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Des lieux et des ressources : la BouUssole pour guide

Laissez la BoUssole vous guider dans les bibliothèques d'Île-de-France (source Bibliothèques de Paris-Sorbonne)

Il ne vous a pas échappé que lorsque vous souhaitez des renseignements spécifiques sur Rue des Facs, un onglet « BoUssole » se trouve à portée de clic.  Cet outil permet de trouver des lieux où se trouve la documentation qui vous est nécessaire et que vous ne trouvez pas dans vos bibliothèques habituelles.

Cela permet de préparer un itinéraire intramuros ou une escapade documentaire en Ile de France (d’autant plus que le week end la RATP a eu la brillante idée de pratiquer le dézonage). Ainsi, il vous sera permis de vous rendre dans des endroits auxquels vous n’auriez pas pensé sans cette précieuse assistance numérique. Car il faut bien le dire, cette orientation vers les lieux où est conservé le savoir vous permettra de garder le cap dans la complexe géographie des bibliothèques d’Ile-de-France

(source Wikipédia)

Plan de Paris vers 1740 (source Wikipédia)

Tous les domaines disciplinaires sont couverts : philosophie, sciences économiques et de gestion, droit, sciences politiques, arts, histoire et géographie, sciences humaines et sociales, médecine et odontologie, sciences, pharmacie, STAPS … et bien sûr sont à la croisée de vos propres recherches. Vous gagnerez un temps précieux à anticiper si vous allez vers le sud, le nord, l’est ou l’ouest dans les champs des savoirs en utilisant la BoUssole, cette fidèle alliée, dont il serait difficile de se passer dans le maquis des BU, des centres de documentation appartenant à des fondations ou autres espaces conservant des données précieuses. Bien que l’éparpillement des ressources puisse poser un problème lorsque l’on réside dans la capitale, pensez que c’est aussi un atout d’avoir tout à portée de BoUssole. Si la préparation de son parcours d’orientation documentaire prend du temps, elle vous met en condition de chercheur, voire de traqueur d’information. Et quel bonheur de trouver ce dont on a besoin pour compléter ses recherches, et de se faire aider par un personnel compétent travaillant en ces lieux .

Salle de lecture de la Bibliothèque Mazarine (source Wikipédia)

Salle de lecture de la Bibliothèque Mazarine (source Wikipédia)

Prenons par exemple une recherche que vous souhaiteriez approfondir. Le plus simple serait d’opter pour Wikipédia lové confortablement dans un fauteuil bien moelleux ou vous rendre dans votre bibliothèque préférée pour y utiliser internet. L’idéal serait aussi d’entreprendre tout un périple basé sur vos sens pour y consulter des archives. Compliqué, coûteux mais aussi limitatif car, dès que l’on met ne serait-ce qu’une once de réflexion sur un sujet, celui-ci vous entraîne au-delà d’un mot et vous conduit vers des termes génériques et/ou spécifiques . Pour cerner votre sujet, vous devrez vous rendre dans différents lieux comme la Bibliothèque de l’Institut national  d’histoire de l’art (INHA), la Bibliothèque Mazarine, voire même aller consulter les collections documentaires de la bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), et la liste peut être longue de tous ces réservoirs d’informations. D’un clic sur la BoUssole, soit on choisit de rester dans son quartier et cela demeure très limité au niveau des ressources trouvées, soit on estime qu’il faut dépasser les limites de son arrondissement et glaner plus loin les précieuses et parfois rares informations sur un  sujet.

Galerie Colbert (INHA) (source Wikipédia)

Galerie Colbert (INHA) (source Wikipédia)

Ainsi, un parcours de recherche bien construit au vu des informations contenues sur chaque page de présentation des bibliothèques (adresse, horaires, disciplines, public accueilli) vous fera gagner un temps précieux et vous apportera beaucoup de satisfaction quant aux données récoltées. Et qui sait, vous ouvrir tous les champs des possibles dépassant même ceux pour lesquels vous vous étiez fixé des objectifs.

