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« Plus vrai que nature » : l’anatomie en papier mâché à l’ESPE de Paris

Du 1er avril au 30 juin 2015, l’ESPE de l’académie de Paris sort des réserves son matériel pédagogique de Biologie, et tout particulièrement, les pièces en papier mâché de sa collection du Dr. Auzoux (deuxième moitié du 19ème siècle).
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La collection Auzou présentée à l’ESPE

A partir des années 1830, le Dr. Auzoux crée une véritable révolution en inventant des modèles anatomiques – animaux comme végétaux – en papier mâché. Réalistes malgré leur échelle agrandie, manipulables et bien plus résistants que les anciens modèles en cire, les modèles du Dr. Auzoux vont démocratiser l’accès à la Biologie. Dans les années 1880, les Ecoles Normales acquièrent la quasi-totalité des modèles pédagogiques disponibles.
Beauté plastique, rigueur scientifique, prouesse technique, patrimoine pédagogique, ces objets sont tout cela à la fois. Alors que les nouvelles technologies supplantent aujourd’hui la technologie « papier », venez prendre le temps de vous arrêter devant les vitrines et laissez-vous toucher par l’étrange réalisme de ces objets artificiels mais exagérément naturels.
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Corps de papier, le livre qui revient sur les innovations du Docteur Auzou

Le contenu de l’exposition
Les pièces de la collection Auzoux de l’ESPE réparties sur les sites Molitor et Batignolles (des fleurs, des fruits, des graines, des animaux,
des champignons, des pièces d’anatomie).
Une exposition photographique de Didier Gaillard reprenant quelques belles images du livre Corps de Papier sur les modèles Auzoux (Ed. La Martinière, 2012).
Une exposition d’affiches pédagogiques du début 19ème siècle, aimablement prêtées par le Musée de l’Ecorché d’Anatomie (Le Neubourg, Basse Normandie).
Une sélection d’ouvrages d’archives et actuels sur les « Leçons de choses » (Médiathèques de l’ESPE).
Un vernissage et une conférence sur le Dr. Auzoux et son travail (Pr. Degueurce, auteur du livre « Corps de papier », La Martinière) au mois de mai (date communiquée ultérieurement).
Toutes les informations et le plan des espaces d’exposition sont disponibles sur le site Molitor.
ESPE de l’académie de Paris
10 rue Molitor 75016 Paris
M° Chardon-Lagache ou Michel-Ange Molitor
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Les Bibliothèques de Paris-Sorbonne vous souhaitent de bonnes vacances

Après une saison pleine d’aventures, où nous avons eu le plaisir de faire un tour dans les expositions de l’année, d’apprendre à utiliser les photocopieurs des bibliothèques, de relayer les outils de recherche à disposition, et de nous égarer dans le passé des bâtiments que nous occupons, il est temps de vous souhaiter à tous et à tous de très bonnes vacances.

Bonnes vacancesVoici les dates de fermeture (et de réouverture) des bibliothèques de Paris-Sorbonne pour cet été :

Bibliothèque Clignancourt : 25 juillet – 18 août

Bibliothèque Malesherbes : 25 juillet – 25 août

Bibliothèque Michelet : 25 juillet – 25 août

Bibliothèque Serpente : 25 juillet – 1er septembre

Bibliothèque Marcel Bataillon : 25 juillet- 25 août

Bibliothèque du CELSA : 18 juillet – 25 août

Bibliothèque de l’ESPE : 24 juillet – 20 août

Vos bibliothécaires partent se reposer pour mieux vous accueillir en septembre, mais retrouvez cet été sur le blog tous les mercredis une sélection de nos meilleurs articles !

Illustration :Plage par Nitram de Lyon, via Flickr. CC BY-NC-SA 2.0

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Qu’est-ce que l’éducation socioculturelle ?

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Parmi les nouveautés de la médiathèque de l’ESPE, Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole (1971-2008), revient sur un dispositif original et méconnu du grand public, par le biais des souvenirs d’un enseignant. Profitons de cette occasion pour présenter cet enseignement atypique, à mi-chemin entre l’éducation et l’animation.

