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Devenir historien

Le jeudi 5 juin à 18 heures, le professeur Darwin Smith viendra présenter à la bibliothèque Serpente son livre : « Devenir Historien », paru aux Publications de la Sorbonne. Historien, directeur de recherches au CNRS, il a fondé et dirige un groupe d’étude sur le théâtre médiéval, le LAMOP à Paris 1.

P1180048Smith L’ouvrage retrace son parcours, mêlant tel « un tissu bariolé » éléments biographiques, expériences professionnelles – dont celle de journaliste -, rencontres déterminantes – y compris médiévales ! -, qui l’ont fait « devenir historien ». Cette entreprise singulière a été qualifiée par certains de ses collègues « d’égo-histoire », par allusion aux essais de Pierre Nora, un des promoteurs de l’histoire des mentalités.
Ce rendez-vous est donc une opportunité formidable de rencontre et de dialogue avec un des plus grands spécialistes du théâtre du XIIè au XVIème siècle, sur ses apprentissages et choix de vie, ce qui ne peut manquer d’intéresser tous les étudiants qui se destinent à un métier de chercheur au sens large, mais aussi tous ceux qui se posent des questions sur leur propre cheminement intellectuel.

Centenaire de la Grande Guerre

En cette année 2014 où nous célébrons le centenaire du début de la guerre de 14-18, les évènements autour de cette commémoration sont nombreux, à commencer par la diffusion en mars et avril sur France 2 du spectaculaire documentaire « Apocalypse » en 5 volets aux noms évocateurs: Furie, Peur, Enfer, Rage, Délivrance.

La Bibliothèque nationale de France consacre de son côté une grande exposition sur ce thème intitulée « Eté 14, les derniers jours de l’ancien monde », jusqu’au 3 août 2014. L’exposition se concentre en effet sur le portrait de l’Europe en 1914 et met en lumière les origines du basculement dans la guerre. Organisée avec le soutien du ministère de la Défense, elle donnera lieu également à des conférences (Des idées reçues sur la grande guerre le 20 mai, La guerre industrielle : mutations technologiques, scientifiques et militaires le 10 juin…), une journée d’étude le 12 juin sur « la guerre en cartes » et enfin la projection du film « Les moissons de fer » le 24 juin. Parallèlement les 3 et 4 avril prochains sera présenté, toujours à la BnF, le projet Europeana Collections 1914-1918, résultat d’une coopération entre 8 pays européens, avec plus de 400 000 documents rares proposés en ligne (livres, journaux, cartes, journaux de tranchées, photos,manuscrits, partitions).

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Dans une tranchée de première ligne, cliché de l’Agence Meurisse, 1915 (Bibliothèque Nationale de France)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Les bibliothèques de la Ville de Paris ne sont pas en reste avec tout un cycle de manifestations dans le cadre des commémorations officielles, en partenariat avec la Mission du centenaire. Sont prévus à la fois des expositions : « Paris 14-18, la guerre au quotidien » (Galerie des bibliothèques de la Vile de Paris), « La Grande Guerre en bandes dessinées » (bibliothèque François Villon), « l’Est Parisien pendant la Grande Guerre » (médiathèque Marguerite Duras), des rencontres : « Poètes français de la Grande Guerre » (bibliothèque Georges Brassens le 10 avril), des conférences: «Obéir et désobéir» (Bibliothèque Vandamme le 4 avril, en partenariat avec l’EHESS), « 1914-1918/femmes, féministes: un autre front ? » (Bibliothèque Marguerite Durand, 10 avril).

Paris, la guerre au quotidien,

Paris, la guerre au quotidien, Bibliothèques de la ville de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus modestement, la bibliothèque Serpente propose une sélection d’ouvrages autour de la 1ère guerre mondiale :
Les médecins dans la Grande Guerre : 1914-1918/Sophie Delaporte
Serpente : 944.081 4 DEL
1914-1918 : combats de femmes : les femmes, pilier de l’effort de guerre/Evelyne Morin-Rotureau
Serpente : Salle de lecture – 940.31 MOR
14-18, grands reportages/Colette, Albert Londres, Alexis Tolstoï…
Serpente : Salle de lecture – 940.3 gra
La Grande Guerre des Français : 1914-1918 : l’incompréhensible/Jean-Baptiste Duroselle
Serpente : Salle de lecture -944.081 4 DUR
Le Chemin des Dames, 1914-1918/sous la dir. de Denis Defente
Serpente : Salle de lecture – 940.43 che
Verdun, 1914-1918/Alain Denizot
Serpente : Salle de lecture – 940.42 DEN
Inventaire de la Grande guerre/ sous la dir. de François Lagrange
Serpente : Salle de lecture – 940.3 inv
De la mort, de la boue, du sang : lettres de guerre d’un fantassin/Cdt Henri Bénard
Serpente : Salle de lecture – 944.081 4 BEN
Écrivains combattants de la Grande guerre/sous la dir. de Bernard Giovanangeli
Serpente : Salle de lecture – 940.48 ecr
La bataille de la Marne/Pierre Miquel
Serpente : Salle de lecture -944.081 4 MIQ

 

Si l’on traite ici surtout de l’entrée en guerre et de la guerre elle-même, d’autres historiens commencent à se pencher sur la troisième phase des conflits qu’on appelle « les sorties de guerre».

C’est le cas du professeur d’histoire contemporaine Jacques Frémeaux à la Sorbonne, qui avec Michèle Battesti vient tout juste de publier aux PUPS « Sortir de la Guerre ». L’ouvrage analyse les conditions d’une fin de guerre, au-delà du cessez-le-feu et de la démobilisation, en s’appuyant sur des épisodes des guerres contemporaines, du XIXème siècle jusqu’aux guerres coloniales.

