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Ateliers de Recherche Documentaire à la Bibliothèque Michelet

Du 2 octobre au 19 décembre 2013, la Bibliothèque Michelet propose aux étudiants d’Art et d’Archéologie des ateliers de recherche documentaire.

Vous pouvez vous y inscrire à l’accueil de la Bibliothèque. Les ateliers ont lieu le mercredi de 12h30 à 14h ou le jeudi de 10h à 11h30.

Il s’agit d’exercices pratiques sur le maniement des catalogues et autres ressources en ligne les plus utiles pour vos recherches, principalement dans les domaines de l’art et de l’archéologie.

Nous vous invitons également à suivre les visites de la bibliothèque ; celles-ci ont lieu du lundi au vendredi de 10h à 10h20, jusqu’au 31 octobre. (Vous n’avez pas besoin de vous inscrire à l’avance pour ces visites.)

Venez nombreux ! Merci.

Double interview : Yann Migoubert et Laurent Fourcaut (seconde partie)

II.

Interview de Laurent Fourcaut,
Rédacteur en chef de Place de la Sorbonne

Fourcaut

Laurent Fourcaut, pouvez-vous nous parler de Place de la Sorbonne (PLS) ? Comment et quand est née la revue ? Qui sont les initiateurs et les membres du comité de rédaction ?

place sorbonne 3

Quelles sont l’orientation générale, l’ambition et l’originalité de  PLS ?  Quelles sont les différentes rubriques ?

  • Portant les couleurs de la Sorbonne, Place de la Sorbonne ne saurait être l’expression d’un seul courant de la poésie actuelle, encore moins d’une chapelle, et voilà donc sa première particularité : une revue qui s’attache à offrir aux lecteurs ce qu’il y a de meilleur parmi les diverses esthétiques et les différentes sensibilités représentées sur la scène poétique contemporaine.
    Elle a aussi une vocation internationale. D’abord parce que chaque livraison présente des textes de poètes étrangers, dans leur langue originale et en traduction, et ces poètes seront du monde entier ; mais la revue cherche également à toucher des lecteurs bien au-delà des frontières françaises, escomptant que ce mot de Sorbonne lui ouvre bien des portes à l’étranger.
    Or justement, le trait le plus original de Place de la Sorbonne est sa dimension universitaire. Elle propose donc, non seulement un panorama de la poésie vivante, mais aussi un éclairage sur cette poésie. Elle entend être en effet un outil de découverte et de travail entre les mains de celles et de ceux – étudiants, enseignants, dans l’Hexagone et partout ailleurs – qui sont appelés à lire, étudier et faire découvrir à leur tour la poésie d’aujourd’hui dans sa grande diversité et son extrême vitalité. Tel est le cadre de plusieurs des rubriques de la revue. À commencer par la première, « L’invité ». Un bon connaisseur de la poésie contemporaine, universitaire ou pas, y donne son point de vue sur tel ou tel aspect de la production poétique contemporaine. Notre premier invité fut Georges Molinié, alors président de Paris-Sorbonne et excellent spécialiste de la poésie actuelle. Lui ont succédé Michel Collot et Jean-Pierre Siméon.
    « Poésie contemporaine de langue française » : c’est le titre de la section qui accueille des textes inédits de poètes reconnus, mais aussi de poètes peu ou pas publiés, la revue ayant aussi vocation à découvrir, et à faire découvrir, de nouveaux talents. À la fin de cette section, pour chacun des poètes y figurant, on peut lire une brève notice bio-bibliographique, ainsi qu’une note de caractérisation, voire d’analyse, des textes publiés. Des poètes de tout premier plan ont confié des inédits à Place de la Sorbonne pour ses trois premiers numéros : Jacques Roubaud, Esther Tellermann, William Cliff, Antoine Emaz, Jean-Pierre Verheggen, Lionel Ray, Marie-Claire Bancquart, Jean-Pierre Lemaire, James Sacré, Christian Prigent, d’autres encore. « Langues du monde » offre des textes de poètes étrangers, dans leur langue originale, suivis de leur traduction en français. Eux aussi sont accompagnés de la double notice. Cette rubrique donne à lire des textes de grande qualité, qui frappent le lecteur français par leur fraîcheur, leur vigueur, voire leur audace.Placés au milieu du volume, les « Contrepoints » y ménagent une manière de respiration. On demande à certains poètes de se prêter à un exercice d’écriture contraint, par  exemple parodique. Dans les premiers numéros, ce sont les membres du comité de rédaction de la revue qui s’y sont essayés. On y trouve aussi des œuvres plastiques, des photographies, des jeux typographiques, etc. On a pu découvrir, dans le numéro 1, des dessins de la plasticienne Gudrun von Maltzan. La rubrique « Vis-à-vis » donne des poèmes d’un auteur contemporain, chacun de ces textes étant suivi, en regard, d’un commentaire proposé par une ou un spécialiste de cet auteur. Dans la section « Confrontations », la revue invite des poètes ou des spécialistes à s’exprimer, au besoin de façon contradictoire, sur une question présente dans le champ de la poésie d’aujourd’hui, ou encore sur un auteur. Les premières livraisons ont proposé une interrogation sur le rapport de la poésie actuelle au sens « Comptes rendus, sites Internet ».
    Les comptes rendus portent sur des livres de poésie récents, mais aussi sur des ouvrages ou des numéros de revues ayant la poésie pour objet. Certains disques peuvent donner lieu à  recension. La rubrique comporte également la présentation de sites Internet consacrés à la poésie contemporaine.Une nouvelle rubrique, « L’Entretien », a été inauguré dans le n° 2 : un poète d’aujourd’hui est conduit à s’expliquer sur son œuvre, et sur les liens qu’elle entretient avec la création actuelle. Ont ainsi dialogué avec PLS : Lionel Ray (n° 2), Dominique Fourcade (n° 3).

Qui est habilité à envoyer des poèmes, des textes ? Tout le monde ?

  • Quiconque souhaite soumettre des poèmes à la revue peut le faire (par courrier électronique exclusivement, dix textes maximum). Le Comité de rédaction, de son côté, a pleine liberté pour solliciter des textes auprès des auteurs qu’il désire faire entrer dans la revue.

Qui choisit les auteurs, les textes, les poèmes ? Sur quels critères ?

  • Ce sont les membres du Comité de rédaction qui, après discussion, décident de publier ou pas tel auteur. Le premier critère est la qualité intrinsèque des poèmes qui lui sont soumis, leur originalité, l’authenticité de leur inspiration et de leur facture.

Que deviennent les livres et les revues reçus dont vous signalez la liste en fin de volume ? Sont-ils conservés quelque part, aux éditions du Relief, à la Sorbonne, ou au service culturel ? Est-il possible de venir les consulter ?