Créé en 1962, l’éducation socioculturelle est l’héritière de la loi de modernisation agricole de 1962, qui visait à améliorer les connaissances des agriculteurs. dans ce but, les lycées agricoles sont modernisés et incluent des associations sportiveset culturelles, alors souvent animées par des militants de l’éducation populaire. Les premiers professeurs sont formés dès 1966, et dépendent du Ministère de l’agriculture.

L’éducation socioculturelle a pour but d’élargir les perspectives des élèves autour de quatre pôles d’action : cultures et territoires, éducation artistique, communication interpersonnelle et communication médiatisée. Le travail en classe inclut l’utilisation des méthodes d’enseignement actives, et notamment la pédagogie de projet. Il s’agit de mettre les élèves en situation d’expérimentation, au cours d’actions en partenariat avec des associations ou des acteurs du milieu culturel. Les travaux des élèves peuvent donner lieu à la réalisation de courts-métrages, d’oeuvres plastiques, musicales ou théâtrales.

Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole mêle les mémoires d’un enseignant de cette discipline à une réflexion sur ses contenus et sa pratique. Cet ouvrage au contenu très riche rend compte de l’évolution qu’a connue l’éducation socioculturelle depuis sa création, et fait le point sur ses modalités d’existence actuelles.

Si vous désirez plus d’informations sur les actions menées par les enseignants d’éducation scocioculturelle, vous pouvez consulter le site national qui les répertorie : http://escales.enfa.fr/

Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole (1971-2008) : mémoires et questions vives / Jean-pierre Menu. Paris : L’Harmattan, 2014. Disponible à la médiathèque de l’ESPE du site Molitor, à la cote 373.246 MEN.

Gustave Doré dans les collections des Bibliothèques de Paris-Sorbonne

Du 18 février au 11 mai 2014, Le Musée d’Orsay présente une exposition sur l’œuvre de l’illustrateur Gustave Doré. A cette occasion, nous vous proposons un tour dans les collections des différentes bibliothèques de Paris-Sorbonne, pour préparer une éventuelle visite ou découvrir le travail du « plus illustre des illustrateurs. »

Un des précurseurs de la Bande Dessinée

Publié à 12 ans, employé par un journal satirique à 15 ans, Gustave Doré (1832-1883) a un talent précoce pour le dessin. De 15 à 18 ans, il signe quatre albums qui seront plus tard identifiés comme faisant partie des prémices de la bande dessinée : Les Travaux d’Hercule (1851), Trois artistes incompris et mécontents (1851), Désagréments d’un voyage d’agrément (1851) et Histoire pittoresque dramatique et caricaturale de la Sainte-Russie (1854). Ces albums se distinguent par l’inventivité dont le jeune illustrateur fait preuve  de page en page.

A consulter : Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la Sainte Russie : d’après les chroniqueurs et historiens Nestor, Nikan, Sylvestre, Karamsin, Ségur, etc. / commentée et ill. de 500 dessins par Gustave Doré Disponible à la bibliothèque Malesherbes. Cote: QRU 1806 (à demander aux bibliothécaires).

Un des grands illustrateurs de la littérature classique

Cependant, Gustave Doré cherche à s’établir professionnellement, et abandonne la veine comique. Il s’installe à Paris, où il obtient des commandes pour illustrer les œuvres classiques d’auteurs comme Rabelais, Milton, Dante, Lord Byron … Il illustre les œuvres de Balzac, et le Don Quichote de Cervantes.

La Barbe-Bleue confiant la clé-fée, extrait des Contes de Perrault, édités en 1862.

La Barbe-Bleue confiant la clé-fée, extrait des Contes de Perrault, édités en 1862.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A consulter : L’Enfer / de Dante Alighieri; avec les dessins de Gustave Doré; trad. française de Pier-Angelo Fiorentino. Paris : Ed. Lidis, 1980. Reprod. de l’édition originale de 1868. Disponible à la bibliothèque Malesherbes. Cote : QIT-1650 (à demander aux bibliothécaires).