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Sortir de la Guerre, de Michèle Battesti et Jacques Frémeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs viendront présenter leur ouvrage à la bibliothèque Serpente le mardi 29 avril à 18 heures. Venez nombreux !

Histoire et dictionnaire de la Gendarmerie

Jean-Noël Luc est professeur  d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne où il a déjà dirigé plus de 130 travaux et organisé de nombreux colloques sur l’histoire de la gendarmerie.

Entre 2000 et 2013, le séminaire de recherche ouvert à Paris-Sorbonne sur l’histoire de la gendarmerie et des autres forces de sécurité a produit 165 travaux universitaires, fourni la matière de 28 ouvrages et permis d’organiser 7 colloques et journées d’études en partenariat avec le SHGN (Service Historique de la Gendarmerie Nationale).

Chaque mardi de 17h à 19h, il dirige un séminaire à la Maison de la Recherche : « Histoire de la gendarmerie et des gendarmes, comme acteurs de l’identité nationale, de la régulation sociale et de la défense du territoire ». Collaborateur scientifique du Service historique de la Gendarmerie nationale, il est l’auteur de nombreux articles, thèses et ouvrages.

histoire-et-dictionnaire-de-la-gendarmerieDans son dernier livre : «Histoire et dictionnaire de la gendarmerie – De la maréchaussée à nos jours » Jean-Noël Luc conduit la partie historique destinée à un vaste public. Ainsi pourrez- vous choisir d’aborder son ouvrage de manière :

–  chronologique et découvrir la maréchaussée et la gendarmerie à l’épreuve des siècles : de la Guerre de Cent ans à l’Empire, en passant par la Révolution.

–  thématique et rencontrer les gendarmes des villes et ceux des campagnes : des battues contre les loups aux opérations estivales de sécurité routière, par exemple.

–  lexicale en vous plongeant dans le dictionnaire de la gendarmerie.

Vous y découvrirez qu’en langage populaire on appelle un gendarme : un balai, que le chapelet de Saint François à la fin du XIXème siècle, « est une entrave dont les gendarmes font usage pour lier les poignets des détenus », ou bien encore que l’expression « dormir en gendarme » signifie dormir d’un œil.

Enfin et pour la première fois cet ouvrage complet vous fera découvrir le gendarme dans l’imaginaire : de la littérature à la télévision, en passant par la bande-dessinée et le cinéma.

Petit histoire de la gendarmerie :

La gendarmerie est la fille de la maréchaussée, force militaire née au 12ème siècle, chargée au départ de surveiller « les gens de guerre et pillards » pendant et après la Guerre de Cent Ans.

Un édit de Paris daté de 1536 étant le domaine de la maréchaussée en lui permettant de poursuivre d’autres criminels que les gens de guerre.

Au 18ème siècle, la maréchaussée est en sous-effectif avec 3 300 hommes pour 26 millions de français. C’est en 1791 qu’elle prend son nom actuel de gendarmerie. Sous la tutelle du ministère de la Guerre, la gendarmerie occupera une place de premier plan dans le dispositif militaire de Napoléon Ier.

Entre 1815 et  1848, le pouvoir royal se méfie de cette institution issue de la Révolution.

Avec Napoléon III et la IIIème République, la gendarmerie revient sur le devant de la scène : son caractère militaire est réaffirmé et ses effectifs sont augmentés.

Pourtant ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre mondiale que la gendarmerie connaît un véritable essor. Dans les années 20, les forces de gendarmerie mobile sont créées et une direction autonome de la gendarmerie est mise en place au sein du ministère de la Guerre.

Avec l’arrivée des allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie dépend du régime de Vichy et est forcée de collaborer avec l’occupant, ce qui n’empêchera pas certains gendarmes et officiers de faire acte de résistance.

Avec les années 70, la gendarmerie se féminise puis se modernise avec la création, entre autres, du GIGN.

Depuis 2009, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale quitte le Ministère de la Défense pour se rattacher au Ministère de l’Intérieur où elle rejoint la Police nationale et les sapeurs-pompiers.

Sélection Bibliographie de la Bibliothèque Serpente :

Fonds constitué pour les étudiants de licence et master suivant le cursus « Force de l’ordre, sécurité intérieure et Défense » en histoire contemporaine.

- Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie – Guide de recherche – Sous la dir. de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 44 LUC

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

- Gendarmerie, État et société au XIXe siècle – Sous la direction de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 034 gen

- Bibliographie de l’histoire de la gendarmerie – Edouard Ebel, Ronan L’Hereec et Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

- Figures de gendarmes – Paru dans « Sociétés et représentations » n°16 – Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.cairn.info

 

Publications récentes d’historiens de la gendarmerie formés à Paris-Sorbonne :

 

- Les gendarmes belges, français et néerlandais à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. (Thèse) – Jonas Capon

- Les gendarmes en Corses, 1927-1934 : de la création d’une compagnie autonome aux derniers bandits d’honneur. (Master) – Simon Fieschi

- Les gendarmes face aux crimes durant l’entre-deux-guerres – Benoît Haberbusch (SHD)

- La gendarmerie au Mexique, 1861-1867. La première OPEX de gendarme français. (Master) – Adrien Kippeurt

- Servir Napoléon. Policiers et gendarmes dans les départements annexés (1796-1814) – Aurélien Lignereux

(Ouvrage en commande)

- La gendarmerie dans la Grande Guerre. « Forcer, au besoin, leur obéissance ». (Thèse électronique accessible en intranet) – Louis Panel

NB : Prix Mondes en paix, Mondes en guerre 2013, pour la 1ière fois attribué à un ouvrage consacré à la gendarmerie

(Ouvrage en commande)

 

L’Université Paris-Sorbonne, c’est aussi une maison d’édition !