  • Les livres et revues que nous recevons pour PLS sont tous mentionnés dans la rubrique « Livres reçus ». Certains d’entre eux sont retenus par tel ou tel membre du Comité qui peut alors décider d’en faire un compte rendu. Ces ouvrages sont conservés dans le lieu où se réunit le Comité de rédaction, une annexe de l’IUFM de Paris, sise au 29 rue Boursault, 75017 Paris.
    Oui, on peut venir les y consulter. Prendre alors rendez-vous avec moi  (laurent.fourcaut@gmail.com).

Pouvez-vous nous donner un avant-goût du n° 4 ?

  • Il est encore trop tôt. Le n° 3 est sorti le 16 avril dernier. Nous commençons à peine à préparer le suivant. J’ai toutes les raisons de croire cependant que le n° 4 sera à la hauteur des précédents. Dans « Vis-à-vis », Gérard Berthomieu commentera des poèmes de Philippe Jaccottet.

Un lecteur extérieur peut-il proposer une note de lecture d’un livre déjà signalé dans les livres reçus antérieurement ?

  • Oui, cela s’est déjà produit, mais cette recension est alors accueillie, non dans la revue elle-même, mais sur son site Internet. Dès lors, pas d’exclusivité exigée.

Y a-t-il un lien ou une complémentarité avec la revue À verse ? (ex Ricochets-Poésie)

  • Pas de lien institutionnel entre PLS et À verse. Mais Blandine Poinsignon-Douailler, qui anime cette dernière revue, a fait partie du Comité de rédaction de PLS. Il y a donc des liens d’amitié entre les deux revues.

La poésie contemporaine est un domaine qui semble en plein développement et en pleine activité à Paris-Sorbonne. Ateliers d’écriture, lectures poétiques, la revue, le site Internet, la recherche au niveau des masters et des thèses… Pourtant, elle me semble un peu en retrait dans les collections des bibliothèques de Paris-Sorbonne. Il y a peu d’abonnements à des revues poétiques, peu de poètes très contemporains en dehors des plus connus, peu de petites maisons d’édition… Comment pourrions-nous remédier à cette situation ?

  • Vous pourriez, par exemple, faire l’acquisition d’ouvrages de poètes figurant dans les divers sommaires de PLS, justement.
    Et vous inspirer des recensions, souvent fort bien faites, qu’on trouve en abondance sur le site de Poezibao.
    Et fréquenter le Marché de la Poésie (Paris, Place Saint-Sulpice, au mois de juin), où l’on a l’occasion, toujours profitable, de rencontrer de nombreux poètes, et de découvrir leur œuvre.

Quelles autres revues poétiques sur papier ou numériques vous semblent « incontournables » aujourd’hui ?

  • Impossible de répondre à cette question sans une coupable partialité… Là encore, consulter Poezibao. Et les sites de plus en plus nombreux dédiés à la poésie actuelle.

Avez-vous quelque chose à ajouter ? Êtes-vous poète vous-même ?

  • Contrairement aux apparences, et au sort qui lui est fait dans les tristes médias, la poésie est actuellement, à mon sens, la part la plus dynamique et la plus précieuse de la littérature, en France et ailleurs. De là le rôle majeur que les revues de poésie, petites ou grandes, sont appelées à jouer.
    Oui, je suis moi-même poète, comme d’ailleurs plusieurs universitaires dont la poésie contemporaine est l’objet principal de recherche.

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Se procurer la revue Place de la Sorbonne :

DAUDIN Distribution

1, rue Guynemer
78114 Magny-les Hameaux

Tél : 01 30 48 74 74 Fax : 01 34 98 02 44

Courriel : commandes@daudin.fr

***


Notes :
Source photo et note biographique sur Laurent Fourcaut.
Réponses de Laurent Fourcaut, transmises par Yann Migoubert, juin 2013. Avec tous nos remerciements.


Double interview : Yann Migoubert et Laurent Fourcaut (première partie)

Nous vous proposons exceptionnellement un double billet de blog constitué de deux volets complémentaires : le premier est issu d’un entretien réalisé le 3 juin 2013 avec Monsieur Yann Migoubert, directeur du Service Culturel de Paris-Sorbonne. Suite à la réunion de blog du 31 mai, nous souhaitions en effet lui parler d’In Quarto en vue d’échanger et de relayer des informations en direction des étudiants dans le cadre d’un large appel à participation notamment pour rédiger des billets.

D’autre part, nous avions plus personnellement pour objectif de l’interviewer à propos de la prestigieuse revue poétique Place de la Sorbonne (PLS), dont il est directeur de publication. Yann Migoubert ayant également transmis nos questions à ce sujet à Monsieur Laurent Fourcaut, rédacteur en chef de la revue, cela a donné lieu à une interview écrite détaillée que nous reproduisons presque intégralement dans le second volet.
Nous remercions vivement nos deux interlocuteurs pour leur aimable participation et leur intérêt pour le blog In Quarto.

I.

Interview de Yann Migoubert,
Directeur du Service Culturel de Paris-Sorbonne

 

migoubert 3.06.13 reduit

Qui êtes-vous Yann Migoubert ? Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

  • Je suis tout d’abord agrégé de Lettres classiques et j’ai fait une thèse en paléographie grecque sur un pastiche homérique : la Batrachomyomachie(1) (Combat des rats et des grenouilles). J’ai exercé aussi diverses fonctions dans une association de théâtre en français et en grec ancien qui s’appelle Démodocos. Comme cette association était en Sorbonne et que j’avais également beaucoup de liens avec le Service Culturel, quand il s’est agi d’une ouverture de poste ici, j’ai candidaté et j’ai été sélectionné.

C’était en quelle année ?

  • 2003.

Quelle est votre mission au sein du Service Culturel ? En quoi consiste votre travail ?

  • C’est une fonction de chef de service, ce qui signifie qu’il y a un service à faire tourner, qu’il y a des missions. Nous ne sommes pas nombreux, 3 et demi. C’est donc un tout petit service mais avec plein de choses différentes à gérer. Nous sommes au service des étudiants et notre rôle est de lier le plus possible culture et formation, d’où des ateliers, d’où un système de places offertes de théâtre etc. : plutôt que de faire une billetterie, autant acheter des places directement et les offrir aux étudiants contre une critique où ils peuvent utiliser leur méthodologie de cours pour l’appliquer au spectacle vivant, ça peut être du théâtre, des concerts… C’est Audrey Meyer qui est chargée de cet énorme travail.
    Parallèlement, nous avons une programmation avec une centaine de manifestations par année universitaire, soit deux ou trois par semaine. On participe également à de nombreux festivals, salons, etc., dont le Printemps des poètes, le Salon de la revue (2), le marché de la Poésie de Rochefort-sur-Loire, le festival « Voix de la Méditerranée » à Lodève, etc.

Quelle est la place de la poésie au Service Culturel ?

