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Archives pour 05/2013

Portrait de lecteurs : Laurent Jailly, étudiant préparant le CAPES de russe à la médiathèque Molitor de l’IUFM

photo laurent 002Un étudiant de russe

Laurent Jailly prépare le CAPES et le master 1 de Russe. Il aura 27 ans en septembre et fréquente régulièrement les bibliothèques universitaires depuis 2007.

Conjointement à l’utilisation de la médiathèque de l’IUFM site Molitor, il travaille  à la bibliothèque de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales). A la médiathèque Molitor, il consulte en priorité des ouvrages d’analyse de la langue russe des méthodes d’enseignement et des dictionnaires. Il navigue sur le web où il se familiarise avec différentes méthodes proposées en ligne. Il apprécie les DVD de cinéma. Il se rend très régulièrement à le médiathèque, une à deux journées par semaine.

Points forts / faibles de la Médiathèque

Pour Laurent, les atouts de la médiathèque sont :

  • la proximité de son domicile,
  • l’ouverture régulière,
  • la qualité de l’offre en russe – plus particulièrement l’offre pédagogique.

Les inconvénients pour lui se concentrent autour des problèmes rencontrés avec le parc informatique.

Laurent Jailly emprunte les documents  qui l’aident à aborder la littérature et la préparation au CAPES.

Des renseignements pratiques :

Merci à Laurent Jailly d’avoir accepté d’être présenté sur le blog « In Quarto »et bonne chance pour les concours !

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A l’occasion du passage de Mario Vargas Llosa en Sorbonne

Contra viento y marea

Edition de « Contra Viento y Marea » disponible à la Bibliothèque Marcel Bataillon.

L’œuvre de Mario Vargas Llosa domine le panorama de la littérature hispano-américaine des dernières années, elle représente une prolongation, mais aussi une transformation du «boom latino-américain». Si ses premiers romans privilégient les thèmes de la ville et de la violence – favorisés par l’accroissement vertigineux des aires urbaines latino-américaines dans les années soixante – les derniers abordent des problématiques qui sont au cœur de notre époque, telles que la banalisation de la culture. Son premier roman La Ville et les chiens (1962) [1] est accueilli favorablement par la critique, et La maison verte (1966) [2] lui vaut le prix Rómulo Gallegos (1967). Ces deux ouvrages marquent le début d’une riche production romanesque qui lui vaudra encore de nombreux prix littéraires : le Príncipe de Asturias de las Letras (1986) et le prix Nobel de littérature (2010).

Le rapport entre l’auteur de Conversation dans la Cathédrale et la capitale française a une histoire riche d’anecdotes. En 1958, ayant remporté un concours organisé par La Revue Française, il se rend pour la première fois à Paris où il séjourne pendant un mois. Au cours des années soixante il revient pour s’y installer et il participe activement à la vie intellectuelle. Son activité littéraire s’intensifie considérablement : c’est à Paris qu’il achève la rédaction de son premier roman.

Arild Vågen. CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons.

Pendant ces années il approfondit sa connaissance de Bataille et de Sartre. L’essentiel de cette expérience est publié dans le recueil Contre vents et marées (1983-1990)[3]. Sa fascination pour la littérature française ne s’arrête pas là, il aborde l’œuvre des grands romanciers du XIXe siècle (Balzac et Flaubert) dans de nombreux articles et il consacre un essai à Victor Hugo La tentation de l’impossible. Victor Hugo et Les Misérables (2004)[4].

Mario Vargas Llosa est aussi un homme politique dont les prises de position sont à l’origine de nombreuses controverses.

Ses différents romans et essais sont disponibles à la Bibliothèque de Clignancourt ainsi qu’à la bibliothèque Marcel Bataillon de l’institut d’études hispaniques de Paris-Sorbonne.

 

            Conférence magistrale de Mario Vargas Llosa

 A l’occasion de la signature de la convention entre l’Université Paris-Sorbonne et la Cátedra Vargas Llosa de la Fundación Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes.