La bibliothèque Serpente expose désormais des nouveautés parues aux Presses de l’université Paris-Sorbonne dans une vitrine près de l’accueil. La proximité avec le siège des PUPS, situées également à la Maison de la Recherche, favorise une collaboration qui a pour but de mieux faire connaitre la production de cette maison d’édition auprès du lectorat de la bibliothèque de niveau majoritairement master ou doctorat.

Dirigées par le professeur Olivier Forcade, les PUPS « ont pour mission de publier les travaux personnels et collectifs de la communauté scientifique et d’établir une politique générale de l’édition cohérente avec la politique de la recherche de l’université ».
Sorbonne Editeur Imprimeur depuis 1470

Des dizaines de collections, réparties en grandes disciplines, sont au catalogue des PUPS :
1/histoire, géographie et d’archéologie : « Histoire maritime », « Mondes contemporains », « Cultures et civilisations médiévales », « Rome et ses renaissances »…
2/langue et littérature étrangère : « Mondes anglophones », « Monde germanique », « Iberica »…
3/linguistique : « Travaux de linguistique et de stylistique françaises », « Lingua Latina »…
4/littératures françaises et comparée : « Lettres françaises », « Lettres francophones », Genesis, Revue Voltaire…
5/musique et arts : « Art’hist », « Musique »…
6/religion, philosophie et anthropologie : « Philosophie appliquée », « Études spinozistes », « Religions dans l’histoire »…

Les titres en exposition actuellement à Serpente donnent bien une idée de cette diversité du catalogue (cf notes 1 et 2) :
Cézanne. Joindre les mains errantes de la nature de Jean Colrat
L’Idée d’Europe.Prendre philosophiquement au sérieux le projet politique européen, dir. Jean-Marc Ferry
L’Envie, une passion démocratique au XIXe siècle, de Fabrice Wilhelm
Vers la science de l’art. L’esthétique scientifique en France 1857-1937, dir. Jacqueline Lichtenstein, Carole Maigné et Arnauld Pierre
La Chair du livre. Matérialité, imaginaire et poétique du livre fin-de-siècle, d’Evanghélia Stead
Matière et esprit du journal. Du Mercure galant à Twitter, dir. Alexis Lévrier et Adeline Wrona
Penser le système international (XIXe-XXIe). Autour de l’oeuvre de Georges-Henri Soutou, dir. Éric Bussière, Isabelle Davion, Olivier Forcade et Stanislas Jeannesson

Certains de ces titres font du reste l’objet d’événements signalés aussi sur le site web des PUPS

À savoir : les PUPS diffusent également des ouvrages numériques au format E-Pub (5 sont actuellement inscrits à leur catalogue).

Notes :
(1) Deux d’entre eux font partie des collections de la bibliothèque Serpente, puisqu’ils correspondent à sa politique documentaire : L’Idée d’Europe et Penser le système international
(2) Si vous souhaitez les acheter, il vous suffit de vous rendre à la libraire situé dans le hall : Du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30

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Note de lecture sur La lecture

La lecture / Jin Si Yan ; Jean-François Sené, Presses artistiques et littéraires de Shanghai, Paris, Desclée de Brouwer, 2012, 183 p.

«Nuit, je te suis. Je retourne à des lointains infinis, je marche vers le proche le plus lointain. »

« L’homme devrait jouir de la liberté. Plus encore devrait-il comprendre ce qu’est la liberté. Et dans le mot liberté j’y vois, moi, liber, désignant le livre en latin. » (Jin Si Yan )

Dans la première partie, Serrer la main des ancêtres, Jin Si Yan évoque ses souvenirs à partir de son enfance au milieu des années 60, c’est-à-dire au début de la révolution culturelle. À l’époque, seuls les écrits de Mao, Lénine, Marx, Engels avaient droit de cité. Les autres livres étaient enfermés dans les bibliothèques ou brûlés. Mais Jin Si Yan se souvient des lectures que son père psalmodiait à ses filles en cachette. Il leur faisait découvrir tant les classiques chinois antiques que Hamlet ou Platon. Il disait : « Serrez la main des ancêtres et le chemin de vos vies sera tracé. » C’est son père et surtout son grand-père, professeur d’école « stigmatisé pour avoir acheté des champs », qui lui apprirent à lire et à calligraphier.

Traditionnellement, pour la plupart des filles, lire ou aller à l’école était moins indispensable que savoir tisser mais la mère de Jin Si Yan ne voulut pas que sa fille soit tisserande. C’est ainsi que Jin Si Yan, grâce à son amour de la lecture, put poursuivre ses études bien au-delà de l’école et devenir plus tard institutrice puis professeur de littérature chinoise en France…

Mélange émouvant et merveilleux de souvenirs personnels et de rappels de lectures faisant appel à la mémoire collective, le récit de Jin Si Yan constitue pour le lecteur une sorte d’initiation à la civilisation chinoise à travers :

-l’histoire du livre et de ses divers supports : carapaces de tortues, vases de bronze, sur pierre, sur tablettes de bois et de bambou, l’invention du papier attribuée à Cai Lun ;

-la pensée chinoise : Confucius, Lao Zi, le taoïste Dongfang Shuo, le Sūtra du Lotus (Bouddha, Maitreya et ses disciples), les maîtres bouddhistes (Zhi Xu …) ;

-la mythologie : mythe de Pan Gu, empereurs légendaires Fu Xi et sa sœur Nüwa, L’Empereur Jaune  Huang et son devin à quatre yeux Cang Jie, Zhongli Quan (un des 8 immortels) mythe des constellations de la Tisserande et du Bouvier ;

Par inconnu (http://classes.bnf.fr/dossiecr/my-chine.htm) [Public domain], via Wikimedia Commons

-les grandes encyclopédies et la littérature classique et moderne (voir quelques titres ci-dessous) ;

-d’autres figures d’artistes remarquables : calligraphes, lettrés, poètes, peintres, etc. dont Han Yu, Zhang Zhi, Su Dongbo, et une femme, Cai Wenji, également musicienne.