  • La poésie est un axe fort puisque parmi les trois publications réalisées au service culturel, deux concernent la poésie : Place de la Sorbonne (PLS) et Poésie en Sorbonne, la troisième étant Prose en Sorbonne (3). Poésie en Sorbonne et Prose en Sorbonne, sont des productions étudiantes issues de l’atelier d’écriture auxquelles s’ajoutent les primés du concours de poésie.
    Au début, j’étais avec Michel Viel qui était professeur délégué à la culture mais qui est décédé, et Laurent Fourcaut, qui était à l’époque professeur à l’IUFM de Paris, qui est, lui, le vrai spécialiste de poésie contemporaine. En tant que chef du Service Culturel, j’étais chargé de trouver des fonds, de faire en sorte que la revue soit matériellement fabriquée, c’est ainsi que j’ai pris malgré tout les fonctions de directeur de publication, mais c’est Laurent Fourcaut qui est le rédacteur en chef de Place de la Sorbonne, qui pilote le comité éditorial et c’est lui aussi qui fait des recensions, commande des livres, éventuellement va parler dans telle ou telle circonstance, participe à des salons, des revues, etc.

Qui peut vous envoyer des livres ou des poèmes ?

  • Ce sont deux démarches complètement différentes : pour les livres, les maisons d’éditions nous en envoient en service de presse pour que le comité éditorial fasse éventuellement une critique. Pour les poèmes, n’importe quel poète peut nous envoyer, à titre individuel, quelques poèmes inédits mais on en reçoit énormément, il y a donc une sélection.
    À côté de cela, et moyennant sélection là aussi, notamment de Laurent Fourcaut, et de moi-même, il y a possibilité d’écrire dans le blog de Place de la Sorbonne.
    Souvent, ce sont les parutions ou l’actualité qui déclenchent un article. C’est beaucoup plus souple, à partir du moment où c’est de qualité. La qualité rédactionnelle et la hauteur de vue sont les deux critères.

Pourrait-on développer une collaboration entre le Service Culturel et In Quarto pour relayer des informations auprès des étudiants, notamment par le biais des associations étudiantes ? En effet, nous souhaiterions informer davantage les étudiants sur l’existence de notre blog et nous voudrions faire appel à eux pour écrire des billets de blog sur In Quarto.


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  • Le Service culturel peut bien entendu relayer In Quarto auprès des étudiants via les réseaux sociaux. Nous pourrons également mettre un lien vers In Quarto, notamment au niveau du site Place de la Sorbonne et de nos rubriques concernant les publications. Nous avons aussi de nombreuses chroniques littéraires dans notre rubrique « chroniques des étudiants ». Le principe est assez simple : quand un étudiant a une idée, on peut lui commander un service de presse. Si on l’obtient, il lit le livre, il le commente, il poste son commentaire. Le système est relativement bien rodé chez les grandes maisons d’éditions, il est évidemment plus rare chez les petites maisons d’édition qui ont des tirages très limités. Ça leur coûte plus cher mais d’un autre côté, elles ont besoin d’être connues aussi.
    Échanges de bons procédés, Place de la Sorbonne aurait vraiment besoin de communiquer avec les bibliothèques. Peut-être accepteriez-vous de jouer nos « impresarios » auprès d’un milieu que nous connaissons mal ? D’ailleurs, les SCD des autres universités ont-ils aussi un blog ? (4)

Une dernière question (qui n’engage que moi) : pourrait-on imaginer d’autres formes de collaboration entre le service culturel, et les bibliothèques du SCD pour la poésie notamment ? Serait-il envisageable, par exemple de déposer au SCD les livres, les revues, la documentation que vous recevez au titre de PLS ou que vous publiez ?

  • Il faudrait d’abord un accord d’une bibliothèque du réseau des SCD puis un protocole d’enregistrement des livres de poésie, ce qui ne paraît pas si dur, sous réserve bien entendu que l’ouvrage ne soit pas déjà recensé dans les fonds du SCD. On pourrait même imaginer la création d’un fonds culturel multi-arts : nous finissons par recevoir une grande quantité d’objets (livres, CD, DVD etc.) qu’il pourrait être intéressant de porter à la connaissance du public. Le summum serait qu’un enseignant fasse travailler ses étudiants sur ce fonds. Parallèlement le Service culturel s’engagerait à mettre en place des actions de médiation culturelle ou pédagogique.

Je vous remercie beaucoup de votre accueil.

*

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PEUVENT NOUS ÉCRIRE EN UTILISANT LE FORMULAIRE DE CONTACT SUIVANT :

 

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Notes :
(1) Yann Migoubert, (sous la direction de Brigitte Mondrain), Histoire du texte de la Batrachomyomachie : histoire du texte des origines aux premiers imprimés, thèse soutenue à l’EPHE, Philologie grecque, 2010.(retour au texte1)
(2) 23e Salon de la revue, Espace d’animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris – Vendredi 11, samedi 12, dimanche 13 octobre 2013. (retour au texte2)
(3) Voir Publications.(retour au texte3)
(4) Cf. Liste de blogs de bibliothèques d’universités françaises. (retour au texte4)

Illustrations :

Yann Migoubert (Photo N. Cousin, 3.06.13)

Reproduction de l’affiche pour In Quarto réalisée et aimablement communiquée par
Soline Astier, Bibliothèque Michelet.

…/… À suivre dans la seconde partie :
II. Interview de Laurent Fourcaut, rédacteur en chef de Place de la Sorbonne.

 

Déménagement des fonds de musicologie de la Bibliothèque Michelet

L’ensemble des collections musicologiques de la Bibliothèque Michelet va rejoindre début septembre la nouvelle Bibliothèque Clignancourt, 2 rue Francis de Croisset (Paris 18e), qui propose déjà dans l’espace « Arts » les fonds musicaux en provenance de la Bibliothèque Malesherbes.
Le calendrier suivant vous informe le plus clairement possible sur l’accès aux collections ainsi que sur le dépôt des masters pendant cette période transitoire.

Calendrier

  • Depuis le 17 juin, les ouvrages des magasins empruntables à domicile ne le sont provisoirement plus car ils sont en cours de rééquipement pour Clignancourt. Tous les ouvrages des magasins, y compris les masters, restent néanmoins consultables sur place (cf. infra).
  • Pour les masters 2, nous rappelons qu’un exemplaire du mémoire à destination de la bibliothèque doit, en principe, être remis au jury au moment de la soutenance.
    Toutefois, quand cela n’a pas été fait, nous acceptons que les auteurs déposent eux-mêmes un exemplaire soit à la Bibliothèque Michelet jusqu’au vendredi 26 juillet inclus, soit à celle de Clignancourt dès le lundi 26 août.
  • À partir du lundi 26 août, aucun emprunt à domicile ne sera plus possible à la Bibliothèque Michelet.
  • Jusqu’au vendredi 30 août, vous pourrez continuer à consulter sur place les ouvrages des magasins et du libre-accès et rendre les ouvrages sur le site Michelet.
  • À partir du lundi 2 septembre, rendez de préférence les ouvrages de musicologie à la Bibliothèque Clignancourt.
  • Du 2 au 8 septembre inclus, la Bibliothèque Michelet fermera ses portes en raison du déménagement.
  • À partir du lundi 16 septembre, les collections déménagées devraient à nouveau être à votre disposition 2 rue Francis de Croisset, tout au moins pour les ouvrages en libre accès.