The Raven / Edgar Allan Poe; illustrated by Gustave Doré; with comment by Edmund C. Stedman. [Gloucester] : Dodo Press, [2007]. Disponible à la bibliothèque Clignancourt. Cote : EU 81 POE 3 rav.

El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha / Miguel de Cervantes Saavedra; ed. IV centenario adornada con 356 grabados de Gustavo Doré. Madrid : Ed. Castilla, S.d. Réimpression : 1966. Disponible à la Bibliothèque des Ibériques. Cote : 3H99 (à demander aux bibliothécaires)

Les contes de Perrault / préface de Pierre-Jules Hetzel, illustré par Gustave Doré. Paris : ed. de Lodi, 2003. Disponible à la Médiathèque Batignolles de l’ESPE de Paris. Cote : J C PER.

Un illustrateur engagé

Particulièrement reconnu en Grande-Bretagne, suite à son travail sur la Bible, il ouvre une galerie à Londres en 1867, et se voit proposer de travailler sur un livre représentant les différents aspects de la ville de Londres. Cet ouvrage est très décrié lors de sa parution en raison de l’insistance de Gustave Doré à représenter la pauvreté de certains quartiers. Soucieux de décrire le monde dans sa réalité, il s’est en effet livré à un travail d’enquête dans les différents quartiers en compagnie de son co-auteur, Blanchard Jerrold, et de deux inspecteurs de police.

Over London by rail, image extraite de London, a pilgrimage, édité en 1872

Over London by rail, image extraite de London, a pilgrimage, édité en 1872

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A consulter : Londres / de Gustave Doré ; prés. par Bernard Noël. Paris : A l’Enseigne de l’arbre verdoyant : A. Colin, 1986. Disponible à la bibliothèque Clignancourt. Cote : 1 Arts, Musicologie – 709.2 DOR 1

 

Un artiste aux nombreux talents

Tout au long de sa carrière, dessin et gravures ne seront qu’une partie de son abondante production : il peint de nombreuses toiles, et une partie de ses sculptures sont encore visibles dans Paris de nos jours.

A consulter : Gustave Doré, un peintre né : exposition au Monastère royal de Brou, 12 mai-16 septembre 2012. [Paris] : Somogy Éditions d’art, impr. 2012. Disponible à la bibliothèque Michelet. Cote : CAT* 2012-66 (à demander aux bibliothécaires).

Il décède à Paris en 1883, en laissant une œuvre imposante qui inspirera nombre d’illustrateurs et de cinéastes.

Le travail et la carrière de Gustave Doré permettent d’aborder le rôle des illustrateurs au XIXe siècle : souvent autant artistes qu’illustrateurs de presse, ils anticipent le rôle que tiendront les photographes au siècle suivant. Dans leurs dessins,  ils s’attachent à dépeindre la dureté du monde.

A consulter : Le métier d’illustrateur, 1830-1880 [Texte imprimé] : Rodolphe Töpffer, J.-J. Grandville, Gustave Doré / Philippe Kaenel. Genève : Droz, 2005. Disponible à la Bibliothèque Michelet. Cote : 745.409 03 KAE

Les collections des bibliothèques de Paris-Sorbonne comprennent bien d’autres ouvrages sur Gustave Doré et l’illustration. Le catalogue en ligne vous permettra de les localiser.

Les listes de lecture du Ministère de l’Education Nationale

La Bouche pleine de Bernard Friot, liste de lecture pour les collégiens

La Bouche pleine de Bernard Friot, liste de lecture pour les collégiens de 2012

Parmi les livres acquis par les bibliothèques de l’ESPE, un certain nombre fait partie des listes établies par le Ministère.  En effet, si l’on présente traditionnellement des ouvrages de littérature classique en classe, le but de ces listes est de suggérer aux enseignants des ouvrages issus de la production éditoriale contemporaine, et d’encourager l’accès de tous à la lecture. La première liste, datée de 2002 concernait l’Ecole élémentaire. Elle comprenait 180 titres, et était considérée comme trop restrictive. Depuis 2013, ce sont 1360 ouvrages au total qui sont proposés aux enseignants, comprenant des ouvrages récents aussi bien que des grands classiques de la littérature jeunesse, comme les contes de Charles Perrault, ou les romans de Jules Verne.

