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Barcelone, « capitale » du 33e Salon du livre de Paris

Après Buenos Aires en 2011 et Moscou en 2012, « Barcelone, ville des prodiges » [*] sera la ville invitée du Salon du livre de Paris.

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 Les organismes représentant la capitale catalane, dont notamment l’Institut Ramon Llull porteur du projet, vous proposeront un programme d’activités culturelles autour d’une vingtaine d’auteurs les plus représentatifs, en particulier d’expression catalane mais également de quelques auteurs écrivant en espagnol. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir la diversité de la richesse créative de la ville : du roman historique au roman noir, en passant par le roman classique, le documentaire, la poésie, la littérature jeunesse ou la bande-dessinée, etc. Des hommages seront également rendus à des auteurs classiques disparus : Josep Pla, Manuel Vázquez Montalbán, Mercè Rodoreda, Joanot Martorell, Maria Mercè Marçal

À cette occasion, pour prolonger votre prochaine visite au Salon du livre, la Bibliothèque d’études catalanes vous a concocté une sélection de documents autour du thème de Barcelone que vous pouvez consulter à partir de ce lien :

N’hésitez pas à contacter la BEC pour tout renseignement complémentaire.
Petite info pratique : le Salon du livre sera gratuit pour les étudiants de moins de 26 ans.

[*] En référence au roman d’Eduardo Mendoza « La ville des prodiges », disponible à la BEC et à la Bibliothèque Clignancourt

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Que visca la música catalana!

Si on vous parle de musique catalane, vous penserez certainement à la sardane, une musique d’un ensemble instrumental (la cobla) qui accompagne une danse traditionnelle où les danseurs en cercle se tiennent par la main.
Eh bien non! La musique catalane, ce n’est pas que cela. C’est aussi :
– la Nova canço  avec Raimon, Lluís Llach, Ovidi Montllor, La Trinca, Joan Isaac, Joan Manuel Serrat, Maria del Mar Bonet, etc.
– la pop/rock/folk avec Antònia Font, Els pets, Sopa de cabra, Lax’n’Busto, Mishima, Pau Riba, Els Amics de les Arts, Roger Mas, etc.
– la world/folk avec Josep Soto
– la world fusion avec Obrint Pas, Mesclat, Companyia Elèctrica Dharma, etc.
– le flamenco avec Miguel Poveda
– et d’autres genres musicaux…

La Bibliothèque d’études catalanes a récemment enrichi son fonds musical grâce à un généreux don de plus d’une soixantaine de CD. Vous pouvez d’ores et déjà venir découvrir la variété de la musique catalane et apprécier les artistes cités ci-dessus et bien d’autres.

En avant goût, voici une vidéo d’Anna Roig i L’ombre de ton chien (groupe qui chante aussi bien en français qu’en catalan), extrait de leur deuxième album Bigoti vermell disponible à la BEC.

En plus des CD, la BEC dispose d’ouvrages sur l’histoire de la musique et des différents courants musicaux en Catalogne. Les bibliothécaires sont à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Écrivains catalans : Emili Teixidor

Emili Texidor
(22/12/1933-19/06/2012).
Source : http://www.lavanguardia.com

Le 19 juin dernier disparaissait à l’âge de 78 ans l’écrivain Emili Teixidor, l’une des figures les plus remarquables de la littérature catalane contemporaine, qui a acquis durant ces deux dernières années une grande popularité grâce au succès national et international du film « Pa negre » (« Pain noir ») d’Agustí Villaronga, adaptation de son roman homonyme.

Né en 1933, Teixidor, également pédagogue et journaliste [1], a publié plus d’une trentaine d’ouvrages. Il commence sa carrière d’écrivain avec des productions pour la jeunesse [2] dont El soldat plantat (1967), L’ocell de foc (1972), Cor de roure (Prix de la Critique Serra d’Or [3] 1995), L’amiga més amiga de la formiga Piga (1996, Prix national de littérature infantile 1997), etc.

