Archive

Archives pour la catégorie ‘Nouvelles acquisitions’

Exposition itinérante de dessins italiens et français

Une très belle exposition de dessins italiens et français du XVIe au XVIIe siècle a actuellement lieu au Musée des beaux-arts de Tours jusqu’au 27 mai 2013, puis aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique (2014).

La bibliothèque Michelet vient de recevoir le catalogue : « Disegno & Couleur, dessins italiens et français du XVIe eu XVIIIe siècle », sous la coordination de Stefaan Hautekeete.

disegno

Trois cent dessins de maîtres italiens et français sont présentés. A lire le catalogue, on perçoit la prééminence à la Renaissance de l’idée de l’artiste, de son inventivité, qui supplantent  la réalisation matérielle du dessin. Cela éclaire le travail en atelier des grands maîtres du dessin tel Giorgio Vasari qui œuvrent avec des collaborateurs pour l’exécution du disegno final.

S’échelonnant sur près de trois siècles, l’exposition nous dévoile certaines feuilles qui n’ont jamais été exposées.

Bonnes découvertes !

 

Frank Lloyd Wright et le Japon

Frank LLoyd Wright (1867-1959), architecte américain emblématique du style Prairie, est très connu par ses œuvres phares : Fallingwater (la maison sur la cascade), en 1936, où les lignes horizontales, les toits plats suggèrent les grandes plaines, ou par sa dernière réalisation, le musée Guggenheim (1956-1959) à New-York.

Fallingwater. By Serinde, CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons.

Moins connue, sa passion de collectionneur pour les estampes japonaises dont il écrit :

« Les estampes choisissent qui les aiment, mais il n’est alors d’autre salut que la capitulation. » En 1912, il publie un essai sur l’estampe japonaise, qui sera traduit à l’étranger et dont on vient de recevoir à la bibliothèque Michelet une magnifique réédition :

« L’estampe japonaise, une interprétation », exemplaire numéroté édité chez Klincksieck. D’autres textes sont joints à cet essai : le récit de ses aventures de collectionneur d’estampes et les préfaces écrites pour les catalogues accompagnant l’exposition de sa propre collection. Celle-ci est impressionnante : Hiroshige ; Hokusai ; Utamaro, etc.

L’architecte, p.13, parle de l’art japonais comme d’un art structurel dont l’ossature serait la géométrie. A noter les liens qu’il suggère puis entrelace avec les mathématiques et la musique.

« En termes très généraux, le principe suprême de l’esthétique japonaise consiste en une simplification drastique par l’élimination de l’insignifiant, et donc une mise en relief de la réalité. » (p.17)

wright

Frank LLoyd Wright, entre 1905 et 1923, fait de nombreux voyages au Japon et réalise notamment l’Hôtel Impérial à Tokyo ainsi qu’une école de filles en 1921.

L’architecte explique la constitution de sa collection d’estampes, ses rencontres avec un couple de collectionneurs américains, les Spaulding, qui le chargent de « chasser les estampes » pour eux, et ses accointances avec les connaisseurs japonais. La collection, particulièrement riche, des Spaulding, sera donnée au Boston Museum of Fine Arts.

Plus d’une trentaine d’ouvrages sur Frank LLoyd Wright sont disponibles à la bibliothèque Michelet, soyez les bienvenus !

 

Les arts du Nigeria à l’honneur !

Plusieurs publications sur les artistes du Nigeria sont arrivées à la bibliothèque Michelet :

Le catalogue, très documenté, sous la direction de Alain Lebas, de l’exposition : « Arts du Nigeria dans les collections privées françaises » qui se tient au Musée de la civilisation à Québec jusqu’à fin avril.

nigeria couverture

L’ouvrage souligne la diversité de l’art nigérian mais s’intéresse également à l’histoire des collectionneurs français. Les œuvres exposées sont des sculptures en bois, en bronze et en ivoire.

Autre acquisition nouvellement reçue à la bibliothèque, « Artists of Nigeria » de Oneyma Offoedu-Okeke, qui valorise l’art contemporain nigérian, particulièrement foisonnant.

artists nigeria

Bonnes lectures !

Site du Musée de la civilisation à Québec, page de l’exposition « Arts du Nigeria dans les collections privées françaises ».