Jeudi 30 mai

Amphithéâtre Descartes, en Sorbonne

17 rue de la Sorbonne / 75005, Paris

19h


[1]     La Ciudad y los perros

[2]     La Casa Verde

[3]     Contra Viento y Marea

[4]    La tentación de lo imposible

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Rien que pour les doctorants !

L’agence bibliographique de l’enseignement supérieur – ABES – a entre autre missions celle de mettre en œuvre la politique de gestion documentaire des thèses pilotée par le MESR (Ministère de l’Enseignement supérieur). Pour cela, elle propose aux doctorants une page dédiée sur son site.
Intitulé « Espace pour les doctorants » on y trouve diverses informations, les textes réglementaires comme l’Arrêté du 7 août 2006 relatif aux modalités de dépôt, de signalement, de reproduction, de diffusion et de conservation des thèses ou des travaux présentés en soutenance en vue du doctorat, mais aussi le guide du doctorant dont une nouvelle version vient d’être mise en ligne dans le paragraphe « Signalement, dépôt, conservation et valorisation d’une thèse ».
Ce guide à destination des futurs doctorants se veut commun à tous les établissements habilités à délivrer le doctorat. Il n’intègre donc pas les spécificités propres à l’Université Paris-Sorbonne en ce qui concerne les modalités de dépôt électronique. Pour cela, il faut se reporter au site du bureau de la valorisation .

Au sommaire du guide :
1) le signalement des thèses en France : signaler une thèse soutenue est une obligation légale pour l’établissement habilité. Deux outils sont utilisés pour cela : le catalogue collectif  SUDOC, qui permet de localiser monographies et périodiques, mais aussi les thèses (utiliser pour cela la recherche avancée), et le portail national Theses.fr qui recense toutes les thèses, y compris celles en préparation et propose une interface spécifique (voir le billet consacré à Theses.fr).

2) la structure et la présentation de la thèse : feuille de style et bibliographie
A savoir : l’Université Paris-Sorbonne n’impose pas de feuille de style à proprement parler mais la première et la quatrième de couverture sont en revanche obligatoires avec le logo de l’Université.
Une formation à l’utilisation d’une feuille de style est proposée par le SCD (service commun de documentation) à la Maison de la Recherche le mardi 11 juin en salle 219 de 9h30 à 12h30 ou de 14h à 17 h. Inscriptions auprès du secrétariat de votre Ecole Doctorale
Pour la bibliographie, en cas de doute sur le format à utiliser (qui peut différer suivant les Ecoles doctorales), le plus sûr est de se reporter à la norme Afnor Z44-005 « Références bibliographiques, contenu, forme et structure » disponible dans toutes les bibliothèques. Des exemples de présentation – quel que soit le type de référence – sont également en consultation à la bibliothèque Serpente (à demander à l’accueil). Si vous utilisez un logiciel de gestion de références bibliographiques Zotero ou Refworks, vous pouvez générer votre bibliographie à partir des styles proposés (APA, MLA, Chicago etc) que vous pouvez aussi personnaliser.
A savoir : une formation au logiciel Zotero est organisée en salle 219 à la Maison de la Recherche le lundi 10 juin de 9h30 à 12h30 et le mercredi 12 juin de 9h30 à 12h30.Inscriptions : voir ci-dessus
3) La valorisation de la thèse : après la soutenance vient le temps de la valorisation de votre travail. Diffuser sa thèse permet de la faire connaître au plus grand monde et de faire ainsi avancer la recherche. La mise à disposition de la thèse à l’intérieur de l’établissement de soutenance est obligatoire (communication sur place, à la bibliothèque, pour une thèse déposée sur support papier ; diffusion via l’Intranet pour une thèse déposée sur support électronique). Il est donc possible d’interroger le catalogue local des bibliothèques de l’Université en sélectionnant le filtre « thèses et mémoires » pour trouver une thèse. Rappel : les thèses papier entre 1986 et 2009 sont conservées à la bibliothèque Serpente où elles peuvent être consultées sur place.Les thèses électroniques sont accessibles depuis les postes fixes de toutes les bibliothèques en texte intégral (sauf confidentialité) mais il est interdit de les télécharger ou de faire des copier-coller.
La question de la diffusion sur Internet fait débat. A l’Université Paris-Sorbonne, seules les meilleures thèses sont diffusées sur le portail e-sorbonne (et sur le Sudoc et Theses.fr.) avec l’autorisation de leur auteur. Toutefois il faut savoir que vous avez toujours la possibilité de déposer vous-même gratuitement votre thèse sur l’archive ouverte TEL qui vise à promouvoir l’autoarchivage en ligne des thèses et HDR.
Certains craignent que la diffusion de leur thèse facilite le plagiat ou empêche la publication ultérieure chez un éditeur commercial. Ces craintes sont aujourd’hui de moins en moins fondées car comme le rappelle l’ABES dans son guide du doctorant : « Plus un texte est référencé et visible sur Internet, plus il est difficile de le plagier. En effet, la date de dépôt dans une archive ouverte (par exemple) fait foi et permet de prouver juridiquement la paternité de son œuvre »
Et surtout : le fait de publier sa thèse sur Internet n’empêche pas de la publier chez un éditeur commercial.
4) l’édition commerciale
Une première étape vers la publication est celle proposée par le service « thèses à la carte » de l’agence nationale pour la reproduction des thèses l’ANRT. Il permet, après signature d’un contrat de diffusion, l’impression de la version de soutenance dans un format livre. L’impression se fait à la demande et l’ANRT se rémunère à la vente de la thèse publiée.
Si vous souhaitez passer par un éditeur commercial, il vous faudra signer un contrat de diffusion. Comme le rappelle le guide du doctorant : « Soyez vigilants : ne signez pas de contrat d’exclusivité si vous souhaitez pouvoir diffuser votre thèse par un autre biais« . Certaines thèses de l’Université ont été publiées aux PUPS .
Si vous voulez en savoir plus sur le circuit de la thèse à Paris-Sorbonne, deux ateliers sont organisés à la Maison de la Recherche en salle 219 le jeudi 13 juin de 14h à 16h et le vendredi 14 juin de 10h à 12h. Inscriptions auprès des Ecoles doctorales.

