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Archives pour la catégorie ‘Nouvelles acquisitions’

A défaut d’une bouteille, Paris dans un livre de poche…

Couverture Dictionnaire historique de ParisNe vous fiez pas à son petit format : sous sa couverture illustrée d’une vue sur les toits de Paris que domine la silhouette d’une chimère de Notre-Dame, ce Dictionnaire historique de Paris déroule sur plus de 800 pages de riches développements sur les évènements, les édifices, les personnages, les quartiers ou encore les métiers emblématiques de l’histoire de la capitale. De l’installation des Gaulois Parisii aux projets du « Grand Paris », plus de deux mille ans d’histoire sont ainsi traversés sous la plume d’une cinquantaine de spécialistes, historiens, archivistes ou conservateurs du patrimoine, parmi lesquels figurent plusieurs professeurs et maîtres de conférences de l’université Paris-Sorbonne.

L’ouvrage, abondamment illustré de reproductions de tableaux, dessins, photographies et cartes postales, se veut à la fois un outil de référence pour l’étudiant travaillant sur l’histoire de Paris et un guide attrayant pour l’amateur désireux de revisiter la capitale à travers grands évènements et petites anecdotes. La Saint-Bathélémy ou les Communes de Paris ont ainsi droit à de belles pages, illustrées, pour ces dernières, par  une tumultueuse Barricade, aquarelle et gouache d’Edgar Manet conservée au Musée des Beaux-Arts de Budapest. Et pour un voyage sonore et animé au milieu des ruelles du vieux Paris, ne manquez pas de cheminer jusqu’à la lettre C, pour entendre résonner les cris des maraîchers, colporteurs et autres arracheurs de dents, retranscris par Laurent Vissière, maître de conférences en histoire médiévale.

Le Dictionnaire historique de Paris, publié sous la direction de Roselyne de Ayala, aux éditions du Livre de Poche, est disponible à la bibliothèque Clignancourt, à la cote 944.361 dic

L’Ile du temple de l’amour

Je ne suis pas vraiment une île, mais on peut dire que je le suis. Je ne suis pas l’Île-de-France, ni l’île Saint-Louis, ni l’île de la Cité. Alors qui suis-je ?

« Formée par la rivière du jardin de Marie-Antoinette (…) Abritant un sublime morceau d’architecture, le temple de l’amour » qui abrite à son tour « la copie – réalisée par Louis-Philippe Mouchy – de l’Amour taillant son arc dans la massure d’Hercule d’Edme Bouchardon, 1749. C’est une allégorie de la quête du bonheur, prônée par les Lumières, qui s’oppose à la gloire des vertus au temps de Louis XIV. Idéal, douceur et sentiment sont ici les maîtres mots. La tholos (…) – temple couronné par un dôme – édifiée par Richard Mique en 1777, fait office de Baldaquin. Les ornements sculptés par Joseph Deschamps représentant les attributs qui symbolisent l’Amour : couronnes de roses, carquois et brandon en sautoir, flèches liées de rubans, enlacées de branches de roses et d’olives…»

Ce texte scintillant est un extrait de la page « Amour en île » (page 128) de l’ouvrage intitulé Secrets et curiosités des jardins de Versailles, de Nicolas Jacquet, édition Parigramme, 2013. Pour en découvrir d’autres plaisirs textuels, nos chers lecteurs peuvent consulter l’ouvrage à la bibliothèque Michelet sous la côte 914.4 JAC.

Ile du temple de l'amour

Les métiers du marché de l’art

S’orienter et trouver un métier dans le domaine de l’art n’est pas chose facile, les étudiants le constatent assez rapidement.

Un ouvrage récemment acquis à la bibliothèque Michelet permettra d’avoir une vue des métiers du marché de l’art, avec des chapitres dédiés aux différentes spécialités : historien de l’art ; commissaire-priseur ; courtier en art ; consultant en gestion de patrimoines artistiques ; conseiller en art, etc.

 

Les métiers du marché de l'art

Les aspects pratiques de la vente d’une œuvre d’art sont également abordés, ainsi que sa manipulation. Les auteurs recensent brièvement les principaux salon et foires et indiquent les sites web.

Par ailleurs, les fiches métiers de l’École du Louvre sont bien faites et consultables en ligne.

D’autres ouvrages sur les métiers de l’art sont disponibles au prêt dans votre bibliothèque ainsi que sur les foires et salons en France et en Europe :

Où exposer en France  : mode d’emploi / Sophie Blachet ; Paris : Lelivredart,2012, Cote : 708.02 BLA
Où exposer en Europe : salons, biennales & festivals : mode d’emploi / Sophie Blachet ;  Lelivredart, Paris, 2012, Cote  : 12 MUS 35

Bonnes lectures !