PAUL GRAHAM : THE PRESENT

Paul Graham

Un très beau catalogue d’exposition «The Present» à la bibliothèque Michelet

Paul Graham, né en 1956,  objet d’une exposition au bal à Paris jusqu’au 9 décembre, donne à voir, à travers cette série de photographies prises en 2011 à New York le quotidien délibérément banal de ses concitoyens. Ces scènes de rues sont littéralement dépourvues d’événements. Rien ne se passe sinon ces gestes ordinaires du quotidien et cette déambulation de gens à travers la ville. Ils forment en surbrillance, comme une constellation, à travers le ciel vide et épuré de l’instant.

Scènes de rues

On imagine Paul Graham jubilant à capter ces moments anodins de la vie quotidienne. Car à travers ces circonstances les plus ordinaires, cette femme buvant un soda, cette autre promenant son chien, cet homme faisant ses courses il s’agit de jouer avec le spectateur. Avec lui s’invite un peu la mise en abîme de notre propre histoire. Dans ces scènes de rues captées en diptyques ou triptyques à quelques secondes d’intervalles il joue avec le flou, le net et le plan afin de permettre à chacun de suivre le héros qu’il se sera choisi suivant son humeur, son goût, son état d’esprit du moment. Ainsi de ce triptyque, où l’homme au premier plan à la première image se retrouve à l’arrière-plan à la troisième image. Ou cette femme qui à l’arrière-plan derrière cet homme se retrouve à l’avant-plan quand celui ci se dirige vers le hors-champ. Paul Graham imprime à ce mouvement harmonieux et contrôlé, une cadence et un rythme, dont le spectateur recompose la danse avec son propre vécu.

L’obsession du temps

Si Graham appelle le spectateur à reconstruire le temps, à travers l’idée de mouvement que les images côte à côte suggèrent, il semble aussi vouloir questionner le temps. Le pur événement, né d’une rencontre entre un espace et un temps, paraît aboli au profit d’un temps linéaire, incapable de contenir le réel. A travers le désir de photographier le réel, il y a sans doute le désir de mettre en chemin le spectateur vers le rêve, cette espace interstellaire fait de vide et de forces, où le réel loin de s’engouffrer laisse place aux fantasmes les plus débridés.

La couleur au service de la vie

Dans les photos de la série «The present» une couleur chaque fois  un peu vive coupe la scène baignée par la lumière du soleil. Tel ce taxi jaune vif, cette robe d’un orange criard, cette chevelure d’un auburn ardent. Chez lui cette façon de faire n’est pas neuve. Lors de sa série de photos «Beyond Caring» réalisée en 1984  dans les services sociaux de l’Angleterre de Tchatcher, il l’est un des premiers photographes à utiliser la couleur pour ses reportages. Peut-être y a t-il le souhait de montrer les choses telles qu’elles sont, de lutter contre la morosité ambiante et de favoriser la vie, après le traumatisme des attentats du 11 septembre.

Paul Graham reporter

Paul Graham est un photographe documentaire. Il ambitionne de montrer la vie de ces gens mais aussi de dénoncer les travers de la société américaine. Ainsi de ce diptyque où se superposent les images d’un homme à la stature droite, altière portant un attaché case  et celle d’un autre en défroque, aux épaules tombantes, à l’allure lasse traversant la même rue à quelques secondes d’intervalle. On peut y voir le dessin d’amener le spectateur à réfléchir sur les ravages d’une société à plusieurs vitesses, minée par la compétitivité et la fracture sociale, et du toujours plus. Et là  une nouvelle fois de revenir à l’obsession du temps, plus visible, car directement éprouvée.

« The Present » est un très beau catalogue. Paul Graham s’est toujours refusé à capturer l’instant, le moment «idéal». C’est un photographe, de la multitude, de la quotidienneté, de la succession, bref de la vie.

Cet ouvrage est en cours d’acquisition à la bibliothèque Michelet, vous le retrouverez très prochainement sur les rayonnages.

Photo :
Sarah Harlin. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

L’art sans le capitalisme

François Hers et Xavier Douroux publient un ouvrage manifeste aux Presses du Réel : « L’art sans le capitalisme ».

Ce livre s’inscrit dans une réflexion qui démarre au début des années 1960 et se poursuit en 1990 avec la conception par François Hers des « Nouveaux commanditaires », protocole définissant de nouvelles formes de relation entre le monde et l’art.

Afin de lutter contre l’instrumentalisation de l’art par les marchés, celui-ci inscrit l’œuvre d’art au cœur de la société. Il définit et responsabilise les acteurs sociaux en amont et en aval de la création d’une œuvre d’art. Tous sont concernés et ont un rôle à jouer dans le processus : citoyens, artistes, élus politiques, mécènes, médiateurs, chercheurs.