« Un génial original, un bel hurluberlu »

Photo : Pierre Petit (1831-1909). Domaine public, via Wikimedia Commons.

« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger. »

Ces quelques mots d’Alexandre Yersin dans une lettre à sa mère résument à lui seul le singulier personnage que fut ce génial médecin baroudeur. Dans Peste & choléra, Patrick Deville retrace le parcours du natif d’Aubonne, dans le canton de Vaud.

Après des études en Allemagne, Yersin arrive en France où il rencontre Émile Roux, qui lui ouvre les portes de l’Institut Pasteur. Il y travaille plusieurs années, notamment sur la tuberculose et la diphtérie, avant de céder à l’appel du grand large.

Commence alors une vie en mer comme médecin de bord avant qu’il ne découvre le Vietnam et choisisse de s’y installer. C’est là qu’il fondera un deuxième Institut Pasteur, à Nha Trang. Auparavant, il aura exploré la jungle et fait de multiples expériences, tant dans le domaine de la vaccination des bêtes d’élevage que dans l’acclimatation de nouvelles espèces, comme l’hévéa. Envoyé en 1894 en Chine par l’Institut Pasteur, il découvre le bacille de la peste, qui porte désormais le nom de Yersinia pestis.

Depuis Nha Trang où il vit, Yersin n’en est pas moins attentif aux découvertes de son temps et ne cesse de travailler à des améliorations pour les cultures et l’élevage de son domaine. Il continue aussi à soigner les habitants. À la fin de sa vie, il se résout de temps en temps à s’envoler pour Paris, où de nombreuses récompenses lui sont remises et où il doit présider l’assemblée générale de l’Institut Pasteur, dont il est devenu directeur honoraire. Il rentre dès qu’il le peut dans son paradis asiatique.

« Comme nous tous, écrit Patrick Deville, Yersin essaye de faire de sa vie une belle et harmonieuse composition. Sauf que lui y parvient. »

Peste & choléra est disponible à la bibliothèque Malesherbes (demande par bulletin, cote LE-15228).

***

Patrick Deville est né en 1957. Il est l’auteur d’une dizaine de romans, publiés aux éditions de Minuit, puis aux éditions du Seuil. Son œuvre fait déjà l’objet de recherches.