 

Le labyrinthe mystérieux de la cathédrale de Chartres

chartres cathédraleDans son dernier roman intitulé «Les désorientés », Amin Maalouf décrit l’enchantement d’Adam, le héros, son apaisement pendant qu’il suit son ami, converti en moine, sur les pavés « magiques » d’un labyrinthe mystérieux dont l’objet final est de méditer, de se plonger dans le silence de l’âme et de l’univers. Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres n’en est pas moins mystérieux.

La cathédrale de Notre-Dame de Chartres, connue pour ses vitraux exceptionnels et son architecture hors du commun, construite au début du XIIIe siècle sur les ruines d’une cathédrale romane, cache un mystérieux labyrinthe édifié vers l’an 1215. D’une rare complexité géométrique, le labyrinthe occupe un point essentiel du plan de la cathédrale où se rejoignent les centres de la cour abbatiale et des façades nord et sud. Ses 272 pierres blanches matérialisent la marche à suivre : on commence par les cercles les plus intérieurs puis on poursuit vers ceux de l’extérieur. On parcourt onze couloirs afin d’arriver à l’objectif : décrire le plus long trajet possible dans une surface définie.

Par ailleurs, il est question d’un jeu allégorique où Jesus remplace Thésée et Satan le Minotaure. Le fidèle, en parcourant le labyrinthe, exerce une sorte de pèlerinage, il suit les pas du Christ dans sa lutte contre le Diable, dans un silence contemplatif, de la conscience de l’existence. Le symbolisme du labyrinthe fait partie d’un ensemble de rituels liturgiques comprenant multiples ramifications. Pour en découvrir les secrets, consultez l’ouvrage somptueux qui vient d’arriver à Bibliothèque Michelet en deux exemplaires sous la cote 726.6 PAN :

Chartres : la grâce d’une cathédrale. Sous la direction de Mgr. Michel Pansard. Strasbourg : La Nuée bleue ; Paris : Place des Victoires,  2013

Le masochisme et l’art

Boris Groys, professeur d’histoire de l’art, des médias et de philosophie, né en 1947 à Berlin-Est, a publié de nombreux ouvrages, moins connus en France qu’en Allemagne et dans le monde anglo-saxon.

Son essai, « Portrait de l’artiste en masochiste, les paradoxes de la culture de masse », traverse le roman « La Vénus à la fourrure » de Léopold Von Sacher-Masoch (1870) et dévoile avec brio les travers de notre société médiatique contemporaine.

« La Vénus à la fourrure »,  roman culte du XIXe explore les bases du masochisme :  le héros, Séverin, exige de sa belle d’être traité comme son esclave afin de la posséder, elle et le temps.

Plus proche de nous, l’écrivain portugais José Saramago, dans son « Manuel de peinture et de calligraphie » (1983), écrivant sur l’amour jeune et furieux (et non sur le masochisme), reconnait « cette oscillation de métronome entre la vie et la mort, cette envie frénétique de proclamer éternelle la définition même de la précarité. »

Le thème de l’impossible durée est analysé par Boris Groys et rattaché à la situation de l’art contemporain actuel : les chiffres, les statistiques, les sondages règnent sur le monde instantané de l’art.

Plus largement, la vision offerte par les médias, le découpage statistique de la société dans un instantané permanent, à jamais perdu et angoissant, hystérisent le rapport des gens à celle-ci.

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Boris Groys, Portrait de l’artiste en masochiste, 2004. Traduction en français de 2013 par Peter Cockelbergh.

« Or, je voudrais soutenir ici que nous vivons désormais tous comme Séverin – et que la Vénus à la fourrure est devenue la muse de la totalité de notre actuelle culture de masse, c’est à dire de la culture des médias et de la consommation. Car cette culture de masse est une culture de l’évidence instantanée et de l’amour spontané et éphémère.

En effet, de nos jours, l’instant de l’évidence se manifeste comme l’instant de l’achat et de la vente, comme l’instant d’une transaction commerciale. Dans les conditions d’une économie de marché de libre échange, la décision de consommer est une décision instantanée, prise par l’individu sur la base d’un caprice momentané. (…) Le marché n’a ni mémoire, ni durée. Il reproduit en permanence l’état du présent pur. » (p.30)

Un livre écrit de façon limpide à découvrir à la bibliothèque Michelet.