Cai Wenji. Domaine public. Via Wikimedia commons.

Les sauts allègres d’une période à une autre ainsi que les nombreux chevauchements entre anecdotes historiques et légendaires, peuvent paraître assez déroutants, surtout si l’on n’a pas la moindre idée de la chronologie générale de l’histoire de la Chine depuis les temps mythologiques et la succession des différentes dynasties jusqu’à l’époque contemporaine. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen de nous faire partager son « vertige de la lecture » en plongeant dans l’océan et en effaçant les limites séparant le temps et l’espace ? En stimulant ainsi l’imaginaire du lecteur, Jin Si Yan donne envie d’en connaître davantage et de se familiariser avec ce patrimoine culturel immense que le temps et les multiples vicissitudes politiques n’ont jamais réussi à effacer.

Principaux noms et titres d’œuvres cités :

Classiques chinois (d’obédience confucéenne) : Les Quatre Livres, Entretiens de Confucius ; Les Cinq Classiques, Livre des rites, Livre des Mutations (Yi Jing), Livre le plus vénérable, Livre des Odes, Le Cérémonial
Annales des Printemps et des Automnes (Lüshi Chunqiu)
Lao Zi (Lao Tseu) : Livre de la Voie et de la Vertu (Dao De Jing)
Hanfeizi (Han Fei Zi) : Yinshu yanshuo
L’Encyclopédie de l’ère Yongle

Par Asb (Transferred from de.wikipedia). [Public domain], de Wikimedia Commons


La Bibliothèque complète en quatre sections (Siku quanshu)
Liu Yi Qing : Anecdotes contemporaines et nouveaux propos (Shishuoxinyu)
Xiao Ji : Grand système des cinq agents (Wuxing dayi)
Cao Xueqin : Le Rêve du Pavillon rouge (Hóng lóu mèng)
Fleur en fiole d’or (Jin Ping Mei)
Li Ruzhen : Romance des fleurs en miroir  

*

Dans la seconde partie, La lecture, cette drogue douce, Jean-François Sené se souvient des premières lectures qui ont marqué son enfance, notamment en classe où l’un de ses instituteurs avait l’habitude de lire à haute voix telle fable de Jean de La Fontaine, ou des extraits d’oeuvres de Selma Lagerlöf, Marcel Aymé, Louis Pergaud, Jules Renard, Jack London, James Oliver Curwood, Robert Louis Stevenson, Jules Verne… et cela sans les commenter ni en faire un exercice de travail, simplement pour éveiller la curiosité et donner l’envie de poursuivre la lecture.

Pour Jean-François Sené, le plaisir de la lecture, et de la lecture à haute voix en particulier, provient, de son caractère désintéressé, mais également du pouvoir magique, hypnotique, lié au pouvoir de l’oralité. Les contes des Mille et Une nuits et le personnage de Schéhérazade en fournissent un bon exemple, tout comme celui de Flaubert et de son « gueuloir ».

Si l’écrivain, le poète travaille son texte en musicien, à chaque lecteur d’en être l’interprète ou le co-auteur et de recréer à chaque fois un nouveau texte. Chaque partie de cet essai tourne autour d’un aspect de la lecture, le dépaysement, la connaissance de l’autre, la bibliothèque, l’écriture, etc., chaque thème étant introduit par une citation d’auteur. Ainsi après Alain, Shakespeare, Montaigne…, Mme de Sévigné nous rappelle que la lecture apprend aussi à écrire, ce qui en ce siècle où l’image et le son prédominent, devrait nous inciter à revenir à des formes plus lentes et plus riches de divertissements instructifs.

Pour J.-F. Sené, peu importe de quelle manière vient le goût de lire, cela peut être par l’intermédiaire d’albums illustrés ou de bandes dessinées.

Mais il est des cas où le plaisir fragile de la lecture risque de s’émousser ou d’être détruit, soit par excès d’exégèse ou de vice de lecture critique, soit par certaines méthodes d’apprentissage fastidieuses, ou encore si le but est de transmettre un message édifiant.

S’inspirant de Cicéron et de sa conception du bonheur, J.-F. Sené consacre ailleurs quelques belles pages aux bibliothèques, lieux ouverts ainsi que des jardins (Bibliothèque d’Alexandrie, Eco, Borges, Journal intime de Samuel Pepys).

La rencontre de deux auteurs, l’un chinois et l’autre français, qui fait l’originalité de la collection « Proches Lointains », ne serait pas pleinement réalisée si Jean-François Sené ne parlait pas (comme Jin Si Yan l’a fait en première partie en évoquant ses contacts avec l’Occident) de son vif intérêt pour la Chine où il a voyagé à plusieurs reprises. Il se souvient notamment de son émerveillement devant une librairie de Shanghai, en ressortant avec un recueil de nouvelles de Lu Xun. J.-F. Sené ne manque pas de louer chaleureusement le travail des traducteurs grâce à qui les grands auteurs et poètes classiques aussi bien que des livres de littérature populaire de l’Asie et de la Chine commencent à affleurer en Occident, tandis que les Chinois prennent plaisir à lire la littérature et la poésie occidentale.