Roman et romantisme noir à Paris-Sorbonne.

Noir, gothique, frénétique, terrifiant : autant d’étiquettes qui révèlent la difficulté de cerner ce mouvement de la sensibilité que d’aucuns considèrent comme un trait particulier de notre modernité. Surgi de l’architecture anglaise, au milieu du XVIIIe siècle, il atteint rapidement les autres arts – notamment la littérature – et se répand à travers toute l’Europe. Il favorise l’avènement du romantisme, est revendiqué par le surréalisme et continue d’exercer sa fascination mystérieuse encore de nos jours. L’exposition qui se tient au musée d’Orsay jusqu’au 9 juin, sous le nom évocateur de L’ange du Bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst, en est la preuve.

 

L'ange du bizarre, catalogue de l'exposition au musée d'Orsay disponible dans les bibliothèques de Malesherbes et Michelet.

L’ange du bizarre, catalogue de l’exposition au musée d’Orsay, disponible dans les bibliothèques de Malesherbes et Michelet.

Ce regain d’intérêt vient parachever un mouvement amorcé dans le domaine de la littérature. En Italie, le critique d’art Mario Praz propose une lecture qui privilégie le versant noir du romantisme dans La carne, la morte e il diavolo nella letteratura romantica (1930), alors qu’en France, les surréalistes s’intéressent à sa première manifestation : le roman noir. André Breton, Paul Éluard et Julien Gracq lui consacrent des pages mémorables. L’intérêt pour ce genre romanesque gagne l’Université après la soutenance en Sorbonne de la thèse de Maurice Lévy intitulée Le roman gothique anglais 1764-1824[1]. Depuis lors, les études consacrées à ce genre, que la critique considérait comme mineur, se multiplient. Daniel Couégnas, élève de Roland Barthes à l’EPHE, propose une description minutieuse de sa structure narrative dans Le roman gothique : essai d’analyse structurale (1975). Dans les années quatre-vingt, de nouvelles perspectives s’ouvrent après la parution des Châteaux de la subversion d’Annie Le Brun (1982) qui porte un intérêt particulier au contexte historique de l’essor du roman noir et à son rapport avec la Révolution Française. Plus récemment, elle a insisté sur l’aspect éminemment moderne du noir dans Si rien avait une forme, ce serait cela (2010).

Gravure de la première édition d’ Aline et Valcour ou le roman philosophique (1795) de Sade

 

Phénomène esthétique issu des Lumières, et en provenance des pays reformés, le noir se manifeste en littérature pour la première fois à travers le roman et reflète les divergences entre le nord et le sud. Les auteurs du roman noir situent leurs histoires, la plupart du temps, dans des demeures reculées – surtout en Espagne ou en Italie. Ces pays, attachés à un christianisme plus traditionnel et dans lesquels l’Inquisition a une réelle emprise sur la vie quotidienne, fournissent la toile de fond idéale pour assister au spectacle de la vertu bafouée. Les descriptions –  toujours ambivalentes, parfois complaisantes – des supplices auxquels des moines pervers soumettent quelques esprits libres ont quelque chose de la delectatio morose qui caractérise les œuvres les plus provocatrices du siècle. Entre anticléricalisme et nostalgie des valeurs moyenâgeuses, le roman noir emprunte à l’histoire des thèmes qu’il exploitera à dessein. La péninsule ibérique figure alors un locus horribilis. Voilà ce qui explique, au moins en partie, l’accroissement de l’intérêt porté par le monde hispanique à ce mouvement.

 

Les romans noirs, ainsi que de nombreux textes critiques sur ce sujet, sont disponibles dans les différentes bibliothèques de Paris-Sorbonne. Par ailleurs, le SCD met à la disposition des lecteurs des ressources qui permettent de consulter les différents articles écrits sur un sujet en particulier et de constituer des bibliographies spécialisées. À l’aide des plateformes spécialisées telles que JSTOR, CAIRN, MLA ou le CSIC (pour le domaine hispanique), vous pouvez effectuer une recherche efficace et rapide. Pour la constitution de la bibliographie, les gestionnaires RefWorks ou Zotero permettent de créer des styles personnalisés et de gagner du temps. Voici un aperçu d’une bibliographie créée à l’aide de RefWorks.

