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Archives pour 04/2012

Les portails web accessibles sur internet pour la formation des enseignants

« In Quarto » vous propose une sélection de portails web ayant trait à la formation des enseignants :


Le site du « café pédagogique » est la production de l’association du même nom composé d’un bureau de deux personnes et d’une trentaine de collaborateurs qui couvrent l’ensemble des domaines de l’éducation. L’association fonctionne avec le soutien de particuliers et d’institutions. Le portail est organisé autour de plusieurs rubriques : l’actualité de l’éducation au jour le jour  (« l’expresso »), les opinions des professionnels de l’éducation (« l’édito »), les réactions politiques à l’actualité éducative. Le « café pédagogique » propose également un mensuel en ligne, une édition locale – « le café francilien » soutenu par le conseil régional d’Ile-de-France – et un espace collectif et participatif, « les communautés ». Une charte de contribution et d’intervention dans les forums délimite les règles déontologiques à respecter. On peut s’inscrire, s’abonner aux ressources proposées, effectuer une recherche sur le site et créer une communauté.

  • Le Clemi (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information), l’éducation aux médias pour les élèves dans un but citoyen. Le Clémi est chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif français depuis 1983. Il est dirigé actuellement par France Renucci, maître de conférence. Il est organisé autour d’un conseil d’orientation et de perfectionnement de soixante-quatre membres. Le président de ce conseil est nommé par le ministre de l’éducation pour quatre ans. Le Clémi, c’est aussi une équipe nationale et des équipes régionales, chargées de la coordination et de l’action sur le terrain. Le site met en avant des services pour sensibiliser les élèves aux médias, une semaine de la presse, des ressources pour se former aux médias ainsi que des possiblités d’aide aux enseignants et aux classes. Le portail propose une recherche par mot, un renvoi vers les Clémis régionaux et un ensemble de renvois vers les outils spécifiques au Clémi (Clémi TV, ressources pour la classe, productions d’élèves).
  • Le portail du ministère de l’éducation nationale : Un site web à destination des professionnels de l’éducation, d’actualités et de ressources. Un espace qui met à disposition des ressources pédagogiques en vue de se former proposées par le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. Ceci sous la forme de catégories, d’onglets, d’actualités et de données en ligne. Le site propose un agenda et présente des textes officiels. Ces informations sont disponibles sous les formes écrite, numérique et vidéo. Elles s’adressent autant aux enseignants en formation qu’aux personnes désireuses de suivre l’actualité de l’éducation.
  • Le CNDP : propose de nombreuses ressources pour les enseignants. Tête de réseau du Scérén. Le site se décline à Paris sur le site du crdp de Paris : Un réseau d’établissements publics qui comprend : le Centre National de Documentation Pédagogique, les 31 centres régionaux, ainsi que des centres départementaux. Ils ont fondé la structure SCEREN pour Services, Culture, Editions, Ressources pour l’Education Nationale. Cette structure est partenaire du CNDP pour ce portail. Le portail comprend : un ensemble de ressources pour enseigner, une librairie en ligne, un répertoire des revues éditées par le CNDP et le SCEREN, un accès à la librairie en ligne, un recensement des actualités. Les ressources sont répertoriées par niveau : primaire ou secondaire. Un renvoi est fait vers les réseaux régionaux et sur les collections disponibles en ligne. Il est possible d’effectuer une recherche par mot sur le site et de s’abonner au flux RSS des actualités. Le portail propose également des accès à de nombreuses ressources en ligne liées à  l’éducation.
  • Le portail de l’institut français d’éducation : présente les ressources dont il a la charge, ainsi que les nouvelles du centre de l’IFE et certaines actualités propres au domaine de la recherche en éducation. Le site regroupe un agenda, des ressources, un service de commande de documents, un accès pour s’abonner aux revues, ainsi qu’un accès aux anciens sites. Le portail se décline sous plusieurs rubriques : les actualités et les publications de l’IFE, les ressources numériques et physiques qui sont en accès libre et direct, les revues (Revue française de la recherche, Histoire de l’éducation…), les ouvrages de l’IFE, les ressources en ligne. L’IFE est rattaché à l’école normale supérieure de Lyon. Il a succédé dans ses mission à l’INRP (Institut National de Recherche Pédagogique)

Et aussi, les rapports de jury des CAPES, Agrégation et du CRPE :

La fête de Sant Jordi en Catalogne : des roses pour l’amour, des livres pour toujours

Le 23 avril, la Catalogne est le seul endroit au monde où amour rime avec culture. Ce jour-là, les hommes offrent une rose à leur bien-aimée et les femmes répondent à leur déclaration d’amour en leur offrant un livre (le livre étant symbole de connaissance, la fleur incarnant le sentiment). C’est en quelque sorte une Saint-Valentin catalane ! Mais voyons comment on est arrivé à la liaison des livres et des roses.