Sa production littéraire pour adultes, toujours localisée dans la région d’Osana, est centrée sur les tensions sociales de l’histoire récente, en particulier de la Guerre civile espagnole et de l’après-guerre. Après le recueil de nouvelles Sic transit Gloria Swanson (Prix de la Critique Serra d’Or 1979), il publie les romans Retrat d’un assassí d’ocells (1988), El Llibre de les Mosques (2000, Prix Sant Jordi 2009), Pa negre (2003, Prix Crexells 2003, Prix La Lletra d’Or 2004, Prix Maria Àngels Anglada 2004 et Prix national de littérature 2004), Laura Sants (2006) et Els convidats (2010).

Emili Teixidor a également collaboré et écrit des scénarios pour la télévision, la radio et le cinéma. En 1992 il reçoit la Croix de Sant Jordi et en 2012 le titre de Docteur Honoris causa par l’Université de Vic.

Sont disponibles à la Bibliothèque d’études catalanes :

- Frederic, Frederic, Frederic / Emili Teixidor ; pròleg de Ignasi Riera. Barcelona : Ed. Lumen, 1982. [cote 853 (3) TEI]
Retrat d’un assassí d’ocells / Emili Teixidor. Barcelona : Ed. Proa, 1988. [cote 853 (3) TEI]
Les contraportades d’el Matí de Catalunya Ràdio / Emili Teixidor. Barcelona : Ed. La Magrana, 1996. [cote 852 (3) TEI]
Amics de mort / Emili Teixidor. 6e éd.. Barcelona : Cruïlla, 2005. [cote 853 (3) TEI]
Pa negre / Emili Teixidor. Barcelona : Ed. Columna, 2004. [cote 853 (3) TEI]
- Laura Sants / Emili Teixidor. Barcelona : Columna, 2006.  [cote 853 (3) TEI]
El llibre de les mosques : el misteri d’uns papers que incomoden el Vaticà / Emili Teixidor. Barcelona : Proa, 2010. [cote 853 (3) TEI]
Els convidats / Emili Teixidor. Barcelona : Columna, 2010. [cote 853 (3) TEI]
- Pa negre/ Agustí Villaronga, réal. ; Emili Teixidor, aut. ; Francesc Colomer, Marina Comas, Nora Navas…[et al.], act.. Barcelona : Massa d’Or [prod.], DL 2010. [cote DVD CIN PA]

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[1] Notamment pour le quotidien Avui et son supplément hebdomadaire Presència, consultables à la BEC

[2] La plupart des ouvrages (jeunesse et adultes) d’Emili Teixidor a été traduite par lui-même en espagnol.

[3] Serra d’or : revue consultable à la BEC

Que lire à la BEC? Nos lecteurs vous conseillent

Afin de vous donner quelques pistes de lecture, la Bibliothèque d’études catalanes a questionné ses lecteurs sur leurs auteurs catalans préférés et sur les œuvres qu’ils ont appréciées.

De ce sondage se détachent les auteurs suivants : Mercè Rodoreda, Quim Monzó, Sergi Pàmies, Jesús Moncada, Joan F. Mira, Montserrat Roig, et bien d’autres…

Comme œuvres ont été citées, entre autres : Camí de Sirga (Jesús Moncada), La meitat de l’ànima (Carme Riera), Els temps de cireres (Montserrat Roig), La plaça del diamant (Mercè Rodoreda), etc.

Deux de nos lecteurs ont même bien voulu vous partager, avec plus de détails, leurs choix de lecture :

♥ Mes choix de lecture d’œuvres d’auteurs catalans sont guidés par trois critères : le style, le vocabulaire et l’histoire. A  mon sens, il faut absolument lire Jaume Cabré qui a un don particulier pour jouer avec le temps. Jo confesso, son dernier roman, en est l’exemple parfait. L’épaisseur de ce roman peut impressionner, mais on peut avoir une bonne idée de ce style en lisant L’ombra de l’eunuc ou Les veus del Pamano où le passé et le présent (et même le futur dans Jo confesso) se mêlent à souhait.

Mon deuxième choix va vers Jesús Moncada. Avec lui, à la richesse du vocabulaire s’ajoute l’intérêt historique et psychologique de ses descriptions, souvent empreintes d’un certain humour. Après Camí de sirga, il faut absolument lire El café de la granota ou Calavares atònites.

