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Les livres rares de la Bibliothèque Serpente

La bibliothèque Serpente, en lançant un chantier d’inventaire des livres anciens présents dans son fonds, a découvert dans ses magasins, une vingtaine d’unica. Il s’agit d’ouvrages rares, possédés par un seul établissement dans un réseau documentaire.

Une enquête passionnante où armée de gants blancs, l’équipe Serpente voyage dans le temps page après page, ouvrage après ouvrage. Et où au détour d’une suspension de feuille, la trace du temps qui passe apparaît … c’est un livre en ver ancien !

Trace de d'un ver de livre ayant creusé une galerie encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Trace d’un ver de livre ayant creusé une galerie, encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Tous ces livres anciens et unica vont être reclassés, restaurés et protégés. Seuls deux sont en attente de catalogage par une spécialiste du livre ancien.

Cette attente n’empêche pas l’équipe Serpente d’enquêter sur l’histoire de ses ouvrages ainsi que celle de leurs propriétaires. Car de temps à autre un de ces unica possède un nom, parfois joliment dessiné d’une écriture qui a traversé le temps, parfois c’est un nom typographié, qui lui aussi a traversé le temps.

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

Le nom E.Lagorce est typographié sur plusieurs ouvrages. Mais qui est donc E.Lagorce ? Etienne Lagorce est né le 16 décembre 1718 aux Voivres dans les Vosges. Cultivateur, il entre dans l’armée en qualité de Dragon (militaire se déplaçant à cheval mais combattant à pied) en 1748. Il y restera 40 ans. Le 7 janvier 1772 il épouse Françoise Imatte, qui lui donnera 3 filles : Barbe, Marie et Françoise. On retrouve sa trace à Epinal, le 7 mars 1790 où il participe à la Grande Fête Civique : la Fédération des Vosges. Il a 72 ans, il est le doyen et le commandant de la garde nationale de Trémonzey. Etienne Lagorce trouve dans la générosité du corps qu’il commande, une ressource à ses besoins. On lui donne un revenu de 2 000 livres. Il meurt en 1792.

Parmi les livres que possédait Etienne Lagorce, l’un date de 1752 et a pour titre Le siècle de Louis XIV publié par M. de Francheville.

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Mais qui est M. de Francheville ? Il s’agit d’André Dufresne de Francheville, secrétaire de Voltaire, il suit des études de théologie et deviendra en 1755 le copiste de Fréderic II puis lecteur et bibliothécaire du prince Henri à Rheinsberg.

Il publie ce livre chez Georges Conrad Walther, libraire du Roi.

Quant à Voltaire, voici ce qu’il écrit à ce dernier le 30 mai 1751: « Je suis fort occupé de l’Histoire du siècle de Louis XIV, mais cet ouvrage ne sera pas sitôt près … J’ai encore besoin de temps pour rendre l’ouvrage moins indigne de l’impression, plus je l’aurai travaillé avec soin et plus il vous deviendra utile. Je n’exigerai rien de vous, que des exemplaires en grand papier.

Le 28 décembre 1751 : [en parlant du Siècle de Louis XIV] « Il a fallu l’imprimer chez l’imprimeur du Roi de Prusse. C’est M. de Francheville, conseiller aulique, qui s’est chargé de l’édition. On sait assez, en Europe, que j’en suis l’auteur, mais je ne veux pas m’exposer à ce qu’on peut essuyer, en France, de désagréable quand on dit la vérité. Ce n’est pas moi qui ai le privilège impérial, et celui de Prusse est sous le nom de M. de Francheville. Il y a 3 000 exemplaires de tirés, dont 24 ou à peu près, peuvent être ou gâtés ou incomplets. J’en envoie 500 à un de mes amis à Londres. Ce débit ne passera pas par les mains des libraires, c’est une affaire particulière. Reste donc 2 500 exemplaires dont je puis disposer. J’en prends 100 pour en faire des présents, et je me déferai des 2 400 exemplaires restants avec un seul libraire auquel je transporterai le privilège, le droit de copie et le droit de faire traduire. On peut vendre les 2 400 exemplaires au moins 2 florins chacun. Je ne veux pas assurément y gagner mais je ne veux pas y perdre. L’ouvrage m’a coûté, avec le secrétaire et M. de Francheville qu’il a fallu payer, environ 2 000 écus parce qu’il y a des feuilles que j’ai refaites 3 fois. »

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Cette captivante enquête sur les livres anciens de la bibliothèque Serpente suit son cours et qui sait ce que le passé nous réserve ? Seul l’avenir pourra nous le dire !

