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La revue « Relations internationales » publie deux numéros traitant de Musique

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Relations internationales est disponible à Clignancourt

La revue « Relations internationales » vient de publier deux numéros consécutifs (les 155 et 156), traitant de « Musique et relations internationales ». La bibliothèque Clignancourt vous propose ces deux numéros situés dans les revues du fonds « histoire-géographie »

La musique y est étudiée sous des aspects peu connus du grand public, et des musiciens eux mêmes.

Après avoir introduit ces deux numéros par l’évocation de Rostropovitch jouant les suites de Bach sur le mur de Berlin, les deux numéros abordent la musique sous son aspect politique et diplomatique, essentiellement aux 19è et  20è siècles.

Dans le premier article « La circulation des opéras en Europe au XIXè siècle », Christophe Charle essaye, à partir d’une étude quantitative des opéras joués en Europe, d’estimer la nature des relations culturelles entre pays, et nuance l’opposition classique entre cosmopolitisme hérité des Lumières au début du 19èsiècle, et repli national et linguistique avant la Grande Guerre, en montrant qu’il existe des éléments pouvant aller dans les deux sens.

Dans le cadre du centenaire de la 1ère guerre mondiale, il est très intéressant de lire les articles sur « les musiques militaires de 1850 à 1914″, « les musiciens brancardiers en 1914-1918″, puis les articles sur la musique comme instrument de paix : articles de Christiane Sibille et Carl Bouchard sur la musique à la Société des Nations.

Dans le deuxième numéro ont paru deux articles d’enseignants à Paris-Sorbonne , Danièle Pistone et Gilles Demonet. La première analyse de façon particulièrement lucide l’évolution des rapports entre pouvoir politique et diffusion de la musique française à l’étranger. Le second nous parle des rapports complexes d’un pays dirigiste, la Chine, avec les musiques venant d’Europe.

Quant à moi, l’article qui me fascine le plus dans ces deux fascicules est celui sur la tournée de l’Orchestre de Paris en 1980 sous la direction de Daniel Baremboïm. En effet, cette tournée dans le pays d’origine du chef d’orchestre sous la dictature des généraux contribua à la crise diplomatique entre la France et l’Argentine. Il pose la question du répertoire joué dans un pays sous dictature fascisante. Baremboïm, en jouant non seulement des œuvres françaises, Beethoven, mais surtout en réhabilitant Mahler, commence peut-être à ce moment-là sa carrière si particulière qui l’amènera à fonder, trente ans plus tard, le « West Eastern Divan Orchestra », seul orchestre au monde à rassembler musiciens israéliens et des pays arabes voisins.

Article rédigé par Florence Louvier et Sébastien Martin.

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