Art et pornographie

Voilà une saine lecture de vacances sur la plage, ou alors au café mais en terrasse uniquement:-)

En plus, il s’agit d’un livre en anglais, dont le sous-titre produira des exclamations admiratives, voire pénétrées de respect. Allez, vendons la mèche, la bibliothèque Michelet (tout de suite c’est moins glamour, mais vous pourrez l’emprunter et cacher le code-barre sur la plage d’un geste discret) vient de recevoir le brûlot suivant :

« Art And Pornography, Philosophical Essays » par Hans Maes et Jerrold Levinson aux très sérieuses Oxford University Press.

art and porno

Ceci dit, il n’y a aucune image à part la couverture, L’origine du monde de Courbet revisitée…

C’est très sérieux, universitaire, donc bon pour vos études…

Quoi d’autre ?

Allez, voilà une sélection d’ouvrages à l’iconographie bien étoffée sur le même thème, toujours à la mirifique bibliothèque Michelet :-)

Amour et érotisme  / Stefano Zuffi; traduit de l’italien par Jacques Bonnet ; Paris : Hazan, 2010, Cote 704.9 ZUF

Amour et érotisme dans la sculpture romane  / Pierre-Louis Giannerini ; Cahors : la Louve éd., impr. 2009, Cote 734 GIA  (mon préféré)

L’Enfer de la Bibliothèque : Éros au secret : exposition, présentée par la Bibliothèque nationale de France sur le site François-Mitterrand, du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008 / sous la direction de Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel ; Cote CAT* 2007-114

Le palais du printemps, peintures érotiques de Chine  : Musée Cernuschi, musée des arts de l’Asie de la ville de Paris, 3 février-7 mai 2006, Cote 4 AA 244

Bonnes lectures

La peinture aborigène à Michelet

Un très beau catalogue d’exposition sur la peinture aborigène, publié à l’occasion de l’exposition hivernale du Musée du Quai Branly, est disponible pour les étudiants :

Le catalogue d’exposition

Le catalogue présente plus de 200 œuvres  et objets d’artistes et retrace l’histoire de ce mouvement pictural qui prend son essor dans les années 1970 en plein cœur de l’Australie. Vous pouvez consulter le catalogue à la bibliothèque Michelet.

Pour en savoir plus, voici un site spécialisé sur l’art aborigène : Aboriginal Art Resource

Un recensement de plusieurs centaines d’artistes aborigènes y est effectué avec, pour chaque artiste, une fiche biographique détaillée.

Bonnes découvertes !

 

Les 850 ans de Notre-Dame de Paris

Un très bel ouvrage, fruit du travail collectif de près de cinquante chercheurs, enseignants, doctorants en histoire de l’art médiéval est paru aux éditions la Nuée bleue.

« Notre-Dame de Paris » sous la direction scientifique de Dany Sandron, Jean-Pierre Cartier et Gérard Pelletier est une somme de savoirs indispensable à tout étudiant dans la discipline ou au simple curieux avide d’érudition.

 Sébastien Gougibus, doctorant en histoire de l’art médiéval à Paris-Sorbonne a participé à la rédaction du livre pour les fenêtres hautes de la cathédrale et a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses sur l’ouvrage :

- En quoi Notre-Dame de Paris, dont l’évêque Maurice de Sully initie en 1163 le chantier, se différencie de l’architecture de la période antérieure ?

« Notre-Dame de Paris n’est pas le premier édifice gothique construit. Cette nouvelle architecture naît et se développe dans le nord de la France, de Sens à Arras en passant par Paris et la Normandie. Il est devenu traditionnel de voir dans la basilique de Saint-Denis et dans la cathédrale Saint-Etienne de Sens les deux premiers monuments de ce nouveau style architectural, chacun porteur d’innovations promises à une descendance féconde. Cette première génération, qui s’élève à partir des années 1135-1140, ouvre la voie aux réalisations ambitieuses à Noyon, Laon, Reims (dans un premier projet qui disparaîtra lors de la construction de l’édifice actuel quelques décennies plus tard).

A Paris même, le chantier du nouveau chœur du prieuré clunisien de Saint-Martin-des-Champs, daté des années 1130, aujourd’hui Musée des Arts et Métiers, témoigne de ce passage d’une architecture encore romane par bien des aspects à une architecture gothique en voie de définition.
Sur la rive gauche de Paris, le chœur de la grande abbatiale de Saint-Germain-des-Prés est également reconstruit aux alentours des années 1145-1155. Il est consacré en 1163 par le pape Alexandre III au cours d’une cérémonie à laquelle voulut assister Maurice de Sully, évêque du diocèse de Paris depuis 1160. Devant l’hostilité des moines, sourcilleux quant au respect du privilège d’immunité dont bénéficiait l’abbaye, l’évêque dut quitter la cérémonie.

