielle Macé nous expose sa vision de la littérature. Véritable libération, la fiction rejoint le réel en nous permettant d’expérimenter les possibles et de vivre des existences variées .

Oui d’accord mais que puis-je en attendre ?

Eh bien lorsque vous pratiquerez cette activité vous penserez alors à cette nouvelle façon de voir les choses. La bibliothérapie pourrait in fine s’apparenter à cette façon qu’a le lecteur de libérer ses propres fantasmes et émotions en les reconstruisant sous les mots de l’autre. La lecture peut vous aidez alors à réussir à plus d’un titre en plus de vous apporter les informations nécessaires dont vous avez besoin.

Vous trouverez ces ouvrages cités plus hauts :

L’art de Lire ou comment résister à l’adversité de Michèle Petit à la bibliothèque Malesherbes : cote : 028 PET

Façons de lire, manières d’être de Marielle Macé à la bibliothèque philosophie cote Mac 1

Un fonds méconnu à la bibliothèque Serpente : le fonds Descartes

Le 16-17 janvier 2012 s’est tenu un colloque organisé à l’ Université Paris Sorbonne, dans l’amphithéâtre Michelet pour fêter les : « Quarante ans d’études cartésiennes » conjointement organisé par le Centre d’Etudes Cartésiennes (Paris), le Centro Interdipartimentale di Studi su Descartes e il Seicento (Salento) et l’Equipe « Identité et subjectivité » (Caen).

Il y a quarante ans, naissaient en effet sous l’impulsion de Pierre Costabel l’Equipe Descartes et son organe, le « Bulletin cartésien », publié aux Archives de philosophie, suivis quelques années plus tard par la fondation à l’ Université de Paris IV du Centre d’Etudes Cartésiennes . Depuis 1980, Le Centre, à l’initiative et sous la direction de Madame le Professeur Geneviève RODIS-LEWIS, a poursuivi et développé  les activités initiées par l’Équipe Descartes.

Le CEC a très vite suscité un nouveau dynamisme des travaux sur Descartes, grâce à deshypothèses et méthodes d’analyse innovantes ainsi qu’à l’internationalisation de la recherche sur Descartes. Le CEC collabore notamment avec le « Centro di Studi su Descartes e il Seicento dell’Università di Lecce » pour la publication du bulletin cartésien et avec l’équipe« Identité et subjectivité » de l’Université de Caen pour le projet ProDescartes (1)

Tous ces travaux ont  profité largement à l’histoire de la philosophie de l’âge classique. Aujourd’hui, le champ d’activité du CEC couvre toute la période de Descartes jusqu’à Kant.

Depuis 1998, la direction du CEC est exercée conjointement par Michel Fichant  et Jean-Luc Marion (Professeurs émérites d’histoire de la philosophie moderne à l’Université de Paris-Sorbonne).

C’est d’ailleurs le professeur Jean-Luc Marion qui est à l’origine du dépôt à la bibliothèque Serpente du fonds « Descartes ». Ce fonds, en libre accès, qui compte plus de 200 titres, se distingue en particulier des autres ouvrages cotés en dewey,  grâce  à sa cote aisément reconnaissable commençant par les lettres CEC. Il se divise en 4 classes principales elles même organisées en sous-rubriques (on est cartésien ou on ne l’est pas !)

1 Textes et outils pour Descartes

1.1 Les textes de Descartes et outils de travail type index ou bibliographies

1.2 Les études sur Descartes

2. Etudes et bibliographies pour les cartésiens

2.1 Les textes de cartésiens avec des outils de travail

2.2 Les études sur les cartésiens

3. Autres ouvrages philosophiques sur la période moderne non cartésienne

3.1 Textes d’auteurs

3.2 Etudes

4. Autres ouvrages philosophiques ne relevant pas de la période moderne

4.1 Textes d’auteurs

4.2 Etudes

A noter plus particulièrement dans le fonds du CEC : 1 magnifique coffret en 9 volumes des œuvres complètes de Descartes publiées chez Vrin.