Les listes destinées aux enseignants sont au nombre de quatre, selon le niveau des élèves :

Une première sélection d’albums est proposée aux enseignants du Cycle 1 (petite section, moyenne section, grande section). La liste, datée de 2013, comprend 250 ouvrages, et a été présentée au Salon de Montreuil : elle est conçue pour faire découvrir à tous les enfants la diversité des formes de lecture. L’objectif de cette sélection est de repérer des albums qui serviront à entrer peu à peu dans le monde de la langue et du récit. Les livres proposés sont classés par niveau de difficulté, mais aussi en fonction de l’utilisation que l’enseignant pourra en faire (mettre en scène, jouer avec un livre…) Vous pouvez consulter la liste du Cycle 1 sur le site du Ministère.

 

La liste du cycle 2 (CP, CE1 et CE2), actualisée en 2009, intègre dans ses 270 recommandations, outre de petits romans pour la jeunesse, des bandes dessinées, des comptines, des pièces de théâtre, des recueils de poésie…  ainsi que des albums sans texte. La sélection s’est faite en fonction de la qualité littéraire des textes, leur disponibilité, la diversité des types de textes, mais aussi des maisons d’éditions, des illustrateurs et auteurs. N’hésitez pas à consulter la liste du Cycle 2.

 

Pour le cycle 3 (CM1-CM2-6e), ce sont 300 documents qui sont nommés, et sélectionnés selon les principes précédemment énoncés. Cette liste reprend des auteurs et des titres présents dans les deux listes précédentes, afin de permettre de créer un parcours cohérent. Pour plus d’informations, consulter la liste du Cycle 3.

 

Depuis 2012, il existe également une liste de 530 livres destinée aux collégiens, accompagnée d’une mini-fiche de lecture analysant l’intérêt et le niveau des ouvrages recommandés. Les livres sont choisis afin de proposer une diversité d’époques, d’auteurs et de formats, mais également en fonction de leur prix raisonnable et de leur proximité avec les programmes de chaque matière. Comme les précédentes, la liste du Collège est disponible en ligne.

 

L’objectif des médiathèques de l’ESPE est de proposer aux étudiants la majeure partie des documents sélectionnés sur ces listes. Les acquisitions sont progressives, mais vous pouvez dès à présent trouver dans les rayons l’intégralité de la liste du collège pour le théâtre et les contes.

Des livres pour apprendre à compter

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365 Pingouins, Jean-Luc Fromental, Joëlle Jolivet, éditions Naïve.

A l’occasion du Salon de la Presse et de la Littérature de Jeunesse de Montreuil, voici une présentation des fonds d’albums des Médiathèques de l’ESPE, et plus précisément de cette catégorie particulière que sont les livres à compter.

Qu’est ce qu’un livre à compter et comment l’utiliser ?

L’apprentissage des mathématiques en classe est très progressif : en petite section, on privilégie des activités tournant autour de l’histoire racontée, pour faire peu à peu appréhender la quantité. Les activités proposées peuvent être des activités d’appariement (correspondance d’éléments prêtés aux enfants avec ce qu’ils voient sur la page de l’album), création de collections d’objets, Memory… En moyenne section, on commence à comparer les collections et à dénombrer des objets différents. La grande section aborde l’augmentation et la diminution des quantités, la maîtrise du tracé des chiffres, et la connaissance de la suite numérique écrite. Peu à peu, on présente ce qu’est un problème en mathématique. Les signes des opérations et les techniques de résolution seront présentés en CP.

C’est dans ce cadre que sont utilisés les livres à compter : il s’agit de faire connaître la suite des nombres, de permettre à l’enfant d’associer la quantité correspondant aux chiffres écrits, d’aborder les notions de croissant et décroissant. L’addition simple, et la notion de zéro, plus complexes, sont abordées dans certains albums. En classe, l’utilisation d’albums à compter est en général accompagnée d’activités pédagogiques permettant d’apprendre avec les éléments présentés dans l’histoire.

