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« L’Usage du monde » a 50 ans !

« La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir. »

doc-de-lusage-du-mondeL’Usage du monde, le récit de voyage de Nicolas Bouvier, illustré par le peintre Thierry Vernet, est paru en 1963. Ce livre relate le périple des deux artistes à bord d’une minuscule Fiat Topolino. Partant de Suisse, dont ils sont originaires, ils parcourent la Serbie, la Turquie, l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan. Tandis que Thierry Vernet réalise des aquarelles sur le vif, Nicolas Bouvier rédige un texte de souvenirs et d’impressions, relatant les petits riens, les agacements du baroudeur parfois, mais aussi les rencontres magiques faites tout au long du chemin.

C’est le récit d’un observateur aussi attentif qu’émerveillé qui s’égrène au fil des pages de L’Usage du monde. Ce voyage initiatique, qui tient du grand tour tel que le faisaient les jeunes gens dès le 18e siècle, dure près d’un an et demi. Pour le financer, les deux amis donnent des cours, organisent des conférences dans les lieux visités et envoient également des articles à la presse. Lorsqu’ils se séparent, suite au retour de Thierry Vernet en Suisse, Nicolas Bouvier continue seul à voyager et visite l’Asie. Nous avions évoqué sur le blog l’un de ces récits, Le Poisson-scorpion, entièrement écrit au Sri-Lanka.

L’Usage du monde, que beaucoup considèrent comme un sommet de la littérature de voyage, fête cette année les cinquante ans de sa parution. A cette occasion, un colloque international a eu lieu les 10 et 11 octobre 2013, à la BnF et au Quai Branly. Le programme donne un aperçu de la richesse des études consacrées à l’auteur suisse.

Dans les bibliothèques de Paris-Sorbonne, plusieurs œuvres de Nicolas Bouvier sont disponibles, notamment sur les sites Clignancourt et Malesherbes.

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

« Un génial original, un bel hurluberlu »

Photo : Pierre Petit (1831-1909). Domaine public, via Wikimedia Commons.

« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger. »

Ces quelques mots d’Alexandre Yersin dans une lettre à sa mère résument à lui seul le singulier personnage que fut ce génial médecin baroudeur. Dans Peste & choléra, Patrick Deville retrace le parcours du natif d’Aubonne, dans le canton de Vaud.

Après des études en Allemagne, Yersin arrive en France où il rencontre Émile Roux, qui lui ouvre les portes de l’Institut Pasteur. Il y travaille plusieurs années, notamment sur la tuberculose et la diphtérie, avant de céder à l’appel du grand large.

Commence alors une vie en mer comme médecin de bord avant qu’il ne découvre le Vietnam et choisisse de s’y installer. C’est là qu’il fondera un deuxième Institut Pasteur, à Nha Trang. Auparavant, il aura exploré la jungle et fait de multiples expériences, tant dans le domaine de la vaccination des bêtes d’élevage que dans l’acclimatation de nouvelles espèces, comme l’hévéa. Envoyé en 1894 en Chine par l’Institut Pasteur, il découvre le bacille de la peste, qui porte désormais le nom de Yersinia pestis.

Depuis Nha Trang où il vit, Yersin n’en est pas moins attentif aux découvertes de son temps et ne cesse de travailler à des améliorations pour les cultures et l’élevage de son domaine. Il continue aussi à soigner les habitants. À la fin de sa vie, il se résout de temps en temps à s’envoler pour Paris, où de nombreuses récompenses lui sont remises et où il doit présider l’assemblée générale de l’Institut Pasteur, dont il est devenu directeur honoraire. Il rentre dès qu’il le peut dans son paradis asiatique.

« Comme nous tous, écrit Patrick Deville, Yersin essaye de faire de sa vie une belle et harmonieuse composition. Sauf que lui y parvient. »

Peste & choléra est disponible à la bibliothèque Malesherbes (demande par bulletin, cote LE-15228).