 

Il y a 70 ans, la Libération de Paris

« Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !…  » : Ainsi s’exprimait le Général de Gaulle aux premières heures de la libération de la capitale, le 25 août 1944, Place de l’Hôtel de Ville.

Après 4 années d’occupation, Paris et ses habitants se soulèvent, montent aux barricades et se libèrent quasiment seuls !

C’était il y a 70 ans et en cette année anniversaire Paris célèbre cette Libération à travers divers expositions et évènements.

Le général de Gaulle acclamé par la foule

Le général de Gaulle acclamé par la foule

 

A l’Hôtel de Ville, l’exposition « Août 1944, le combat pour la Liberté », quelque peu succincte et presque bâclée, évoque les derniers jours de ce mois d’août 1944 grâce à des photos, des unes de journaux de mouvements et groupements de résistance ainsi qu’une vaste fresque audiovisuelle de 22 mètres de long projetant des images (filmées par la résistance) et relatant l’insurrection.

Jusqu’au 27 septembre2014 – Gratuit

Hôtel de Ville – Salle Saint Jean – 5 rue Lobau – 75004 Paris

Au Musée Carnavalet, afin d’avoir une idée plus vaste, plus concrète et surtout plus critique de cette période, ne manquez pas « Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé ».

Une exposition réalisée avec uniquement des photos du fonds du Musée (qui avait déjà fait une exposition sur la Libération du 11 novembre au 31 décembre 1944 alors que la guerre n’était pas finie) et de nombreuses explications et éclaircissements.

Après une introduction immersive dans les 4 années d’occupation, la libération est abordée et traitée abondement. De nombreux sujets sont évoquées y compris la tonte des femmes et des hommes pendant l’épuration, la manipulation des photos pour la presse et/ou pour les manuels d’histoire, l’évacuation des civils allemands, la mise de côté des libérateurs de couleurs sur les photos, le peu de photos des femmes pendant la Libération etc. Le tout avec des photos rares et inédites qui nous font découvrir ou redécouvrir une partie de l’histoire de Paris que l’on croyait connaître par cœur !

Jusqu’au 8 février 2015 – 8€

Musée Carnavalet – 16 rue Franc-bourgeois – 75003 Paris

Retrouvez tous les événements culturels du 70e anniversaire de la libération de Paris <ici>

Paris Libéré, événements à Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie Serpente :

– L’année de la liberté : juin 1944-juin 1945

Cote : 940.53 ABD

– Atlas de la libération de la France : 6 Juin 1944-8 Mai 1945 : des débarquements aux villes libérées / Stéphane Simonnet

Cote : 944.081 6 SIM

– La Vie des Français au jour le jour: de la Libération à la victoire 1944-1945 / Raymond Ruffin

Cote : 944.081 6 RUF

– Histoire de la libération de Paris

Cote : 944.081 6 DAN

– Résistance : les combattants de l’ombre

Cote : 944.081 6 res

– Les femmes dans les années quarante

Cote : 940.531 fem

– La Vie quotidienne des Résistants, de l’armistice à la Libération : 1940-1945 / Henri Noguères

Cote : 944.081 6 NOG

– Paris résistant : Henri Michel

Cote : 944.361 MIC

– La police de Vichy : les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo, 1940-1944 / Maurice Rajsfus

Cote : 944.081 6 RAJ

Illustrations :

La libération de Paris : le général de Gaulle acclamé par la foule, crédits Clapagaré sur Flickr.CC BY-NC-SA 2.0

Voyage au coeur des bibliothèques singulières et merveilleuses

La Salle de Travail de la Bibliothèque Nationale – Site Richelieu

La bibliothèque fut installée au cours de la première moitié du 18e siècle.

De 1854 à 1875, c’est Henri Labrouste qui, après avoir réalisé la Bibliothèque Sainte-Geneviève, va faire construire les espaces spécifiquement adaptés au fonctionnement de la bibliothèque et réaliser notamment une salle de travail, connue sous le nom de Salle Labrouste, ainsi que le magasin central des imprimés.

Site Richelieu : « Par là on va au magasin central, je m’installe d’habitude à côté du pilier où j’ai fait une croix » – Début XXème siècle. © AKR – DR

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Bibliothèque de l’Abbaye d’Admont

La construction de l’Abbaye d’Admont, en Autriche, remonte au 11ème siècle. Sa bibliothèque rococo somptueuse fut achevée en 1776. Joyaux de l’abbaye dominicaine, elle abrite une importante collection de manuscrits et d’incunables (livres imprimés entre 1405 et 1501).