 

Quelques articles sur le roman noir en espagnol  à la Bibliothèque Marcel-Bataillon (trouvés à l’aide du CSIC et MLA):

 

DE CUENCA, LUIS, La literatura fantástica española del siglo XVIII, dans “Cuadernos Hispanoamericanos”, n° 410, Madrid, Ediciones Cultura Hispánica, 1984, p. 107.

GARRIDO, CARLOS, El nacimiento de la novela gótica, dans “Quimera”, Barcelone, 1982, n°18, pp 33-39.

GLENDINNING, NIGEL, Lo gótico, lo funeral y lo macabro en la cultura española y europea del siglo XVIII, dans “Anales de Literatura Española”, Alicante, Université d’Alicante, département de littérature, 1994, n°10, pp 101-115.

En outre, la Bibliothèque Marcel-Bataillon contient un fond très important sur Goya.

 

Quelques romans noirs français à la Bibliothèque Ascoli :

 

RÉVÉRONI SAINT-CYR, Jacques Antoine, et DELON, Michel, Pauliska, ou la Perversité moderne : mémoires récents d’une Polonaise, Paris, Editions Desjonquères, 1991.

SADE, Donatien Alphonse François de, DELON, Michel et DEPRUN, Jean, Oeuvres I. Sade philosophe I, [Paris], Gallimard, 1990. Ce volume regroupe les quelques ouvrages noirs du divin marquis.

 

Thèses sur le noir soutenues à Paris- Sorbonne :

 

COZ, Jean-François, (sous la direction de Michel DELON), Un imaginaire au tournant des Lumières, Jacques-Antoine de Reveroni Saint-Cyr (1767-1829), thèse soutenue à l’Université Paris-Sorbonne, École doctorale de littératures françaises et comparées, 2010.

MARCEAU, Marion, (sous la direction de Pierre ARNAVO),  L’univers romanesque des sœurs Lee, thèse soutenue à l’Université Paris-Sorbonne, Études Anglaises, 1999.

PEZARD, Emilie, (sous la direction de Bertrand MARCHAL), Le romantisme « frénétique » : histoire d’une appellation générique et d’un genre dans la critique de 1821 à 2010, thèse soutenue à l’Université Paris-Sorbonne, École doctorale de littératures françaises et comparées, 2012.

PRUNGNAUD, Joëlle, (sous la direction de Jean DE PALACIO) Gothique et décadence : recherches sur la continuité d’un mythe et d’un genre au XIXe siècle en Grande-Bretagne et en France, thèse soutenue à l’Université Paris-Sorbonne en 1993, Littérature et civilisation comparée, publiée chez H. Champion, 1997.


[1]    1968

La Bilipo, un fonds qui mérite le détour

Il est des fonds de la ville de Paris, comme celui de la Bibliothèque des littératures policières, dont il faut souligner la complémentarité avec nos propres fonds spécialisés, car le chercheur peut y trouver aussi une documentation spécifique liée à la criminologie. Il en est justement un à la bibliothèque Serpente, qui est associé à l’UFR d’histoire, et plus précisément à l’histoire contemporaine, qui concerne les forces de l’ordre en France aux XIXe-XXe siècles. Cet enseignement, dirigé par le professeur Jean-Noël Luc, situe son champ d’action entre répression, police criminelle et politique de sécurité publique.