On ne sait pas exactement à quand remonte le début de la Foire des roses qui se tient dans le patio gothique de la Generalitat et aux environs du Palais. Il se pourrait que ce soit au 15e siècle car il existe des documents attestant sa célébration dès cette époque. Il est fort probable qu’il y ait un lien entre cette tradition populaire et le symbolisme de l’amour courtois représenté par la rose : on ne saurait oublier que Sant Jordi est à la fois chevalier et protecteur des cueillettes de céréales comme l’indique son nom grec Georgios, « travailleur de la terre ». La tradition veut que les hommes offrent aux femmes des roses, rouges de préférence, en souvenir de Jordi libérateur de la princesse menacée par le dragon (voir billet précédent). Pour cette raison, la Sant Jordi est aussi, en Catalogne, la fête des amoureux.

Cette fête, qui se célèbre depuis des siècles, a été enrichie à l’époque moderne par la Fête du livre. En 1926, un écrivain et éditeur valencien établi à Barcelone, Vicenç Clavel, propose à la Chambre officielle du livre de Barcelone d’instaurer une fête consacrée à Miguel de Cervantès (qui accessoirement fait allusion à Saint Georges dans le Don Quichotte de la Manche). On a d’abord voulu  commémorer la date de sa naissance, le 7 octobre, mais on a choisi ensuite le 23 avril, date de sa mort (1616). Le 23 avril coïncide aussi avec la mort ou la naissance de grands écrivains tels que l’anglais Shakespeare et le péruvien Garcilaso de la Vega dit l’Inca (morts en 1616 également), le catalan Josep Pla (1981), le français Maurice Druon (1918), l’islandais Halldor K. Laxness (1902), le russe Vladimir Nabokov (1899) ou le colombien Manuel Mejía Vallejo (1923). Cette date est donc symbolique pour la littérature universelle, si bien qu’elle a été déclarée, lors de la conférence générale de l’UNESCO (Paris, 1995), Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
La fête du livre est l’occasion pour les auteurs catalans confirmés de rencontrer leurs publics et pour les débutants de se faire connaître. Les librairies réalisent leurs plus grandes ventes de l’année durant cette journée.

La Catalogne est ainsi un pays qui sait maintenir ses traditions et ses dévotions, et en créer de nouvelles. Mais qui sont les mieux placés pour parler de la Sant Jordi ? Les catalans bien sûr !
Voici donc le témoignage d’une catalane, Judit Rodríguez, bibliothécaire au Centre d’études catalanes :

Pour moi, la Sant Jordi est une fête très spéciale, peut-être la plus importante de l’année. D’une part pour être la journée consacrée aux livres et à la littérature en général, l’une de mes passions. Ce jour-là, je sors de très bon matin dans les rues de Barcelone ; elles sont envahies par des milliers de gens qui circulent, infatigables, entre des tables d’exposition des librairies et maisons d’édition. J’aime beaucoup passer des heures à regarder, parfois acheter, des ouvrages, voir que les autres font pareil, savoir ce qu’ils achètent, voir la disposition des livres sur les tables, écouter les libraires faire des suggestions, etc. Et tout cela en plein air, avec une température idéale qui normalement nous accompagne. Ce jour est aussi pour moi la meilleure opportunité pour accroître ma collection de livres dédicacés et de rencontrer de grands auteurs ; je ne manque pas pour cela de m’informer sur les horaires de dédicaces aux stands et d’emporter avec moi les ouvrages de mes auteurs préférés. Ce n’est pas tout : j’assiste également à toute sorte de présentation, à des manifestations culturelles, à des lotos, etc. qui se déroulent dans la rue et qui sont habituellement très sympas et amusants. Chaque année, je me dis que cette journée est beaucoup trop courte pour profiter de tout ce qui nous est offert !
D’autre part, la Sant Jordi est pour moi, comme pour beaucoup de catalans, le jour des amoureux. Loin de fêter la célèbre Saint-Valentin, trop commerciale et artificielle, je profite de cette journée pour offrir, non seulement à mon copain, mais aussi à tous ceux que j’aime de bons cadeaux pas trop chers et toujours personnalisés : des livres et des roses. De plus, j’aime beaucoup l’aspect romantique de ce jour parce qu’il incite les gens à sortir pour se promener parmi les livres, les roses de mille couleurs, des personnes souriantes,…
L’ambiance de Barcelone à la Sant Jordi est unique et je ne rate jamais cette fête. Je ne pourrai pas!