En règle générale, les albums à compter et à raconter proposent une histoire.  L’enfant découvre les quantités en suivant la narration.

Quelques titres :

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Dix petits amis déménagent, Mitsumasa Anno, L’Ecole des Loisirs.

Dix petits amis déménagent,  Mitsumasa Anno, L’école des loisirs, 2002.

 Les dix petits amis déménagent d’une maison à l’autre. Sans texte, cet album encourage l’enfant à observer et à compter pour voir les différences entre les deux pages. Il présente les nombres jusqu’à 10, et la notion de croissant et décroissant.

 Le Cinquième, Ernst Jandl, L’école des loisirs, 2000.

Cinq jouets attendent dans une clinique, inquiets et cassés. L’un après l’autre, ils disparaissent dans le cabinet du docteur réparateur, et réapparaissent soignés. Cet album joue avec l’appréhension des plus jeunes, et permet d’aborder la notion de nombre ordinal en moyenne section.

 365 pingouins, Jean-Luc Fromental, Joëlle Jolivet, Naïve, 2006

Comprenant seulement trois couleurs, cet album, qui raconte l’invasion progressive d’une maison par des pingouins réfugiés climatiques, permet de présenter de nombreuses notions mathématiques et notamment d’aborder les premiers problèmes.

 Les albums à compter ne sont pas toujours des récits, mais peuvent se contenter de présenter au fil des pages nombres et quantités associées. Parmi cette catégorie, on peut trouver différents types d’albums, répondant à différents objectifs :

Les textes informatifs permettent de faire découvrir un sujet en particulier à l’enfant, en plus de son rôle de livre à compter.

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Dix petite graines, Ruth Brown, Gallimard jeunesse.

Dix Petites graines, Ruth Brown, Gallimard, 2007

Dans cet album, un petit garçon plante dix petites graines. Chacune connaît une mésaventure différente, et finalement seule l’une d’entre elles deviendra plante, donnant à nouveau naissance à 10 petites graines, pour recommencer.

Bonne pêche, Thierry Dedieu, Seuil, 2009

Chaque jour, le pêcheur de Bonne pêche sort en mer. Mais il revient avec moins de poissons et plus de déchets au fil des jours. Outre le comptage des poissons, cet album présente aux plus jeunes le sujet de la protection de la nature.

Dix petits soldats, Gilles Rapaport, Circonflexe, 2002

Les soldats partent à la guerre, mais l’un après l’autre battent en retraite, jusqu’à ce que le dernier décide de déserter. Cet album aux illustrations dures, bien que sous la forme d’une comptine, est un manifeste contre la guerre.

Les albums à compter peuvent se présenter sous la forme de textes incitatifs, et encouragent alors le lecteur à participer : à dénombrer, à écrire, à construire une histoire…

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Je cherche des nombres dans l’art, Lucy Micklethwait, Bayard Jeunesse.

Je cherche les nombres dans l’art / Lucy Mickletwait, Bayard, 2006

Chaque double page de l’album présente un tableau dans lequel des collections d’objets (jusqu’à 20), sont identifiables. La présentation permet

d’associer l’analyse d’œuvre d’art à la découverte des chiffres.

 Maman / Mario Ramos, Ecole des Loisirs, 1999

Un petit garçon découvre sa maison envahie par des animaux, de plus en plus nombreux. Sans texte, l’album permet d’aborder les chiffres de un à dix et les pièces de la maison avec humour.

 Cachés ! / Agnès Baruzzi, Mango, 2012

Dans la forêt, des animaux sont cachés, représentés en ombres chinoises. En les retrouvant tous, les enfants apprennent à compter jusqu’à 10.

 Enfin, une partie de ces albums se décline en textes à comptines ou à rimes, qui permettent de retenir la suite des nombres :

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Dix petits harengs, Wolfang Erlbruch, La joie de lire.

Les dix petits Harengs, Wolf Erlbruch, La Joie de lire, 1997

Cette comptine met en scène les dix petits harengs qui se séparent l’un après l’autre, puis finissent par se retrouver.