François Hers souligne que les rapports traditionnels d’une œuvre d’art au-travers  du musée et du marché ne suffisent plus : « Quand l’art n’est plus porté par l’ambition d’un projet dans lequel tous les membres d’une société peuvent se reconnaître, il peut être privatisé et l’esprit critique perd ses critères. » (p.9)

Un livre d’analyse qui se fonde sur vingt ans d’expérience de l’action des Nouveaux commanditaires et ouvre de nombreux possibles.

« L’art sans le capitalisme » est disponible à la bibliothèque Michelet et au prêt à domicile aux cotes : 701.18 HER et 8 L 763

 

Des cathédrales sur vos rayonnages !

Où toute la légèreté de la pierre se retrouve à portée de main dans la salle de lecture de la bibliothèque Michelet… Une très belle collection d’ouvrages parus à La Nuée Bleue, aux contributions soutenues, est actuellement disponible à la consultation et pour certains, au prêt à domicile :

        

« Lyon, primatiale des Gaules » disponible aux cotes 726.6 BAR et/ou 4 JE 210

« Strasbourg, la grâce d’une cathédrale » disponible aux cotes 726.6 JOR et/ou FOL JE 23/1

« Reims, la grâce d’une cathédrale » disponible aux cotes 726.6 JOR et/ou FOL JE 23/2

Les deux derniers volumes de la collection, tout juste reçus, portent sur les cathédrales de Rouen et d’Amiens.

Bonne lecture:)

L’art, le pouvoir, l’argent

Une enquête passionnante de Ariane Warlin, journaliste, sur le musée du Louvre vient de paraître aux éditions Michalon :

« La face cachée du Louvre : enquête sur les dérives du musée le plus célèbre au monde. »

La journaliste pénètre les coulisses d’un monstre muséal…  et met en lumière les performances, les contradictions et les zones d’ombre d’un des plus grands musées mondiaux.

Quelle est l’indépendance du Louvre vis à vis de l’État ? Quels sont les dessous du Louvre Abu Dhabi ? Du Louvre Lens ? Comment un musée peut-il dégager de larges bénéfices sans fonctionner comme une entreprise ? Gère-t-on un musée pour dégager des bénéfices ou pour respecter des objectifs culturels ? Autant de questions fondamentales auquel cet ouvrage tente de répondre ! « La face cachée du Louvre » est disponible à la bibliothèque Michelet et au prêt à domicile à la cote : 708.01 WAR.

Mangapolis : la ville japonaise contemporaine dans le manga

MANGAPOLIS : c’est le titre d’une très belle exposition qui a lieu jusqu’au 7 octobre à Angoulême après avoir démarré à Poitiers avant l’été.  Elle explore la représentation de la ville japonaise contemporaine dans le manga. Un bel ouvrage paru au éditions du Lézard Noir accompagne l’exposition.

5 contributeurs décortiquent les planches des mangas et tracent des pistes d’analyses : Xavier Guilbert ; Claude Leblanc ; Jean-Christophe Boudet ; Adrian Favell et Marie-Ange Brayer. L’ouvrage démarre par une anatomie de la rue japonaise. On y apprend que la superficie de Tokyo est vingt fois supérieure à celle de Paris et que la ville s’articule en un réseau ancien de petits quartiers dont l’habitat ne dépasse généralement pas deux étages. Les buildings et gratte-ciels des centres financiers accentuent le contraste avec le reste de l’agglomération.

Les gares ferroviaires constituent des points centraux, véritables structures d’empilement de centres commerciaux. Les magasins s’étendent des sous-sols aux étages les plus élevés de la ville, d’où les guirlandes d’enseignes verticales. Un labyrinthe de néons se dessine.

L’imaginaire des dessinateurs est exploré par les thèmes du chaos urbain, de la vertiginosité nippone, de l’architecture ouverte. Un très bel ouvrage disponible à la bibliothèque Michelet ainsi qu’au prêt à domicile.

Pour aller plus loin dans le domaine de la BD, voici un site foisonnant, du9.org

 

 

Qui étaient les Gaulois ?