Colonies françaises en 1891 (Le Monde Illustré) (source Wikipédia)

Mais où trouver des documents sur les Colonies françaises en 1891 ? (Le Monde Illustré) (source Wikipédia)

 

Il existe un outil semblable sur le site de la BPI : Oriente Express.  A l’image de la BoUssole de Rue des facs, il y est répertorié plus de 400 bibliothèques et autres centres de ressources documentaires recouvrant un domaine très vaste. Dans ce répertoire, se trouvent également certaines  bibliothèques  universitaires. Du fait de leurs spécificités, ces fonds conservés dans les bibliothèques spécialisées de Paris et de sa région, complètent ou parfois se substituent en raison de leur rareté et de leur préciosité, à ceux que l’on peut trouver dans les BU.  De la Bibliothèque du Centre Sèvres où se trouve un fonds jésuite ancien et important  (dont des manuscrits et imprimés des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles), en passant par la Bibliothèque Kandinsky où sont réunis des ouvrages sur les arts des XXe et XXIe siècles (Arts plastiques, design, architecture, cinéma expérimental,  Vidéo et photographie), puis en prenant la direction de la Bibliothèque de l’Académie des sciences d’outre-mer, là où sont  conservés de riches collections sur l’Afrique, Madagascar, l’Indochine et le Pacifique, vous pourrez aisément assouvir votre appétit documentaire.

Bonnes recherches !

 

Atanasia, Alexandre, Evi et les autres …

… où il est question des emplois étudiants dans les bibliothèques universitaires.

Il est de ces personnes discrètes dont on ignore parfois quelles sont leurs activités au sein des bibliothèques du Service  Commun de la Documentation de l’université Paris-Sorbonne, que ce soit au sein de la cathédrale des savoirs du Centre Clignancourt ou dans l’espace feutré des  bibliothèques d’UFR.

ATANASIA4

 

Sont-ils des étudiants, sont-ils des agents de bibliothèque ? Rien ne laisse à penser qu’ils pourraient être soit des étudiants, soit des personnels de bibliothèque. Aucun insigne, aucun badge, aucun uniforme … Et pourtant, à bien y regarder, ils sont bien là pour vous accueillir, vous renseigner, vous orienter, vous aider dans vos recherches bibliographiques. Ils vous accompagnent jusqu’au rayonnage ou se trouve le livre devant lequel vous êtes passé dix fois sans le trouver. Et c’est avec le sourire que ce service est rendu. Un sourire complice,  car avant d’être au service de la bibliothèque, ce fut le lot quotidien de ces étudiants : chercher et surtout se demander pourquoi on ne trouve pas ce que l’on cherche, à côté de quoi on a bien pu passer quand les bibliothécaires nous ont expliqués où les choses se trouvaient. On a beau avoir un plan en main, il arrive parfois qu’il faudrait que ce plan soit accompagné d’un pendule.ATANSIA1

 

Si ces étudiants présentent des avantages en tant que tuteurs, moniteurs, coachs documentaires auprès de vous, ils en présentent aussi pour la bibliothèque qui les emploie en participant à la qualité du service rendu aux usagers et ce, en assurant des tâches d’accueil, d’orientation ou d’information. Ils sont les incontournables bouffées d’air radieuses quant à l’aide précieuse qu’ils partagent avec les professionnels de l’information.

 

Par exemple,  à côté des catalogues, de ceux qui sont informatisés comme le Sudoc, une recherche google-isée peut répondre par un bruit documentaire comme disent les spécialistes des bibliothèques, voire un fracas assourdissant face à un fouillis de notices dont on ne sait que faire tellement la liste est longue, et dont on se demande ce que l’on va pouvoir en tirer car de réponses précises à ce que l’on cherche : niet, nada ! et inversement, toujours à la façon de google dans le Sudoc, voire même dans le catalogue de la bibliothèque : rien, τίποτα, niente, нечего! c’est là qu’interviennent nos étudiants-bibliothécaires. Ils vous viennent en aide et démêlent le bon du superflu et surtout n’hésitez pas à les solliciter, ils seront ravis. Ils vous expliquent comment faire votre recherche, en écartant, effaçant, éliminant  ce que les savants de la profession nomment les « mots vides », ces stop words qu’il est inutile d’utiliser dans une recherche car ils viennent alourdir le volume des réponses jusqu’à les brouiller. Ces mots non significatifs figurant dans un texte, ces « la », « de », « du », « ce », « ça »… sont le désespoir de ceux qui sans l’aide  de Jordi  ou de Bruno ne pourront jamais trouver ou localiser le document qu’ils cherchent.