Par ailleurs, le fonds compte 10  ouvrages écrits par des auteurs  japonais spécialistes de Descartes  dont certains dédicacés à Mme Rodis-Lewis et un ouvrage de Mme Rodis-Lewis traduit également en japonais. A remarquer aussi un livre traduit en grec de M. Jean-Luc Marion.

Alors pour ceux qui aiment à cogiter, n’hésitez pas à faire un détour par Serpente…

(1) Le CEC est  partenaire scientifique avec en particulier l’équipe «  Identité et Subjectivité » de l’université de Caen Basse-Normandie  d’un programme d’édition en ligne des oeuvres de Descartes intitulé  Projet Corpus Descartes  – ProDescartes. La durée de réalisation  est fixée à 48 mois (01/10/2009-30/09/2013) et « a pour objectif la constitution et la mise en ligne d’un corpus annoté constitué par les oeuvres et la correspondance de Descartes et assorti d’outils d’aide à la lecture destiné à être diffusé à un public aussi large que possible sur Internet »

Illustrations :
– René Descartes. Domaine public. Source : http://www.lib.utexas.edu/photodraw/portraits/ via Wikimedia commons,
– Photos 2 et 3 : Jocelyne Farouault.

Le bestiaire médiéval

Le Service commun de la documentation vient d’acquérir un magnifique et volumineux ouvrage intitulé : « Le bestiaire médiéval », paru chez Citadelles et Mazenod, par Christian Heck et Rémy Cordonnier.

Christian Heck est l’auteur de nombreux livres sur l’histoire de l’art, d’expérience très consultés par les étudiants : le livre s’articule autour de chapitres thématiques et d’un répertoire de cent animaux établi par Rémy Cordonnier.

La qualité de reproduction des enluminures, leur nombre (plus de 600), la mise en exergue de certains détails nous font voir avec des yeux neufs la place qu’occupait le monde animal dans l’imaginaire médiéval.

L’animal est un compagnon qui sert de marqueur temporel : les travaux des mois, les signes du zodiaque par exemple.

Les espèces rares ou lointaines comme les lions, les éléphants, les guépards sont aussi représentées, chacune ayant un rôle de frontière symbolique. Les bêtes hybrides, quant à elles, toujours fascinantes, font directement appel à l’ordre du monde et au pouvoir de Dieu.

Le livre est disponible à la bibliothèque Michelet, vous pouvez également y trouver sur le même sujet les ouvrages suivants :

-Ripert, Pierre : Le bestiaire des cathédrales : imagerie de la statuaire médiévale, symbolique des monstres, gargouilles et autres chimères, De Vecchi, 2010. Cotes : 734 RIP et 8 BE 100.

-Pastoureau, Michel : Une histoire symbolique du moyen-âge occidental, Seuil, 2004. Cote : 709.02 PAS

-Voisenet, Jacques : Bêtes et hommes dans le monde médiéval, le bestiaire des clercs du Ve au XIIe, Brepols, 2000. Cote : 8 H 30

Illustration :
Frères de Limbourg (Herman, Paul et Jean) [Domaine public], via Wikimedia Commons.

 

 

Séminaire des Aspects concrets de la thèse

Depuis le 4 novembre 2011 se tiennent régulièrement des journées qui abordent « les aspects concrets de la thèse au prisme de « l’Institution Universitaire ». On entend par là l’Institution au sens lourd : ce Léviathan instructeur, cette machine autoreproductrice, cette bureaucratie kafkaïenne croqueuse de vacataires… Mais pas seulement. Nous voulons aussi appréhender l’institution de manière sensible, à travers son quotidien, ses individualités, ses aspirations enfouies, ses transformations ; donner à voir les personnes dissimulées derrière la civilité feutrée du monde académique, reconnaître les espaces de libertés et les forces créatrices derrière les échanges convenus de tables rondes. En somme, nous cherchons à démystifier l’université ».(1)

La prochaine journée, le 19 mars de 17h à 19h à l’EHESS (2), s’attachera à La psychologie du thésard.

Attention : ne pas rater la journée du 2 avril consacrée à « L’Homo academicus de P. Bourdieu, 25 ans après ».