12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: gallica.bnf.fr

 

Ce fonds singulier mérite qu’on lui prête une attention toute particulière, car bien sûr il y est question d’ordre, de défense des institutions, de sécurité mais aussi de s’immerger « dans l’une des figures familières de l’imaginaire national » que représente le policier, comme on peut le lire dans la thèse Le képi et le crayon soutenue en 2006 par Yann Galéra. Outre les ouvrages théoriques nécessaires à l’appréhension de cette discipline, il faut aussi en percevoir les contours par la connaissance de divers supports qui concernent les grands faits criminels. Cette réalité du crime, qui se présente sous forme de littérature, de série TV, de films, de bandes dessinées, d’affiches, de dossiers patiemment constitués est conservée à la Bibliothèque des littératures policières. C’est en ce sens que celle-ci devient une partenaire privilégiée, car elle permet une approche plus littéraire du fait policier ou criminel que le permet le fonds consacré à ce domaine à la bibliothèque Serpente, où ne se trouve qu’un fonds d’études lié à cet enseignement. À cela s’ajoute aussi une presse spécialisée : si à la bibliothèque Serpente sont conservées des revues de recherches comme Intelligence and national security ou la Revue de défense nationale, en revanche à la Bilipo on peut trouver une presse grand public comme Le Nouveau détective.

Cette bibliothèque des littératures policières a donné lieu à de nombreux articles dans la presse destinée aux professionnels de l’information comme celui publié dans Savoirs CDI (1).

La Bilipo organise régulièrement rencontres, expositions, conférences, manifestations autour d’un thème centré sur la thématique de la criminologie ou de la série noire en littérature.

(1) Ressource pour les enseignants-documentalistes

Quelques acquisitions récentes dans les fonds de la bibliothèque Serpente

In thrall to political change : police and gendarmerie in France / Malcolm Anderson. Oxford University press, 2011.
Ouvrage qui retrace l’histoire de la police et de la gendarmerie française de 1870 à nos jours (cote 363.2 AND)

The insurgent barricade / Mark Traugott. University of California press, 2010.
Cet ouvrage traite des plus célèbres dispositifs insurrectionnels : les barricades (cote : 303.6 TRA)

Fichés ?  : photographie et identification 1850-1960 / [sous la direction et avec une introduction de Jean-Marc Berlière,… et Pierre Fournié. Archives nationales, DL 2011.
Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition aux Archives nationales intitulée « Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années soixante » présentée à l’hôtel de Soubise du 27 septembre au 26 décembre 2011 (cote : 363.24 BER)

Sous le régime du sabre : la gendarmerie en Algérie, 1830-1870 / Damien Lorcy. Presses universitaires de Rennes ; [Vincennes] : Service historique de la défense, DL 2011.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire du droit, Bordeaux 4, 2006 : La gendarmerie en Algérie : organisation & missions, 1830-1870 (cote : 355.35 LOR)

Les gendarmes en Corse, 1927-1934  : de la création d’une compagnie autonome aux derniers « bandits d’honneur » / Simon Fieschi. Vincennes : Service historique de la Défense, impr. 2012.
Texte issu d’un mémoire de l’Université Paris-Sorbonne (cote : 355.351 FIE)

Le crime à l’écran : le fait divers criminel à la télévision française, 1950-2010 / Claire Sécail. Paris : Nouveau monde éd., DL 2010.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire contemporaine, Versailles-St Quentin en Yvelines, 2007 (cote : 302.234 SEC)

Pour en savoir plus

- sur la littérature policière, le blog Action-suspense
– sur la criminologie, un dictionnaire de criminologie en ligne
– tout savoir sur la police scientifique
– consulter les collections de la Bibliothèque historique du service des armées

Exposition itinérante de dessins italiens et français

Une très belle exposition de dessins italiens et français du XVIe au XVIIe siècle a actuellement lieu au Musée des beaux-arts de Tours jusqu’au 27 mai 2013, puis aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique (2014).

La bibliothèque Michelet vient de recevoir le catalogue : « Disegno & Couleur, dessins italiens et français du XVIe eu XVIIIe siècle », sous la coordination de Stefaan Hautekeete.

disegno

Trois cent dessins de maîtres italiens et français sont présentés. A lire le catalogue, on perçoit la prééminence à la Renaissance de l’idée de l’artiste, de son inventivité, qui supplantent  la réalisation matérielle du dessin. Cela éclaire le travail en atelier des grands maîtres du dessin tel Giorgio Vasari qui œuvrent avec des collaborateurs pour l’exécution du disegno final.

S’échelonnant sur près de trois siècles, l’exposition nous dévoile certaines feuilles qui n’ont jamais été exposées.

Bonnes découvertes !