 Chiffres à compter, Anne Bertier, Memo, 2006

L’album présente les 12 premiers chiffres, et invite l’enfant à inventer ses propres rimes.

 Mon imagier des comptines à compter, Bernard Davois, Olivier Tallec, Gallimard, 2006

Quinze comptines traditionnelles remaniées pour présenter les chiffres, en associant son, image, et écriture. L’album, qui comprend un CD, permet aussi de chanter et de mimer les gestes des comptines.

Les albums ci-dessus sont tous disponibles dans les médiathèques de l’ESPE, avec bien d’autres albums.

Vies d’enseignants

9782296969742rSi la Médiathèque de l’ESPE propose de nombreuses ressources pour former les futurs enseignants, elle présente également en rayon une section dédiée aux écrits et aux témoignages des professeurs en poste. En effet, au cours du XXe siècle, les enseignants se sont souvent exprimés sur les difficultés et les joies d’exercer leur métier. La sélection d’ouvrages qui suit permettra de rendre compte de leurs  conditions de travail dans différents milieux, qu’il s’agisse des ZEP ou des écoles de Guyane, que les auteurs soient professeurs, personnels de direction ou inspecteurs.

 

Les enseignants du fleuve : journal d’un formateur dans les écoles du Maroni, par Jean-Pierre Perrin. L’Harmattan, 2012

Ce témoignage reprend différentes missions d’enseignement d’un conseiller pédagogique en Guyane, sur le fleuve Maroni. Rejoignant les villages en pirogue, le conseiller intervient auprès des jeunes enseignants, participe à des actions de sécurité routière, tout en faisant face aux spécificités du climat de Guyane.

Itinéraire d’un professeur stagiaire : essai sur le métier d’enseignant, par Eve Quesnel. L’Harmattan, 2008

L’auteur narre sa toute première année dans l’enseignement : ses craintes lors des réunions parents-professeurs, ses rapports avec les élèves, les activités pédagogiques qu’ils apprécient, l’inspection… et rend compte du cheminement qui fait peu à peu d’elle, jeune stagiaire inquiète, une enseignante bien en poste.41G3+PK+tIL

 

Du fond de la classe : réflexions d’un inspecteur général, par Jean Moussa. HD, 2011

Jean Moussa, inspecteur général, se remémore avec bienveillance ses inspections les plus marquantes, qu’elles aient pour objet des établissements ou des enseignants. Parcourant toute la France, il a eu l’occasion de découvrir des situations très différentes, où les collèges et lycées sont tour à tour calmes ou agités, les enseignants brillants ou en difficulté. Toujours encourageant, l’auteur revient sur certaines situations qui l’ont touché ou l’ont amené à réfléchir sur la situation de l’enseignement en France.

 

69236386_pMadame la principale : une envie de collège, par Francine Saucier. Les éditions de l’atelier, 2003

Principale mue par le désir de réveiller l’envie d’apprendre des collégiens, Francine Saucier décrit une année agitée dans un collège parisien. Soucieuse de répondre de son mieux aux besoins de tous, elle fait le lien entre parents, élèves et professeurs et tâche de faire face aux situations diverses qui se présentent.

 

Mots de tête, par Dominique Resch. Autrement, 2011

L’auteur raconte le quotidien des enseignants et de leurs élèves, dans un lycée réputé difficile du quartier Nord de Marseille. Si certaines situations sont délicates, l’ensemble des séquences racontées est savoureux et drôle. Les rapports entre élèves et enseignants sont particulièrement bien retranscrits.

 

Tous ces documents sont disponibles sur le site Molitor des médiathèques de l’ESPE, à la cote 370.14.

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Les adaptations littéraires en bande dessinée

A l’occasion du 40e festival d’Angoulême, la médiathèque de l’IUFM de Paris propose cette semaine une sélection de documents ayant pour thème les adaptations littéraires en bandes dessinées, fréquemment utilisées comme support pédagogique par les enseignants.

