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La fête de Sant Jordi en Catalogne : la légende de Saint Georges

Le 23 avril, les Catalans célèbrent la fête de Sant Jordi (Saint Patron de Catalogne), la foire des roses et le Jour du livre. Trois éléments de fête et de culture qui s’unissent pour en faire l’une des journées les plus importantes de l’année en Catalogne, mais qui est aussi,  proclamée par l’UNESCO en 1995, la « Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Avant d’en venir à cette journée proprement dite, voici un petit panorama historique (et légendaire) pour mieux comprendre la signification de cette fête.

Sant Jordi (Saint Georges), dont le nom signifie « celui qui travaille la terre », était un soldat romain sous l’Empire de Dioclétien au début du IVe siècle. Il serait né en Cappadoce (province romaine d’Asie mineure, actuelle Turquie) vers le milieu du 3e siècle et mort à Lydda (ville actuelle de Lod, Palestine) le 23 avril 303. Fils d’une famille noble chrétienne, il a intrégré l’armée romaine et par sa bravoure et son courage, a gravi les échelons…
Mais en l’an 303, l’empereur Dioclétien publie un édit (contre les chrétiens) ordonnant à tout le monde de rendre un culte à Apollon. Jordi, partagé entre sa prometteuse carrière militaire et la fidélité à son dieu, choisira cette dernière. Pour avoir refusé de pourchasser les chrétiens et manifesté publiquement sa foi chrétienne, il sera martyrisé et décapité.
De ces faits plus ou moins historiques naîtra une dévotion à ce personnage dans l’est de l’Empire romain, mais surtout naîtront de nombreuses légendes. La plus populaire est celle de Saint Georges et du dragon :

Il y avait, dans le village de Montblanc, un monstrueux dragon qui terrorisait tout le monde. La bête ravageait les récoltes, détruisait les maisons et dévorait les villageois. Pour apaiser sa faim,  ceux-ci  décidèrent  de tirer au sort chaque jour l’un d’entre eux et de le laisser en sacrifice à l’entrée du village. Les jours passèrent jusqu’à ce que la fille du roi soit tirée au sort. La jeune fille était si jolie et tant aimée de son peuple que certains villageois proposèrent de se donner en sacrifice à sa place, mais le roi, son père, ne le permit pas.
Quand se fut l’heure, la princesse sortit du village et resta assise à l’endroit  convenu, très calme, attendant le  dragon. La bête féroce ne tarda pas à arriver, mais quand elle fut sur le point de dévorer la jeune fille, surgit un chevalier, Jordi  chevauchant son cheval blanc, qui transperça avec son épée le cœur du dragon et libéra la princesse et son peuple. Il y eut  un miracle : du sang versé du dragon naquit un rosier de fleurs rouges et le chevalier en offrit une à la princesse

En Catalogne, la dévotion pour Sant Jordi est devenue populaire à partir du 10e siècle. Au début du 13e siècle, le roi Pere el Catòlic a créé l’ordre militaire de Sant Jordi d’Alfama (l’habit blanc des chevaliers avec la croix rouge de Sant Jordi). D’autres ordres militaires ont porté son nom ; mais c’est le 23 avril 1456 que le roi Jaume I (Jacques 1er le Conquérant) va nommer Sant Jordi patron de la Catalogne (Saint Georges est aussi patron de l’Angleterre, de la Grèce, de la Géorgie, etc.). De nombreux édifices religieux, sculptures, iconographies, poèmes, etc. lui sont dédiés ou le représente.
De nos jours, cet élément de la fête se manifeste par des représentations théâtrales de la légende du saint (notamment dans les écoles), des marchés médiévaux, des feux de joie, des tournois et jeux, des expositions, des conférences, etc.

Vous en saurez plus sur la « Diada » du 23 avril dans un prochain billet. En attendant vous pourrez consulter, entre autres, les ouvrages suivants :

– BOFILL Francesc, SERRA Salvador. El cavaller Sant Jordi. Ed. Claret, 1962 [cote 394 BOF, Bibliothèques d’études catalanes]
– SOLER I AMIGÓ Joan. Sant Jordi : la diada, la tradició, l’actualitat. Generalitat de Catalunya, 2000 [cote 394 SOL, Bibliothèques d’études catalanes]
– ANGUERA Pere. Sant Jordi, Patró de Catalunya. Rafael Dalmau Ed., 2010 [cote 394 ANG, Bibliothèque d’études catalanes]
– DIDI-HUBERMAN Georges, et al. Saint Georges et le dragon : versions d’une légende. A. Biro, 1994 [cote QG 900, Bibliothèque Malesherbes]

 

 

SANT JORDI GLORIÓS

Sant Jordi té una rosa mig desclosa,
pintada de vermell i de neguit;
Catalunya és el nom d’aquesta rosa,
i sant Jordi la porta sobre el pit.

La rosa li ha contat gràcies i penes
i ell se l’estima fins qui sap a on,
i amb ella té més sang a dins les venes
per plantar cara a tots els dracs del món.

Josep María de Sagarra
(1894-1961)

 

 

Photos :
1 – Judit Rodríguez Carmona, Centre d’études catalanes.
2 – Dissortat. CC : By-NC-ND. Source : En el bosque de la larga espera.
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