Bibliothèque du centre de Clignancourt

Bibliothèque du centre de Clignancourt

Vous pouvez aussi les apercevoir près des nouveaux photocopieurs, vrai casse tête de technologie, à côté le rubikub peut paraître d’une simplicité enfantine pour peu qu’on ait le cerveau tout cloisonné et tout en couleur mais aussi sauront vous guider près des automates à la bibliothèque Clignancourt.

BRUNOSi vous cheminez dans les bibliothèques où ils se trouvent, vous serez fort aise de les croiser dans les rayonnages ou pilotant un chariot pour vous guider vers le bon espace, celui dédié à la philosophie, aux artistes primitifs ou vers Roland Barthes.  Le matin mais aussi l’après-midi,  cet étudiant vous expliquera de façon courtoise que la machine à café et à confiseries se trouve à l’extérieur de la bibliothèque et qu’il n’est pas possible de consommer ces produits, ni d’autres d’ailleurs dans la bibliothèque à part bien sûr de l’eau. Ce serait cruel de leur part de vous empêcher d’étancher votre soif en des lieux qui parfois font que la température devient supérieure à celle de votre corps dès que le soleil franchit son zénith. Parfois ils sauront faire les gros yeux si vous persistez à vous prendre pour un artiste pariétal en gravant ou typexant moultes formules savantes que seuls celles ou ceux qui sont initiés peuvent déchiffrer.graffitti

Ils vous diront tout dans un prochain billet. En attendant, pas de sonneries intempestives de smartphones dans les différentes salles de lecture et de travail. Nos assistants bibliothécaires sont en mode veille et mode écoute !

 

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La Bilipo, un fonds qui mérite le détour

Il est des fonds de la ville de Paris, comme celui de la Bibliothèque des littératures policières, dont il faut souligner la complémentarité avec nos propres fonds spécialisés, car le chercheur peut y trouver aussi une documentation spécifique liée à la criminologie. Il en est justement un à la bibliothèque Serpente, qui est associé à l’UFR d’histoire, et plus précisément à l’histoire contemporaine, qui concerne les forces de l’ordre en France aux XIXe-XXe siècles. Cet enseignement, dirigé par le professeur Jean-Noël Luc, situe son champ d’action entre répression, police criminelle et politique de sécurité publique.

12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: gallica.bnf.fr

 

Ce fonds singulier mérite qu’on lui prête une attention toute particulière, car bien sûr il y est question d’ordre, de défense des institutions, de sécurité mais aussi de s’immerger « dans l’une des figures familières de l’imaginaire national » que représente le policier, comme on peut le lire dans la thèse Le képi et le crayon soutenue en 2006 par Yann Galéra. Outre les ouvrages théoriques nécessaires à l’appréhension de cette discipline, il faut aussi en percevoir les contours par la connaissance de divers supports qui concernent les grands faits criminels. Cette réalité du crime, qui se présente sous forme de littérature, de série TV, de films, de bandes dessinées, d’affiches, de dossiers patiemment constitués est conservée à la Bibliothèque des littératures policières. C’est en ce sens que celle-ci devient une partenaire privilégiée, car elle permet une approche plus littéraire du fait policier ou criminel que le permet le fonds consacré à ce domaine à la bibliothèque Serpente, où ne se trouve qu’un fonds d’études lié à cet enseignement. À cela s’ajoute aussi une presse spécialisée : si à la bibliothèque Serpente sont conservées des revues de recherches comme Intelligence and national security ou la Revue de défense nationale, en revanche à la Bilipo on peut trouver une presse grand public comme Le Nouveau détective.

Cette bibliothèque des littératures policières a donné lieu à de nombreux articles dans la presse destinée aux professionnels de l’information comme celui publié dans Savoirs CDI (1).

La Bilipo organise régulièrement rencontres, expositions, conférences, manifestations autour d’un thème centré sur la thématique de la criminologie ou de la série noire en littérature.