N’hésitez pas à nous contacter pour toutes informations complémentaires. Merci de votre compréhension.

Note de lecture sur La lecture

La lecture / Jin Si Yan ; Jean-François Sené, Presses artistiques et littéraires de Shanghai, Paris, Desclée de Brouwer, 2012, 183 p.

«Nuit, je te suis. Je retourne à des lointains infinis, je marche vers le proche le plus lointain. »

« L’homme devrait jouir de la liberté. Plus encore devrait-il comprendre ce qu’est la liberté. Et dans le mot liberté j’y vois, moi, liber, désignant le livre en latin. » (Jin Si Yan )

Dans la première partie, Serrer la main des ancêtres, Jin Si Yan évoque ses souvenirs à partir de son enfance au milieu des années 60, c’est-à-dire au début de la révolution culturelle. À l’époque, seuls les écrits de Mao, Lénine, Marx, Engels avaient droit de cité. Les autres livres étaient enfermés dans les bibliothèques ou brûlés. Mais Jin Si Yan se souvient des lectures que son père psalmodiait à ses filles en cachette. Il leur faisait découvrir tant les classiques chinois antiques que Hamlet ou Platon. Il disait : « Serrez la main des ancêtres et le chemin de vos vies sera tracé. » C’est son père et surtout son grand-père, professeur d’école « stigmatisé pour avoir acheté des champs », qui lui apprirent à lire et à calligraphier.

Traditionnellement, pour la plupart des filles, lire ou aller à l’école était moins indispensable que savoir tisser mais la mère de Jin Si Yan ne voulut pas que sa fille soit tisserande. C’est ainsi que Jin Si Yan, grâce à son amour de la lecture, put poursuivre ses études bien au-delà de l’école et devenir plus tard institutrice puis professeur de littérature chinoise en France…

Mélange émouvant et merveilleux de souvenirs personnels et de rappels de lectures faisant appel à la mémoire collective, le récit de Jin Si Yan constitue pour le lecteur une sorte d’initiation à la civilisation chinoise à travers :

-l’histoire du livre et de ses divers supports : carapaces de tortues, vases de bronze, sur pierre, sur tablettes de bois et de bambou, l’invention du papier attribuée à Cai Lun ;

-la pensée chinoise : Confucius, Lao Zi, le taoïste Dongfang Shuo, le Sūtra du Lotus (Bouddha, Maitreya et ses disciples), les maîtres bouddhistes (Zhi Xu …) ;

-la mythologie : mythe de Pan Gu, empereurs légendaires Fu Xi et sa sœur Nüwa, L’Empereur Jaune  Huang et son devin à quatre yeux Cang Jie, Zhongli Quan (un des 8 immortels) mythe des constellations de la Tisserande et du Bouvier ;

Par inconnu (http://classes.bnf.fr/dossiecr/my-chine.htm) [Public domain], via Wikimedia Commons

-les grandes encyclopédies et la littérature classique et moderne (voir quelques titres ci-dessous) ;

-d’autres figures d’artistes remarquables : calligraphes, lettrés, poètes, peintres, etc. dont Han Yu, Zhang Zhi, Su Dongbo, et une femme, Cai Wenji, également musicienne.

Cai Wenji. Domaine public. Via Wikimedia commons.

Les sauts allègres d’une période à une autre ainsi que les nombreux chevauchements entre anecdotes historiques et légendaires, peuvent paraître assez déroutants, surtout si l’on n’a pas la moindre idée de la chronologie générale de l’histoire de la Chine depuis les temps mythologiques et la succession des différentes dynasties jusqu’à l’époque contemporaine. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen de nous faire partager son « vertige de la lecture » en plongeant dans l’océan et en effaçant les limites séparant le temps et l’espace ? En stimulant ainsi l’imaginaire du lecteur, Jin Si Yan donne envie d’en connaître davantage et de se familiariser avec ce patrimoine culturel immense que le temps et les multiples vicissitudes politiques n’ont jamais réussi à effacer.

Principaux noms et titres d’œuvres cités :

Classiques chinois (d’obédience confucéenne) : Les Quatre Livres, Entretiens de Confucius ; Les Cinq Classiques, Livre des rites, Livre des Mutations (Yi Jing), Livre le plus vénérable, Livre des Odes, Le Cérémonial
Annales des Printemps et des Automnes (Lüshi Chunqiu)
Lao Zi (Lao Tseu) : Livre de la Voie et de la Vertu (Dao De Jing)
Hanfeizi (Han Fei Zi) : Yinshu yanshuo
L’Encyclopédie de l’ère Yongle

Par Asb (Transferred from de.wikipedia). [Public domain], de Wikimedia Commons


La Bibliothèque complète en quatre sections (Siku quanshu)
Liu Yi Qing : Anecdotes contemporaines et nouveaux propos (Shishuoxinyu)
Xiao Ji : Grand système des cinq agents (Wuxing dayi)
Cao Xueqin : Le Rêve du Pavillon rouge (Hóng lóu mèng)
Fleur en fiole d’or (Jin Ping Mei)
Li Ruzhen : Romance des fleurs en miroir  

*

Dans la seconde partie, La lecture, cette drogue douce, Jean-François Sené se souvient des premières lectures qui ont marqué son enfance, notamment en classe où l’un de ses instituteurs avait l’habitude de lire à haute voix telle fable de Jean de La Fontaine, ou des extraits d’oeuvres de Selma Lagerlöf, Marcel Aymé, Louis Pergaud, Jules Renard, Jack London, James Oliver Curwood, Robert Louis Stevenson, Jules Verne… et cela sans les commenter ni en faire un exercice de travail, simplement pour éveiller la curiosité et donner l’envie de poursuivre la lecture.

Pour Jean-François Sené, le plaisir de la lecture, et de la lecture à haute voix en particulier, provient, de son caractère désintéressé, mais également du pouvoir magique, hypnotique, lié au pouvoir de l’oralité. Les contes des Mille et Une nuits et le personnage de Schéhérazade en fournissent un bon exemple, tout comme celui de Flaubert et de son « gueuloir ».

Si l’écrivain, le poète travaille son texte en musicien, à chaque lecteur d’en être l’interprète ou le co-auteur et de recréer à chaque fois un nouveau texte. Chaque partie de cet essai tourne autour d’un aspect de la lecture, le dépaysement, la connaissance de l’autre, la bibliothèque, l’écriture, etc., chaque thème étant introduit par une citation d’auteur. Ainsi après Alain, Shakespeare, Montaigne…, Mme de Sévigné nous rappelle que la lecture apprend aussi à écrire, ce qui en ce siècle où l’image et le son prédominent, devrait nous inciter à revenir à des formes plus lentes et plus riches de divertissements instructifs.

Pour J.-F. Sené, peu importe de quelle manière vient le goût de lire, cela peut être par l’intermédiaire d’albums illustrés ou de bandes dessinées.