Ses dimensions sont gigantesques : 13 mètres de haut, 79 mètres de long et 14 mètres de large, le tout surmonté de sept coupoles décorées de fresques en trompe-l’œil de Bartolomeo Altomonte (1701-1783). La Mort, Le Jugement dernier, le Paradis et l’Enfer parsèment le sol de marbre en damier : sculptures figurant les Quatre Dernières choses.

Avec environ 180 000 ouvrages dont 1 400 manuscrits et 530 incunables, cette incroyable bibliothèque garde précieusement des œuvres rares comme l’édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1758) ou la Bible de Martin Luther.

Bibliothèque de l’abbaye d’Admont © Admont Benedictine Monastery

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Les Bibliothèques aux fers

Le tout premier livre à être accessible au public n’est autre que la Bible, qui était enchaînée à la chaire des églises. Des lecteurs pouvaient venir y faire la lecture aux analphabètes. Puis lorsque les bibliothèques (les librairies dit-on au Moyen Age) furent ouvertes au public et non plus réservées aux étudiants de l’université, les livres ne sont consultables que sur place et afin d’éviter les vols, chaque ouvrage était enchaîné et posé sur un pupitre.

A Paris, l’Abbaye de Saint Victor fondée au XIIème siècle et dont l’emplacement se situe aujourd’hui entre la Seine, les rues des Fossés-Saint-Bernard, de Jussieu et Cuvier, avait une riche bibliothèque ouverte au public. Dans la salle de consultation, les manuscrits étaient enchaînés : 85 % des 1081 manuscrits notés dans le catalogue du XIVe siècle de ces livres enchaînés, ont été récupérés par la Bibliothèque Nationale. D’autres possessions comme, les manuscrits liturgiques étaient conservés au chœur, d’autres près du réfectoire, pour la lecture à haute voix, à l’infirmerie à destination des malades et mourants, et d’autres encore constitués de doubles réservés par le bibliothécaire.

Wimborne Minster © Andrew Williams 1891

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De nos jours, il ne subsiste plus que 5 bibliothèques de ce genre dont une aux Pays-Bas et une en Angleterre (cf photos).

La Librije des Pays-Bas est une bibliothèque publique du XVIe siècle. Une bonne partie de la collection des livres originaux existe encore. Trois cents livres environ peuvent être placés sur l’ensemble des pupitres. Le catalogue contient à peu près 750 titres. La partie essentielle de la collection se compose d’achats pendant la première moitié du XVIe siècle. La plus grande partie de la collection originale se trouve sur les pupitres: les livres du XVe siècle et XVIe siècle, assemblés de reliures en cuir magnifiques avec des sceaux et des ferrures.

Pays-Bas – Bibliothèque aux fers © Erik Kwakkel

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Les Bas-fonds – Histoire d’un imaginaire par Dominique Kalifa

Nouveauté Bibliothèque Serpente – Cote Serpente : 305.568 KAL

Bas fonds kalifa © Collection KHARBINE-TAPABOR

L’envers et les dessous de notre société sont peuplés de criminels, de souteneurs, de prostituées, de mendiants, de bagnards et bien plus encore … tristement réels et parfois imaginaires, ces bas-fonds et leur exploration offrent une plongée obscure et captivante dans les bas quartiers de Paris et ses mystères, à la rencontre des gueux de la Cour des Miracles, des trottoirs de Buenos Aires en passant par les quartiers périlleux et interlopes de Londres.

Si le mot « bas-fonds » en lui-même est aisé à comprendre, c’est une autre affaire que d’essayer d’en tirer une cartographie, une représentation claire et concise tant ce terrain est vague, opaque, mystérieux et meuble.

Acquise depuis 1840, l’expression dans son sens social émerge chez des auteurs comme Balzac et Honoré Frégier dans son ouvrages sur les « Classes dangereuses de la population des grandes villes. »

A partir de cette année 1840, l’expression va se répandre comme une traînée de poudre chez des auteurs comme Eugène Sue dans ses « Mystères de Paris » ou bien encore Victor Hugo qui chapitrera une partie de ses « Misérables » sous cette expression.

Ce décor dans lequel Dominique Kalifa* s’est posé depuis plus de 20 ans, lui l’historien du crime et des marges sociales, a cessé désormais de n’être qu’un décor pour devenir son nouvel objet d’études et d’interrogations : Synonyme de crimes organisés, les « bas-fonds » du monde entier sont des lieux clandestins voués au crime, à la débauche et au complot.

Mais, et pour ne citer que Dominique Kalifa : « Ces bas-fonds et ces gueux existent-ils vraiment ? Qu’il y ait des pauvres, des voleurs, des prostituées et des bandes organisées ne fait malheureusement aucun doute, qu’ils ressemblent aux descriptions pittoresques et horrifiées qu’en offrent les principaux récits, demeure plus incertain. »

* Professeur à la Sorbonne, Dominique Kalifa est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à l’histoire du crime, des transgressions et de la culture de masse. Il enseigne également à Science Po et à New York University.