Dans un autre style, vif, souvent à multiples sens et pour le plaisir, lisez Quim Monzó ou Sergi Pàmies, auteurs de nouvelles-contes mêlant rêve, réalité et surréalisme. De même qu’il faut un verre d’eau sur la table du conférencier, il faut un Quim Monzó dans sa bibliothèque.

André P.

 ♥♥ Je recommande les œuvres de l’écrivaine Teresa Pàmies, décédée le 13 mars dernier. À mon avis, ses écrits sont un témoignage d’une grande valeur de l’histoire de la Catalogne au 20e siècle, à travers le regard d’une jeune fille engagée pour la liberté et la justice sociale. J’ai récemment lu Quan érem refugiats qui m’a éclairé sur le sujet de l’exil traité autrement que dans les livres d’histoire. Elle l’exprime par de petites anecdotes de personnages anonymes, pleines de sentiments sincères -le courage, la frustration, la solitude, l’espérance-, en définitive l’histoire d’une génération qui croyait en l’importance la force de la communauté pour affronter toutes les adversités. Avec un style spontané et direct, Teresa Pàmies nous plonge dans l’histoire et dans « son histoire ».

Silvia C.

Sont à votre disposition à la BEC des œuvres en langue originale, mais aussi de nombreuses traductions en langue française. N’hésitez pas à consulter notre catalogue et à nous rendre visite (la BEC est accessible à tous). Vous pouvez aussi en savoir plus sur la littérature catalane en consultant les sites Lletra (consultable en catalan, espagnol et anglais) et Escriptors.cat (site de l’Association des écrivains de langue catalane).

 

La fête de Sant Jordi en Catalogne : des roses pour l’amour, des livres pour toujours

Le 23 avril, la Catalogne est le seul endroit au monde où amour rime avec culture. Ce jour-là, les hommes offrent une rose à leur bien-aimée et les femmes répondent à leur déclaration d’amour en leur offrant un livre (le livre étant symbole de connaissance, la fleur incarnant le sentiment). C’est en quelque sorte une Saint-Valentin catalane ! Mais voyons comment on est arrivé à la liaison des livres et des roses.

On ne sait pas exactement à quand remonte le début de la Foire des roses qui se tient dans le patio gothique de la Generalitat et aux environs du Palais. Il se pourrait que ce soit au 15e siècle car il existe des documents attestant sa célébration dès cette époque. Il est fort probable qu’il y ait un lien entre cette tradition populaire et le symbolisme de l’amour courtois représenté par la rose : on ne saurait oublier que Sant Jordi est à la fois chevalier et protecteur des cueillettes de céréales comme l’indique son nom grec Georgios, « travailleur de la terre ». La tradition veut que les hommes offrent aux femmes des roses, rouges de préférence, en souvenir de Jordi libérateur de la princesse menacée par le dragon (voir billet précédent). Pour cette raison, la Sant Jordi est aussi, en Catalogne, la fête des amoureux.

Cette fête, qui se célèbre depuis des siècles, a été enrichie à l’époque moderne par la Fête du livre. En 1926, un écrivain et éditeur valencien établi à Barcelone, Vicenç Clavel, propose à la Chambre officielle du livre de Barcelone d’instaurer une fête consacrée à Miguel de Cervantès (qui accessoirement fait allusion à Saint Georges dans le Don Quichotte de la Manche). On a d’abord voulu  commémorer la date de sa naissance, le 7 octobre, mais on a choisi ensuite le 23 avril, date de sa mort (1616). Le 23 avril coïncide aussi avec la mort ou la naissance de grands écrivains tels que l’anglais Shakespeare et le péruvien Garcilaso de la Vega dit l’Inca (morts en 1616 également), le catalan Josep Pla (1981), le français Maurice Druon (1918), l’islandais Halldor K. Laxness (1902), le russe Vladimir Nabokov (1899) ou le colombien Manuel Mejía Vallejo (1923). Cette date est donc symbolique pour la littérature universelle, si bien qu’elle a été déclarée, lors de la conférence générale de l’UNESCO (Paris, 1995), Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
La fête du livre est l’occasion pour les auteurs catalans confirmés de rencontrer leurs publics et pour les débutants de se faire connaître. Les librairies réalisent leurs plus grandes ventes de l’année durant cette journée.