Au XVIe siècle, le missionnaire Matteo Ricci, surnommé le « lettré d’Occident », auteur d’un Traité de l’Amitié, apparaissait comme un précurseur dans ce rapprochement des cultures. Au XXIe siècle, François Cheng, comme Jin Si Yan, par exemple, sont passés maîtres de tels « dialogues transculturels ».

Ce très riche double essai sur la lecture (dont je n’ai fait que donner un bref et partiel aperçu), ouvre à la reconnaissance de l’universalité des sentiments : « C’est aussi le pouvoir ou la fonction de la lecture : vous aider à accueillir vos frères humains tels qu’ils sont, à vous identifier à eux et à mieux vous connaître en vous montrant que les espérances et les passions qui les hantent sont universelles. » (Jean-François Sené)

Nathalie Cousin
septembre 2012

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Quelques ouvrages sur la calligraphie et l’art chinois à la Bibliothèque Michelet :

Billeter, Jean-François.   L’art chinois de l’écriture : essai sur la calligraphie / Jean-François Billeter. Milan : Skira, 2001. Michelet : Magasin    – 709.59 BIL

Escande, Yolaine.   Traités chinois de peinture et de calligraphie. 1. Les textes fondateurs (des Han aux Sui) / traduits et commentés par Yolaine Escande. [Paris] : Klincksieck, impr. 2003. Michelet : Magasin    – 8 AA 257-1

Murck, Alfreda.   Words and images : Chinese poetry, calligraphy, and painting / edited by Alfreda Murck and Wen C. Fong. New York : Metropolitan Museum of Art, c1991. Michelet : Magasin    – 4 AA 10

Polastron, Lucien Xavier. Le trésor des lettrés / Lucien X. Polastron. Paris : Imprimerie nationale éd., impr. 2009. Michelet : Magasin    – 4 AA 349

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Tous nos remerciements à Jean-François Sené.

Histoire de la cour, histoire du corps

Un très riche ouvrage qui vient de paraitre aux PUPS sous la direction de Catherine Lanoë, Mathieu da Vinha et Bruno Laurioux vient enrichir les collections des bibliothèques de Paris-Sorbonne :

« Cultures de cour, cultures du corps XIVe-XVIIIe siècle ».

 

Ce livre, fruit de nombreuses contributions, aborde le traitement stratégique du corps à la cour sur une large période chronologique. Les soins à y apporter, son éducation et sa représentation ainsi que les objets et les métiers qui y sont associés constituent ses trois grands axes.

Catherine Lanoë a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses :

 

-Depuis quand le corps est-il considéré comme un sujet et un objet d’étude historique ? Qu’en était-il avant ?


« C’est environ depuis une trentaine d’années que le corps est devenu un objet historique à part entière. Les anthropologues avaient ouvert la voie dans la première moitié du XXe siècle, avec les travaux de Marcel Mauss sur les techniques du corps en particulier (Marcel Mauss, « Les techniques du corps », in Id., Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1960), mais ce n’est que peu à peu et de manière indirecte que les historiens s’en sont emparé : les approches de l’histoire quantitative et de la démographie historique, puis celles de l’histoire des mentalités et de la culture matérielle ont favorisé la découverte de nouveaux objets d’étude, la mort,  l’alimentation, le vêtement etc… qui sont devenus des biais pour saisir le corps. L’ouvrage de Georges Vigarello, « Le corps redressé. Histoire d’un pouvoir pédagogique » (Paris, J.-P. Delarge, 1978) est peut-être le premier à être spécifiquement dédié à cet objet. Aujourd’hui, l’histoire du corps a conquis l’espace historiographique et éditorial, au point que l’on s’interroge à juste titre sur sa définition et ses limites. »

 

-Vous écrivez dans l’introduction que les travaux concernant l’histoire de la cour ont acquis une nouvelle dimension depuis trente ans, dépassant le cadre anecdotique. Peut-on en situer les jalons ?

 

« Il faut se souvenir d’abord que l’ouvrage de Norbert Elias, « La société de cour », n’a été traduit en français qu’à la fin des années soixante (Paris, Calmann-Lévy, 1974)  et qu’il demeure une référence sur la question, tant son approche sociologique a donné à penser aux historiens, désireux de rompre avec les anecdotes. Ces dernières années, plusieurs ouvrages ont marqué cette historiographie renouvelée, parmi lesquels figure le livre de Frédérique Leferme Falguières, « Les courtisans. Une société de spectacle sous l’Ancien Régime », Paris, PUF, 2007. Aujourd’hui, ce sont aussi des approches comparatistes, à l’échelle des cours européennes, qui permettent un renouvellement prometteur des images de la cour, de ses rituels et de son personnel. On verra, par exemple, « Les cours d’Espagne et de France au XVIIe siècle », dir. Chantal Grell et Benoît Pellistrandi, Madrid, 2007. »

 

-La cour manipule-t-elle le corps afin de fixer des normes sociales ?

 

« Le monde de la cour plie, façonne les corps suivant une esthétique de la contrainte qui devient la norme, du moins jusque dans les premières années du XVIIIe siècle. L’enjeu de cet ouvrage était de montrer comment se fabrique cette esthétique, qui en sont les acteurs, quels en sont les techniques et les objets, mais aussi de souligner, en particulier à l’époque des Lumières, l’impact d’une culture du corps différente, inspirée d’une société en plein bouleversements. »

 

-La cour a un rôle moteur dans la production culturelle. Mary Gayne dans son étude concernant la taxe sur les perruques de 1706 montre qu’un projet monarchique peut déterminer une esthétique physique. L’adoption des perruques longues ne révèle-t-elle pas également l’existence de métiers et d’une société marchande peu connue ?

