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Maponos et les EX-VOTO…

Mai 2011…

C’est lors d’un séjour en Auvergne, que je me suis retrouvé par hasard au Musée Bargoin de Clermont-Ferrand, où se déroulaient les journées nationales de l’archéologie.

Une toute nouvelle salle venait d’y ouvrir ses portes, la salle EX-VOTO.

« EX-VOTO  » mais qu’est-ce donc …?

N’avez-vous jamais eu envie de remercier votre dentiste après qu’il vous ait ôté une douleur particulièrement horrible…?

Ex-voto qui veut dire littéralement  « d’après le vœu », est une offrande faite à un dieu en demande d’une grâce ou en remerciement d’une grâce obtenue.

Eh bien depuis la nuit des temps… les gens remercient les divinités pour un souhait exaucé, une guérison par exemple.

Tout commence en 1968, dans la banlieue de Clermont-Ferrand, à Chamalière très précisément, au lieu-dit « La source des roches  » : une découverte tout à fait extraordinaire a été faite sur le chantier d’un immeuble en construction.

Près de 1500 pièces de bois sculpté en forme de membres de parties du corps humain ont été découvertes : bras, jambe…  et encore près de 8000 fragments, ou des pièces de monnaies .

« L’inscription portée sur la tablette en plomb est une indication sur le dieu gaulois présidant à la source et invoqué en tant que guérisseur : Maponos. »

Maponos, qui est assimilé à l’Apollon gréco-romain, est probablement le fils du dieu solaire Belenos.

La source était très chargée en gaz carbonique, il est fort probable qu’elle ait été bue et utilisée, entre autres, pour traiter des affections telles que les anémies, le rachitisme, les gastro-entérites, l’anorexie ou les ulcères.

On en a pour preuve les centaines de gobelets retrouvés au fond de la source.

D’autres offrandes (fruits, monnaies, fibules, etc.) ont également été retrouvées dans la source.

2000 ans plus tard, les EX-VOTO quasiment intacts nous sont restitués, comme par miracle.

Se joue dès lors un contre-la-montre. En effet, les objets, alors protégés du temps et de l’oxygène dans la tourbe, se dégradent et s’altèrent très rapidement au contact de l’air.

Après plusieurs étapes de conservation, très méticuleuses, ils sont dévoilés au public.

Je vous conseille un petit détour par le Musée Bargoin à Clermont-Ferrand pour vous replonger près de 2000 ans en arrière dans  « la Source de roches ».

Je vous conseille également de visiter le très beau site internet :

http://www.augustonemetum.fr/ très bien documenté

Vous y retrouverez beaucoup d’informations sur la ville antique de Clermont-Ferrand (Augustonometum) et notamment sur la page « Source des roches ».

Les documents supports pour ce billet sont disponibles à la bibliothèque Michelet sous les cotes :

- 930.01 DAF 82 (libre accès, salle de lecture)
– 4 IG 390 – 82 +1 (consultable sur place)
– 4 IG 390 – 82 + 2 (empruntable à domicile)
– 3 CDROM  cote : CDR 20 +2 (empruntable à domicile)

et également disponible à la bibliothèque Serpente sous la cote :
– 292.35 ROM.

Photos :
- Photo 1 : Facade musée Bargoin (Fabrice Cicard)
Photo 2 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Anne-Marie Romeuf et Monique Dumontet, service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 3 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Montage Hélène Dartevelle, clichés Yves Duterne, (décédé), service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 4 : Chamalières, la Source des Roches. Musée Bargoin © Marion Veschambre
Photo 5 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Monique Dumontet et Anne-Marie Romeuf, service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 6 : Graines, glands, poteries trouvés dans la source (Fabrice Cicard)

 

Je remercie vivement la DRAC Auvergne pour son aimable autorisation à utiliser les photos du site Augustonemetum.

« Mais ils sont fous ces romains…!! »

Non, non, je ne vais pas vous conter le dernier album d’Albert Uderzo et feu René Goscinny, « Astérix le gaulois », mais juste vous présenter l’ Institut d’ art et d’ archéologie.

Mais quel rapport entre les deux me direz-vous ?

Paul Bigot

 

« Paul Bigot, Collections Académie d’architecture, Paris »

 

Tout simplement parce que Paul-Marie-Arsène Bigot de son vrai nom (1870-1942), l’architecte normand de ce bâtiment hors normes avait une admiration pour l’époque Antique, notamment pour Rome, à laquelle il consacra une grande partie de sa vie (voir la maquette de Rome ci-dessous actuellement exposée à Caen).

MaquetteRome2

« Maquette de Rome, Université de Caen Basse-Normandie, Plan de Rome (France) »

 

ainsi-que pour le romantisme du Palazzo Ca d’ Oro à Venise, dont il s’ inspirera pour la construction de l’ Institut d’ art et d’ archéologie.