Pour en savoir plus sur la fête de Sant Jordi et les autres fêtes et traditions en Catalogne, voici une petite sélection de documents que vous pourrez consulter et/ou emprunter à la Bibliothèque d’études catalanes :

– CAROL Màrius. Parmi les livres : une fête qui a soixante-dix ans. Federación de Gremios de Editores de España, 1996 [cote 394 CAR]
– SOLER I AMIGÓ Joan. Sant Jordi : la diada, la tradició, l’actualitat. Generalitat de Catalunya, 2000 [cote 394 SOL]
– OLLER Josep. La Sardana : dansa universal de la solidaritat ; Sant Jordi : símbol de llibertat. Barcelona : Fundació Videoteca dels Països Catalans, 2003 [cote DVD 398 SAR]
– DALMAU Antoni. Les tradicions que no hem de perdre. Columna, 2010 [cote 398.1 DAL]
– AMADES Joan. Guía de festes tradicionals de Catalunya : itinerari per tot l’any. Editorial Aedos, 1958 [cote 394 AMA]
– MOYA Bienve. La llegenda dels sants : creadors de mites. El Mèdol, 1996 [cote 398.2 MOY]
Calendari de festes de Catalunya, Andorra i La Franja. Editorial Alta Fulla : La Fundació, 1989 [cote 394 CAL]

Photos de Judit Rodríguez, avec son aimable autorisation.

La fête de Sant Jordi en Catalogne : la légende de Saint Georges

Le 23 avril, les Catalans célèbrent la fête de Sant Jordi (Saint Patron de Catalogne), la foire des roses et le Jour du livre. Trois éléments de fête et de culture qui s’unissent pour en faire l’une des journées les plus importantes de l’année en Catalogne, mais qui est aussi,  proclamée par l’UNESCO en 1995, la « Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Avant d’en venir à cette journée proprement dite, voici un petit panorama historique (et légendaire) pour mieux comprendre la signification de cette fête.

Sant Jordi (Saint Georges), dont le nom signifie « celui qui travaille la terre », était un soldat romain sous l’Empire de Dioclétien au début du IVe siècle. Il serait né en Cappadoce (province romaine d’Asie mineure, actuelle Turquie) vers le milieu du 3e siècle et mort à Lydda (ville actuelle de Lod, Palestine) le 23 avril 303. Fils d’une famille noble chrétienne, il a intrégré l’armée romaine et par sa bravoure et son courage, a gravi les échelons…
Mais en l’an 303, l’empereur Dioclétien publie un édit (contre les chrétiens) ordonnant à tout le monde de rendre un culte à Apollon. Jordi, partagé entre sa prometteuse carrière militaire et la fidélité à son dieu, choisira cette dernière. Pour avoir refusé de pourchasser les chrétiens et manifesté publiquement sa foi chrétienne, il sera martyrisé et décapité.
De ces faits plus ou moins historiques naîtra une dévotion à ce personnage dans l’est de l’Empire romain, mais surtout naîtront de nombreuses légendes. La plus populaire est celle de Saint Georges et du dragon :

Il y avait, dans le village de Montblanc, un monstrueux dragon qui terrorisait tout le monde. La bête ravageait les récoltes, détruisait les maisons et dévorait les villageois. Pour apaiser sa faim,  ceux-ci  décidèrent  de tirer au sort chaque jour l’un d’entre eux et de le laisser en sacrifice à l’entrée du village. Les jours passèrent jusqu’à ce que la fille du roi soit tirée au sort. La jeune fille était si jolie et tant aimée de son peuple que certains villageois proposèrent de se donner en sacrifice à sa place, mais le roi, son père, ne le permit pas.
Quand se fut l’heure, la princesse sortit du village et resta assise à l’endroit  convenu, très calme, attendant le  dragon. La bête féroce ne tarda pas à arriver, mais quand elle fut sur le point de dévorer la jeune fille, surgit un chevalier, Jordi  chevauchant son cheval blanc, qui transperça avec son épée le cœur du dragon et libéra la princesse et son peuple. Il y eut  un miracle : du sang versé du dragon naquit un rosier de fleurs rouges et le chevalier en offrit une à la princesse

En Catalogne, la dévotion pour Sant Jordi est devenue populaire à partir du 10e siècle. Au début du 13e siècle, le roi Pere el Catòlic a créé l’ordre militaire de Sant Jordi d’Alfama (l’habit blanc des chevaliers avec la croix rouge de Sant Jordi). D’autres ordres militaires ont porté son nom ; mais c’est le 23 avril 1456 que le roi Jaume I (Jacques 1er le Conquérant) va nommer Sant Jordi patron de la Catalogne (Saint Georges est aussi patron de l’Angleterre, de la Grèce, de la Géorgie, etc.). De nombreux édifices religieux, sculptures, iconographies, poèmes, etc. lui sont dédiés ou le représente.
De nos jours, cet élément de la fête se manifeste par des représentations théâtrales de la légende du saint (notamment dans les écoles), des marchés médiévaux, des feux de joie, des tournois et jeux, des expositions, des conférences, etc.