 

« En effet, le texte de Mary Gayne éclaire des pans méconnus de cette histoire du corps, en particulier avec cette idée que le corps est intégré dans une société marchande qui multiplie les objets de son entretien et de sa parure, non plus seulement à destination des élites mais de tous, ou presque. Ce faisant, le monde des métiers qui ont un rapport avec le corps se diversifie, se recompose, se réordonne autour de logiques marchandes qui rendent caduques les traditionnelles lignes de partage entre les communautés de métiers. Ce sont des questions qui méritent d’être approfondies. »

 

-Bruno Laurioux dans sa contribution parle de prendre en considération le corps paré, le corps policé et le corps vécu. Pouvez-vous nous en dire plus ?

 

« Il souligne cette ambition de saisir le corps, non plus seulement du côté des discours qui décrivent et produisent la norme, mais aussi du côté des pratiques, en somme du côté de ceux qui font vivre cette culture du corps, qui en sont les acteurs directs. »

 

- Cet ouvrage explore plusieurs aires géographiques et chronologiques, se fondant sur une grande variété de sources parfois méconnues comme les séries comptables. Est-ce ce décloisonnement qui détermine sa grande richesse ?

 

« Oui, je pense que cette volonté de décloisonnement dans le temps et l’espace associée à l’exploitation de sources inédites et à leur confrontation avec d’autres, constitue l’un des apports de cet ouvrage. Les séries comptables, malgré leur caractère parfois aride et lacunaire, se révèlent particulièrement riches pour aborder les objets du corps, les rythmes de leur acquisition, la diversité de leurs couleurs, de leurs formes, de leurs matériaux, de leurs prix… En amont de la consommation, on peut aussi penser que les archives comptables des artisans mériteraient d’être exploitées plus systématiquement. »

 

Ce livre est disponible aux bibliothèques Michelet et Clignancourt en plusieurs exemplaires et empruntable à domicile.

Cotes Michelet : 8 A 865 et 8 A 865+1

Cote Clignancourt : 940 CUL

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Le château perché d’Henri IV

Un bel ouvrage, fruit d’un travail collectif, a paru en décembre 2010 à l’occasion de l’exposition consacrée à « Henri IV, prince de paix et patron des arts » au musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.

Le livre retrace l’histoire d’un château disparu, demeure de Henri II et de Henri IV, qui s’épanouissait jadis sur les pentes d’un site exceptionnel de la vallée de la Seine.

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« Le Château-neuf de Saint-Germain-en-Laye » paru aux Presses franciliennes sous la direction de M. Emmanuel Lurin, professeur d’Histoire de l’art à Paris IV, retrace avec beaucoup d’élégance l’histoire d’une grande demeure royale aujourd’hui disparue.

M. Lurin a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses sur le sujet :

 

-Le Château-Neuf, dont l’architecture est singulière, évoque l’idée d’une villa à l’italienne, lieu de délassement entre demeure et jardins : est-il significatif du règne d’Henri IV ?


« Le Château-Neuf a pour origine une simple maison de plaisance, demeurée inachevée à la mort de son commanditaire le roi Henri II (1559). Trente-cinq ans plus tard, Henri IV relance les travaux et agrandit cette maison aux dimensions d’un château, qui conserve néanmoins le caractère intime et les fonctions d’une villa.

On y reconnait le goût du roi pour les galeries d’apparat, les portiques ouverts sur des terrasses et de beaux jardins – autant d’éléments que l’on retrouve dans d’autres constructions du règne, comme le château de Fontainebleau ou le « palais-villa » des Tuileries. Mais c’est au Château-Neuf que le goût d’Henri IV en matière de bâtiments et de jardins apparaît avec le plus d’évidence. »

350px-Saint-Germain-en-Laye_château2_dessinLe Château Neuf en 1637,
par Auguste Alexandre Guillaumot (1815-1892) (Gallica)


-Le site à flanc de colline, courant jusqu’à la Seine, regroupe plusieurs monuments, le Château-neuf et le Château-Vieux : quelles sont leurs différences et leurs spécificités ?


« À la fin du XVIe siècle, le domaine royal de Saint-Germain-en-Laye comportait en effet deux résidences, dont la principale et la plus ancienne était le Château-Vieux. C’est la demeure historique des rois, reconstruite par François Ier en vue d’accueillir le souverain et toute la cour. À partir de 1557, Henri II fait bâtir dans le parc une maison de plaisance dont le principal attrait – outre le calme et l’isolement qu’elle offre au roi et à son entourage – est la belle vue sur la vallée de la Seine.

Par la suite, Henri IV donne beaucoup d’ampleur et de faste à ce « Bâtiment-Neuf » dont il fait sa résidence personnelle à Saint-Germain. Sans abandonner le Château-Vieux, il le réserve à ses courtisans et surtout à sa famille, d’abord le dauphin (1601), puis tous ses enfants, légitimes et illégitimes, qu’il fait élever ensemble dans le grand château de Saint-Germain. Ce rapport de complémentarité entre le château principal et une maison satellite, réservée au roi, se retrouve au XVIIe siècle : Louis XIII fera aménager pour lui-même le petit château du Val dans la forêt de Laye tandis qu’à Versailles, Louis XIV fera construire le Grand Trianon dans les années 1680. »

 

-Le déploiement en terrasses du Château-Neuf témoigne-t-il d’un renouveau architectural ? Et qu’en est-il des grottes artificielles et des jardins qui recèlent des merveilles d’hydraulique ?


« Rappelons que la vue panoramique sur la vallée de la Seine avait déjà « attiré » la maison d’Henri II en bordure de plateau. Mais la décision d’aménager la pente entre le Château-Neuf et la Seine revient certainement à Henri IV.

