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Marcel Landowski : un compositeur au service de l’Etat

En cette année 2015, où l’on inaugure la Philharmonie de Paris, projet phare porté par Pierre Boulez, c’est aussi l’occasion de célébrer un compositeur qui a beaucoup œuvré pour le développement de l’enseignement musical en France, et fut l’exact opposé de Boulez  : Marcel Landowski.

Fils du sculpteur Paul Landowski, descendant d’une longue lignée d’artistes, dont le violoniste Vieuxtemps, il mène en parallèle une carrière de compositeur et de pédagogue.

Si aujourd’hui, une nouvelle génération de compositeurs le redécouvre et fait revivre ses œuvres, Marcel Landowski fut d’abord ostracisé parce que sa musique n’était pas assez « avant-gardiste ».

Extraordinaire symphoniste, (il faut découvrir son concerto pour ondes), auteur de nombreuses œuvres pour la scène, dont « Le Fou » et « Montségur ». Il faut réécouter sa 1ère symphonie ou ses « Chants d’innocence ». Quant aux plus jeunes, ils connaissent en général sa « Sorcière du placard aux balais » d’après Pierre Gripari.

Très attaché à la ville de Boulogne-Billancourt dont il développe le conservatoire, jusqu’à lui permettre d’avoir des locaux dignes de ce nom, et tels qu’on les connaît aujourd’hui, il a été aussi directeur de la musique à la Comédie Française, puis a été appelé par Malraux au Ministère de la Culture en 1965. Pour la première fois depuis Lully, quelqu’un s’occupe du renouveau de la musique dans l’ensemble du territoire français, en le dotant de structures musicales jusque-là inexistantes : grâce à lui des orchestres se créent ou se développent en région (Toulouse, Montpellier, Strasbourg…), et dans la capitale on lui doit la création de l’Orchestre de Paris.

Parallèlement il instaure les concours d’aptitude au professorat d’enseignement artistique dans les conservatoires, et crée les cursus musicaux dans l’éducation nationale. En effet c’est à lui que l’on doit les classes à horaires aménagés qui permettent aux élèves de mener de front études générales et musicales.

Malgré une carrière administrative lourde, il continue à composer, notamment pour le violoncelliste Mstislav Rostropovitch et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa : c’est « Un enfant appelle » (1979)

Marcel landowski Vous trouverez les documents suivants à la bibliothèque Clignancourt :

Conversations avec Marcel Landowski / Antoine Livio. – [Paris] : Denoël, 1998.. Cote : 780.920 4 LAN

Batailles pour la musique  : à partir d’entretiens avec Édith Walter / Marcel Landowski. – Paris : Éditions du Seuil, 1979. Cote : 780.032 LAN

Le Fou  : drame lyrique en un prologue et cinq tableaux / Paroles et musique de Marcel Landowski. – Paris : Choudens, 1956.. – 1 partition (221 p.) ; 32 cm

Cote : Pa 780 LAN 3 fou

 

 

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1914 : les musiciens et la guerre. Itinéraire de l’étudiant entre l’Histoire et la musicologie

La bibliothèque Clignancourt a exposé l’an dernier des livres consacrés à la grande guerre, dans tous les domaines. Parmi ceux-là  : « Entendre la guerre  : sons, musiques et silence en 14-18 / sous la direction de Florence Gétreau. »

Clignancourt : 0 Histoire, Géographie – 940.48 ent

Entendre la guerre : Sons, musiques et silence en 14-18

Entendre la guerre : Sons, musiques et silence en 14-18, bibliothèque Clignancourt

D’autres sur les musiciens, notamment les « Correspondances inédites à des musiciens français : 1914-1918 / Sylvie Douche. Paris : l’Harmattan, DL 2012. » Clignancourt : 1 Arts, Musicologie 780.92 DOU

 

Et oui, sur des sujets comme celui-là, il faut savoir se déplacer entre deux étages : petit rappel, l’Histoire est au RDC et la musique au premier… N’oubliez donc pas de consulter le catalogue.