Le contexte de grande effervescence édilitaire qui régnait alors dans la Capitale même ne pouvait que trouver un écho au sein du clergé en charge du diocèse. Le complexe épiscopal de Paris ne devait, en comparaison de ces grandes réalisations, qu’apparaître bien peu en rapport avec l’ascendant hiérarchique revendiqué par l’évêque et le chapitre. En outre, il était impensable que Paris, dont le statut de capitale du royaume était en voie d’affermissement, ne puisse présenter aux yeux de ses habitants et des voyageurs une cathédrale à même de rivaliser avec les plus grands édifices de la chrétienté occidentale.

De fait, si Notre-Dame n’est pas le premier des édifices gothiques, elle fut la cathédrale qui inaugura cette course à la hauteur qui impressionne encore aujourd’hui. C’est d’ailleurs à son propos que nous connaissons l’une des premières critiques de ce mouvement vers la démesure, avec les reproches de Pierre le Chantre. Lire la suite…

Exposition itinérante de dessins italiens et français

Une très belle exposition de dessins italiens et français du XVIe au XVIIe siècle a actuellement lieu au Musée des beaux-arts de Tours jusqu’au 27 mai 2013, puis aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique (2014).

La bibliothèque Michelet vient de recevoir le catalogue : « Disegno & Couleur, dessins italiens et français du XVIe eu XVIIIe siècle », sous la coordination de Stefaan Hautekeete.

disegno

Trois cent dessins de maîtres italiens et français sont présentés. A lire le catalogue, on perçoit la prééminence à la Renaissance de l’idée de l’artiste, de son inventivité, qui supplantent  la réalisation matérielle du dessin. Cela éclaire le travail en atelier des grands maîtres du dessin tel Giorgio Vasari qui œuvrent avec des collaborateurs pour l’exécution du disegno final.

S’échelonnant sur près de trois siècles, l’exposition nous dévoile certaines feuilles qui n’ont jamais été exposées.

Bonnes découvertes !

 

Frank Lloyd Wright et le Japon

Frank LLoyd Wright (1867-1959), architecte américain emblématique du style Prairie, est très connu par ses œuvres phares : Fallingwater (la maison sur la cascade), en 1936, où les lignes horizontales, les toits plats suggèrent les grandes plaines, ou par sa dernière réalisation, le musée Guggenheim (1956-1959) à New-York.

Fallingwater. By Serinde, CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons.

Moins connue, sa passion de collectionneur pour les estampes japonaises dont il écrit :

« Les estampes choisissent qui les aiment, mais il n’est alors d’autre salut que la capitulation. » En 1912, il publie un essai sur l’estampe japonaise, qui sera traduit à l’étranger et dont on vient de recevoir à la bibliothèque Michelet une magnifique réédition :

« L’estampe japonaise, une interprétation », exemplaire numéroté édité chez Klincksieck. D’autres textes sont joints à cet essai : le récit de ses aventures de collectionneur d’estampes et les préfaces écrites pour les catalogues accompagnant l’exposition de sa propre collection. Celle-ci est impressionnante : Hiroshige ; Hokusai ; Utamaro, etc.

L’architecte, p.13, parle de l’art japonais comme d’un art structurel dont l’ossature serait la géométrie. A noter les liens qu’il suggère puis entrelace avec les mathématiques et la musique.

« En termes très généraux, le principe suprême de l’esthétique japonaise consiste en une simplification drastique par l’élimination de l’insignifiant, et donc une mise en relief de la réalité. » (p.17)

wright

Frank LLoyd Wright, entre 1905 et 1923, fait de nombreux voyages au Japon et réalise notamment l’Hôtel Impérial à Tokyo ainsi qu’une école de filles en 1921.

L’architecte explique la constitution de sa collection d’estampes, ses rencontres avec un couple de collectionneurs américains, les Spaulding, qui le chargent de « chasser les estampes » pour eux, et ses accointances avec les connaisseurs japonais. La collection, particulièrement riche, des Spaulding, sera donnée au Boston Museum of Fine Arts.

Plus d’une trentaine d’ouvrages sur Frank LLoyd Wright sont disponibles à la bibliothèque Michelet, soyez les bienvenus !