Il y fait bâtir un immense jardin en terrasses, dont la partie supérieure s’ordonnait autour de deux galeries monumentales, ouvertes en portiques : la galerie dorique et la galerie toscane. Celles-ci abritaient des grottes artificielles, agrémentées de fontaines à automates, qui sont l’œuvre de Tommaso Francini, un ingénieur italien qui avait travaillé auparavant dans les villas du duc de Toscane.

Si les jardins de pente étaient nombreux en Italie centrale, ils étaient beaucoup plus rares en France et celui de Saint-Germain est une œuvre exceptionnelle, dont la composition s’inspire du complexe hellénistique du temple de la Fortune à Préneste, près de Rome. C’est là que réside le caractère fondamentalement « italien » du projet, avec les grottes et les fontaines ajoutées par les Francini. Pour le reste, on est bien loin des jardins maniéristes d’Italie centrale : le jardin du Château-Neuf privilégie l’espace, la perspective et la symétrie, annonçant déjà les grands jardins « à la française ». »

 

-L’ouvrage que vous avez dirigé est extrêmement riche en iconographie :
était-il aisé de dénicher et rassembler toutes ces eaux-fortes, gravures
et plans ?


« L’iconographie du livre est le fruit de longues recherches documentaires dans les fonds de la Bibliothèque nationale, de l’École nationale des Beaux-Arts, des Archives départementales des Yvelines ou encore des musées de Saint-Germain (mais il reste encore bien d’autres pièces à exhumer, notamment aux Archives nationales).

S’agissant d’un château disparu et encore peu étudié, il était important de reproduire dans le livre l’essentiel de la documentation, des vestiges et des œuvres conservées. Dans la composition des catalogues et la rédaction des notices, nous avons mené un travail assez complexe d’analyse et de composition : chaque pièce est étudiée pour elle-même (en particulier les gravures qui, on l’oublie trop souvent, sont des œuvres d’art avant d’être des « documents » d’architecture) mais aussi reliée au projet d’ensemble qui est une description raisonnée du Château-Neuf. Un vrai travail de mosaïste qui choisit et assemble ses pièces dans une composition d’ensemble, sans oublier la valeur de chacune d’entre elles… »

 

-Vous dites dans le prologue que le livre s’ouvre sur une absence
irrémédiable, celle du château disparu : au-delà de l’écriture, l’élégance que dégage l’ensemble de l’ouvrage serait-elle due à un brin de nostalgie ?

 

« Ce soin que je porte à l’écriture, et que je partage avec mes auteurs, n’a rien à voir avec le sujet du livre. N’oublions pas que les œuvres d’art sont des pensées formelles, qui imposent à l’historien une forme très particulière d’exégèse : la réflexion, en histoire de l’art, est presque indissociable du regard que l’on porte sur les œuvres et des termes que l’on choisit (non sans mal) pour les commenter.

Quant à la nostalgie, je ne crois pas qu’elle soit vraiment présente dans notre livre. La nostalgie est un sentiment de perte et de regret, que l’on peut éprouver à titre individuel, mais qui n’a pas sa place dans le travail et le discours d’un historien. Je n’ai aucune nostalgie envers le règne d’Henri IV et n’aspire en aucun cas à voir « restaurés » un jour la culture ou l’art de cette époque (ainsi, le projet de reconstitution des Tuileries est pour moi une aberration culturelle). De même, je n’ai rien à dire sur la destruction du Château-Neuf, qui est un fait historique comme un autre, si ce n’est qu’elle conditionne fortement mon enquête. Je suis sensible en revanche aux ruines, comme aux documents d’archives et à tous les témoignages fragmentaires du passé. »

 

Le « Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye » est disponible à la bibliothèque Michelet en plusieurs exemplaires ainsi qu’au prêt à domicile aux cotes : CAT 2010-59  et CAT 2010-59+1

Article wikipedia sur le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye.

Le service de publication de l’IUFM

Le service de publication et d’édition de l’IUFM de Paris a plusieurs vocations :

- Produire ce dont les enseignants peuvent avoir besoin dans les classes. Longtemps, le service a proposé ce que les stagiaires ne pouvaient trouver dans le commerce.
Ce qui y est produit en fait un lieu d’innovation pédagogique où sont conçus, fabriqués et distribués des fascicules qui assurent la diffusion d’idées nouvelles, d’optiques ou de pratiques novatrices.

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Exemples :

Ces fascicules peuvent être consultés dans les bibliothèques de Molitor et de Batignolles et sur le site de l’IUFM. Les commandes sont à déposer dans ces deux endroits.

- Permettre à tous, stagiaires de l’IUFM, titulaires en poste, enseignants de l’IUFM, de discuter après les cours lors de la permanence le mardi matin. Lien entre l’IUFM et le terrain, c’est le lieu où l’on vient parler de sa pratique, chercher des conseils ou des documents, apprendre à utiliser les fascicules.

- Organiser un concours d’écriture adressé aux élèves des enseignants débutants dans la perspective d’une formation continuée. Certains textes ont été publiés comme Histoires & contes pour enfants de 5 à 8 ans (2007) :

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Bestiaire pour enfants de trois à huit ans (2009) :
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L’encyclopédie du fantastique du professeur Séhèmin Milton (2010):
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Dans la structure de l’IUFM, le service de publication et d’édition permet la rencontre de différentes composantes de la formation des enseignants.

Contact :

- Valérie Drevillon (Molitor, bureau 216)  Tél : 01 40 50 25 68, mél : valerie.drevillon@paris.iufm.fr.

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Une étude de Jean-Yves Pellegrin sur Saul Bellow aux PUPS

Les bibliothèques de Clignancourt et de l’UFR d’anglais ont acquis l’ouvrage de Jean-Yves Pellegrin, Retrouver l’Amérique, itinéraire du sujet chez Saul Bellow.