(1) Ressource pour les enseignants-documentalistes

Quelques acquisitions récentes dans les fonds de la bibliothèque Serpente

In thrall to political change : police and gendarmerie in France / Malcolm Anderson. Oxford University press, 2011.
Ouvrage qui retrace l’histoire de la police et de la gendarmerie française de 1870 à nos jours (cote 363.2 AND)

The insurgent barricade / Mark Traugott. University of California press, 2010.
Cet ouvrage traite des plus célèbres dispositifs insurrectionnels : les barricades (cote : 303.6 TRA)

Fichés ?  : photographie et identification 1850-1960 / [sous la direction et avec une introduction de Jean-Marc Berlière,… et Pierre Fournié. Archives nationales, DL 2011.
Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition aux Archives nationales intitulée « Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années soixante » présentée à l’hôtel de Soubise du 27 septembre au 26 décembre 2011 (cote : 363.24 BER)

Sous le régime du sabre : la gendarmerie en Algérie, 1830-1870 / Damien Lorcy. Presses universitaires de Rennes ; [Vincennes] : Service historique de la défense, DL 2011.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire du droit, Bordeaux 4, 2006 : La gendarmerie en Algérie : organisation & missions, 1830-1870 (cote : 355.35 LOR)

Les gendarmes en Corse, 1927-1934  : de la création d’une compagnie autonome aux derniers « bandits d’honneur » / Simon Fieschi. Vincennes : Service historique de la Défense, impr. 2012.
Texte issu d’un mémoire de l’Université Paris-Sorbonne (cote : 355.351 FIE)

Le crime à l’écran : le fait divers criminel à la télévision française, 1950-2010 / Claire Sécail. Paris : Nouveau monde éd., DL 2010.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire contemporaine, Versailles-St Quentin en Yvelines, 2007 (cote : 302.234 SEC)

Pour en savoir plus

- sur la littérature policière, le blog Action-suspense
– sur la criminologie, un dictionnaire de criminologie en ligne
– tout savoir sur la police scientifique
– consulter les collections de la Bibliothèque historique du service des armées

Ζούμ στο Νεοελληνικό Ινστιτούτο της Σορβόννης = Zoom sur …. la bibliothèque de l’Institut Néohellénique de Paris-Sorbonne

Un peu d’histoire

La bibliothèque est née avec l’Institut néohellénique de l’accord du 17 juillet 1930 entre le gouvernement hellénique et la Sorbonne. Présentée officiellement par Hubert Pernot à l’Association pour l’encouragement des études grecques en mars 1954, elle s’est constituée grâce à la passion des grands professeurs et hellénistes Émile Legrand (1841-1903) et Hubert Pernot  (1870-1946) et fut animée par la suite par André Mirambel (1900-1970) puis Constantin Th. Dimaras.

Vecteur de la culture hellénique en Europe, la bibliothèque de l’INH s’est enrichie de dons depuis plus d’un siècle. Ces dons proviennent de tous les foyers de l’hellénisme : européen, méditerranéen, de l’Est comme de l’Ouest. La bibliothèque s’est développée grâce à une politique d’achats fondée sur les enseignements qui s’y déroulent. Le catalogage des ouvrages dans le SUDOC (1) a permis de révéler les liens qui tissent d’un livre à l’autre, d’une idée à l’autre, un monde passé à celui d’aujourd’hui. Ainsi se dessine l’image d’une langue en interaction avec l’Europe toute entière, l’image d’une civilisation présente d’un bout à l’autre de la Méditerranée. Cette bibliothèque reflète d’une façon tout à fait unique la place occupée par les Grecs dans les courants de la pensée européenne. Les ouvrages ont été collectés par des hellénistes, édités par des philhellènes (2) ou par des notables d’Alexandrie, de Tinos, de Constantinople,…, écrits par des commerçants échoués à Odessa ou à Marseille, rédigés à la demande d’associations ou en vue du bien commun.  Réunis par la passion des fondateurs de la bibliothèque, ils permettent de mieux appréhender une pensée à la fois une et multiple, qui est celle de poètes, d’hommes d’église, de scientifiques, d’enseignants, de philosophes, de politiciens, de traducteurs,…

 

La question du fonds

Important par ses exemplaires, par ses inscriptions manuscrites, par les différents rôles, porte-parole, soutien, expertise, qu’il fait jouer à l’INH, ce fonds forme un tout qu’il importe d’appréhender comme tel au-delà de la rencontre des deux bibliothécaires fondateurs, Legrand et Pernot, avec l’histoire de la naissance d’une nation moderne. Les documents conservés dans la bibliothèque en sont la mémoire.