Vous en saurez plus sur la « Diada » du 23 avril dans un prochain billet. En attendant vous pourrez consulter, entre autres, les ouvrages suivants :

– BOFILL Francesc, SERRA Salvador. El cavaller Sant Jordi. Ed. Claret, 1962 [cote 394 BOF, Bibliothèques d’études catalanes]
– SOLER I AMIGÓ Joan. Sant Jordi : la diada, la tradició, l’actualitat. Generalitat de Catalunya, 2000 [cote 394 SOL, Bibliothèques d’études catalanes]
– ANGUERA Pere. Sant Jordi, Patró de Catalunya. Rafael Dalmau Ed., 2010 [cote 394 ANG, Bibliothèque d’études catalanes]
– DIDI-HUBERMAN Georges, et al. Saint Georges et le dragon : versions d’une légende. A. Biro, 1994 [cote QG 900, Bibliothèque Malesherbes]

 

 

SANT JORDI GLORIÓS

Sant Jordi té una rosa mig desclosa,
pintada de vermell i de neguit;
Catalunya és el nom d’aquesta rosa,
i sant Jordi la porta sobre el pit.

La rosa li ha contat gràcies i penes
i ell se l’estima fins qui sap a on,
i amb ella té més sang a dins les venes
per plantar cara a tots els dracs del món.

Josep María de Sagarra
(1894-1961)

 

 

Photos :
1 – Judit Rodríguez Carmona, Centre d’études catalanes.
2 – Dissortat. CC : By-NC-ND. Source : En el bosque de la larga espera.

La seconde vie des veuves bibliophiles

Madame Veuve Petitfeu a fait don le 21 mars 1863 à l’Université de la bibliothèque de 4378 volumes de son vénéré et défunt mari. Un soir d’hiver, Paul Petitfeu voulut rappeler à Madame l’heure du souper mais, horreur, sa pipe d’écume tomba à terre sur le tapis persan. Elle se brisa derechef et il s’effondra, terrassé par la perte.

Devant l’ immense espace domestique dégagé, face aux perspectives nouvelles assaillant l’horizon de la reconquête, Mme Vve Petitfeu de son vrai nom Désirée Bertonneau décida de faire le tour du monde en transatlantique à 48 ans.

Les escales la ravirent, elle respirait enfin l’air marin et non la pipe mal éteinte de son pauvre vieux mari sans compter la poussière des volumes patiemment collectés au gré de ses marottes historiques.

Sur le bateau, elle rencontra 3 autres veuves de bibliophiles. Elles fondèrent aussitôt un club de danse et de whist. Elles écrivirent un roman à plusieurs mains lorsque le temps ne se prêtait pas à sortir, roman léger certes mais comme leurs maris ne pouvaient pas blairer la frivolité, c’était l’occasion de rattraper le temps perdu. Sur le bateau, elles ouvrirent néanmoins une petite bibliothèque pour les voyageurs, elles la nommèrent Paul-Emile-Victor, des prénoms de leurs défunts maris, ce qui suscita plus d’une vocation mais c’est une autre histoire…

Elles ne se remarièrent jamais et ne pensèrent jamais plus à leurs défunts maris.

Les universités prestigieuses ayant accueilli les dons inespérés de ces trois grands noms de l’érudition fabriquèrent précieusement des tampons et tamponnèrent chacun des volumes reçus, les pages impaires uniquement et parfois (mais rarement) les pages paires. La météo du jour gouvernait l’inquiétante étrangeté de ces motivations bibliothéconomiques.

Rentrées dans leurs cottages, les trois veuves vécurent heureuses. Les universités leur envoyèrent en souvenir les tampons utilisés pour tamponner les ouvrages donnés (Don Madame Veuve Petifeu) ce qui les fit hurler de rire jusqu’à la fin de leurs longues vies. Elles sabrèrent le champagne et prirent goût à cette boisson légère et frivole. Elles décidèrent chaque année de reprendre le bateau car les bonnes habitudes s’entretiennent afin de ne pas devenir mauvaises, logique imparable, et montèrent bientôt leur propre compagnie de paquebots transatlantiques.

Photos :
– Pipa di Meerschaum. Par Pnc net. CC : BY-SA. Source : Wikimedia commons
– The Great Western’s maiden departure from Bristol in 1838. Domaine public. Source : Wikimedia commons
– RubberStamp blank. Par Innab. CC : BY-SA. Source : Wikimedia commons
– Verre Champagne. Par Berndt Fernow. Domaine public. Source : Wikimedia commons