Mais il est des cas où le plaisir fragile de la lecture risque de s’émousser ou d’être détruit, soit par excès d’exégèse ou de vice de lecture critique, soit par certaines méthodes d’apprentissage fastidieuses, ou encore si le but est de transmettre un message édifiant.

S’inspirant de Cicéron et de sa conception du bonheur, J.-F. Sené consacre ailleurs quelques belles pages aux bibliothèques, lieux ouverts ainsi que des jardins (Bibliothèque d’Alexandrie, Eco, Borges, Journal intime de Samuel Pepys).

La rencontre de deux auteurs, l’un chinois et l’autre français, qui fait l’originalité de la collection « Proches Lointains », ne serait pas pleinement réalisée si Jean-François Sené ne parlait pas (comme Jin Si Yan l’a fait en première partie en évoquant ses contacts avec l’Occident) de son vif intérêt pour la Chine où il a voyagé à plusieurs reprises. Il se souvient notamment de son émerveillement devant une librairie de Shanghai, en ressortant avec un recueil de nouvelles de Lu Xun. J.-F. Sené ne manque pas de louer chaleureusement le travail des traducteurs grâce à qui les grands auteurs et poètes classiques aussi bien que des livres de littérature populaire de l’Asie et de la Chine commencent à affleurer en Occident, tandis que les Chinois prennent plaisir à lire la littérature et la poésie occidentale.

Au XVIe siècle, le missionnaire Matteo Ricci, surnommé le « lettré d’Occident », auteur d’un Traité de l’Amitié, apparaissait comme un précurseur dans ce rapprochement des cultures. Au XXIe siècle, François Cheng, comme Jin Si Yan, par exemple, sont passés maîtres de tels « dialogues transculturels ».

Ce très riche double essai sur la lecture (dont je n’ai fait que donner un bref et partiel aperçu), ouvre à la reconnaissance de l’universalité des sentiments : « C’est aussi le pouvoir ou la fonction de la lecture : vous aider à accueillir vos frères humains tels qu’ils sont, à vous identifier à eux et à mieux vous connaître en vous montrant que les espérances et les passions qui les hantent sont universelles. » (Jean-François Sené)

Nathalie Cousin
septembre 2012

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Quelques ouvrages sur la calligraphie et l’art chinois à la Bibliothèque Michelet :

Billeter, Jean-François.   L’art chinois de l’écriture : essai sur la calligraphie / Jean-François Billeter. Milan : Skira, 2001. Michelet : Magasin    – 709.59 BIL

Escande, Yolaine.   Traités chinois de peinture et de calligraphie. 1. Les textes fondateurs (des Han aux Sui) / traduits et commentés par Yolaine Escande. [Paris] : Klincksieck, impr. 2003. Michelet : Magasin    – 8 AA 257-1

Murck, Alfreda.   Words and images : Chinese poetry, calligraphy, and painting / edited by Alfreda Murck and Wen C. Fong. New York : Metropolitan Museum of Art, c1991. Michelet : Magasin    – 4 AA 10

Polastron, Lucien Xavier. Le trésor des lettrés / Lucien X. Polastron. Paris : Imprimerie nationale éd., impr. 2009. Michelet : Magasin    – 4 AA 349

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Tous nos remerciements à Jean-François Sené.

Documentation de base pour les étudiants en premières années de musicologie (dictionnaires et histoires de la musique)

Music lesson Staatliche Antikensammlungen 2421

By Phintias (User:Bibi Saint-Pol, own work, 2007-02-10) [Domaine public], via Wikimedia Commons

Voici une sélection d’ouvrages, essentiellement des dictionnaires et histoires de la musique en langue française, qui vous seront sans doute très utiles pour commencer vos études musicologiques.

La plupart sont en libre accès soit à la Bibliothèque Clignancourt (Championnet), soit à Michelet, soit à Malesherbes, en attendant le regroupement de tous les fonds musicaux à Clignancourt en 2013. Vous les trouvez en général sous la cote Dewey 780.3 (dictionnaires) ou 780.9 (histoires de la musique). (D’autres exemplaires peuvent se trouver en magasins, être en cours d’acquisition). Il existe souvent plusieurs rééditions, nous ne les notons pas systématiquement.

Dictionnaires de la musique

Honegger, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique. Les hommes et leurs oeuvres / publ. sous la dir. de Marc Honegger. [Paris] : Bordas, 1986, 2 vol. Clignancourt : 780.3 HON

et Honegger, Marc. Dir. Science de la musique : technique, formes, instruments / sous la dir. de Marc Honegger,…. Paris : Bordas, 1990, 2 vol. Michelet 780.3 HON (Ces Bordas ne sont malheureusement plus édités).

Tubeuf, André. Dictionnaire amoureux de la musique, Plon, Paris, 2012.

Vignal, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique / sous la direction de Marc Vignal. Paris : Larousse, 2005, (nouv. présentation, 2011).

N. B. Il existe une foule de dictionnaires musicaux généraux et spécialisés dans tous les pays. Les deux plus connus (surtout pour la suite de vos études) sont en anglais (The New Grove dictionary of music and musicians et autres « Grove ») et en allemand (Die Musik in Geschichte und Gegenwart) Voir à la fin de cet article pour la version électronique de Grove.

Quelques histoires générales de la musique

Beltrando-Patier, Marie-Claire. Dir. Histoire de la musique / sous la dir. de Marie-Claire Beltrando-Patier. [Paris] : Bordas, 2004. Clignancourt : 780.9 BEL

Denizeau, Gérard.   Les genres musicaux : vers une nouvelle histoire de la musique / Gérard Denizeau. Paris : Larousse, impr. 2006, cop. 2005. Clignancourt : 780.9 DEN

François-Sappey, Brigitte.   Histoire de la musique en Europe / Brigitte François-Sappey,…. 4e édition mise à jour. Paris : Presses universitaires de France, impr. 2005. Clignancourt : 780.94 FRA – Existe sous forme électronique (Voir accès direct à toute la collection « Que sais-je ? » dans la bibliothèque électronique de Paris IV

Jollet, Jean-Clément ; Carrillo, Olivier, L’histoire de la musique pour les nuls : du Moyen Age aux musique actuelles,  First Editions, Paris, 2011.