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Patrick Deville est né en 1957. Il est l’auteur d’une dizaine de romans, publiés aux éditions de Minuit, puis aux éditions du Seuil. Son œuvre fait déjà l’objet de recherches.

Lancement d’OpenEdition Books !

« OpenEdition Books est une plateforme de livres en sciences humaines et sociales. Plus de la moitié d’entre eux est en libre accès. »

On y trouve pour l’heure 379 livres de toutes les disciplines.

Sur le carnet d’OpenEdition, on peut lire au sujet de cette nouvelle plate-forme, qui vient s’ajouter à Revues.org, Calenda et Hypothèses :

« Elle a pour ambition de construire une bibliothèque internationale pour les humanités numériques et ce, en encourageant les éditeurs à développer le libre accès sur le long terme. La plate-forme valorise le traitement de toutes les aires culturelles, de toutes les périodes, et des grandes langues scientifiques. »

Treize éditeurs, dont les éditions Rue d’Ulm et les Presses universitaires de Rennes, ont déposé des ouvrages sur OpenEdition Books.

Un module de recherche très simple permet de rechercher des ouvrages sur la plate-forme, mais aussi des chapitres de livres. Une fois affichée la liste de résultats, des facettes permettent d’affiner la recherche.

OpenEdition Books est amené à s’enrichir régulièrement de nouveaux livres (un millier de livres sont annoncés pour l’été 2013 et il est envisagé d’ajouter 2000 livres chaque année).

Le modèle de publication est mixte : au moins la moitié des ouvrages est librement accessible en étant connecté au site, les autres ouvrages ainsi que les formats permettant une lecture hors connexion, pdf ou ePub, sont payants.

À suivre !

« Conquise, je le fus dès le premier regard »

Édition in-quarto de 1609 (Wikimedia Commons, domaine public)

Une lecture rapide ferait croire à un vers de Racine, il s’agit pourtant de Shakespeare, dans la traduction qu’en a fait André Markowicz en 2006. Tels sont les mots de Cressida à son amant Troïlus. Ni tragédie, ni comédie, Troïlus et Cressida est une pièce inclassable de 1602. Le Troyen Troïlus aime Cressida, la fille d’un prêtre grec passée à l’ennemi. Son oncle Pandare joue les entremetteurs au point qu’elle finit par se donner à son prétendant. La guerre, toutefois, rattrape les jeunes gens ; Cressida devra être rendue aux Grecs en échange d’un autre prisonnier. Et Troïlus d’accepter au nom de la raison d’état, puis de voir sa belle, dépitée, céder aux avances du Grec Diomède.

« La pièce, écrit Margaret Jones-Davies dans la préface de l’édition des Solitaires intempestifs, fut peu jouée du vivant de l’auteur, comme si ce texte abrasif ne pouvait convenir qu’à une modernité à venir. » Elle entremêle tous les genres, des saillies triviales du soldat éclopé Thersite au discours amoureux des amants, en passant par la tirade d’Ulysse, à la rhétorique parfaite. Elle s’ouvre à un moment où la guerre de Troie est une guerre froide, où chacun des deux camps guette les agissements de l’autre sans se décider, pourtant, à combattre. Et parmi ces guerriers dans l’attente, Achille le premier diffère les assauts. Enfin, contrairement à ce que son titre peut laisser croire, elle traite tout autant de la guerre de Troie et des attitudes de chacun des princes dans le conflit – peu de personnages féminins dans cette pièce – que des amours contrariées des jeunes héros.

Pour Hubert Fluchère, « Troïlus et Cressida aurait pu être une tragédie noble, c’est un drame sordide où, par-dessus la parole sage d’Ulysse, résonnent le cliquetis dérisoire des glaives ensanglantés, les criailleries obscènes d’un Pandarus à la voix de fausset, les sarcasmes venimeux enfin d’un blasphémateur professionnel. La guerre, la gloire en prennent un bon coup : on se bat pour un freluquet et une putain ; l’amour lui-même use son lyrisme dans la frénésie et la trahison. »

Troïlus et Cressida se joue actuellement à la Comédie-Française, dans une mise en scène de Jean-Yves Ruf. Sur le site, on trouvera une bibliographie autour de la pièce.