A Clignancourt, on peut emprunter ce livre, classé en salle d’anglais à la cote EU 81 BEL 4 pel.

A la bibliothèque de l’UFR d’anglais, le document est exclu du prêt mais consultable à la cote 816 BEL E.

***

Extrait de la présentation de l’éditeur, sur le site des PUPS :

L’œuvre de Saul Bellow (1915-2005), auteur américain et prix Nobel de littérature, permet d’explorer les thèmes de l’identité individuelle et nationale. La question posée par Jean-Yves Pellegrin est celle de l’intégration de l’étranger à l’Amérique, préoccupation centrale de l’écriture bellowienne. […]

Cette approche, appliquée à quelques romans et nouvelles, permet d’étudier, d’une part, les discours que l’Amérique tient sur sa propre identité et, d’autre part, les stratégies mises en œuvre par Saul Bellow pour interroger la légitimité de ces discours et proposer leur rénovation. […]

L’art indien à l’honneur

Mme Edith Parlier-Renault, enseignante à Paris-Sorbonne, vient de diriger la publication d’un bel ouvrage, synthétique et complet, paru aux PUPS et intitulé L’art indien. Inde, Sri-Lanka, Népal, Asie du Sud-Est.
Elle a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses sur le sujet :

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-Votre dernière parution, qui est le fruit d’un travail collectif, se présente comme une double approche géographique et chronologique de l’art indien et de sa diffusion en Asie du Sud-Est.

Des éclairages transversaux portant sur des thématiques précises, comme par exemple « l’art contemporain en Inde » ou « le textile en Indonésie », permettent une grande souplesse dans le démarrage d’une recherche.

Ce côté pratique de l’ouvrage vise-t-il particulièrement les étudiants, qui pourront s’approprier plus facilement un sujet aussi foisonnant ?

- Oui, bien sûr, l’ouvrage a été conçu d’abord pour les étudiants, pour leur donner une idée d’ensemble du sujet, leur fournir des bases à partir desquelles il puissent s’orienter dans leurs études et leurs recherches plus spécifiques, ainsi qu’un cadre dans lequel ils puissent replacer les connaissances acquises dans tel ou tel cours plus spécialisé.

-L’apparition des images, omniprésentes dans l’art du monde indien, est contre toute attente plus tardive en Inde que dans d’autres civilisations. Est-ce la nécessité de représenter le Buddha qui amorce leur développement ?

- En fait, il semble bien que les premières représentations des dieux hindous, du Buddha et du Jina (la figure fondamentale dans la troisième religion née en Inde, le jaïnisme) soient à peu près contemporaines: elles se développent vers le IIe siècle de notre ère. Ces trois religions ont répondu probablement alors à un besoin commun des fidèles, au développement d’un courant dévotionnel général en Inde.

Mais l’apparition de l’art indien est bien antérieure, puisqu’elle se situe au IIIe siècle avant notre ère, ce qui est déjà très tardif si on compare avec la civilisation chinoise, ou même grecque. Donc, pendant quelque trois ou quatre siècles, l’art indien a représenté d’autres thèmes, en particulier des épisodes narratifs (vie du Buddha, par exemple), des motifs  souvent chargés de symbolisme, tirés de la faune ou de la flore, ou des divinités de la nature assez mineures mais liées à des cultes de la fertilité.

-Les divinités hindoues sont multiples : y a-t-il des règles ou des tendances communes pour les représenter ?

- La représentation des divinités hindoues obéit d’abord à un idéal esthétique qui leur est commun, et aussi à un certain nombre de codes concernant leurs postures, leurs gestes, leurs expressions. Les divinités se différencient essentiellement par la coiffure, parfois le vêtement, et surtout les attributs qu’elles tiennent. Beaucoup de ces codes ont été fixés dans des textes destinés aux sculpteurs ou aux peintres. Généralement, les dieux sont beaux et bienveillants ou sereins, mais ils peuvent aussi être terribles et courroucés.

-Existe-t-il des courants régionaux dans la conception et la représentation du Buddha ou de la divinité ? Quelles en sont les conséquences sur l’architecture ?

- Il existe de nombreux courants régionaux, mais c’est surtout vrai des représentations hindoues. Celles du Buddha ont connu moins de variations, même si l’on distingue très bien par exemple un Buddha du nord de l’Inde d’époque gupta (Ve siècle) d’un Buddha réalisé en Inde du Sud vers la même période.
Ces images faisant partie intégrante du temple en ont forcément influencé l’architecture. À mesure que les formes divines se multipliaient, les plans des temples sont devenus plus complexes, afin de pouvoir accueillir la foule croissante des divinités: on le voit en particulier dans le plan étoilé des temples hoysala, au Karnataka, ou dans ceux de Khajuraho, en Inde du Nord.

-Quelle est la portée de l’influence du modèle artistique indien en Asie du Sud-Est ? L’exportation d’un art est-il lié à la diffusion d’un modèle religieux ?

- L’art de l’Asie du Sud-Est est né à partir des modèles indiens, dont on a retrouvé d’ailleurs quelques exemples, comme le fameux Buddha d’Amaravati (côte Sud-Est de l’Inde, IIe ou IIIe siècle de notre ère) découvert aux Célèbes, en Indonésie. Néanmoins, dès les VIIe-VIIIe siècles, des styles très spécifiques sont apparus dans différentes régions de l’Asie du Sud-Est.
Dans le cas de l’Asie du Sud-Est, on peut dire en effet que l’art indien s’est exporté en même temps que le modèle religieux indien.

Cet ouvrage est disponible à la consultation et au prêt à domicile à la bibliothèque Michelet.