Massin, Brigitte. Histoire de la musique occidentale / [sous la dir. de] Brigitte et Jean Massin ; avec la collab. de Philippe Beaussant… [et al.]. Nouv. ed., rev. et augm. Paris : Fayard, 2000.
Clignancourt : 780.9 MAS

Rebatet, Lucien.   Une histoire de la musique : [des origines à nos jours] / Lucien Rebatet. [10e réimpr.]. Paris : R. Laffont, 1995. Clignancourt : 780.9 REB

Roland-Manuel. Dir.   Histoire de la musique / publ. sous la dir. de Roland-Manuel. Paris : Gallimard, 1986-1988. Clignancourt : 780.9 ROL 2/2

Quelques histoires de la musique par périodes

Moyen Age

Cullin, Olivier. Brève histoire de la musique au Moyen Age / Olivier Cullin. [Paris] : Fayard, DL 2008. Clignancourt 780.902 CUL

Hoppin, Richard H. La musique au moyen âge / Richard H. Hoppin ; trad. de l’anglais par Nicolas Meeùs et Malou Haine. Bruxelles : Mardaga, 1991. Michelet 780.902 HOP

Renaissance

Guide de la musique de la Renaissance / sous la direction de Françoise Ferrand ; avec la collaboration d’Ignace Bossuyt, Gabrielle Bouley, Philippe Canguilhem, [et al.]. [Paris] : Fayard, impr. 2011. Clignancourt 780.903 1 gui

Baroque

Anthony, James R. La Musique en France à l’époque baroque : de Beaujoyeulx à Rameau / James R. Anthony ; traduit de l’américain par Béatrice Vierne. Nouv. éd. rev. et augm. Paris : Flammarion, 2010.

Classique

Pestelli, Giorgio.   La Musique classique : l’époque de Mozart et de Beethoven / Giorgio Pestelli ; trad. de l’italien par Michel Roubinet. Paris : Lattès, 1989. Michelet : 780.903 3 PES

Rosen, Charles. Le style classique : Haydn, Mozart, Beethoven / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Marc Vignal et Jean-Pierre Cerquant. Édition augmentée. [Paris] : Gallimard, impr. 2000.

Romantique

Plantinga, Leon.   La Musique romantique : histoire du style musical au XIXe siècle en Europe / Leon Plantiga [i.e. Plantinga] ; trad. de l’américain par Dennis Collins. [Paris] : J-C. Lattès, 1989. Michelet : 780.903 4 PLA

Rosen, Charles.   La génération romantique : Chopin, Schumann, Liszt et leurs contemporains / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Georges Bloch. [Paris] : Gallimard, impr. 2002. Clignancourt et Michelet : 780.920 34 ROS

XXe siècle
Weid, Jean-Noël von der.   La musique du XXe siècle / Jean-Noël Von Der Weid. Paris : Hachette littératures, 2005. Clignancourt : 780.904 WEI

Langues musicologiques
Whitfield, Charles.   L’anglais musicologique : l’anglais des musiciens / Charles Whitfield,…. Paris : Beauchesne, 1989. Clignancourt : 780.14 WHI

Quelques collections (en langue française)

Orchestra

Par : Orchestra of the 18th Century [Domaine public], via Wikimedia Commons

Harmoniques. La Musique en France (ed. Flammarion)
Horizons (ed. Bleu nuit) : monographies de grands compositeurs
Les Indispensables de la musique (ed. Fayard)
Musique – Musicologie (ed. Champion)
Musique – Musicologie (ed. Mardaga)
Musique ouverte (ed. Minerve)
Musique et Musicologie [et autres collections concernant la musique] (ed. L’Harmattan)
MusicologieS (ed. Vrin)…

Pour aller plus loin

Le Service commun de la documentation offre d’importantes ressources en ligne. Voir sur le site de l’Université la rubrique « Les bibliothèques »
Pour la musique, les ressources les plus indispensables pour toute la durée de vos études sont :
Oxford Music online qui regroupe : Grove Music Online, The Oxford Companion to Music, The Oxford Dictionary of Music et l’Encyclopedia of Popular Music

Music Online et Naxos : discothèque numérique en ligne

-Signets du Service commun de la documentation en musique et musicologie.

Bonne lecture et bonne musique !

La Messe de la Sorbonne

 Lors de mon arrivée à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie en 1981, je me souviens du ton mystérieux et confidentiel avec lequel la bibliothécaire alors en poste avant moi, Madame Gilberte Bernard, m’avait révélé l’existence du seul manuscrit musical précieux que nous possédions. Dénommé par Jacques Chailley « Messe de Besançon », il consistait en quatre pages de parchemin en notation noire sur lignes rouges datant du XIVe siècle (époque de l’Ars Nova). Il était « conservé » on ne peut plus sommairement et rangé horizontalement dans une armoire, caché à l’abri des regards, avec l’ordre de ne le communiquer qu’avec d’extrêmes précautions. Il n’y avait pas de salle de réserve, pas de moyen de reproduction, pas de système antivol. Lorsqu’un chercheur souhaitait le consulter, il devait justifier d’une recherche précise et avoir obtenu préalablement l’autorisation écrite du Directeur de l’UFR.

Il fallut attendre 1991 pour que l’UFR prenne la décision de faire restaurer le manuscrit par la Bibliothèque nationale pour la somme « astronomique » de 3 000 Francs. La Bibliothèque nationale joignit également des diapositives avant et après restauration.

En décembre 2006, sous l’impulsion de Frédéric Billiet, directeur actuel de l’UFR, le service audiovisuel de la Sorbonne se chargea de réaliser de nouveaux clichés en haute définition du manuscrit original. Ce fut le point de départ d’un grand projet qui vient d’aboutir à la publication en 2012, aux PUPS, d’un magnifique ouvrage intitulé La Messe de la Sorbonne (autre nom de la « Messe de Besançon »).

Comment du bi-folio original, unica fragmentaire et mal connu malgré plusieurs éditions et études réservées jusque-là aux seuls spécialistes[1], passer à une large diffusion d’une œuvre aussi exceptionnelle ? Ainsi que le dit Isabelle Ragnard :

« Malgré toutes ces zones d’ombre, le manuscrit conservé à la Sorbonne représente une des plus importantes découvertes du XXe siècle concernant la messe polyphonique au XIVe siècle. Connu depuis plus d’un demi-siècle, il n’a pas encore révélé tous ses secrets. » (La Messe de la Sorbonne, p. 20)

À travers l’histoire du manuscrit et l’évocation des figures de Paul-Marie Masson, Jacques Chailley, Édith Weber, notamment, c’est aussi tout un pan de l’histoire de l’Institut (devenu UFR) de Musicologie et de sa bibliothèque qui réapparaît, quelque mois avant le transfert des fonds musicaux de la Bibliothèque Michelet à la Bibliothèque Clignancourt.

L’ouvrage préparé par Frédéric Billiet et son équipe est remarquable en tous points : par la qualité de la reproduction du manuscrit, par l’étude musicologique, codicologique, philologique poussée de celui-ci ; par la tentative de reconstitution-recomposition de la Messe de la Sorbonne en son entier par les soins de Raphaël Picazos ; enfin, grâce à cette version, nous disposons également pour la première fois d’un très bel enregistrement, sur disque compact, réalisé par les étudiants du Master professionnel « Pratique de la musique médiévale » avec les professeurs Benjamin Bagby, Katarina Livljanic et Isabelle Ragnard.