Paris : Quinze promenades sociologiques

Tout n’a-t-il pas été déjà dit sur cette bonne vieille ville de Paris ?

Est-il encore possible de sortir du lot en l’évoquant ainsi que son histoire, ses quartiers, ses habitants ?

Oui, si comme le couple de sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, vous avez comme objectif de permettre aux lecteurs de faire œuvre de sociologie tout en s’appropriant une réelle connaissance de Paris.

Il est vrai que les Parisiens ont parfois tendance à se moquer des touristes qui viennent visiter la plus belle ville du monde. Soit ! Mais, ces mêmes Parisiens connaissent-ils leur ville aussi bien, voire mieux que ces mêmes touristes dont ils se moquent ?

Rien n’est moins sûr !

Cela dit, tout peut changer à présent avec ce précieux livre : « Paris, quinze promenades sociologiques ». Chacun des parcours, qu’il soit insolite, nostalgique ou métissé, propose de véritables réflexions sociologiques, des statistiques, des descriptions, des adresses et des plans.

Une lecture fluide et plaisante qui vous aidera à comprendre Paris dans sa diversité et qui vous fera partager un peu de la vie des habitants de chaque quartier. Du Sentier à la Bastille, en passant par la gare St Lazare et la Goutte d’Or, longeant la Seine ou empruntant le métro … le piéton de Paris est un marcheur infatigable …

Ce que vous ne manquerez pas de devenir en dévorant ou après avoir dévoré ce livre !

Bibliothèque Serpente – Salle de lecture – Cote : 307.76 PIN

© Daniel Chenot

Rue Coupe-gorge et Rue Coupe-gueule

Qui se souvient que les premiers locaux du collège de la Sorbonne se trouvaient rue Coupe-gueule, non loin de la rue Coupe-gorge ?

Plan de Paris au XVème siècle Dheullan 1756 – Gallica BNF

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D’après Sauval (historien du XVIIème siècle), la rue Coupe-gorge venait de la rue St Jacques à la rue de la Harpe, entre les murs de la Ville et le Couvent des Jacobins (aujourd’hui Place du Marché St Honoré) ; quand à la rue Coupe-gueule, elle descendait de la rue des Poirées à la rue des Mathurins. Ces longues rues prirent ces noms si évocateurs du fait des massacres et autres brigandages qui s’y faisaient toutes les nuits.

Acte de naissance de la Sorbonne © Association Historique du Temple de Paris

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Par cet acte, Saint Louis, en février 1257, déclare avoir donné au chanoine Robert de Sorbon, la maison ayant appartenu à Jean d’Orléans, rue Coupe-Gueule, devant le palais des Thermes (aujourd’hui musée nationale du Moyen Âge), afin qu’à l’avenir elle serve pour des écoliers qui y demeureront.

Saint Louis permit à Robert de Sorbon en 1258 de faire poser des portes aux bouts de la rue Coupe-gueule puis on la couvrit de bâtiments. Cette rue fut aussi appelée : rue des Deux Portes puis rue de la Sorbonne.

Auparavant, les étudiants vivaient comme des vagabonds et suivaient dans la rue, à l’air libre, les leçons des professeurs.

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La Maison de la Recherche entourée de fantômes …

La force de l’habitude et le manque de curiosité nous amènent souvent à négliger le passé.

Combien sommes-nous, en effet, à nous demander ce qui a bien pu se passer ici ou là ? Qui a vécu ici ? Pourquoi ce nom de rue ? Etc.

Figurez-vous que, de la rue Hautefeuille à la rue de l’Eperon en passant par la rue Suger et bien d’autres encore, d’innombrables fantômes nous observent.

Ils sont les témoins discrets et silencieux de l’évolution et de l’histoire du quartier à travers leur propre histoire.

Certains d’entre eux bénéficient d’un repos éternel. Ils logeaient au 7-9 rue Suger, anciennement rue du Cimetière Saint André (de 1356 à 1844). Cette rue s’appelait aussi communément la rue des 2 portes car à chacune de ses extrémités, se trouvait une porte.

Celle donnant du côté de la rue de l’Eperon, ouvrait depuis le 13ème sur un cimetière. Ce dernier s’étendait sur 460m² et recevait au 18ème siècle entre 130 et 150 corps par an. Puis tous les ossements et ceux des 300 lieux de sépultures de Paris furent transférés, petit à petit, aux Catacombes.