La Catalogne est ainsi un pays qui sait maintenir ses traditions et ses dévotions, et en créer de nouvelles. Mais qui sont les mieux placés pour parler de la Sant Jordi ? Les catalans bien sûr !
Voici donc le témoignage d’une catalane, Judit Rodríguez, bibliothécaire au Centre d’études catalanes :

Pour moi, la Sant Jordi est une fête très spéciale, peut-être la plus importante de l’année. D’une part pour être la journée consacrée aux livres et à la littérature en général, l’une de mes passions. Ce jour-là, je sors de très bon matin dans les rues de Barcelone ; elles sont envahies par des milliers de gens qui circulent, infatigables, entre des tables d’exposition des librairies et maisons d’édition. J’aime beaucoup passer des heures à regarder, parfois acheter, des ouvrages, voir que les autres font pareil, savoir ce qu’ils achètent, voir la disposition des livres sur les tables, écouter les libraires faire des suggestions, etc. Et tout cela en plein air, avec une température idéale qui normalement nous accompagne. Ce jour est aussi pour moi la meilleure opportunité pour accroître ma collection de livres dédicacés et de rencontrer de grands auteurs ; je ne manque pas pour cela de m’informer sur les horaires de dédicaces aux stands et d’emporter avec moi les ouvrages de mes auteurs préférés. Ce n’est pas tout : j’assiste également à toute sorte de présentation, à des manifestations culturelles, à des lotos, etc. qui se déroulent dans la rue et qui sont habituellement très sympas et amusants. Chaque année, je me dis que cette journée est beaucoup trop courte pour profiter de tout ce qui nous est offert !
D’autre part, la Sant Jordi est pour moi, comme pour beaucoup de catalans, le jour des amoureux. Loin de fêter la célèbre Saint-Valentin, trop commerciale et artificielle, je profite de cette journée pour offrir, non seulement à mon copain, mais aussi à tous ceux que j’aime de bons cadeaux pas trop chers et toujours personnalisés : des livres et des roses. De plus, j’aime beaucoup l’aspect romantique de ce jour parce qu’il incite les gens à sortir pour se promener parmi les livres, les roses de mille couleurs, des personnes souriantes,…
L’ambiance de Barcelone à la Sant Jordi est unique et je ne rate jamais cette fête. Je ne pourrai pas!


Pour en savoir plus sur la fête de Sant Jordi et les autres fêtes et traditions en Catalogne, voici une petite sélection de documents que vous pourrez consulter et/ou emprunter à la Bibliothèque d’études catalanes :

– CAROL Màrius. Parmi les livres : une fête qui a soixante-dix ans. Federación de Gremios de Editores de España, 1996 [cote 394 CAR]
– SOLER I AMIGÓ Joan. Sant Jordi : la diada, la tradició, l’actualitat. Generalitat de Catalunya, 2000 [cote 394 SOL]
– OLLER Josep. La Sardana : dansa universal de la solidaritat ; Sant Jordi : símbol de llibertat. Barcelona : Fundació Videoteca dels Països Catalans, 2003 [cote DVD 398 SAR]
– DALMAU Antoni. Les tradicions que no hem de perdre. Columna, 2010 [cote 398.1 DAL]
– AMADES Joan. Guía de festes tradicionals de Catalunya : itinerari per tot l’any. Editorial Aedos, 1958 [cote 394 AMA]
– MOYA Bienve. La llegenda dels sants : creadors de mites. El Mèdol, 1996 [cote 398.2 MOY]
Calendari de festes de Catalunya, Andorra i La Franja. Editorial Alta Fulla : La Fundació, 1989 [cote 394 CAL]

Photos de Judit Rodríguez, avec son aimable autorisation.