Sur la dimension politique du conflit, je vous invite à consulter l’excellent ouvrage collectif :   « La Grande Guerre des musiciens / direction scientifique, Stéphane Audoin-Rouzeau, Esteban Buch, Myriam Chimènes… [et al.] ; [contributions de] Esteban Buch, Aude Caillet, Rémy Campos… [et al.]. Lyon : Symétrie, 2009
Clignancourt : 1 Arts, Musicologie    – 780.03  AUD

On y apprend comment la Musique devient un soutien au soldat, une forme de résistance, après la mort d’Albéric Magnard en 1914, celle-ci étant organisée autour de quelques musiciens comme Caplet ou le violoncelliste Maurice Maréchal, le rôle des institutions, et notamment du Conservatoire de Paris.

Sur ce dernier vous pouvez lire :

Deux musiciens dans la Grande guerre / Lucien Durosoir et Maurice Maréchal ; présentation de Luc Durosoir ; préface de Jean-Pierre Guéno. Paris : Tallandier, impr. 2005, cop. 2005.
Clignancourt : 1 Arts, Musicologie    – 780.920 4 DUR

Pour finir, je vous invite à écouter  » L’ Histoire du soldat  » de Stravinsky, sur un texte de C.F. Ramuz, composée en 1917 et créée en Suisse en 1918, petit bijou de message pacifiste sur fond de légende de Faust adaptée pour le jeune public.

Vous le trouverez dans nos bases musicales et notamment chez Naxos, où vous avez le choix des interprétations.

 

Bonjour, je ne trouve pas le Boléro de Ravel, ou comment chercher une partition de poche à la Bibliothèque Clignancourt

La première étagère de partitions, face aux revues d'art

La première étagère de partitions, face aux revues d’art. Photographie de Jean-Baptiste Devouassoux

Fidèles lecteurs et / ou collègues de la Bibliothèque Clignancourt, vous n’êtes pas sans avoir remarqué qu’il est parfois difficile de comprendre cet espace où sont regroupés ces documents étranges que l’on appelle des partitions. En effet, entre les revues d’art (y compris la musique), et « the » piano, se trouvent trois étagères dédiées à ces documents, rangés par auteur, et dont la cote commence (presque) toujours par Pa 780. Ainsi la première partition que l’on trouve est « Iberia » d’Albeniz, à la cote Pa 780 ALB 3 ibe, et ainsi de suite jusqu’à « Der Zwerg » d’Alexander Zemlinsky, dans sa réduction pour piano chant, Pa 780 ZEM 3 zwe .

Viennent ensuite quelques méthodes de solfège, d’analyse ou d’instruments, classés respectivement de Pa 781… à Pa 788...

Oui mais, me direz-vous, je ne trouve pas le « Boléro » de Ravel, qui devrait être logiquement après la « Barque sur l’Océan », du même compositeur, à moins qu’il n’ait coulé en route ??? Rassurez-vous, c’est beaucoup plus simple! La partition du Boléro, étant donné son format, a été rangée avec toutes les autres partitions dites « de poche », juste derrière le piano, dans des étagères qui permettent, comme dans une librairie musicale, de les « feuilleter » plus facilement. Elle sont aussi classées par auteur, et tant pis pour le bibliothécaire trop pointilleux, car cette fois-ci, ça ne « colle » pas toujours à la cote. En effet, si vous remettez l’ouverture de « Fidelio » après les concertos de Beethoven au lieu de la replacer dans les ouvertures, est-ce que l’usager suivant vous en voudra, franchement ?

Les partitions de poche, en "feuilletage", comme dans un grand magasin qu'on ne nommera pas...

Les partitions de poche, en « feuilletage », comme dans un grand magasin qu’on ne nommera pas… Photographie de Jean-Baptiste Devouassoux

Donc, si vous cherchez l’opéra complet « Fidelio », dans l’édition Dover (grand format), vous vous trouvez en face des périodiques en art, mais si vous cherchez seulement l’ouverture chez Eulenburg (petit format), vous tournez le dos au piano. Facile, non ?

Enfin n’oubliez pas que la responsable des acquisitions en musicologie est toujours là pour vous aider …

A bientôt au premier étage, donc!

La revue « Relations internationales » publie deux numéros traitant de Musique

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Relations internationales est disponible à Clignancourt

La revue « Relations internationales » vient de publier deux numéros consécutifs (les 155 et 156), traitant de « Musique et relations internationales ». La bibliothèque Clignancourt vous propose ces deux numéros situés dans les revues du fonds « histoire-géographie »

La musique y est étudiée sous des aspects peu connus du grand public, et des musiciens eux mêmes.