L’adaptation littéraire en bandes dessinées : une histoire récente

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Longtemps considérée comme un support destiné aux enfants, la bande dessinée a eu très tôt une ambition didactique : l’adaptation d’œuvres classiques date des années 1940. Présentées en feuilleton dans des revues, ces premières bandes dessinées étaient très fidèles au texte, dont elles contenaient souvent de larges extraits. Elles représentaient parfaitement l’œuvre originale, mais étaient décriées pour leur lourdeur et leur manque d’originalité.

Des auteurs comme René Giffey (Cinq-Mars, 1954) et Auguste Liquois (Don Quichotte, réédité en 1977) s’y sont notamment consacrés.

Dans les années 80, le style des adaptations s’est libéré, en acceptant de s’éloigner un peu de l’œuvre originale: par le biais d’audaces esthétiques, de changements de contexte ou de réécritures. On considère que c’est le Salammbô de Philippe Druillet, adapté de Flaubert et transposé dans un univers futuriste, qui a amorcé le mouvement. Publiée en 1980, cette bande dessinée a été la première adaptation saluée par la critique en tant qu’œuvre à part entière. Hugo Pratt a par la suite livré sa version de l’Île au trésor de Daniel Defoe, et Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline a été adapté par Jacques Tardi.

L’adaptation : un succès de librairie utilisé en classe

De nos jours, les adaptations en bande dessinée connaissent toujours un grand succès, et les éditeurs leurs dédient des collections particulières : Univers d’auteurs chez Casterman, Adaptation littéraire chez Emmanuel Proust, Commedia chez Vents d’Ouest…

Dans le cadre de l’enseignement, l’utilisation en classe de ces adaptations est préconisée depuis les années 70, et de nombreux documents sont disponibles pour faciliter la mise en place de séquences de cours.

Outre les adaptations de textes littéraires, la bande dessinée comprend également des témoignages évoquant des périodes historiques (Maus, d’Art Spiegelman ; Le cri du peuple de Jean Vautrin adapté par Jacques Tardi), des biographies romancées de personnages historiques (Saint-Exupéry, le dernier vol d’Hugo Pratt et Umberto Eco ; Vincent et Van Gogh de Gradimir Smudja) qui sont tout aussi appréciées par les enseignants, en histoire, histoire de l’art ou français.

Pour plus de renseignements sur la bande dessinée, pensez à visiter le site de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Une année de vitrines thématiques à l’IUFM: les calendriers et la notion de temps

En fonction de l’actualité, les bibliothèques de l’IUFM proposent des vitrines thématiques développant un point précis, et présentant leurs collections.   A l’occasion de la fin de l’année, voici une présentation du dernier thème abordé en 2012 : « Les calendriers et la notion de temps », au cœur de l’actualité de  décembre.

Les calendriers, et les différents systèmes de mesures du temps, ont été utilisés dans toutes les civilisations. Du calendrier Julien des Romains (dont nous tirons le mot Calendrier), en passant par les calendriers solaires, ou cycliques,  la notion de passage du temps a toujours eu un rôle social important, adapté aux valeurs et aux croyances de la société qui les a créés : le calendrier des Egyptiens était basé sur le Soleil et l’arrivée des crues du Nil, le calendrier Hébreu fixait la date de récolte de l’orge. Le calendrier maya, quand à lui, fortement lié à l’astronomie et aux croyances des mayas en une recréation divine cyclique, fixait des millénaires à l’avance les cycles et cérémonies religieuses à célébrer.

Un calendrier aztèque

Un calendrier aztèque. Par Ancheta Wis. CC : BY-SA. Source : wikimedia commons.

Si, au sein des différentes civilisations, l’adoption d’un calendrier et d’outils de mesure du temps étaient le fruit de nombreux tâtonnements et modifications, il en est de même chez l’individu, pour lequel la notion de passage du temps n’est pas innée.

Dans ce cadre, l’une des missions de l’école élémentaire est de faciliter cette compréhension chez l’élève.