La fête de Sant Jordi en Catalogne : la légende de Saint Georges

Le 23 avril, les Catalans célèbrent la fête de Sant Jordi (Saint Patron de Catalogne), la foire des roses et le Jour du livre. Trois éléments de fête et de culture qui s’unissent pour en faire l’une des journées les plus importantes de l’année en Catalogne, mais qui est aussi,  proclamée par l’UNESCO en 1995, la « Journée mondiale du livre et du droit d’auteur ». Avant d’en venir à cette journée proprement dite, voici un petit panorama historique (et légendaire) pour mieux comprendre la signification de cette fête.

Sant Jordi (Saint Georges), dont le nom signifie « celui qui travaille la terre », était un soldat romain sous l’Empire de Dioclétien au début du IVe siècle. Il serait né en Cappadoce (province romaine d’Asie mineure, actuelle Turquie) vers le milieu du 3e siècle et mort à Lydda (ville actuelle de Lod, Palestine) le 23 avril 303. Fils d’une famille noble chrétienne, il a intrégré l’armée romaine et par sa bravoure et son courage, a gravi les échelons…
Mais en l’an 303, l’empereur Dioclétien publie un édit (contre les chrétiens) ordonnant à tout le monde de rendre un culte à Apollon. Jordi, partagé entre sa prometteuse carrière militaire et la fidélité à son dieu, choisira cette dernière. Pour avoir refusé de pourchasser les chrétiens et manifesté publiquement sa foi chrétienne, il sera martyrisé et décapité.
De ces faits plus ou moins historiques naîtra une dévotion à ce personnage dans l’est de l’Empire romain, mais surtout naîtront de nombreuses légendes. La plus populaire est celle de Saint Georges et du dragon :

Il y avait, dans le village de Montblanc, un monstrueux dragon qui terrorisait tout le monde. La bête ravageait les récoltes, détruisait les maisons et dévorait les villageois. Pour apaiser sa faim,  ceux-ci  décidèrent  de tirer au sort chaque jour l’un d’entre eux et de le laisser en sacrifice à l’entrée du village. Les jours passèrent jusqu’à ce que la fille du roi soit tirée au sort. La jeune fille était si jolie et tant aimée de son peuple que certains villageois proposèrent de se donner en sacrifice à sa place, mais le roi, son père, ne le permit pas.
Quand se fut l’heure, la princesse sortit du village et resta assise à l’endroit  convenu, très calme, attendant le  dragon. La bête féroce ne tarda pas à arriver, mais quand elle fut sur le point de dévorer la jeune fille, surgit un chevalier, Jordi  chevauchant son cheval blanc, qui transperça avec son épée le cœur du dragon et libéra la princesse et son peuple. Il y eut  un miracle : du sang versé du dragon naquit un rosier de fleurs rouges et le chevalier en offrit une à la princesse

En Catalogne, la dévotion pour Sant Jordi est devenue populaire à partir du 10e siècle. Au début du 13e siècle, le roi Pere el Catòlic a créé l’ordre militaire de Sant Jordi d’Alfama (l’habit blanc des chevaliers avec la croix rouge de Sant Jordi). D’autres ordres militaires ont porté son nom ; mais c’est le 23 avril 1456 que le roi Jaume I (Jacques 1er le Conquérant) va nommer Sant Jordi patron de la Catalogne (Saint Georges est aussi patron de l’Angleterre, de la Grèce, de la Géorgie, etc.). De nombreux édifices religieux, sculptures, iconographies, poèmes, etc. lui sont dédiés ou le représente.
De nos jours, cet élément de la fête se manifeste par des représentations théâtrales de la légende du saint (notamment dans les écoles), des marchés médiévaux, des feux de joie, des tournois et jeux, des expositions, des conférences, etc.