 

Plan 1908 - Cimetière

Parmi eux, on peut estimer certaine, la présence d’un capitaine de cavalerie, un aventurier dit-on : Jean-Baptiste Godin de Sainte-Croix .Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose,  pourtant avec sa mort débute une des affaires criminelles les plus retentissantes de toute notre Histoire :

Notre aventurier habitait la maison à tourelle d’angle dite cul-de-lampe, au 5 de la rue Hautefeuille, dans cette partie de la rue qui encore au 13ème siècle portait le nom de rue Serpente.

A sa mort (naturelle) en 1672, on découvrit chez lui, suite à l’inventaire après décès, un coffret contenant neuf lettres de sa maîtresse, la marquise de Brinvilliers ainsi qu’une reconnaissance de dette de cette dernière et de nombreux flacons. Ces derniers furent analysés par un apothicaire et révélèrent avoir contenu divers poisons laissant peu de traces dans l’organisme. Dans une des neuf lettres, la marquise de Brinvilliers reconnaît avoir empoisonné son père (le fameux lieutenant civil du Châtelet : Antoine Dreux d’Aubray) et ses deux frères afin de récupérer l’héritage … Recherchée, arrêtée puis torturée, la marquise finira décapitée et brûlée en place de Grève. L’histoire semblait terminée et pourtant ce n’était que le début de la célèbre Affaire des Poisons !

5 rue Hautefeuille, photographie d’Eugène Atget (1857-1927)

Non loin du fantôme de Sainte Croix, flotte surement une âme en peine, celle d’un médecin, journaliste et physicien. Malade depuis le mois de juin 1793, il n’est plus présent à la Convention. Sa compagne s’occupe de lui dans leur maison, rue de l’école de médecine au niveau de la place Henri-Mondor (il semblerait d’ailleurs que la statue de Danton nous indique son emplacement !).

Montagnard affirmé, ce médecin journaliste est opposé aux Girondins et semble faire partie de ceux qui ont ordonné les massacres de Septembre 1792.

Une femme, proche des Girondins, va quitter Caen pour Paris, acheter un couteau dans une échoppe du Palais Royal, griffonner un mot qu’elle cachera derrière un tableau posé sur le manteau de sa cheminée et qu’on retrouvera plus tard : « Le ferais-je ? Ne le ferais-je pas ? », se rendre chez le député et l’assassiner. Nous sommes le 13 juillet 1793, il est environ 19h45, Charlotte Corday vient d’assassiner Marat.

La maison (disparue) de Marat, photographie d’Eugène Atget (1857-1927).

D’autres âmes en peine flottent aux abords du quartier. Il ne s’agit ni d’hommes ni de femmes mais d’animaux. Pour les deviner, prenez la rue de l’éperon en direction de la rue du Jardinet. Si la chance vous sourit, la grille sera ouverte. Vous aurez alors l’occasion de rentrer dans la Cour de Rohan, un lieu unique en plein cœur de Paris, un lieu en dehors du temps, magique et merveilleux et qui pourtant recèle un bien sombre secret …

La Cour de Rohan est constituée de 3 petites cours dont la dernière donne sur la Cour du Commerce Saint André. Au n°9 se trouvait l’atelier du menuisier Tobias Schmidt. C’est à lui que fut commandée la guillotine et c’est dans cette cour qu’elle fut testée sur des moutons.

La légende voudrait que Louis XVI soit venu voir l’avancement des travaux chez Schmidt et lui aurait conseillé de faire le couperet de la guillotine en biseau et non en croissant de lune !

La Cour de Rohan par Eugène Atget, vers 1915

La Cour de Rohan par Eugène Atget, vers 1915

Bibliographie Serpente :

- Figures de femmes criminelles de l’Antiquité à nos jours dirigé par Loïc Cadiet, Frédéric Chauvaud, Claude Gauvard…

Serpente : Salle de lecture – 364.908 2 fig

- Jean-Paul Marat et l’Antiquité / Valérie Hendrikx

Serpente : Document à demander au personnel de la bibliothèque  – 930.02 HEN

- Histoire de la décapitation / Paul-Henri Stahl

Serpente : Document à demander au personnel de la bibliothèque  – LMA 67

- Villes et cimetières en France de l’Ancien régime à nos jours : le territoire des morts / Madeleine Lassère

Serpente : Document à demander au personnel de la bibliothèque : LHSE 282

 

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Pr François Moureau & la Littérature du Voyage

Professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne, le Professeur François Moureau est un spécialiste de l’histoire du théâtre entre Classicisme et Lumières mais également de l’histoire des voyages.