Palazzo Ca d'Oro, Venise, Italie

 

« Palazzo Ca d’ Oro, Venice, Italy. Venice ; Palazzo Ca d’ Oro. Brooklyn Museum Archives, Goodyear Archival Collection (S03_06_01_027 image 3324). »

 

C’est dès 1913 que le recteur Louis Liard, qui se sentait un peu à l’étroit dans la « nouvelle » Sorbonne, pensait déjà que devraient être rassemblés, l’ art de l’ antiquité, l’ art du moyen-âge et l’ art des temps modernes dans un Institut complet.

Marquise Arconati-Visconti

« Portrait de Marie Peyrat, marquise Arconati-Visconti »

 

Onze ans plus tard (et après un don de 3 millions de francs de la Marquise Arconati-Visconti), Paul Bigot, lauréat d’un concours public sortait de terre l’Institut d’ art et d’ archéologie à l’intersection de la rue Michelet et de l’ avenue de l’ Observatoire, sur les ruines des vieux laboratoires de l’ Institut de chimie.

 

Plan Facade Michelet

« Plan Façade, rue Michelet, Collections Académie d’ architecture, Paris ».

 

Coupe Transversale

« Coupe transversale de la façade rue Michelet, Collections Académie d’ architecture, Paris ».

 

Etude Elevation Facade Rue Observatoire

« Projet d’ étude en élévation de la façade rue de l’ Observatoire,
Collections Académie d’architecture, Paris ».

 

Chantier

« Vue du chantier de l’ Institut d’ art et d’ archéologie vers 1928 (coin de la rue des Chartreux et de la rue de l’ Observatoire), Collections Académie d’architecture, Paris ».

 

Frise

Sur la frise chaque période de l’ histoire de l’art est représentée chronologiquement par un bas-relief emblématique. La frise archéologique de moulages en terre cuite composée de sculptures grecques, romaines, médiévales et renaissance est réalisée par la Manufacture de Sèvres.

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L’ouvrage ci-dessus, dans lequel nous avons abondamment puisé,  est disponible à la bibliothèque Michelet et empruntable à domicile aux cotes : 4 D 644 et 4 D 644+1.

Sources des illustrations :
– photo 1 : Collections Académie d’Architecture, Paris
– photo 2 : Université de Caen Basse-Normandie, Plan de Rome (France)
– photo 3 : Brooklyn Museum Archives, Goodyear Archival Collection
– photo 4 : amisdulouvre.fr/images/grande-galerie/archives/arconati-visconti
– photo 5 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 6 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 7 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 8 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 9 : Fabrice Cicard

La reliure à la chinoise

La reliure à la chinoise n’est pas une variante de massage thaï mais bel et bien une technique pour relier les ouvrages.

De quoi avez-vous besoin ?

D’une aiguille, évidemment ! L’acupuncture du livre est un métier d’avenir. Il vous faudra également du fil de lin, une perceuse (pas forcément celle que vous utilisez chez vous à moins d’être vraiment bricoleur, votre livre risquant d’achever son existence en papillotes) et une paire de ciseaux.

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Cette technique de reliure n’utilise pas de colle. Il s’agit de percer quatre à six trous dans l’épaisseur de la tranche du livre à relier.

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1ère étape :

A l’aide de votre fil et de votre aiguille, vous passez dans le deuxième trou, vous ressortez par le premier et vous laissez une longueur de 3-4 cm qui vous servira plus tard à faire un nœud qui maintiendra le tout.

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Vous repassez dans le nœud que vous avez préalablement laissé, puis vous replongez dans le deuxième trou.

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2ème étape :

Coudre en quinconce en changeant de trou à chaque fois.  N’hésitez pas à tirer un peu sur le fil pour resserrer et à bien maintenir la couture.  Cela évitera un relâchement du livre ultérieurement.

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Terminez en coupant le surplus de fil qui a servi à faire le nœud de soutien.

(Ces ciseaux-ci s’appellent « Fabrice » mais vous êtes totalement libre de leur donner le nom que vous voulez).

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Et voici le « Traité des nouveaux risques » recousu à la chinoise…

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Le résultat final est très élégant, le livre est bien maintenu et relié… mais l’histoire nous prouvera que John Fitzgerald Kennedy et Nikita Khrouchtchev ne resteront pas très liés… eux…  :-)

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Fabrice Cicard, Soline Astier.

Autopsie d’un livre

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur un livre sans jamais oser le demander…

Qu’est-ce qui a une tête, une tranchefile, qui est un paquet de nerfs et qui mord sous une gouttière ?

Ce n’est pas un roman policier en cours d’élaboration, ce sont juste quelques éléments d’un livre ancien, à découvrir ci-dessous, afin de mieux connaître l’étrange langage des bibliothécaires qui murmurent dans vos salles de lecture.

Grimoire

Vous voyez ci-dessous la garde et le corps de l’ouvrage :

Termes2

Fabrice Cicard et Soline Astier

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