Vous en saurez plus sur la « Diada » du 23 avril dans un prochain billet. En attendant vous pourrez consulter, entre autres, les ouvrages suivants :

– BOFILL Francesc, SERRA Salvador. El cavaller Sant Jordi. Ed. Claret, 1962 [cote 394 BOF, Bibliothèques d’études catalanes]
– SOLER I AMIGÓ Joan. Sant Jordi : la diada, la tradició, l’actualitat. Generalitat de Catalunya, 2000 [cote 394 SOL, Bibliothèques d’études catalanes]
– ANGUERA Pere. Sant Jordi, Patró de Catalunya. Rafael Dalmau Ed., 2010 [cote 394 ANG, Bibliothèque d’études catalanes]
– DIDI-HUBERMAN Georges, et al. Saint Georges et le dragon : versions d’une légende. A. Biro, 1994 [cote QG 900, Bibliothèque Malesherbes]

 

 

SANT JORDI GLORIÓS

Sant Jordi té una rosa mig desclosa,
pintada de vermell i de neguit;
Catalunya és el nom d’aquesta rosa,
i sant Jordi la porta sobre el pit.

La rosa li ha contat gràcies i penes
i ell se l’estima fins qui sap a on,
i amb ella té més sang a dins les venes
per plantar cara a tots els dracs del món.

Josep María de Sagarra
(1894-1961)

 

 

Photos :
1 – Judit Rodríguez Carmona, Centre d’études catalanes.
2 – Dissortat. CC : By-NC-ND. Source : En el bosque de la larga espera.

Antoni Tàpies

Le 6 février dernier décède à l’âge de 88 ans le peintre et sculpteur catalan Antoni Tàpies, l’un des représentants majeurs du mouvement d’avant-garde en Espagne.

Artiste autodidacte, Antoni Tàpies i Puig (1923, Barcelone) a été créatif jusqu’au bout malgré ses problèmes de vue et d’audition.
Né dans une famille de tradition libérale, Tàpies étudie le droit qu’il abandonne, contraint par une affection pulmonaire, pour se consacrer à sa passion, le dessin et la peinture (1946).
Il expérimente des œuvres de plus en plus abstraites, de nouvelles techniques de dessin et de collage, de nouveaux supports plastiques, des éléments iconographiques et anthropomorphiques ou des signes d’écriture; mais exprimant toujours l’histoire et la politique, la religion, le temps qui passe, les blessures et cicatrices du passé, etc. Opposé au régime franquiste, il défend la politique catalane et le surréalisme dans des tableaux comme L’esperit català, Pintura romana amb barretina et Sardana (1971).
Tàpies connaît très vite du succès, ses œuvres sont exposées dans les plus grands musées d’art contemporain du monde. En 1992, il participe à l’Exposition universelle de Séville, au Pavillon Catalan. En 1984 sera créée à Barcelone une fondation portant son nom et dédiée à l’enseignement de l’art moderne et contemporain.  Il reçoit en avril 2010 du roi d’Espagne le titre de Marquis de Tàpies pour sa grande contribution aux arts plastiques espagnols et mondiaux. Il laisse 8000 œuvres pour la plupart dispersées dans les plus grands musées du monde.

Pour en connaître plus sur l’artiste, vous pourrez consulter à la Bibliothèque d’études catalanes les documents suivants :

- TÀPIES Antoni. La pratique de l’art. Gallimard, 1974 [cote 70 TAP]
– VICENS Francesc, et al. Antoni Tàpies o L’escarnidor de diademes. Ed. Polígrafa, 1971 [cote C 70.07 (TAP) TAP, ouvrage multilingue]
– PENROSE Roland. Tàpies. Ed. Galilée-Dutrou, 1977 [cote 70 (TAP) PEN]
Tàpies : das graphische Werk = Tàpies : l’oeuvre gravée : 1947-1972. Erker-Verlag, 1984 [cote C 70.07 (TAP) TAP]
– RAILLARD Georges. Tàpies. Maeght, 1976 [cote 70 (TAP) RAI]
– GIMFERRER Pere. Antoni Tàpies et l’esprit catalan. Ed. Cercle d’art, 1976 [cote 70 (TAP) GIM]
A.T  : Alfabet Tàpies. Barcelona Multimèdia, 2004 [cote DVD 75 TAP]

Plusieurs ouvrages sont aussi disponibles à la bibliothèque Michelet, n’hésitez pas à consulter le catalogue du SCD Paris Sorbonne.