Il a  fondé et dirigé de 2000 à 2012 à la Sorbonne, le Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages.

Il obtient par deux fois divers prix de l’Académie Française en 1980 et en 2007.

Il est membre, depuis 2005, de l’Académie royale flamande de Belgique des Sciences et des Arts et depuis 2009, commandeur de l’ordre des Palmes académiques, décoration créée en 1808 par Napoléon Ier afin d’honorer les membres éminents de l’Université

Un volume de Mélanges lui a été offert en novembre 2012 lors d’une cérémonie en Sorbonne :

« Le livre du monde et le monde des livres – Mélanges en l’honneur de François Moureau »

lemondedeslivresUn  livre qui fait voyager : dans le temps tout d’abord puisque, s’il privilégie les XVIIe et XVIIIe siècles, il part du XVIe et pousse jusqu’au XXe.

Dans les domaines abordés ensuite, car il suit les avancées du professeur François Moureau, dans les multiples secteurs de sa recherche : de l’histoire du livre et de la presse jusqu’aux métamorphoses du théâtre classique en passant par les récits de voyages.

Ce dernier domaine, qui mobilise la plus grande partie, correspond par définition à une troisième sorte de voyage, le voyage géographique.

Dernièrement, le professeur François Moureau a fait un nouveau don de 12 ouvrages à la bibliothèque Serpente où se trouve déjà un important fonds sur la littérature du voyage créé à son initiative et référencé sous la cote : 808.803 55

Littérature du Voyage – Dons du Pr Moureau – Février 2014

Les Alpes et leurs imagiers – Voyage et histoire du Regard de Claude Reicher

A la découverte de la Palestine – Voyage français en Terre Sainte au XIXème siècle

La République en voyage 1770-1830 –  Gilles Bertrand et Pierre Serna

Voyages de M. de Malesherbes dans le Sud-Ouest – Le regard d’un homme exceptionnel sur l’Aquitaine du XVIIIème siècle – Pierre Tucco-Chala

Analogie et récit de voyage – Voir, mesurer, interpréter le monde – Alain Guyot

Sguradi sul Mediterraneo – Studi a marginedel convegno internazionale : Genoa, Columbus and the Mediterranean – A cura di Paola Valenti

Tra I palazzo di via Balbi – Storia della Facoltà di Lettere e Filosofia – Giovanni Assereto

Verspätete Ankunft Montaigne Journal de Voyage im 18.Jahrhundert. Rezeption eines frühneuzeitlichen Textes – Wolfgang Adam

James et Elizabteh Cook en leurs lettres d’Océanie (roman épistolaire) – Michel Bideaux

Tangence, n° 90 : Nouvelle-France : fictions et rêves compensateurs – Marie-Christine Pioffet

- Relations polono-suisses au XVIII siècle – Nouvelle approches – Marek Bratun

- Le voyage de Pétersbourg à Moscou – Rodolphe Baudin

Fonds Pr Moureau - Fev 2014      Serpente - Littérature du Voyage - Pr Moureau - Fev 2014 (3)

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Histoire et dictionnaire de la Gendarmerie

Jean-Noël Luc est professeur  d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne où il a déjà dirigé plus de 130 travaux et organisé de nombreux colloques sur l’histoire de la gendarmerie.

Entre 2000 et 2013, le séminaire de recherche ouvert à Paris-Sorbonne sur l’histoire de la gendarmerie et des autres forces de sécurité a produit 165 travaux universitaires, fourni la matière de 28 ouvrages et permis d’organiser 7 colloques et journées d’études en partenariat avec le SHGN (Service Historique de la Gendarmerie Nationale).

Chaque mardi de 17h à 19h, il dirige un séminaire à la Maison de la Recherche : « Histoire de la gendarmerie et des gendarmes, comme acteurs de l’identité nationale, de la régulation sociale et de la défense du territoire ». Collaborateur scientifique du Service historique de la Gendarmerie nationale, il est l’auteur de nombreux articles, thèses et ouvrages.

histoire-et-dictionnaire-de-la-gendarmerieDans son dernier livre : «Histoire et dictionnaire de la gendarmerie – De la maréchaussée à nos jours » Jean-Noël Luc conduit la partie historique destinée à un vaste public. Ainsi pourrez- vous choisir d’aborder son ouvrage de manière :

–  chronologique et découvrir la maréchaussée et la gendarmerie à l’épreuve des siècles : de la Guerre de Cent ans à l’Empire, en passant par la Révolution.

–  thématique et rencontrer les gendarmes des villes et ceux des campagnes : des battues contre les loups aux opérations estivales de sécurité routière, par exemple.