Grâce aux dizaines de milliers d’ouvrages répertoriés depuis mai 2009, l’institut néohellénique de la Sorbonne se place au cœur d’un réseau de partenaires tels que la Bibliothèque de Strasbourg, la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, la bibliothèque Sainte-Geneviève, celle de Montpellier, ainsi que la bibliothèque Mazarine.

Le fonds est constitué pour plus de la moitié d’ouvrages uniques en France et recoupe au niveau international celui des universités helléniques les plus importantes (Salonique, Athènes,…).

Dans une bibliothèque qui se veut de grec post-classique et moderne ainsi que de littérature néo-hellénique, les romans et nouvelles en grec moderne, mais aussi des manuels de langue, occupent une place importante. En grande majorité, les recueils de poésie grecque moderne sont des éditions princeps. Les rééditions sont souvent dédicacées de la main de l’auteur, elles permettent ainsi de restituer ces liens d’amitié ou de reconnaissance entre les responsables de cette bibliothèque et les poètes depuis sa fondation.

Curiosa scripturales

Noyés dans les études de textes anciens et les traductions, près de mille ouvrages portent sur leur page de garde les inscriptions suivantes : « rarissime », « insigne rareté », écrites de la main de Legrand ou de Pernot. Éditions et rééditions sont aussi dédicacées par les auteurs, permettant ainsi de restituer des liens d’amitié ou de reconnaissance entre les différents responsables de la bibliothèque qui se sont succédé depuis sa fondation et les poètes. Au gré des étagères, on peut trouver des dédicaces de Séféris, de Cavafis et de Palamas adressées à H. Pernot dans les années 1930. Puis ces liens continuent avec André Mirambel, mais les dédicaces deviennent plus vagues, comme « à l’institut néohellénique » ou « à la bibliothèque », sans compter les hommages d’anciens « élèves » aux professeurs d’aujourd’hui. À travers ces dédicaces se construit un réseau signifiant d’affinités d’un rivage à l’autre de la Méditerranée.

 

C’est dans un panorama éloquent que réside la diversité du contenu des ouvrages : soubresauts religieux, rites orthodoxes, querelles linguistiques, livres scolaires ou de voyages, ouvrages impliquant la Russie dédicacés à Catherine II, histoire événementielle qui jaillit sous forme lyrique, dramatique ou juridique pour la plupart édités avant 1900, ouvrages sur Égine, les îles ioniennes, ainsi que des monographies de héros grecs, d’Albanie ou de Bulgarie.

(1) Système Universitaire de Documentation
(2) Le philhellénisme (du grec φίλος [phílos], « ami, qui aime » + ἑλληνισμός [hellēnismós], « civilisation grecque ») signifie Amour de la Grèce (source Wikipédia)

Liens utiles :
Institut français d’Athènes
Conférences de la Maison de la Gèce à Paris
Expositions de la Maison de la Grèce
Librairie Desmos
Ecole française d’Athènes

Billet écrit d’après les informations de Véronique Lézine

Illustrations :
1 – http://helios.fltr.ucl.ac.be/default.htm
2 – Map of Thessaloniki by Ernest Hébrard in 1917. Domaine public. Source : wikimedia commons.
3 – http://www.absoluteastronomy.com/

Motoko Tachikawa, une artiste qui se « livre » 28 rue Serpente

Moto Tachikawa dans son atelier

Jusqu’à l’arrivée de l’été, l’artiste Motoko Tachikawa, née à Tokyo et vivant à Paris depuis une vingtaine d’année, donne à voir à la bibliothèque Serpente des œuvres liées au livre mais aussi des peintures et des gravures dans un cheminement poétique et visuel.

 

Orchidée : encre sur papier (30 X 40 cm)

La singularité de l’œuvre de cette artiste du livre réside dans ce que l’on nomme en philosophie heidegerrienne le « da sein » (1) Et c’est dans ce rapport au monde que Motoko nous entraîne dans un univers où la poésie domine, qu’elle soit textuelle ou visuelle. En effet ses livres, qui prennent la forme de leporelli (2), sont liées à une réalisation plastique où « parfois le dessin s’épure, se sacrifie » (3) Ainsi la discontinuité des pages, abandonné au profit d’un continuum créé par la simultanéité des plis offre au regard un caractère parfois insolite. La mise en livre d’une pratique artistique restitue le parcours de l’artiste dans une relation d’intimité accrue avec le végétal. Une distance s’opère : si loin, si près.