Photo :
Antoni Tàpies i la fundació IDIBELL. Par canalhub.fotos. CC : BY-SA. Source : Wikimedia Commons

Écrivains catalans : Maria-Mercè Marçal

Le recueil de poèmes Bruixa de dol de Maria-Mercè Marçal est au programme de l’option catalan du concours externe de l’Agrégation 2012. Mais qui est donc cette écrivaine?

Maria-Mercè Marçal est née le 13 novembre 1952 à Barcelone mais passe son enfance à Ivars d’Urgell (Province de Lleida) qu’elle considère  comme sa ville d’origine.

Après l’obtention d’une bourse, elle fait ses études secondaires au lycée de Lleida où elle adopte le catalan comme langue littéraire. À l’Université de Barcelone, elle obtient une licence de philologie classique. Elle enseignera toute sa vie dans le secondaire comme professeur de langue et littérature catalanes.

À partir des années 70, elle milite activement contre le franquisme et est l’un des membres fondateurs, avec entre autres son mari le poète Ramon Pinyol Balash, de la maison d’édition Llibres del Mall qui publie surtout de la poésie. Elle est aussi militante féministe, surtout au niveau culturel (conférences, essais, traductions, etc.).

Elle se fait connaître en 1977 avec la publication de Cau de Llunes, œuvre qui remporte un prix de poésie (Premi Carles Riba, 1976). En 1979, elle publie Bruixa de dol qui est l’un des recueils de poésie catalane les plus vendus durant ces dernières années.

En 1980, elle met au monde son unique fille, Heura. Cinq ans plus tard, elle reçoit le prix López Picó pour La germana, l’estrangera. Ses nombreux poèmes ont été recueillis dans deux anthologies : Llengua abolida (1989), qui réunit sa production poétique de 1973 à 1988, et Desglaç (1977). Plusieurs de ses poèmes ont été adaptés en chansons par des interprètes tels que Maria del Mar Bonet, Marina Rossell, Ramon Muntaner, Celdoni Fonoll et Teresa Rebull.

Avec son premier et unique roman, La passió segons Renée Vivien, elle remporte six prix littéraires et se fait connaître en dehors des cercles de poésie. Elle se consacrera également à la traduction en catala n d’œuvres d’auteurs tels que Colette, Marguerite Yourcenar, Baudelaire, etc.

Maria-Mercè Marçal décède le 5 juillet 1998 d’un cancer à l’âge de 45 ans. Elle est enterrée à Ivars d’Urgell où une sculpture a été inaugurée le 28 novembre 1998 en sa mémoire.

 

Sont disponibles à la Bibliothèque d’études catalanes :

– Bruixa de dol (1977-1979). Ed. 62, 2008 [cote 86 (3) MAR]
Cau de llunes. Proa, 1977 [cote 86 (3) LOM 92]
Desglaç. Ed. 62, 1997 [cote 86 (3) MAR]
La passió segons Renée Vivien. Columna, 2007 [cote 853 (3) MAR]
Catorze poemes, catorze cançons : Maria-Mercè Marçal. Fundació Maria-Mercè Marçal, 2009 [cote CD 86 (3) MAR]
– ABELLÒ Montserrat et al. Homenatge a Maria-Mercè Marçal. Empúries, 1998 [cote 82 : 80 (3) HOM]
– etc.

Un dossier de presse sur l’auteure réalisé par le personnel de la BEC est consultable sur place.

Bibliothèque du Centre d’études catalanes
9 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
Tél: 01.42.77.65.69
bibliotheque.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr

Cycle de conférences sur le cinéma catalan

Le 28 octobre 2011 à 18h30 se tiendra à la Bibliothèque d’études catalanes la conférence de Pau Martínez Muñoz, historienne du cinéma espagnol, « El cinema a Catalunya durant la Segona República ». Cette conférence débutera un cycle de conférences consacrées au cinéma catalan.

