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Le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

Il ne vous aura pas échappé que, la semaine dernière, se tenait à Montreuil le Salon du livre et de la presse jeunesse. C’est l’occasion, pour les enfants comme pour les adultes, de venir découvrir les dernières nouveautés de ce secteur éditorial bien particulier, de rencontrer les éditeurs, de transmettre à ses proches l’envie de lire.

Mais ce salon est aussi l’occasion pour les professionnels de toute la chaîne du livre de se retrouver et d’échanger, en particulier lors de la journée professionnelle qui s’est tenue lors du dernier jour du salon. Pour vos bibliothécaires (sur Paris 4, il s’agira plutôt des bibliothécaires de l’IUFM, qui sont plus concernés par le livre jeunesse que leurs collègues de BU), c’est l’occasion de venir faire le plein d’idées de nouvelles acquisitions et de repartir les bras chargés de catalogues d’éditeurs pour s’y retrouver dans l’offre foisonnante de littérature de jeunesse. C’est aussi l’occasion de prendre le pouls du marché et des diverses professions qui s’y rattachent en assistant aux très nombreuses conférences organisées aux quatre coins du salon.

Alors que s’est-il dit ? Comment se porte l’édition pour la jeunesse ?

Cette année, l’ensemble du secteur de l’édition a continué d’accuser le coup de la crise, ce qui s’est traduit par une baisse globale en volume de 4,5% des ventes, ce qui est tout à fait significatif. Pourtant, les ventes de littérature de jeunesse ont augmenté de 8,5%, atteignant de véritables records.

Mais cette augmentation des ventes n’est pas forcément un signe de bonne santé : souvent, quand les ventes baissent, les éditeurs font plus de livres pour maquiller les chiffres et espérer le gros lot : qui sait si un nouveau Harry Potter ne se cache pas parmi leurs nouveautés ? Au final, il y a au total 70 000 nouveautés chaque année en France, c’est pourquoi il est difficile pour un livre de rester plus de six semaines en librairie. Car, à tous les niveaux de la chaîne, il faut absolument publier pour vivre. On estime par exemple que, pour pouvoir vivre uniquement de ses livres, un illustrateur de jeunesse devrait en publier au moins sept par an – ce qui est assez irréaliste.

Tous les métiers du livre subissent des tensions, jusqu’aux imprimeries qui ferment, les unes après les autres : désormais, certains livres demandant des manipulations complexes, comme les livres animés ou livres pop-ups, ne peuvent plus être imprimés qu’en Chine. Les imprimeurs français ont du mal à faire face à cette concurrence orientale, qui réussit à produire des livres de qualité à moindre coût. Leur seul atout reste leur réactivité : faire imprimer un livre localement permet d’éviter de longs délais d’acheminement.

Malgré tout, les livres de jeunesse continuent de se vendre et se vendent bien. Certes, il est parfois difficile de s’y retrouver dans cette pléthore de nouveautés, et parfois les lecteurs hésitent devant les prix des ouvrages. Mais ces livres à destination des enfants restent un outil de transgression des barrières invisibles qui se dressent entre les individus, ils permettent de créer du lien, de réinstaurer le dialogue entre les enfants et leurs parents ou leurs grands-parents. Le livre permet de sortir de la sidération des écrans, de s’extraire de l’empire de l’immédiateté, d’entrer dans la réflexion. Sa linéarité permet aux enfants de se construire.

D’ailleurs, qu’en est-il des enfants ?

Les résultats d’une enquête Ipsos MédiaCT, réalisée en partenariat avec Gallimard Jeunesse et Le Parisien, ont été présentés au cours du salon. Il en ressort que les 7 – 15 ans aiment lire à 78%, et que 82% d’entre eux lisent au moins une fois par semaine. Les enfants lisent donc plus que les adultes (chez qui on compte 70% de lecteurs) !

Si les taux de lecture baissent à partir de 12 ans, en particulier chez les garçons, l’offre éditoriale française s’applique à essayer de faire revenir les adolescents vers le livre, avec des auteurs s’adressant spécifiquement à eux. Le succès d’Harry Potter a prouvé aux auteurs et aux éditeurs qu’écrire pour la jeunesse ne signifiait pas forcément avoir à se limiter à un petit nombre de pages et à des histoires simples, et qu’un même livre pouvait s’adresser à de nombreuses tranches d’âge. Cela a donné envie à de nombreux auteurs de se tourner vers ce public, ce qui permet aujourd’hui à une littérature adolescente de se développer de plus en plus.

Au final, la lecture des enfants n’a pas baissé depuis dix ans. Tout le monde a besoin d’une histoire. Et c’est avec enthousiasme qu’auteurs, éditeurs, imprimeurs, libraires et bibliothécaires continuent de travailler à créer et à transmettre ces histoires par tous les moyens possibles.

Si vous deviez n’en retenir qu’un ?

Alors il vous faudrait lire Madame Le Lapin Blanc, de Gilles Bachelet, qui vient de remporter le prestigieux prix « Les Pépites du Salon », dans la catégorie « album ». Il reprend et détourne l’univers d’Alice au Pays des Merveilles avec humour et délicatesse.

D’ailleurs, vous le retrouverez très bientôt dans les collections de littérature de jeunesse de la bibliothèque de l’IUFM…

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