Camélia (4)

Aujourd’hui, une cinquantaine d’ouvrages constitue la collection « Poésie à graver » que Motoko a créé dans les années 2000.  De tous les livres de cette collection, il n’est d’enchantement et de ravissement des sens que par un dialogue intime voulu par l’artiste entre la poésie et l’oeuvre graphique. Ainsi les poèmes d’Aimé Césaire avec qui l’artiste a entretenu des relations épistolaires jusqu’à la rencontre ultime en Martinique, ceux de Jean-Paul Soïme traduit du créole par Ina Césaire, la fille du poète et amie de Motoko, mais aussi les haïkus (5) du père et de la grand-mère de l’artiste se jouent des matières, des formes et de cet univers coloré si sensible qui n’appartient qu’à Motoko et nous conduisent dans les confins d’un monde « qui mêle le végétal, le minéral, à la recherche des lieux de vie ou de voyage ». (6)

Sommation (7)

Ces livres rares et précieux du 21e siècle déjà rejoignent le patrimoine écrit et illustré des lieux de conservation du livre ou de l’art. De nombreuses expositions individuelles et collectives ainsi que la présence de l’artiste dans les salons où le livre de peintre et de bibliophilie contemporaine, lié ou non à la poésie, est roi, ont permis à Motoko Tachikawa de conforter sa pratique d’artiste du livre.

Désir désert (vue de l'exposition à la bibliothèque Serpente)

Des oeuvres à découvrir et à méditer …

Le site de Mokoto Takawa

—-
(1) : Terme allemand signifiant être-là et désignant l’existence humaine en tant qu’elle entretient nécessairement un rapport au monde
(2) : Le leporello est une technique de pliage et de collage des pages d’un livre permettant à celui-de s’ouvrir comme un accordéon (source Wikipédia, consultée le 7/05/2012)
(3) : Florent Founès : Document de présentation de l’exposition à la Galerie François Mansart – Paris (2012)
(4) : C’est à la suite de la lecture d’ « Oreiller d’herbes » de Sôseki qu’a été réalisée cette série de peinture et d’ouvrages sur hahnemüle 300 g . (Il existe cinq exemplaires originaux au format 14,5 cm x 23 cm et 23 cm x 30 cm numérotés de I à V)
(5) : petit poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses.
(6) : Chritophe Commetal in Art et métiers du livre, n° 276, janvier-février 2010.
(7) : texte : Aimé Césaire. Impression numérique et gaufrage à partir de métal travaillé à l’acide et gravure monotype. Format : 23 x 30 cm. (Tirage : 30 exemplaires sur Velin d’Arches 160 g)

Photographies publiées avec l’aimable autorisation de l’artiste

 

Séminaire des Aspects concrets de la thèse

Depuis le 4 novembre 2011 se tiennent régulièrement des journées qui abordent « les aspects concrets de la thèse au prisme de « l’Institution Universitaire ». On entend par là l’Institution au sens lourd : ce Léviathan instructeur, cette machine autoreproductrice, cette bureaucratie kafkaïenne croqueuse de vacataires… Mais pas seulement. Nous voulons aussi appréhender l’institution de manière sensible, à travers son quotidien, ses individualités, ses aspirations enfouies, ses transformations ; donner à voir les personnes dissimulées derrière la civilité feutrée du monde académique, reconnaître les espaces de libertés et les forces créatrices derrière les échanges convenus de tables rondes. En somme, nous cherchons à démystifier l’université ».(1)

La prochaine journée, le 19 mars de 17h à 19h à l’EHESS (2), s’attachera à La psychologie du thésard.

Attention : ne pas rater la journée du 2 avril consacrée à « L’Homo academicus de P. Bourdieu, 25 ans après ».

(1) Publié par Julien Gilet dans la lettre électronique de Revue.org,  Bulletin N° 150 du mardi 06 mars 2012

(2) EHESS, salle 8
105  bd Raspail
75006 Paris

Zoom sur … la Bibliothèque d’Histoire des Religions

Cette bibliothèque de composante du Service commun de la documentation de l’Université Paris-Sorbonne, communément appelée BHR par ses utilisateurs, regroupe des collections spécialisées en histoire des religions (christianisme antique). Celle-ci a été fondée en 1938 autour de la bibliothèque d’Alfred Loisy, complétée par les fonds Jean Dagens (ouvrages des 17 et 18e siècles) , Henri Irénée Marrou et Mircea Eliade. L’origine du projet de cette bibliothèque prend sa source autour d’une équipe de chercheurs du Centre Lenain de Tillemont (1) devenu « Antiquité classique et tardive ».