À cette occasion, la Bibliothèque d’études catalanes met à la disposition de ses usagers des feuillets d’une sélection de sources web et d’ouvrages (disponibles à la BEC) sur l’histoire du cinéma catalan . En voici quelques titres :

- RIAMBAU Esteve. Paisatge abans de la batalla : el cinema a Catalunya (1896-1939). Llibres de l’Index, 1944. Cote : 77 « 1896/1939″ RIA

- CAPARRÓS LERA Josep Maria, BIADIU CUADRENCH Ramon. Petita història del cinema de la Generalitat : 1932-1939. Ed. Robrenyp, 1978. Cote : 77 « 1932/1939″

- Cinematògraf : la historia cinematogràfica a Catalunya. Ed. Societat catalana de comunicaciò, 1993. Cote : 77 (063) JOR

- PORTER i MOIX Miquel. Història del cinema a Catalunya : 1895/1990. Generalitat de Catalunya, 1992. Cote : 77 « 1895/1990″ POR

- COMAS PUENTE Àngel. Diccionari de llargmetrages : el cinema a Catalunya durant la Segona República, la guerra civil i el franquisme (1930-1975). Cossetània, 2005. [Bientôt disponible]

- COMAS Àngel. Panorama du cinéma en Catalogne [en ligne]. (consulté le 14.10.2011)

Sans oublier que la Bibliothèque d’études catalanes est dotée d’une DVDthèque d’une soixantaine de titres de films de fiction et documentaires empruntables pour une durée de 15 jours (jusqu’à 2 DVD par emprunt). Les fictions, en version originale catalane, sont pour la plupart en version doublée espagnole et pour certaines sous-titrées en français. Les bibliothécaires de la BEC sont à votre disposition pour tous renseignements complémentaires.

 

Bibliothèque du Centre d’études catalanes
9 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
Tél: 01.42.77.65.69
bibliotheque.etudes-catalanes@paris-sorbonne.fr

 

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Voleu aprendre català? Quelques outils pour apprendre le catalan

Le catalan est une langue parlée par plus de sept millions de personnes non seulement en Catalogne, mais également aux Iles Baléares, à Valence, en Andorre (où il est la seule langue officielle), dans le Roussillon et dans l’Alguer (Sardaigne). L’Institut d’Estudis Catalans (Institut des Études Catalanes), équivalent de l’Académie de la langue, en a l’autorité scientifique.

C’est une langue d’origine latine née entre les VIIIe et IXe siècles et dont on a conservé des documents écrits dès le XIIe siècle.
Après une longue étape de répression (particulièrement sous la dictature franquiste), la langue catalane est légalement, depuis fin 1979 avec l’autonomie, la langue propre de la Catalogne et est considérée comme sa langue officielle, aux côtés du castillan (espagnol). Ainsi, le catalan est de nos jours la langue de l’enseignement, des administrations propres à la Catalogne comme par exemple la Generalitat (Gouvernement autonome de la Catalogne), des mairies et des médias institutionnels, des activités culturelles, etc.

La Bibliothèque du Centre d’Études Catalanes met à la disposition des étudiants, mais aussi de toutes personnes intéressées par cette langue, des manuels et des méthodes d’auto-apprentissage avec CD  d’accompagnement. En voici une sélection :

- Viure a Catalunya : comencem a parlar. Generalitat de Catalunya. 2006. Cote : 421 (076) VIU
– Viure a Catalunya : vocabulari en imatges. Generalitat de Catalunya. 2005. Cote : 421 (076) VIU
– Prudon, Montserrat et al. Le catalan. Assimil. 2009. Cote : 421 (076) ASS
– Mas Marta, Vilagrasa Albert. Veus 1, curs de catala. Publicacions de l’Abadia de Montserrat. 2005. 421 (075) VEU
– Català per a persones adultes 1. Castellnou. 1998. 421 (075) CAT
– Llengua catalana. Edicions l’Alber. 421 (075) BAD
– Freysselinard Éric. Grammaire et vocabulaire du catalan. Ophrys. 2002. Cote : 421 FRE
– Camps Christian, Botet René. Dictionnaire français-catalan. Trabucaire. 2007. (038) 41 (1:3) CAM
– Diccionari francès-català/català-françès. Enciclopèdia catalana. 2006. (038) 41 (1:3) CAS-CAM
– etc.

 

Bibliothèque du Centre d’études catalanes
9 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
Tél: 01.42.77.65.69
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