Différentes éditions et traductions de la pièce se trouvent conservées dans les bibliothèques de Paris-Sorbonne. Sont également consultables des études critiques sur cette œuvre, notamment à la bibliothèque de l’UFR d’anglais. Une bibliographie recensant ces titres est disponible sur notre compte Zotero. On peut aussi lire la pièce en ligne sur le site OpenShakespeare (Troilus and Cressida) ou sur un site de l’Université de Victoria (Canada) (Troilus and Cressida).

Troïlus et Cressida, V, 2. Gravure de Luigi Schiavonetti, d’après un tableau d’Angelica Kauffmann. (Wikimedia commons, domaine public)

Sources :
– Henri FLUCHÈRE, « Shakespeare William – (1564-1616) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/william-shakespeare/.
– Margaret JONES-DAVIES, « Troïlus et Cressida », in William SHAKESPEARE, Troïlus et Cressida, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2006.

Déménagement de la bibliothèque Clignancourt

Déménagement - MovingLa bibliothèque Clignancourt déménage au 2, rue Francis de Croisset, sur le centre universitaire.

Le site de la rue Championnet fermera ses portes le 19 avril au soir.

A partir du 25 mars, vous pourrez emprunter jusqu’à 10 documents pour un retour courant juin.

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Photos : – déménagement. Bob August. CC : BY-NC-SA. Flickr
– atrium de la nouvelle BU Clignancourt. C. Arènes

Le Joueur

Le Centre de la voix, qui fait partie du service culturel de Paris-Sorbonne, organise jeudi 31 janvier une soirée autour du Joueur de Dostoïevski.

Dicté en moins d’un mois, ce court roman décrit la découverte, puis la dépendance d’un jeune précepteur, Alexei Ivanovitch, à la roulette. Dostoïevski, qui fut lui-même un joueur maladif, montre la fascination qui s’exerce à la table de jeu, l’espoir irrationnel de gagner, de se refaire, tout en peignant la petite société qui gravite autour du casino, reposant sur des faux-semblants.

« Vous êtes engourdi, remarqua-t-il. Vous vous êtes désintéressé de la vie sociale, des devoirs humains, de vos amitiés, – car vous en aviez, – et vous avez même abandonné vos souvenirs. Je me rappelle le temps où vous étiez dans toute l’intensité de votre développement vital. Eh bien, je suis sûr que vous avez oublié vos meilleures impressions d’alors. Vos rêves d’aujourd’hui ne vont pas plus loin que rouge et noir, j’en suis sûr. »

Plusieurs éditions du texte original sont disponibles à la bibliothèque Malesherbes, de même que des traductions, notamment, celle d’André Markowicz chez Actes sud (en libre accès, à la cote 882 DOS 3 IG). De très nombreuses études critiques consacrées à l’auteur de Crime et châtiment sont également conservées à Malesherbes. Parmi elles, on pourra citer un volume des cahiers de l’Herne qui peut constituer une bonne introduction à l’œuvre de Dostoïevski.

Catteau, Jacques. Dostoïevski. Cahiers de l’Herne 24. Paris: Éd. de l’Herne, 1973. (Cote : 882 DOS 4 CAT)

 

Photo : Dostoïevski en 1876. Domaine Public. Source : Wikimedia commons.

Soyez plus efficaces dans vos recherches en bibliothèque

Search.Afin d’optimiser vos recherches documentaires et d’augmenter vos chances de réussite, vous désirez en savoir plus sur…

- Le catalogue des bibliothèques de Paris-Sorbonne et le SUDOC,
– L’Encyclopaedia Universalis en ligne,
– CAIRN, et les bases de données de presse ?