(1) Publié par Julien Gilet dans la lettre électronique de Revue.org,  Bulletin N° 150 du mardi 06 mars 2012

(2) EHESS, salle 8
105  bd Raspail
75006 Paris

Portrait de lecteur : Isabelle Delhaye, une enseignante formatrice à la bibliothèque de l’IUFM de Paris

Isabelle Delhaye enseigne le Sport et la pédagogie à l’IUFM de l’académie de Paris. Elle a accepté de répondre à quelques questions pour « In Quarto » :

- Quel est votre parcours ?

  • Je suis dans ma troisième année de thèse. J’ai eu le CAPES d’EPS en 1987, l’agrégation externe en 1991. J’ai alors enseigné en province, en Seine-Saint-Denis et au lycée La Fontaine (16e arrondissement). J’ai d’abord travaillé à la formation continue à Paris puis j’ai bénéficié d’une décharge de quelques heures. J’ai suivi l’élaboration de plans de formation et leur mise en oeuvre. A l’époque, il existait un bulletin de liaison pour les enseignants d’EPS auquel je participais.
  • A l’IUFM, j’ai été en temps partagé pendant 3 ans et j’ enseigne à temps plein depuis 5/6ans. Je donne des cours à tous les niveaux, en master ou aux PSTG (Professeurs stagiaires), pour les enseignants du collège ou du primaire, pour les titulaires et les non titulaires.

- Comment utilisez-vous les bibliothèques ?

  • J’ai deux pratiques de la bibliothèque : j’y emprunte des livres et c’est un de mes lieux de travail. C’est important, car l’endroit est calme, accueillant, l’ambiance est bonne. J’y trouve tous les ouvrages pour ma thèse, qui a pour thème les programmes de 2008 en primaire sous tous leurs aspects. Je trouve ici les ouvrages de référence, de réflexion… Mon sujet de thèse est très lié à mes enseignements, donc je travaille aussi sur les cours que je donne à l’IUFM en travaillant sur ma thèse.

- Quel est votre point de vue sur la bibliothèque de l’IUFM sur le site Molitor ?

  • L’un des bons côtés de la bibliothèque, c’est que vous êtes au plus près des nouveautés. Par contre, des efforts sur les anciennes références pourraient être faits.
  • En tant que formatrice, je trouve que les stagiaires ont une bonne pratique de la bibliothèque : je leur dis de venir et ils viennent ! L’année passée ils ont bénéficié d’une formation spécifique. Peut-être faudrait-il également intégrer un module « bibliothèque, recherche et milieu professionnel » dans la maquette de formation des enseignants.

A paraître : Réussir l’épreuve d’EPS (concours de professeur des écoles), Martine Dorey, Yves Félix Montagne, Fabrice Delsahert, Emmanuel Lefèvre, Isabelle Delhaye, Atlande, 2011.

Nous et les autres : Exhibitions

La fabrication de l’altérité est le thème central de l’exposition : « Exhibitions : l’invention du sauvage » qui se tient jusqu’au 3 juin 2012 au Musée du Quai Branly à Paris. Le Service commun de la documentation vient d’acquérir le catalogue de l’exposition, paru chez Actes Sud, sous la direction de P. Blanchard, G. Boëtsch et N. Jacomijn Snoep.

Impressionnante par son souci d’analyse et d’exhaustivité, l’exposition retrace la fabrication du « sauvage », sa capture, son exhibition dans des cirques, zoos, jardins d’acclimatation et autres expositions universelles ou coloniales.

L’histoire coloniale et l’histoire de la science marquent profondément le XIXe siècle. La frontière entre les cultures est théorisée, l’Occident organise la mise en scène du monde, se distinguant des cultures présentées comme différentes et inférieures puisque relevant de l’altérité, presque de l’anormalité.

Pascal Blanchard, historien, qui codirige le catalogue de l’exposition conclut son introduction en ces termes révélateurs : « On mesure, désormais, comment le racisme, la ségrégation ou les thèses eugénistes ont pu pénétrer les opinions publiques, sans violence apparente, et en divertissant les visiteurs. On comprend, aussi, que pour déconstruire notre regard sur l’Autre, il est nécessaire de décoloniser nos imaginaires ».

Le catalogue de l’exposition est disponible et empruntable à la bibliothèque Michelet à la cote : 707.04 (2011)