Un manuscrit, un livre, une interprétation à découvrir absolument. La Messe de la Sorbonne mérite bien d’être reconnue en effet comme « un des trésors de la Sorbonne. » (F. Billiet)

 Références : La messe de la Sorbonne [Multimédia multisupport] / [ouvrage préparé par Frédéric Billiet]. – Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne ; Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, cop. 2012. – 1 vol. (65 p.) : ill., fac-sim., mus., couv. ill. en coul. ; 29 cm + 1 disque compact (17 mn). – (Musiques-écritures, Série études). Disponible en prêt à la bibliothèque Michelet sous la cote : 782.32 mes

Page de couverture, reprod. avec l’aimable autorisation des PUPS. Remerciements à Sébastien Porte, éditeur, Presses de l’Université Paris-Sorbonne et Catherine Jalouneix, chargée de communication.

[1] Le manuscrit est aussi signalé dans le RISM (Répertoire international des sources musicales, Manuscripts of polyphonic music (c. 1320-1400), by Gilbert Reaney, München-Duisburg, G. Henle, cop. 1969, p. 201-203.

 

In-Quarto : poème

A l’occasion du Printemps des poètes, du 5 au 18 mars, le blog s’échappe des bibliothèques pour s’ouvrir à la poésie.

Même fermés les in-quarto
rangés serrés dos contre dos
sous le fauve et l’or de leur cuir
comment se fait-il qu’ils nous livrent
du cheminement du passé
les pointillés de l’avenir ?

Daté de ses chiffres romains
il suffit d’un livre ancien
jamais entr’ouvert encore pour
qu’un rêve éveillé me transporte
un matin lucide et frisquet
à la pointe du petit jour
dans la bibliothèque haute
aux rayonnages bruns lustrés
d’où Montaigne nous écrivait.

Et la tête posée
sur le mol oreiller de mes doutes
je me laisse bercer
comme un enfant qu’on porte sur la route
qu’ont tracée tant de pas humains.

Maria Labeille,
Poème publié dans la revue L’Ouvre Boîte à Poèmes,
n° 87, Eté – Automne 2010

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur,
avec tous nos remerciements.

À propos de « La grotte des rêves perdus » : archéologie, histoire de l’art, cinéma, musique

Je n’aurais pas eu la témérité de proposer cet article si je n’avais pas éprouvé un véritable coup de cœur pour le film La grotte des rêves perdus. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, dépêchez-vous, il est encore temps, sinon, il faudra vous contenter de la sortie prochaine du DVD.

Il fallait s’appeler Werner Herzog pour réussir à obtenir l’autorisation exceptionnelle de tourner ce remarquable documentaire sur la grotte Chauvet, découverte en 1994 par trois spéléologues : Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire. Cette grotte ornée, située en Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc, ne sera jamais ouverte au public pour des raisons de conservation mais un fac-similé doit ouvrir en 2014.

En attendant, la technologie en 3D trouve avec ce film sa pleine justification, permettant au spectateur d’apprécier comme s’il y était les reliefs des sols aux plafonds, ainsi que les contours et les modelés des œuvres, dessins, gravures, peintures, qui s’inscrivent souvent dans la forme même des parois rocheuses. De plus, pour mettre en valeur les peintures, le réalisateur a accordé « une grande importance aux effets de lumière et de clair obscur. »

Si l’on ne connaît pas la grotte Chauvet, le film constitue une excellente initiation grâce également aux explications et commentaires fournis par des chercheurs éminents parmi lesquels Jean Clottes, Jean-Michel Geneste, Gilles Tosello, Carole Fritz, Dominique Baffier…

Due au compositeur et violoncelliste néerlandais contemporain Ernst Reijseger, la musique du film tient une grande place dans La grotte des rêves perdus, (en anglais Cave Of Forgotten Dreams) bien qu’elle puisse s’écouter indépendamment.

La musique contribue à recréer l’ambiance, l’atmosphère mystérieuse et envoûtante de la grotte. Mêlant passé et présent, échos de diverses traditions, la musique fait un pont pour traverser le temps et renforcer les liens qui peuvent nous unir à l’esprit des humains qui nous ont précédés. Elle nous rend ceux-ci plus proches et plus présents malgré la distance temporelle. Les passages de musique chorale continue, sans paroles, au tempo assez lent, formée d’accords tournoyant dans l’espace explorant tous les registres jusque dans les extrêmes aigus pourraient faire penser par moments à Stimmung de Stockhausen ou parfois à des musiques plus anciennes. Ces chœurs alternent avec des morceaux de musique

instrumentale aux multiples effets de sonorités aux multiples recherches de sonorités : cordes et violoncelle joués par le compositeur, piano, flûteau (penny whistle), orgue, ce dernier conférant une dimension mystique et sacrée. Belle, méditative, contemplative, la musique accompagne parfaitement bien le mouvement des caméras sur les magnifiques représentations animalières qui font la gloire de la grotte Chauvet : rhinocéros, félins (lions, panthère), mammouths, ours, bisons, aurochs, bouquetins, chevaux, mégacéros, etc.

Pour filmer dans des conditions souvent difficiles, en se pliant à des règles drastiques, les cameramen ont dû faire preuve, durant tout le tournage, d’une grande ingéniosité doublée d’un infini respect.

A Chauvet, les datations au carbone 14 à partir des échantillons pariétaux prélevés ont (jusqu’ici) déterminé leur appartenance à deux grandes périodes d’occupation très anciennes, l’une au cours de l’Aurignatien, de 33 000 à 29 000 ans ans 14C BP, l’autre au cours du Gravettien entre 27 000 et 24 500 ans 14C BP (Before Present). Ceci est un des points (et loin d’être le seul) qui a suscité le plus d’étonnement : ainsi, les chefs-d’œuvre de Chauvet, tout en étant deux fois plus anciens que ceux de Lascaux par exemple (appartenant au Solutréen ou au Magdalénien) – seraient tout aussi élaborés et aboutis dans leur expression, leur composition et leurs techniques… Une apogée qui laisserait supposer des origines encore plus lointaines…

Le film comporte une séquence musicale inattendue, où l’un des chercheurs (Wulf Hein) joue quelques notes sur une flûte préhistorique reconstituée à partir de quelques fragments retrouvés récemment en Allemagne  : il s’agirait de la flûte la plus ancienne retrouvée à ce jour ?, ca 35 000 ans BP.

« Chaque découverte majeure apporte des nouveautés et des réajustements de nos connaissances. Ce fut le cas avec la grotte Chauvet. (…) On devrait toujours ajouter : « Dans l’état actuel de nos connaissances » ou « jusqu’à plus ample informé » et garder à l’esprit l’immensité de notre ignorance. » (Cf. La grotte Chauvet : l’art des origines, sous la dir. de Jean Clottes).

Depuis sa découverte, la grotte Chauvet est l’objet d’incessantes discussions, travaux et recherches scientifiques pluridisciplinaires. Elle suscite de nouvelles questions et de nouvelles thèses et hypothèses, des interprétations divergentes, en remet parfois en cause d’autres plus anciennes ou les réhabilite.