Vos bibliothécaires organisent des sessions de formation destinées aux L1 et aux L2, en salle 217, sur le site Clignancourt :

le 7 février de 12h à 13h,
le 12 février de 13h à 14h.

N’hésitez pas à vous inscrire : formulaire disponible à l’accueil de la bibliothèque Clignancourt ou en ligne !

Photo : Jeffrey Beall. CC : BY-SA. Source : flickr.

Flocons et cristaux

Connaissez-vous la neige ? Tout le monde se représente la poudreuse des pistes et les flocons qui volètent mais savez-vous vraiment comment elle se forme et se transforme ?

Dans le fonds géographie de la bibliothèque Clignancourt, vous trouverez un petit ouvrage, sobrement intitulé La neige, de Roberto Bolognesi (cote : 910.155  15 BOL).

Les cristaux, qu’ils soient en colonnes, en aiguilles ou en plaquettes, n’auront plus de secrets pour vous. Les plus communs d’entre eux, les cristaux dendritiques, sont ces fameuses étoiles ramifiées. Ils ne se forment que lorsque la température du nuage est basse.

L’ouvrage aborde aussi les différentes façons d’observer la neige ainsi que les séries de tests indispensables pour connaître la stabilité du manteau neigeux.

A noter que ce livre est accompagné d’une plaquette d’observation des cristaux et d’une notice pour évaluer la dureté et l’humidité d’une couche de neige.

Voilà l’emprunt parfait si vous souhaitez mettre en application vos connaissances des phénomènes météorologiques si, bien sûr, le temps le permet…

Photo : « Snow flakes » by Wilson Bentley. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

La métamorphose

« Et si un matin, travailleur méritant épuisé jour après jour par d’inhumaines conditions de travail, soutien de famille tout dévoué aux vôtres et oublieux de vous-même, vous vous réveilliez mystérieusement dans l’étrange carapace d’un immonde insecte ? Et si alors votre entourage, bouleversé, puis répugné, et enfin révolté oubliait peu à peu votre dévouement passé, apprenait à se passer de vous et vous renvoyait inexorablement à votre terrible état de parasite ? »

La lecture de La Métamorphose, organisée ce soir par le service culturel de l’université a été l’occasion de rechercher pour vous les ressources que nous possédons sur Franz Kafka.

Né en 1883, l’écrivain pragois est considéré comme l’un des écrivains de langue allemande les plus importants du siècle dernier. Ses courts romans et ses nouvelles, qui ne nous sont pas tous parvenus, mettent en scène l’individu face à une situation absurde, sur laquelle il n’a aucune maîtrise. La bureaucratie et le système judiciaire dans Le Procès, la différence et le rejet dans La Métamorphose. C’est kafkaïen, dit-on aujourd’hui, de circonstances qui nous paraissent cauchemardesques.

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A la bibliothèque Malesherbes, vous pourrez trouver parmi un riche fonds consacré à l’auteur, les œuvres complètes de Kafka, traduites en français, dans la collection La Pléiade :
Oeuvres complètes / Kafka ; traductions par Marthe Robert, Alexandre Vialatte et Claude David ; édition présentée et annotée par Claude David. [Paris] : Gallimard, impr. 1988.

Pour lire Kafka en allemand, il faudra effectuer une recherche qui précise la langue des documents souhaités. Quatre-vingt-un volumes, en langue allemande mais aussi des éditions bilingues, se trouvent là aussi à la bibliothèque Malesherbes.

Enfin, pour consulter une étude sur La Métamorphose avant d’assister à la lecture, il est possible de consulter notamment ce court volume :
La Métamorphose de Kafka : leçon littéraire / par Jean-Claude Poizat,… Paris : Presses universitaires de France, 2004.

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Bonne lecture, qu’elle soit silencieuse ou à haute voix !

Photo : domaine public. Source : Wikimedia commons.