Après avoir introduit ces deux numéros par l’évocation de Rostropovitch jouant les suites de Bach sur le mur de Berlin, les deux numéros abordent la musique sous son aspect politique et diplomatique, essentiellement aux 19è et  20è siècles.

Dans le premier article « La circulation des opéras en Europe au XIXè siècle », Christophe Charle essaye, à partir d’une étude quantitative des opéras joués en Europe, d’estimer la nature des relations culturelles entre pays, et nuance l’opposition classique entre cosmopolitisme hérité des Lumières au début du 19èsiècle, et repli national et linguistique avant la Grande Guerre, en montrant qu’il existe des éléments pouvant aller dans les deux sens.

Dans le cadre du centenaire de la 1ère guerre mondiale, il est très intéressant de lire les articles sur « les musiques militaires de 1850 à 1914″, « les musiciens brancardiers en 1914-1918″, puis les articles sur la musique comme instrument de paix : articles de Christiane Sibille et Carl Bouchard sur la musique à la Société des Nations.

Dans le deuxième numéro ont paru deux articles d’enseignants à Paris-Sorbonne , Danièle Pistone et Gilles Demonet. La première analyse de façon particulièrement lucide l’évolution des rapports entre pouvoir politique et diffusion de la musique française à l’étranger. Le second nous parle des rapports complexes d’un pays dirigiste, la Chine, avec les musiques venant d’Europe.

Quant à moi, l’article qui me fascine le plus dans ces deux fascicules est celui sur la tournée de l’Orchestre de Paris en 1980 sous la direction de Daniel Baremboïm. En effet, cette tournée dans le pays d’origine du chef d’orchestre sous la dictature des généraux contribua à la crise diplomatique entre la France et l’Argentine. Il pose la question du répertoire joué dans un pays sous dictature fascisante. Baremboïm, en jouant non seulement des œuvres françaises, Beethoven, mais surtout en réhabilitant Mahler, commence peut-être à ce moment-là sa carrière si particulière qui l’amènera à fonder, trente ans plus tard, le « West Eastern Divan Orchestra », seul orchestre au monde à rassembler musiciens israéliens et des pays arabes voisins.

Article rédigé par Florence Louvier et Sébastien Martin.

jeudi 27 mars :nouveau concert du petit choeur du COSU à la bibliothèque Clignancourt

Charles Ier d'Orléans

Charles d’Orléans, en habit de chevalier de la Toison d’or

Le 27 mars prochain, au sein de la bibliothèque Clignancourt, nous aurons le plaisir d’accueillir Ariel Alonso, chef de chœur du Chœur et Orchestre Sorbonne Université (le COSU, pour les intimes), dans une formation réduite. Nous entendrons à cette occasion des œuvres en résonance avec la saison française du COSU : des Chansons de Debussy, de Ravel et de Poulenc. Ce sera pour les étudiants une bonne répétition pour leur concert du lundi 31 mars au Réfectoire des Cordeliers  à 20h30, dont voici le programme complet, donné sur leur site :
Debussy, Trois chansons
Ravel, Trois chansons
Poulenc, Quatre Motets pour un temps de pénitence
                Chansons françaises
Chœur Sorbonne Universités
Ariel Alonso, direction

 

Le Petit Chœur Sorbonne Université nous fera entendre ce jeudi Debussy, Ravel et une partie des Chansons françaises de Poulenc. Ces œuvres sont régulièrement chantées dans un même programme pour leur beauté bien sûr, mais aussi parce qu’elle représentent la redécouverte au vingtième siècle d’une grande tradition de musique chorale alliée à à la redécouverte de poètes anciens, tels que Charles d’Orléans pour Debussy. Quant à Ravel, il compose ses textes lui-même, dans un style populaire : d’ailleurs voilà ce que disait Tristan Klingsor à propos des textes de Ravel : « Il a donné lui-même le plus pur de son cœur avec les Trois chansons. Je ne parle pas seulement de la musique, du ravissant arrangement des voix, ni du tour mélodique cette fois vraiment proche du populaire; je parle des textes eux-mêmes. Ravel adorait la féerie puérile. Cet agenceur madré de croches et d’instruments avait en lui le plus frais des jardins secrets. Ce mathématicien de l’orchestre conservait des ingénuités de grand enfant. Le folklore ressuscite dans les poèmes de Ravel, avec ses familiarités, ses étrangetés, ses rapprochements singuliers. Comment a-t-on pu parler de sécheresse à son sujet? »

Francis Poulenc, lui, est multi-facettes : il compose à la fois des chansons tirées du vieux répertoire populaire français, et amorce la renaissance de la musique religieuse pour chœur a cappella dans ces magnifiques « motets pour un temps de pénitence »,  qu’il vous sera  donné d’entendre si vous allez les écouter le 31 mars. Membre du « Groupe des six » et en réaction avec la musique de l’école de Vienne alors en vogue à cette époque, Poulenc n’a jamais cessé de défendre le style français, dans toutes ses compositions, et notamment vocales et chorales.