Sans être spécialiste de l’art pariétal, voir un film comme La grotte des rêves perdus, c’est aussi s’accorder le droit de se faire sa propre idée, d’admirer, de s’émerveiller, de rêver. « […] l’Homme est l’être du monde qui se passionne pour la plus inutile (matériellement) et la plus nécessaire des contemplations, pourvu qu’elle lui fasse, par le rêve, franchir l’étroite barrière de l’immédiat, et s’enfoncer dans ce mystérieux Cosmos des choses qui ne le regardent pas et qu’il ne saurait manger. » (Abbé H. Breuil, Quatre cents siècles d’art pariétal).

L’Abbé Breuil commençait cet ouvrage par la représentation d’ « une très ancienne jeune fille » en train de marcher. Je ne peux pas m’empêcher de rapprocher cette « Dame blanche » (qui elle aussi à donné lieu à de multiples interprétations) de l’une des découvertes les plus émouvantes de la Grotte Chauvet : des empreintes de pieds d’un très ancien pré-adolescent…

C’est sur leurs traces que nous marchons. Alors peut-être, faisant nôtre la part de rêve, même celle des rêves perdus de l’« homo spiritualis », que nous portons en nous, nous entrerons de plain-pied dans le temps des rêves retrouvés.

Pour aller plus loin, nous vous proposons une bibliographie de la grotte Chauvet

Nous adressons nos sincères remerciements au compositeur Ernst Reijseger et au photographe Krijn van Noordwijk.

Photos :
- Ernst Reijseger : © Krijn van Noordwijk (courtesy Ernst Reijseger et Krijn van Noordwijk),
– chevaux de la grotte Chauvet : Wikimedia commons. Domaine public

Les archives Paul-Marie Masson

Le Professeur Paul-Marie Masson (Sète, Hérault, 19 sept. 1882-Paris, 27 jan. 1954), successeur d’André Pirro à la Sorbonne en 1943, fonda l’Institut de Musicologie en 1951. Musicologue et compositeur, Masson était spécialiste de la musique française du XVIIIe siècle. Il avait soutenu sa thèse intitulée L’opéra de Rameau (Paris, Laurens, 1930 ; repr. New York, Da Capo, 1972, 596 p.).

La Bibliothèque Michelet (dont le fonds musical actuel provient, rappelons-le, de l’ancienne Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie) conserve de nombreuses partitions anciennes et ouvrages ayant appartenu à l’origine à Paul-Marie Masson. Mais outre ces documents pour la plupart publiés, le « fonds Masson » comportait également des archives sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention dans cet article.

Ces archives sont longtemps restées inexploitées et ce n’est qu’en 1992 qu’un inventaire a pu être établi en collaboration avec les Archives du Rectorat de Paris. Faute de place à l’époque à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie, les archives Masson avaient alors été mises en dépôt aux Archives du Rectorat (partie administrative concernant la carrière et les activités d’enseignement et de recherche de Paul-Marie Masson à Grenoble et à la Sorbonne, notices et correspondance d’étudiants…) et à la Médiathèque Musicale Mahler (partie principalement musicologique). En 2009, l’ensemble des cartons d’archives déposées à la Médiathèque Musicale Mahler a enfin réintégré la Bibliothèque Michelet. A l’exception de deux cartons (cartons n° 3 et 4), toujours en dépôt aux Archives du Rectorat, le fonds d’archives (54 cartons) et l’inventaire correspondant sont donc maintenant accessibles et consultables sur place à la Bibliothèque Michelet.

On y trouve une riche documentation personnelle composée essentiellement de coupures de presse, articles, notes de cours, fiches manuscrites, etc., le tout classé dans des dossiers et des sous-dossiers. La documentation non musicale (cartons 6 à 10) concerne des disciplines telles que le Latin, le Grec, la philosophie, l’esthétique, l’histoire, psychologie, la politique, la religion, l’ethnographie, l’enseignement, la littérature française et étrangère.

La documentation musicale (cartons 10 à 56) se répartit de la manière suivante (le classement d’origine a peu ou prou visiblement été respecté ou reconstitué dans la mesure du possible) :

-Actualité musicale (1923-1944) (carton 10)
-Théorie de la musique, instruments (cartons 11-13)
-Histoire de la musique : sous-classement chronologique des origines au XXe siècle :
Origines – Antiquité (carton 14)
Moyen Âge (carton 15-17)
XVIe siècle (carton 18)
XVIIe siècle (cartons 19-22)
XVIIe siècle (cartons 23-33)
Jean-Philippe Rameau (cartons 33-36)
XIXe siècle (France : cartons 37-42 ; Etranger : cartons 43-46)
XXe siècle (France : cartons 47-53 ; Etranger : cartons 53-56)

Toute cette documentation mérite d’être conservée et consultée car elle constitue un ensemble unique ; elle témoigne de l’ouverture d’esprit de Paul-Marie Masson et de son intérêt pour toutes les époques de l’histoire de la musique. On y trouve des noms de compositeurs célèbres aussi bien que de compositeurs méconnus ou oubliés qu’il pourrait être intéressant de redécouvrir.

Le domaine des archives, en particulier des archives privées de musiciens, ouvre de larges et nouvelles perspectives de recherche et de réflexion aussi bien pour les musicologues, que pour les héritiers et légataires de tels fonds patrimoniaux et pour les professionnels de la documentation.

Bibliographie

Inventaire Masson (documentation extraite du fonds Masson de l’UFR de Musique et Musicologie de Paris-Sorbonne) / réalisé par Pascale Prouteau et Annie Kowacévic avec la collaboration de David Peyceré, … et Nathalie Cousin,…, Université de Paris-Sorbonne, dactyl., 1992, 37 p.

Peyceré, David, « Un fonds d’archives retrouvé : la documentation de Paul-Marie Masson (1910-1952) », in : Revue internationale de musique française, n° 31, juin 1994, p. 115-120.

Archives privées, un patrimoine méconnu : petit guide à l’usage des propriétaires / Association des archivistes français, section « Archives départementales » ; [avant-propos par Henri Zuber,…], Paris, Association des archivistes français, impr. 2005 (49-Angers : ASG Gal’ Art Edition), 46 p.

Sites Internet

Calames
Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur

Association des archivistes français (AAF)
8, rue Jean-Marie Jego
75013 Paris
Tél. 01 46 06 39 44
Fax 01 46 06 39 52

Association française pour la protection des archives françaises

Remerciements

Nous remercions Alain Galliari d’avoir hébergé si longtemps les archives Masson à la Médiathèque Musicale Mahler, Danièle Pistone, Nicolas Meeùs, Frédéric Billiet, directeurs successifs de l’UFR de Musique et Musicologie, qui sont intervenus pour toutes les démarches concernant le dépôt puis, plus tard, la reprise de ces archives, grâce aussi à Joëlle Claud et Marie-Danièle Schaeffer. Enfin, nos remerciements vont aussi à Jacqueline Paternault qui nous a parlé avec enthousiasme de ses recherches et de son projet de guide sur la gestion et la valorisation des archives privées musicales.

Photo : Gallica/BnF, domaine public. Source : Wikimedia commons.
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