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Artaud-Barrault, deux visions du théâtre

Jean-Louis Barrault. Carl Van Vechten [Public domain], via Wikimedia Commons

Le spectacle Artaud-Barrault, mis en scène par Denis Guénoun, enseignant-chercheur à l’université, est l’occasion de revenir sur la vision du théâtre de ces deux personnages majeurs pour la scène du XXe siècle. Le théâtre de la cruauté, théorisé par Antonin Artaud, a largement influencé le travail de Jean-Louis Barrault.

La courte pièce de Denis Guénoun, qui s’est achevée tout récemment au théâtre national de Chaillot, croise des textes de souvenirs de Jean-Louis Barrault et une dizaine de lettres qu’Artaud a adressées à celui-ci. Barrault, impressionné, décrit un auteur dont la vision du théâtre est si entière qu’il finit par devenir personnage de sa propre existence. De son côté, Antonin Artaud est frappé par les premières mises en scène de Barrault, qui correspondent à sa conception du théâtre.

S’ensuit une correspondance parisienne, tout d’abord, où les deux comparses, avec toute l’espièglerie de la jeunesse, échangent surtout à propos de l’art de la scène. Le départ d’Artaud pour le Mexique modifie la donne. Le poète, en même temps qu’il cherche à se débarrasser de ses démons, découvre avec passion une civilisation. Mais il est acculé par des difficultés financières. Pourtant, même lorsqu’il réclame quelque aide dans ses lettres, il le fait dans une langue splendide. Les dernières missives d’Artaud sont celles envoyées depuis l’asile à Rodez. L’auteur du Théâtre et son double y est en proie au délire mais son écriture reste terriblement logique et soignée et elle exprime un insatiable désir de vivre, même dans les conditions les plus indigentes.

Le jeu saisissant de Stanislas Roquette nous donne à entendre les lettres à travers la vision qu’en a eu Barrault à la réception. On y voit un Artaud tour à tour enthousiaste, halluciné, émouvant. On pourra consulter à propos de ce spectacle un numéro de Florilettres, la revue en ligne de la fondation La Poste, où se trouvent un long entretien avec Denis Guénoun et des extraits des lettres. Voir aussi la critique d’Un Fauteuil pour l’orchestre consacrée à la pièce.

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Mais l’on s’égare, l’objet de ce blog n’étant pas de parler de théâtre mais plutôt de vous donner des ressources présentes dans les bibliothèques de Paris-Sorbonne…

D’Artaud, vous pourrez bien sûr consulter et emprunter Le théâtre et son double dans les bibliothèques Malesherbes et Ascoli. Pour Alfred Simon, Artaud « proclama très fort, dans une série de manifestes dont l’ensemble devait constituer le corpus du Théâtre et son double, la primauté de la mise en scène sur le texte et la nécessité pour le théâtre de provoquer chez le comédien comme sur le public un choc émotionnel profond touchant le corps et l’esprit. Il voulut changer la vie par le théâtre et faire de celui-ci « l’équivalent des dogmes auxquels nous ne croyons plus ». Il donna donc une forme oraculaire sans réussir jamais à conférer une existence réelle au « théâtre de la cruauté », dont le cri paroxystique traverse tout Le Théâtre et son double » (1).

Les Souvenirs pour demain de Jean-Louis Barrault sont consultables pour leur part à la bibliothèque Ascoli. Ils sont un bon moyen d’aborder le travail de cet insatiable metteur en scène qui a monté près de quatre-vingt-dix pièces. « Sa passion du théâtre explique l’éclectisme d’un répertoire qui couvre tous les genres et toutes les époques, de nos jours à l’Antiquité. « Ma ligne est une tresse », disait Barrault. Tresse où se mêlent classique et contemporain, tragédie et comédie. Ainsi affiche-t-il pour sa première saison à Marigny, Shakespeare, Marivaux, Prévert et Salacrou » (2).