–  lexicale en vous plongeant dans le dictionnaire de la gendarmerie.

Vous y découvrirez qu’en langage populaire on appelle un gendarme : un balai, que le chapelet de Saint François à la fin du XIXème siècle, « est une entrave dont les gendarmes font usage pour lier les poignets des détenus », ou bien encore que l’expression « dormir en gendarme » signifie dormir d’un œil.

Enfin et pour la première fois cet ouvrage complet vous fera découvrir le gendarme dans l’imaginaire : de la littérature à la télévision, en passant par la bande-dessinée et le cinéma.

Petit histoire de la gendarmerie :

La gendarmerie est la fille de la maréchaussée, force militaire née au 12ème siècle, chargée au départ de surveiller « les gens de guerre et pillards » pendant et après la Guerre de Cent Ans.

Un édit de Paris daté de 1536 étant le domaine de la maréchaussée en lui permettant de poursuivre d’autres criminels que les gens de guerre.

Au 18ème siècle, la maréchaussée est en sous-effectif avec 3 300 hommes pour 26 millions de français. C’est en 1791 qu’elle prend son nom actuel de gendarmerie. Sous la tutelle du ministère de la Guerre, la gendarmerie occupera une place de premier plan dans le dispositif militaire de Napoléon Ier.

Entre 1815 et  1848, le pouvoir royal se méfie de cette institution issue de la Révolution.

Avec Napoléon III et la IIIème République, la gendarmerie revient sur le devant de la scène : son caractère militaire est réaffirmé et ses effectifs sont augmentés.

Pourtant ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre mondiale que la gendarmerie connaît un véritable essor. Dans les années 20, les forces de gendarmerie mobile sont créées et une direction autonome de la gendarmerie est mise en place au sein du ministère de la Guerre.

Avec l’arrivée des allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie dépend du régime de Vichy et est forcée de collaborer avec l’occupant, ce qui n’empêchera pas certains gendarmes et officiers de faire acte de résistance.

Avec les années 70, la gendarmerie se féminise puis se modernise avec la création, entre autres, du GIGN.

Depuis 2009, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale quitte le Ministère de la Défense pour se rattacher au Ministère de l’Intérieur où elle rejoint la Police nationale et les sapeurs-pompiers.

Sélection Bibliographie de la Bibliothèque Serpente :

Fonds constitué pour les étudiants de licence et master suivant le cursus « Force de l’ordre, sécurité intérieure et Défense » en histoire contemporaine.

- Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie – Guide de recherche – Sous la dir. de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 44 LUC

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

- Gendarmerie, État et société au XIXe siècle – Sous la direction de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 034 gen

- Bibliographie de l’histoire de la gendarmerie – Edouard Ebel, Ronan L’Hereec et Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

- Figures de gendarmes – Paru dans « Sociétés et représentations » n°16 – Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.cairn.info

 

Publications récentes d’historiens de la gendarmerie formés à Paris-Sorbonne :

 

- Les gendarmes belges, français et néerlandais à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. (Thèse) – Jonas Capon

- Les gendarmes en Corses, 1927-1934 : de la création d’une compagnie autonome aux derniers bandits d’honneur. (Master) – Simon Fieschi

- Les gendarmes face aux crimes durant l’entre-deux-guerres – Benoît Haberbusch (SHD)

- La gendarmerie au Mexique, 1861-1867. La première OPEX de gendarme français. (Master) – Adrien Kippeurt

- Servir Napoléon. Policiers et gendarmes dans les départements annexés (1796-1814) – Aurélien Lignereux

(Ouvrage en commande)

- La gendarmerie dans la Grande Guerre. « Forcer, au besoin, leur obéissance ». (Thèse électronique accessible en intranet) – Louis Panel

NB : Prix Mondes en paix, Mondes en guerre 2013, pour la 1ière fois attribué à un ouvrage consacré à la gendarmerie

(Ouvrage en commande)

 

Une histoire de la Maison de la Recherche

Ne vous êtes-vous jamais demandé quelle pouvait bien être l’histoire de cet étonnant bâtiment qu’est la Maison de la Recherche occupée par l’Université de Paris-Sorbonne et situé 28 rue Serpente dans le 6ème arrondissement de Paris ?

Prenez le temps de prendre votre temps, même quelques instants et levez la tête :

rue Danton - Hôtel des Sociétés Savantes - 1900 - DR

Vous voilà devant l’ancien Hôtel des Sociétés Savantes, construit en 1900 par Paul Sédille, l’architecte des magasins du Printemps.

L’édifice présente une longue façade qui se développe autour des rues Danton (dénommée ainsi le 18 avril 1890 et ouverte le 6 décembre 1895) et Serpente et composée autour de deux rotondes monumentales.