A l’école maternelle, il s’agit de lui faire maîtriser les cycles de la vie quotidienne et le « temps social » : la durée entre deux évènements attendus. Pour cela, les enseignants organisent des emplois du temps participatifs et instaurent des rituels marquant le passage d’un moment à un autre. Une fois ces notions comprises, ces moments vont êtres rattachés aux jalons chronologiques du temps : moments de la journée, jours, semaines, mois, années. On introduit peu à peu la notion de passé par le biais d’histoires et d’objets (par exemple, de vieux jouets).

Au cycle 2 (grande section, CP, CE1), on présente aux enfants les outils de la mesure du temps : horloges, emplois du temps quotidiens et hebdomadaires, calendriers. Les enseignants ne parlent pas encore d’histoire, mais abordent la notion de passé, par exemple par l’observation du patrimoine proche (sites ou objets concrets, régionaux et facilement accessibles).

Enfin, au cycle 3 (CE2, CM1, CM2), apparaissent l’histoire et la géographie : les élèves acquièrent des repères chronologiques et spatiaux et commencent à appréhender la complexité du monde, en étudiant divers types de documents : textes sources, cartes, photos, graphiques… Ces connaissances préparent les élèves aux cours qu’ils suivront au collège.

Pour plus de précisions sur ce sujet, le texte original présenté dans les vitrines de l’IUFM, ainsi qu’une bibliographie, sont disponibles sur la page des vitrines.

Quelques livres de littérature jeunesse des collections de l’IUFM

Outre les manuels scolaires et les ouvrages de didactique, les Médiathèques de l’IUFM proposent des documentaires, des albums et des romans pour la jeunesse. En libre accès ou conservés en réserve, ceux-ci permettent d’illustrer une petite partie de cette production, entre 1950 et nos jours. Nous vous proposons  de découvrir quelques exemples anciens d’ouvrages pour la jeunesse contenus dans les fonds.

 

A chacun sa roue / Vladimir Soutéev. Paris, La Farandole, 1956

A leur création en 1955, les éditions La Farandole se spécialisent dans la promotion et la traduction de la littérature de jeunesse russe.  C’est ainsi que sont traduits les ouvrages de Vladimir Soutéev dont  A chacun sa roue.  Vladimir Soutéev (1903-1993) a commencé sa carrière vers 1920 en tant que réalisateur des premiers  dessins animés soviétiques. Il s’est tourné ensuite vers l’illustration d’albums pour la jeunesse. Ses albums se déroulent souvent à la campagne, et l’action permet aux enfants d’apprendre quelques informations pratiques sur leur environnement : A chacun sa roue encourage notamment le recyclage des objets et les activités manuelles.

La disparue de Montélimar / Paul-Jacques Bonzon. Paris, Hachette, 1957

Paul-Jacques Bonzon (1908-1978), ancien instituteur, a essentiellement été publié par les éditions Hachette. Notamment grâce au succès de sa série Les 6 Compagnons, il devient l’un des romanciers français pour la jeunesse les plus représentatifs de cette époque. Son œuvre, très documentée et assez différente des romans publiés alors, met fréquemment en scène des enfants démunis ou issus des milieux populaires, dans plusieurs villes de France. Initialement publié en 1957 et présentant trois jeunes héros Montiliens, le roman La Disparue de Montélimar est intégralement retravaillé par son auteur et édité sous sa nouvelle forme en 1970, pour intégrer la série des 6 Compagnons.  Le contexte de l’après-guerre disparaît du roman à cette occasion, et l’intrigue est modifiée.

Babies / Gyo Fujikawa. New York,  Grosset &Dunlap, 1963

Célèbre pour avoir été parmi les premières à inclure des enfants de différentes origines dans ses albums, Gyo Fujikawa (1908-1998) est surtout connue aux Etats-Unis, où ses ouvrages sont régulièrement réédités. Tous présentent une vision heureuse et douce de l’enfance, teintée de nostalgie. Les visages ronds, les joues roses, et les yeux en simples points des enfants qu’elle représente rendent son style de dessin aisément identifiable.

Si vous avez envie de découvrir la littérature de jeunesse, n’hésitez pas à visiter le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, à Montreuil, du 28 novembre au 3 décembre.