 

Frank Lloyd Wright et le Japon

Frank LLoyd Wright (1867-1959), architecte américain emblématique du style Prairie, est très connu par ses œuvres phares : Fallingwater (la maison sur la cascade), en 1936, où les lignes horizontales, les toits plats suggèrent les grandes plaines, ou par sa dernière réalisation, le musée Guggenheim (1956-1959) à New-York.

Fallingwater. By Serinde, CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons.

Moins connue, sa passion de collectionneur pour les estampes japonaises dont il écrit :

« Les estampes choisissent qui les aiment, mais il n’est alors d’autre salut que la capitulation. » En 1912, il publie un essai sur l’estampe japonaise, qui sera traduit à l’étranger et dont on vient de recevoir à la bibliothèque Michelet une magnifique réédition :

« L’estampe japonaise, une interprétation », exemplaire numéroté édité chez Klincksieck. D’autres textes sont joints à cet essai : le récit de ses aventures de collectionneur d’estampes et les préfaces écrites pour les catalogues accompagnant l’exposition de sa propre collection. Celle-ci est impressionnante : Hiroshige ; Hokusai ; Utamaro, etc.

L’architecte, p.13, parle de l’art japonais comme d’un art structurel dont l’ossature serait la géométrie. A noter les liens qu’il suggère puis entrelace avec les mathématiques et la musique.

« En termes très généraux, le principe suprême de l’esthétique japonaise consiste en une simplification drastique par l’élimination de l’insignifiant, et donc une mise en relief de la réalité. » (p.17)

wright

Frank LLoyd Wright, entre 1905 et 1923, fait de nombreux voyages au Japon et réalise notamment l’Hôtel Impérial à Tokyo ainsi qu’une école de filles en 1921.

L’architecte explique la constitution de sa collection d’estampes, ses rencontres avec un couple de collectionneurs américains, les Spaulding, qui le chargent de « chasser les estampes » pour eux, et ses accointances avec les connaisseurs japonais. La collection, particulièrement riche, des Spaulding, sera donnée au Boston Museum of Fine Arts.

Plus d’une trentaine d’ouvrages sur Frank LLoyd Wright sont disponibles à la bibliothèque Michelet, soyez les bienvenus !

 

Quinzaine du Commerce Equitable

 

« Le Commerce Équitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés. »

Définition établie en 2001 par le Consensus FINE réunissant les principales fédérations internationales et européennes de commerce équitable

 

A l’occasion de la Quinzaine du Commerce Equitable : du 4 au 19 mai 2013,  de nombreuses animations sont organisées partout en France : petits déjeuners équitables, concerts, débats, projections, rencontres avec des producteurs…

Acte militant et alternatif fortement politisé à l’origine, « l’achat équitable » n’est plus limité à des boutiques associatives spécialisées de l’artisanat et du textile. La labellisation touche une large gamme de produits : alimentaire, cosmétique, mais aussi instruments de musique, voyages

Commerce équitable en suédois ; wikimedia commons domaine public

Commerce équitable en suédois!  (Wikimedia Commons, domaine public)

Le Marché du Commerce Équitable connaît une forte croissance et est présent dans la grande distribution. Mais la multiplication des labels et les stratégies de différenciation des entreprises laissent souvent le consommateur perplexe. Le Commerce Équitable permet-il réellement au consommateur de lutter efficacement contre la pauvreté ? L’acte d’achat peut-il être conciliable avec une préoccupation humanitaire?

Pour approfondir ce sujet et en comprendre les enjeux, nous vous proposons une bibliographie des ressources disponibles en ligne et dans les bibliothèques de Paris IV, sur notre compte Zotero.

Saviez-vous par exemple que Max Havelaar n’est pas le nom du fondateur de l’association éponyme, mais le titre d’un roman publié aux Pays-Bas en 1860, dans lequel Eduard Douwes Dekker, alias Multatuli (du latin multa tuli ou « j’ai beaucoup souffert »), dénonce la condition de paysans javanais dans les Indes néerlandaises au XIXe siècle ?

Ce titre est disponible à la bibliothèque Malesherbes en version originale et en français.

A découvrir en dégustant un bon café « équitable »…