Qui étaient les Gaulois ? sous la direction de François Malrain et Matthieu Poux

Un très beau catalogue que vient d’acquérir la bibliothèque Michelet sur une exposition qui se tient actuellement à la cité des sciences et de l’industrie jusqu’au 2 septembre 2012 : Gaulois, une expo renversante.peuples gaulois

Le catalogue d’exposition nous invite à partir à la découverte de ce gaulois « peau neuve ». En effet grâce à l’archéologie et à la multiplication des fouilles depuis les années 70, le gaulois sauvage et hirsute, tel que la seule histoire nous l’a enseigné a subi un formidable lifting. N’en déplaise à Astérix, il a pris un sacré coup dans l’aile, qui le rend plus intéressant que jamais. Si on doit le mettre à nu face à un miroir, voilà ce qu’un observateur voit de lui :

Avant…

Le gaulois est un barbare. C’est l’image dressée par les peuples méditerranéens qui les ont combattus. A cet égard une des principales sources de l’histoire officielle demeure «  la guerre des Gaules » de Jules César. Barbare…oui, qui en dit long sur leur rapport à eux. Le barbare c’est l’étranger, le non civilisé. D’ailleurs le terme à lui seul est chargé de sens, enfin si on peut dire. Il est une onomatopée censée reproduire les borborygmes prenant la place d’un langage formé naturellement de mots. Le gaulois sait à peine parler, alors on imagine sans difficulté qu’il n’écrit pas. D’ailleurs il n’y a pas de source écrite, oui le gaulois, appartient définitivement à la protohistoire. Le gaulois est haut de taille, blond et se promène vêtu de peau de bête. Il vit dans les forêts évidemment noires et profondes. Il a un goût immodéré pour la chasse, ce qui le pousse, plus par vice, que par nécessité à courir toute la journée après ces malheureux sangliers. Privé des lumières, du jour, de l’esprit et de la civilisation, il est économiquement peu développé. Il vit en autarcie, ne pratique pas l’échange, et est comme une épine dans les caligae des romains. Son habitat, à l’image du reste est rustre et fort simple : une hutte en terre et en paille arrondie. Il y mange  le sanglier à l’arrache après un dernier tour de broche. Et tout ceci explique cela : il est bagarreur, indiscipliné et franchement mauvais à la guerre : Rome ne l’a-t-il pas conquis ?


Après…

Le gaulois n’est plus tout à fait le même. Ces vêtements dont on le pare, ont été pas mal confectionnés par les romains et autres peuples méditerranéens. Et ces sacrés romains fiers de leur victoire ont sans doute eu la main un peu lourde ! D’abord il est faux de voir un gaulois inculte. Le gaulois écrit. Certes quelques mots par ci par là mais assez pour avoir recours à un système d’écriture. On a retrouvé des tessons avec des inscriptions de comptes de marchandises et des petits textes commémoratifs sur certains édifices. Ensuite il est faux de voir un gaulois replié sur lui-même. N’en déplaise à leurs détracteurs il est ouvert sur le monde. Il connait l’usage de la monnaie. Il achète, vend, troque et construit des ateliers hautement spécialisés dans les oppida. Ses goûts culinaires sont variés. Et le sanglier, non franchement, ce n’est pas vraiment son truc. Il préfère de loin le porc, le bœuf, le mouton et un peu le chien et le cheval. Il pratique la culture des céréales à grande échelle sur tout le territoire. Autant dire que les forêts sombres et denses c’est très peu pour lui. Sa maison non plus ne rechigne pas à une certaine sophistication. Les murs de terre sont faits d’enduits peints colorés, les bâtiments couverts de tuiles en terre cuite. Enfin il est faux de voir un gaulois n’entendant pas grand-chose à l’art de la guerre. Pour preuve très longtemps il a été utilisé comme mercenaire. Il est même très fort dans la métallurgie, et ses armes sont hautement qualifiées. Non alors vraiment qui ose encore dire que le gaulois c’était mieux avant ?

gaulois

Le gaulois et ses avatars

La France à partir de la révolution redécouvre le gaulois. Il sort du grenier poussiéreux où on l’a remisé et fait une entrée fracassante dans le panthéon collectif. Le peuple français désormais souverain y voit un père et le garant de ses origines. Les gouvernements par la suite  le mitonnent, chacun à leur sauce. Napoléon III redore encore son blason. Il loue son courage, valeur précieuse pour lutter contre les envahisseurs …. De cet idéal recherché Astérix en est le plus bel avatar. Le régime de Vichy brandit son portrait. Il veut montrer qu’une défaite accepté peut être bénéfique. A partir de la seconde guerre mondiale il est de nouveau relégué bien loin de la cour des grands et perd à nouveau de son emprise. Mais l’archéologie et les progrès fulgurants de sa connaissance ces dernières années nous prouve qu’il est plus que jamais d’actualité.