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Pour aller plus loin, vous trouverez ci-dessous une bibliographie sélective d’œuvres et d’études critiques, essentiellement présentes dans les bibliothèques Malesherbes et Ascoli (vous obtiendrez la cote de chaque ouvrage et davantage de références en suivant les liens de chacune des rubriques) :

Œuvres d’Antonin Artaud

ARTAUD A., GROSSMAN E. Œuvres. Paris : Gallimard, 2004. (Quarto). ISBN : 2-07-076507-5.
ARTAUD A. Oeuvres complètes. 26 vol. Paris : Gallimard, 19611974.
ARTAUD A., THÉVENIN P. Le théâtre et son double suivi de Le théâtre de Séraphin. Paris : Gallimard, 1985. (Collection Folio, 14)

Etudes sur Antonin Artaud

BORIE M. Antonin Artaud le théâtre et le retour aux sources une approche anthropologique. Paris : Gallimard, 1989. (Bibliothèque des idées).
CHARBONNIER G., ARTAUD A. Antonin Artaud un essai. 4e éd. Paris : P. Seghers, 1973. (Poètes d’aujourd’hui, 66)
DUMOULIÉ C. Les théâtres de la cruauté hommage à Antonin Artaud [Actes du colloque organisé à l’Université de Paris X Nanterre (3-5/12/1998)]. Paris : Desjonquères, 2000. (Littérature et idée).
GOUHIER H. Antonin Artaud et l’essence du théâtre. Paris : J. Vrin, 1974. (Essais d’art et de philosophie).
PENOT-LACASSAGNE O. Artaud et les avant-gardes théâtrales. Paris Caen : Lettres modernes Minard, 2005. (Revue des lettres modernes. Antonin Artaud, 2)
PENOT-LACASSAGNE O. La Revue des lettres modernes. Antonin Artaud. Paris : Lettres modernes Minard, 2001.
THÉVENIN P. Antonin Artaud fin de l’ère chrétienne. Paris : Lignes, 2006. (Lignes essais).
THÉVENIN P. Antonin Artaud, ce désespéré qui vous parle essais. Paris : Seuil, 1993. (Fiction & Cie).
VIRMAUX A. Antonin Artaud et le théâtre. Paris : Seghers, 1970. (L’archipel).
Antonin Artaud
. Paris : Europe, 2002.

Œuvres de Jean-Louis Barrault

BARRAULT J.-L., SALACROU A. Nouvelles réflexions sur le théâtre. Paris : Flammarion, 1959. (Bibliothèque d’esthétique).
BARRAULT J.-L. Journal de bord Japon, Israël, Grèce, Yougoslavie. Paris : Julliard, 1961. (Collection des Cahiers de la Compagnie Madeleine Renaud, Jean-Louis Barrault).
BARRAULT J.-L. Souvenirs pour demain. Paris : Éditions du Seuil, 1972a.

Etudes sur Jean-Louis Barrault

COMPAGNIE R.-B. Cahiers de la Compagnie Madeleine Renaud-Jean-Louis Barrault. Paris : Gallimard, 1953.
FRANK A. Jean-Louis Barrault textes de Jean-Louis Barrault, points de vue critique, témoignages, chronologie, bibliographie, illustrations. Paris : Seghers, 1971. (Théâtre de tous les temps, 15)
VOLAT-SHAPIRO H., VASCO G. M., BISHOP T. Jean-Louis Barrault écrits, répertoire, filmographie et critique, 1935-1989. Paris : Minard Lettres modernes, 1992. (Carnets bibliographiques de la « Revue des lettres modernes »).
Jean-Louis Barrault (1910-1994)
. Paris : Société d’Histoire du Théâtre, 1996. (Revue d’histoire du théâtre, 1996, 1-2)

(1) Alfred SIMON, « THÉÂTRE OCCIDENTAL – La scène », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2012. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/theatre-occidental-la-scene/

(2) Noëlle GIRET, « Jean-Louis Barrault », Archives de France [en ligne], consulté le 18 octobre 2012. URL : http://www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/action-culturelle/celebrations-nationales/brochure-2010/beaux-arts/jean-louis-barrault