Il s’agit de la dernière œuvre de Paul Sédille qui devait mourir peu après.

Remarquez la porte d’entrée de la Société centrale des architectes français, composition néo-renaissance qu’il dessina et que sculpta André-Joseph Allar.
Approchez-vous un peu plus près, levez la tête, que lisez-vous ? :
La devise des architectes « Le beau, le vrai, l’utile».
Au-dessus de cette dernière, la figure allégorique de l’Architecture coiffée d’une couronne de monuments de différentes époques, est entourée par des motifs de fleurs, de fruits et de végétaux.

Les photos qui alimentent ce billet, nous montrent l’Hôtel des Sociétés Savantes au début du XXème siècle. Sur la 1ère photo ci-dessous, nous apercevons la coupole correspondant à l’entrée actuelle du lieu et ayant pour adresse le 28 rue Serpente, vue depuis la rue Mignon (partie aujourd’hui disparue). La 2ème photo nous offre une vue de la seconde coupole, ayant pour adresse aujourd’hui le 8 rue Danton.

Rue Danton, vue de l'hôtel des sociétés savantes - 1900          3595146

© Archives de Paris – Fonds UPF                     © D.R/L.L

 Cote : 11FI3268

L’Hôtel des Sociétés Savantes est situé sur l’emplacement de l’hôtel de Thou qui fut l’hôtel des États de Blois sous Louis XV. L’escalier subsiste encore, quant à la cour des carrosses et des écuries, elle a été métamorphosée en salle de conférences …

Un nombre étonnant de sociétés y on établi leur siège. En 1910 on trouve, en plus de la société d’architecture, la société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, la société d’ophtalmologie, la Société pour l’instruction et la protection des sourds-muets, la Société zoologique de France, la Société française de navigation aérienne, la Société française d’hygiène, la Société d’Hypnologie, la Société de sociologie de Paris mais aussi et surtout la Société Astronomique de France créée par Camille Flammarion le 28 janvier 1887 rue Cassini, dans son appartement. Ce dernier, devenu trop exigu, la Société fut transférée rue Danton à l’Hôtel des Sociétés Savantes.

Toutefois qui, mieux que Mme Gabrielle Camille Flammarion, femme de l’astronome, bachelière (fait rarissime pour l’époque) et scientifique de renom,  pour évoquer ce lieu au mois de juin 1958 ? :

« Dans quelques jours, à partir du 1er juillet, presque tous les locataires de l’Hôtel des Sociétés Savantes auront dû déguerpir, tous, sauf notre Société Astronomique de France, solidement campée sous les toits, à l’abri de ses deux coupoles.

Les Domaines ont acheté l’Hôtel des Sociétés savantes, qui gardera son nom, pour le compte de l’Université de Paris et la Faculté des Lettres, trop à l’étroit dans la Sorbonne, va établir l’une de ses branches sous notre toit.

( …) Nous resterons chez nous, haut perchés avec les coupoles. Heureusement ces coupoles nous appartiennent et elles jouent un rôle important dans la vie de notre Société. On peut en juger par le fait que les 18 visites spéciales, organisées par M. Tartois, administrateur de notre observatoire, ont connu un effectif de 337 visiteurs.»

Reconnue d’utilité publique, la Société Astronomique de France a pour but de promouvoir le développement et la pratique de l’astronomie. Premier présidente de la Société, Mr Camille Flammarion éditera un bulletin mensuel « L’Astronomie », revue qui paraît toujours aujourd’hui.

A la suite du passage de la Comète de Halley dans la nuit du 18 au 19 mai 1910 (Comète qui aurait dû frôler la Terre mais qui resta invisible), Mr Camille Flammarion en fera le sujet de l’une de ses « causeries » dans la grande salle, bondée, de l’Hôtel des Sociétés Savantes, le 1er juin 1910.

fin du monde 1910

Aujourd’hui, le souvenir de cette aventure astronomique de l’Hôtel des Sociétés Savantes  n’est plus présent que par, peut-être, un petit clin d’œil : une fois encore, il va vous falloir lever la tête mais à la nuit tombée cette fois …

Soyez curieux et vous aurez la tête dans les étoiles !

Bibliographie Serpente :

Camille Flammarion de Philippe de La Cotardière, Patrick Fuentes.

Paris : Flammarion, 1994

Cote : 944.070 92 FLA

Sociabilité et érudition : les sociétés savantes en France : XIXe-XXe siècles

De Jean-Pierre Chaline

Paris : Éd. du CTHS, 1995

Cote : 060 CHA