Venez nombreux à la Bibliothèque Clignancourt, ce sera, comme toujours, un merveilleux moment musical à partager ensemble.

2014 : l’année Rameau, et les autres …

Alberic Magnard (debout, а gauche) en compagnie du violoniste Eugиne Ysaye (debout, fumant la pipe) et du compositeur Guy Ropartz, dans le bureau de ce dernier alors directeur du Conservatoire de Nancy, vers 1911

Alberic Magnard (debout, à gauche) en compagnie du violoniste Eugène Ysaye (debout, fumant la pipe) et du compositeur Joseph Guy Ropartz, dans le bureau de ce dernier  vers 1911. By Photo by Ruck [Public domain], via Wikimedia Commons

En 2014, l’UFR de musique et musicologie va fêter en grande pompe l’année Rameau. En effet, une installation, pilotée par Raphaëlle Legrand, est prévue au sein de la bibliothèque, en lien avec l’Abbaye de Royaumont, dont nous vous donnerons des détails dans un prochain billet.

Pourtant il ne faudrait pas oublier les autres grands compositeurs français qui ne figurent pas dans les célébrations officielles. Parmi eux, Maurice Ohana et J.G. Ropartz.
Or aujourd’hui  la bibliothèque possède quelques d’ouvrages de et sur ces compositeurs du XXème siècle, qui n’appartenaient à aucune « école » musicale particulière.
Parmi eux, je vous recommande l’excellent ouvrage sur Ohana :

Maurice Ohana / François Porcile, Edith Canat de Chizy. Paris : Fayard, impr. 2005 (cote 780.920 4 OHA por)

et une nouvelle acquisition  sur J. G. Ropartz en tant que musicien breton (ouvrage bilingue français-breton) :

Musique classique bretonne : Cras, Ladmirault, Le Flem, Le Penven, Ropartz… = Sonerezh klasel Breizh : Ar C’Hraz, Ladmirault, Ar Flemm, Ar Penven, Roparzh… / Mikael Bodlore-Penlaez, Aldo Ripoche; traducteur Divi Kervella; musique interprétée par L’Instant en trio

vous trouverez ce dernier à la cote 780.944 BOD

Chez les compositeurs étrangers, à ne pas oublier non plus : Carl Philipp Emmanuel Bach, le fils le plus connu de Jean-Sébastien,  et Christoph Willibald Gluck, nés tous deux il y a 300 ans :

pour C.P.E. Bach : Les fils Bach / Marc Vignal. Paris : Fayard, 1997 (cote  780.920 32 BAC vig)

pour Gluck, qui a fait sa carrière en France, plongez-vous avec délices dans les écrits de Berlioz : Critique musicale, 1823-1863. Volume 1. 1823-1832 / Hector Berlioz  (780.920 34 BER 1/6)

D’ailleurs la « lettre du musicien » partage les mêmes craintes que moi  dans son  dernier numéro en ligne : « Mais il est à craindre que Carl Philipp Emanuel Bach ou même Richard Strauss ne retiennent guère l’attention. Et qu’espérer pour Magnard, Ropartz ou Ohana ? Qui, enfin, osera faire redécouvrir la seule compositrice de cette sélection, Marguerite Labori ? »

http://www.lalettredumusicien.fr/s/articles/2536_202_anniversaires-en-2014  (article disponible pour les abonnés)

Enfin n’oublions pas qu’Adolphe Sax, l’inventeur de la famille d’instruments qui porte son nom, a le droit aussi à son anniversaire cette année, puisqu’il est né en 1814. Vous en trouverez une biographie en libre-accès

Rorive, Jean-Pierre.   Adolphe Sax : 1814-1894 / Jean-Pierre Rorive. [Bruxelles] : Ed. Racine, 2004.  (cote 780.92 ROR)

Bonnes lectures