Ce catalogue d’exposition est disponible à la bibliothèque Michelet à la cote : 930.409 364 GAU

Illustrations :
- carte : Catherine Zérini
- « Gaulois revenant de la chasse », Evariste Vital Luminais. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

La Messe de la Sorbonne

 Lors de mon arrivée à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie en 1981, je me souviens du ton mystérieux et confidentiel avec lequel la bibliothécaire alors en poste avant moi, Madame Gilberte Bernard, m’avait révélé l’existence du seul manuscrit musical précieux que nous possédions. Dénommé par Jacques Chailley « Messe de Besançon », il consistait en quatre pages de parchemin en notation noire sur lignes rouges datant du XIVe siècle (époque de l’Ars Nova). Il était « conservé » on ne peut plus sommairement et rangé horizontalement dans une armoire, caché à l’abri des regards, avec l’ordre de ne le communiquer qu’avec d’extrêmes précautions. Il n’y avait pas de salle de réserve, pas de moyen de reproduction, pas de système antivol. Lorsqu’un chercheur souhaitait le consulter, il devait justifier d’une recherche précise et avoir obtenu préalablement l’autorisation écrite du Directeur de l’UFR.

Il fallut attendre 1991 pour que l’UFR prenne la décision de faire restaurer le manuscrit par la Bibliothèque nationale pour la somme « astronomique » de 3 000 Francs. La Bibliothèque nationale joignit également des diapositives avant et après restauration.

En décembre 2006, sous l’impulsion de Frédéric Billiet, directeur actuel de l’UFR, le service audiovisuel de la Sorbonne se chargea de réaliser de nouveaux clichés en haute définition du manuscrit original. Ce fut le point de départ d’un grand projet qui vient d’aboutir à la publication en 2012, aux PUPS, d’un magnifique ouvrage intitulé La Messe de la Sorbonne (autre nom de la « Messe de Besançon »).

Comment du bi-folio original, unica fragmentaire et mal connu malgré plusieurs éditions et études réservées jusque-là aux seuls spécialistes[1], passer à une large diffusion d’une œuvre aussi exceptionnelle ? Ainsi que le dit Isabelle Ragnard :

« Malgré toutes ces zones d’ombre, le manuscrit conservé à la Sorbonne représente une des plus importantes découvertes du XXe siècle concernant la messe polyphonique au XIVe siècle. Connu depuis plus d’un demi-siècle, il n’a pas encore révélé tous ses secrets. » (La Messe de la Sorbonne, p. 20)

À travers l’histoire du manuscrit et l’évocation des figures de Paul-Marie Masson, Jacques Chailley, Édith Weber, notamment, c’est aussi tout un pan de l’histoire de l’Institut (devenu UFR) de Musicologie et de sa bibliothèque qui réapparaît, quelque mois avant le transfert des fonds musicaux de la Bibliothèque Michelet à la Bibliothèque Clignancourt.

L’ouvrage préparé par Frédéric Billiet et son équipe est remarquable en tous points : par la qualité de la reproduction du manuscrit, par l’étude musicologique, codicologique, philologique poussée de celui-ci ; par la tentative de reconstitution-recomposition de la Messe de la Sorbonne en son entier par les soins de Raphaël Picazos ; enfin, grâce à cette version, nous disposons également pour la première fois d’un très bel enregistrement, sur disque compact, réalisé par les étudiants du Master professionnel « Pratique de la musique médiévale » avec les professeurs Benjamin Bagby, Katarina Livljanic et Isabelle Ragnard.

Un manuscrit, un livre, une interprétation à découvrir absolument. La Messe de la Sorbonne mérite bien d’être reconnue en effet comme « un des trésors de la Sorbonne. » (F. Billiet)

 Références : La messe de la Sorbonne [Multimédia multisupport] / [ouvrage préparé par Frédéric Billiet]. – Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne ; Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, cop. 2012. – 1 vol. (65 p.) : ill., fac-sim., mus., couv. ill. en coul. ; 29 cm + 1 disque compact (17 mn). – (Musiques-écritures, Série études). Disponible en prêt à la bibliothèque Michelet sous la cote : 782.32 mes

Page de couverture, reprod. avec l’aimable autorisation des PUPS. Remerciements à Sébastien Porte, éditeur, Presses de l’Université Paris-Sorbonne et Catherine Jalouneix, chargée de communication.

[1] Le manuscrit est aussi signalé dans le RISM (Répertoire international des sources musicales, Manuscripts of polyphonic music (c. 1320-1400), by Gilbert Reaney, München-Duisburg, G. Henle, cop. 1969, p. 201-203.