Forte d’environ 35 000 volumes, dont le nombre croît régulièrement de 200 volumes par an, et de 175 titres de périodiques dont 25 vivants, cette bibliothèque offre aux étudiants à partir du Master, aux enseignants chercheurs mais aussi à un public motivé par la consultation de ses fonds, un ensemble d’ouvrages couvrant le champ de l’histoire du judaïsme, de l’histoire du christianisme de l’Antiquité, ainsi qu’un petit fonds de l’époque contemporaine : histoire comparée des religions, anthropologie religieuse, religions antiques, études bibliques… Un fonds consacré aux pèlerinages chrétiens conservé dans les magasins complète ces collections.

Attention : une partie des ouvrages est conservée au Centre Merlin situé au 4ème étage du Centre Michelet. Il s’agit de documents concernant l’Antiquité tardive (revues et beaux livres).

Il est important de souligner que ce fonds unique conserve dans ses collections de véritables trésors. Les sources de financement des documents sont multiples et proviennent en partie de l’Unité Mixte de Recherche 8167 : CNRS et Université Paris-Sorbonne mais aussi par échange de publications avec d’autres centres de recherches.

La BHR participe activement au réseau PMC (Premier Millénaire Chrétien) piloté par l’Institut d’Etudes Augustiennes. Ce réseau est alimenté par 13 bibliothèques dont la majorité se trouve à Paris et couvre l’ensemble de l’information publiée relative au premier millénaire chrétien, aux études bibliques  et sémitiques.

Une quinzaine de places permettent de travailler sur des usuels et des ouvrages de références mais aussi consulter un catalogue collectif spécialisé et accéder aux  ressources électroniques de de Paris Sorbonne.

Il est à signaler quelques ouvrages rares et précieux, dont une bible allemande datant du milieu du 19e siècle. Cette bible entièrement illustrée de 240 gravures sur bois par le peintre et graveur Julius Shnorr von Carosfeld était destinée à l’éducation religieuse des enfants.

Pour accompagner ce texte, une sélection d’ouvrages de la BHR est présentée dans une  vitrine à l’accueil de la Bibliothèque Serpente.

 

(1)   Historien français (1637-1698) qui, pour exposer ses théories, applique une méthode fondée sur une utilisation de matériaux historiques qualifiées de fiables.

Photos :
– 1 : entrée de la BHR. Jocelyne Farouault,
– 2 : buste de Buste d’Alfred Loisy. JF,
– 3 et 4 : vues de la BHR. JF,
– 5 : « Der dritte Schöpfungstag [Le troisième jour de la Création] / illustration tirée de Die Bibel in Bildern,
– 6 : couverture de « Voyage au Mont Sinaï de Louis de Tesson (Ed. A. Mame, 1858) », JF.

Nouveau à la Bibliothèque Serpente : Le Jeu de l’Oie

Il ne s’agit pas pour les usagers de la bibliothèque de la Maison de la recherche de s’adonner à une partie de jeu de société pour faire face à une situation d’extrême péril que peut provoquer le stress d’une soutenance, mais d’une nouvelle revue créée par des étudiants de Sciences po de Lille qui vient renforcer la collection des périodiques. Cette revue que vous pourrez tout à loisir feuilleter, voire emprunter, est la première publication étudiante française en matière de politique internationale. Outre l’étude des grands enjeux géopolitiques contemporains, « le Jeu de l’Oie se veut une plateforme d’opinion » inscrite dans une posture où l’humour et la pédagogie se croisent.

Les étudiants à l’origine de ce projet sont passionnés par les affaires du monde et veulent à travers cette publication décrypter l’actualité internationale. De « conversation » en « point de vue », de « dossier » en « feuillet culturel », de « carnet de voyage » en « portrait »,  les pas de l’oie convergent parfois sous forme de jeu vers une analyse de l’actualité.

Côté graphisme et mise en page c’est un pur régal, il y a une vraie distance avec les revues traditionnelles  en papier glacé.

A vous de lire et de jouer à ce « Jeu de l’oie » qui est « bien plus qu’un canard » !

