Archive

Archives pour 03/2012

Bukowski, « a dirty old man »

Ecrivain d’origine allemande, Charles Bukowski émigre aux Etats-Unis avec ses parents à l’âge de deux ans. Son enfance et son adolescence sont marquées par la violence de son père dans un contexte d’une pauvreté extrême. Le jeune Bukowski, découvrant sa vocation pour l’écriture, n’en mène pas moins une vie de bohème, minée par l’alcool, et il enchaîne les petits boulots. Il ne sera finalement publié qu’à la fin des années 1960 et devra continuer à travailler pour les services postaux plusieurs années encore, avant de pouvoir vivre de sa plume.

Romancier, poète, fortement influencé par les auteurs de la beat generation, Charles Bukowski laisse une œuvre dont le succès ne se dément pas avec le temps. A la fois sulfureux et crus, ses récits sont largement autobiographiques, notamment les chroniques du Journal d’un vieux dégueulasse (Notes of a dirty old man). Même chose pour les romans, comme Factotum ou Souvenirs d’un pas grand-chose (Ham on rye), où le héros récurrent Henri Chinasky n’est qu’un double de l’écrivain. Les poèmes, eux, sont tout aussi provocateurs mais ils dépeignent également la vie des marginaux et des laissés-pour-compte avec beaucoup d’acuité.

  • Bukowski à Paris-Sorbonne

Une majorité des œuvres de Charles Bukowski sont disponibles à la bibliothèque Clignancourt. La bibliothèque est en train d’acquérir de nouvelles traductions de ses oeuvres, surveillez le catalogue, d’autres ouvrages vont arriver. Vous pourrez également visionner une adaptation des Contes de la folie ordinaire à la vidéothèque du centre Malesherbes.

Une bibliographie des oeuvres, critiques et adaptations cinématographiques concernant Bukowski est disponible sur notre compte Zotero : si vous êtes utilisateurs de cet outil, vous pourrez facilement récupérer et réutiliser ces références. Cette bibliographie de Charles Bukowski est également à votre disposition en version pdf.

  • Bukowski ailleurs

Le festival « Théâtres au cinéma« , qui se tient du 7 au 20 mars 2012 à Bobigny, est consacré entre autres à Charles Bukowski mais aussi à Barbet Schroeder qui l’a adapté au cinéma. Sera notamment projeté « Barfly » avec Mickey Rourke dans le rôle d’Henri Chinasky.

Sur France culture, on peut réécouter l’émission « Ca rime à quoi«  du 29 janvier 2012, où Sophie Nauleau recevait Thierry Beauchamp, le traducteur de Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines.

Photo : Charles Bukowski. Artgal73 . CC : BY, via Wikimedia Commons.

Que vive la copie privée !

« Lorsque l’œuvre a été divulguée, l’auteur ne peut interdire : […] 2° Les copies ou reproductions réalisées à partir d’une source licite et strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l’exception des copies des œuvres d’art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l’œuvre originale a été créée et des copies d’un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l’article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d’une base de données électronique ».

C’est sur la base de cette disposition du code de la propriété intellectuelle que la bibliothèque du Pôle universitaire yonnais, à La-Roche-sur-Yon, organise demain le 7 mars la première copy party, une invitation à venir sur place reproduire librement les documents conservés à la bibliothèque.

C’est une bonne occasion de préciser les contours de cette fameuse exception de copie privée, qui s’applique toujours et partout, même hors copy party…

Commençons par les bonnes nouvelles : en France, contrairement à ce qu’on entend souvent, l’étendue de la copie n’est pas limitée par la loi, on peut copier sans autorisation une œuvre intégralement. On le sait peu, parce que la photocopie en bibliothèque, quant à elle, est limitée à une petite partie de chaque œuvre par les termes du contrat signé par les établissements qui proposent ce service. Mais le photocopieur ne vous appartient pas et la photocopie sort donc du cadre de la copie privée.

Une autre bonne nouvelle : toutes les œuvres sont concernées, imprimées, audiovisuelles, visuelles, sonores (à l’exception des logiciels et des bases de données). Tout ce qui importe, c’est que vous soyez entré en possession du document que vous copiez de façon licite, comme vous le faites quand vous consultez sur place ou empruntez un document dans une bibliothèque publique.

On peut reproduire sans autorisation des œuvres qu’on n’a pas achetées. Pour ce qui est des ressources en ligne que les bibliothèques mettent à votre disposition, le cadre est un peu différent, mais les licences d’utilisation des fournisseurs de ces ressources vous autorisent à reproduire, pour votre seul usage, les documents qu’elles contiennent.

On peut procéder à une copie privée dans un lieu public : ce n’est pas le lieu où la copie est faite qui importe, mais son usage ultérieur. Attention cependant à ne pas étendre indûment la notion de lieu public : quand vous entrez dans une salle de cinéma, vous êtes censé respecter les éventuelles contraintes que l’exploitant peut juger bon de vous imposer implicitement lors de l’achat de votre billet.

Enfin, c’est gratuit. Pour dire vrai, pas vraiment, quand vous achetez un appareil permettant de stocker des copies, vous payez une redevance incluse dans le prix de vente qui vient rémunérer les détenteurs de droits…

Maintenant, les contraintes à respecter.

