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Roland Barthes, écrivain.

35 ans après sa mort, la figure de Roland Barthes semble toujours mouvante, ne cesse d’évoluer encore sous nos yeux, de s’enrichir. Rare sont les penseurs qui ne se trouvent pas figés (souvent glorieusement) dans leur pensée, leur démarche, après leur mort. Sartre reste jusqu’à aujourd’hui cet intellectuel engagé, ce philosophe de la Liberté, et n’en bouge plus vraiment. Jacques Lacan demeure ce psychanalyste et théoricien de la psychanalyse, faisant basculer Freud dans le tout-langage et le symbolique. Leur pensée est liée à un geste particulier.

Mais Barthes ? Sémiologue ? Intellectuel structuraliste ? Critique littéraire ? Penseur de la littérature, et même, plus exactement, de l’écriture et du discours ? On sent bien qu’il échappe à tout cela, qu’aucun de ces qualificatifs ne peut lui faire tenir sa place.

Barthes n’a-t-il pas cessé, justement, de vouloir défaire et se défaire de toutes les idéologies, de tous les enfermements et encombrements du corps et du langage, par les signes et les discours ? Son travail a été une tentative minutieuse et passionnée pour trouver ce sujet délesté, allégé (rêvé ?) de tout discours, et en équilibre sur tous…

Au fond, peut-être que la véritable passion de Barthes n’aura pas été la peur, comme il le dit dans Le Plaisir du texte (1973), mais la subjectivité : se rapprocher de plus en plus de son désir, au-delà des postures et des discours tout faits, de ses « préférences » comme il le disait. La subjectivité n’est pas coller à « son » hypothétique vérité, mais aller, à pas d’esquive, vers son désir. Un mouvement de tension… Soi-même étant toujours une fuite en avant vers « autre chose »…

Roland Barthes, le théâtre du langage

Roland Barthes, le théâtre du langage

Barthes danseur ? très probablement…

Si l’écriture de Barthes nous touche autant aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais été un simple outil, un véhicule au service d’une pensée, d’une théorie, mais quelque chose permettant une mise en jeu de soi comme projet et comme désir, défiant les regards et « machines ressassantes » du langage, qui montre son derrière au père politique (Le Plaisir du texte).

Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman. notait-il en épigraphe du Roland Barthes par Roland Barthes (1975), un des ouvrages où il se tenait au plus proche de lui-même. La pensée, le langage – même le plus critique, le métalangage – deviennent avec désinvolture, une fiction passionnante ou le sujet s’invente, se risque lui-même, hors du sens.

La bibliothèque Clignancourt vous invite à découvrir son œuvre et son parcours à travers un DVD disponible dans l’espace Philosophie, à la cote 194 BAR 4 THO.

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