 

 

Pour en savoir plus :
Le jeu de l’oie

Place des revues
Ent’revues : le site des revues culturelles

Thèses électroniques, mode d’emploi

La bibliothèque Serpente est souvent appelée à juste titre : Bibliothèque des thèses.  La responsable des thèses s’est prêtée au jeu de l’écriture pour satisfaire votre curiosité.  Et de ses doigts virevoltant sur le clavier de son ordinateur sont sortis de précieuses informations pour tous ceux qui veulent consulter les thèses électroniques de l’Université Paris-Sorbonne :

« Toutes les thèses soutenues à Paris-Sorbonne depuis septembre 2009 sont disponibles sous format électronique. Pour rechercher et consulter ces thèses électroniques, vous pouvez utiliser le catalogue en ligne sur les ordinateurs des bibliothèques de Paris-Sorbonne. La recherche peut être effectuée par auteur, titre, sujet, etc dans le catalogue général comme dans le catalogue des thèses et mémoires ou dans le catalogue des thèses électroniques (sélection dans la rubrique catalogues).

Lorsque vous avez repéré une thèse que vous voulez consulter, cliquez sur le titre de la thèse. Une fiche de présentation s’affiche contenant notamment le résumé de la thèse ainsi que des mots-clés.

Pour accéder au document, cliquez sur bibliothèque électronique en bas de la notice.

Une nouvelle page s’affiche :

Vous accédez alors à la version complète de la thèse.

Attention : l’accès aux thèses est possible uniquement depuis les postes informatiques des bibliothèques de Paris-Sorbonne.

Aucun accès aux thèses n’est possible en dehors des bibliothèques ni par internet, ni par accès à distance ! »

M.A. Desboeufs, en charge du service des thèses : marie-alix.desboeufs@paris-sorbonne.fr

Pour en savoir plus sur les thèses électroniques je vous conseille  la lecture de ce numéro de périodique publié par l’Abes (1) : Sujet(s) de thèses in Arabesques, n° 60, octobre-décembre 2010

(1) Agence bibliographique de l’enseignement supérieur

Antiquité rêvée …

Depuis quelques jours se tient à  la Maison de la Recherche une exposition organisée par la bibliothèque (1). Cette exposition de l’artiste Roger Blaquière propose une immersion dans un ensemble d’œuvres  montrant des livres d’artistes, des gravures détournées, des peintures sur papier et des terres cuites.

Un long séjour de Roger Blaquière à la Villa Médicis de Rome a profondément marqué et inspiré son œuvre. Pour l’artiste, il s’agit non pas d’études savantes et objectives sur l’Antiquité mais d’un vagabondage sur ce grand passé de notre culture. L’utilisation de papier kraft comme support de couleur donne à celle-ci une profondeur et une vibration nécessaire à ce « fatras pittoresque de la mémoire »(2).

Présentés dans les vitrines, les leporello(3) aux titres évocateurs « Variation divinatoire« , « Petits talismans pour un parcours oublié » ou « Le rivage d’Aéa » témoignent d’ « Etranges voyages »  dans un univers poétique empreint d’un ailleurs mystérieux. Quant aux Déesses et Idoles de terre et de papier,  Claude Gache écrit qu‘ « elles ont dû, autrefois, méduser de jeunes guerriers comme l’affirment certaines légendes ; aujourd’hui, leur format réduit contribue à en faire des objets d’une dévotion profane et esthétique ».(4) Une exposition sur le thème du vestige, présentée dans le cadre de l’association du Centre Allonnais de Prospection et de Recherches Archéologiques, souligne l’inscription de la pratique de l’artiste dans une démarche mémorielle dont la forme même appartient à l’artiste.

Une déambulation dans la bibliothèque mais aussi au pied de l’escalier B permettra de découvrir au gré de vos sens, une œuvre qui mérite que l’on s’y attarde.

(1) 28 rue Serpente (75006 Paris) jusqu’au 24 juin 2011

(2) (4) Extrait du catalogue publié à l’occasion de la rétrospective Roger Blaquière présentée à L’Espal (Le Mans – 2009)

(3) Technique de pliage et de collage des pages pour que le livre puisse s’ouvrir comme un accordéon

Site de l’artiste : http://www.roger-blaquiere.com/

Photos  publiées avec l’accord de Roger Blaquière