La copie privée ne concerne que les œuvres divulguées par leur auteur : vous n’avez pas le droit de reproduire, sans l’autorisation de son auteur, un manuscrit non publié ou un brouillon.

La copie doit être strictement réservée à l’usage de la personne qui l’a effectuée : vous ne pouvez pas la communiquer à autrui, même dans le cercle de vos proches. Donc pas d’envoi par mail, pas de mise en ligne, pas de prêt de clé USB. Désolé.

La copie doit être effectuée par vos propres moyens, quels qu’ils soient : ordinateur personnel, scanner à main, appareil photographique, téléphone, graveur, disque dur externe. Il sera le plus souvent bien plus facile de copier un cd ou un dvd qu’un livre ou un article de revue… mais les smartphones disposent désormais d’applications de reconnaissance optique de caractères qui les transforment en scanners d’appoint (voir une présentation de quelques-unes de ces applications sur le site Technically personal).

La copie privée ne vous donne pas le droit de chercher à contourner d’éventuelles mesures techniques de protection. La copie privée n’est pas un droit, un éditeur peut essayer de vous en empêcher (enfin, pas vraiment, mais pour vous plaindre de ce qu’une telle mesure technique vous empêche de faire une copie licite, il faut aller voir l’Hadopi…).

Ce n’est pas tout, une bibliothèque peut parfois ne pas vous autoriser à reproduire un document qu’elle détient. Au mieux, pour le protéger ; au pire, pour vous contraindre à payer pour obtenir une reproduction qu’elle commercialise… Elle le fait alors parce qu’elle est propriétaire du support de l’œuvre, pas parce qu’elle devrait faire respecter le droit d’auteur.

Si vous avez emprunté un document à domicile dans une bibliothèque accessible au public, vous devez enfin savoir qu’une incertitude pèse sur le statut des enregistrements sonores au regard de la copie privée. Le prêt public de ces documents est toléré, depuis toujours, mais aucune rémunération à ce titre n’a été mise en place en France. C’est une zone de flou, qui pourrait affecter la licéité de la source de la copie. Mais aucune jurisprudence ne s’est encore prononcée sur ce point et les titulaires de droits semblent l’admettre, pour le moment. En ce qui concerne les films, les bibliothèques ont normalement déjà payé pour le prêt à domicile.

À quand une copy party à Paris-Sorbonne ? Dites-nous ce que vous en penseriez.

Suivre la copy party sur Twitter.

Une présentation plus détaillée des enjeux de la copie privée, qui a guidé la rédaction de ce billet, sur l’excellent blog S.I.Lex.

 

A propos de « Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants »

L’ouvrage – Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants - aborde le présent et l’avenir de la formation des maîtres et participe du débat actuel sur l’accompagnement des futurs enseignants. L’intérêt de la méthode de recherche exploitée réside dans la réalisation d’enregistrements lors des séances de conseil aux enseignants.

    Les auteurs interviennent à différents niveaux dans la formation des maîtres. En effet, l’équipe regroupe des professeurs d’université et des maîtres de conférence en sciences de l’éducation, des formateurs, un inspecteur de l’Education Nationale et une doctorante. Ils  interrogent la formation telle qu’elle est effectuée actuellement et analysent le comportement des formateurs avec les stagiaires.

      L’ouvrage débute par un état des lieux, puis aborde les apports de la recherche actuelle, lesquels sont confrontés dans un troisième temps aux pratiques professionnelles. L’ouvrage se termine par une ouverture vers de nouveaux horizons pour la formation des enseignants.

        Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants, sous la direction de Jean-Yves Robin et Isabelle Vinatier, constitue un ouvrage important pour toute personne s’intéressant à la formation des enseignants. Il permet d’alimenter les débats et la réflexion à ce propos.

          Il est édité chez L’Harmattan, dans la collection « Action et Savoir » et est coté en 371.12 ROB à la médiathèque Molitor.

            In-Quarto : poème

            A l’occasion du Printemps des poètes, du 5 au 18 mars, le blog s’échappe des bibliothèques pour s’ouvrir à la poésie.

            Même fermés les in-quarto
            rangés serrés dos contre dos
            sous le fauve et l’or de leur cuir
            comment se fait-il qu’ils nous livrent
            du cheminement du passé
            les pointillés de l’avenir ?

            Daté de ses chiffres romains
            il suffit d’un livre ancien
            jamais entr’ouvert encore pour
            qu’un rêve éveillé me transporte
            un matin lucide et frisquet
            à la pointe du petit jour
            dans la bibliothèque haute
            aux rayonnages bruns lustrés
            d’où Montaigne nous écrivait.

            Et la tête posée
            sur le mol oreiller de mes doutes
            je me laisse bercer
            comme un enfant qu’on porte sur la route
            qu’ont tracée tant de pas humains.

            Maria Labeille,
            Poème publié dans la revue L’Ouvre Boîte à Poèmes,
            n° 87, Eté – Automne 2010

            Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur,
            avec tous nos remerciements.