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Archives pour la catégorie ‘Question de fonds’

Les nouveautés DVD de la bibliothèque Clignancourt – Special cinéma !

La bibliothèque Clignancourt est fière de vous présenter ses nouveautés Films du mois de mai.

Pour les amateurs de cinéma japonais, vous aurez le choix parmi trois films :

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Le Château de l’araignée (蜘蛛巣城, Kumonosu-jō) – Akira Kurosawa

Dans le Japon du XVIème siècle, en proie à d’incessants conflits féodaux, deux vaillants guerriers, Washizu et Miki, se perdent en forêt. Ils rencontrent une sorcière qui leur prédit un grand avenir et promet à Washizu qu’il prendra la place de son Seigneur. Promus à leur retour du combat, les deux hommes savourent ces honneurs. Mais l’épouse de Washizu pousse ce dernier à aller encore plus loin dans sa course au pouvoir, quitte à se débarrasser de ceux qui lui barreront la route pour le trône. (Source éditeur)

Localisation : 1er étage, Histoire de l’art, 791.430 92 KUR

Et si vous n’avez pas eu trop peur, vous pourrez enchainer en regardant :

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Ran (乱) – Akira Kurosawa

Dans le Japon féodal du XVIème siècle en proie aux guerres de clans, le vieux seigneur Hidetora Ichimongi décide d’abdiquer son fief et ses trois châteaux à ses trois fils. Le plus jeune des trois prédit que ce projet précipitera la division, puis la perte du clan Ichimongi. (Source éditeur)

Localisation : 1er étage, Histoire de l’art, 791.430 92 KUR

Si vous désirez quelque chose de plus doux, pourquoi ne pas tenter un film d’animation qui pourrait vous convenir ?

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Miss Hokusai (百日紅 〜Miss HOKUSAI〜, Sarusuberi MISS HOKUSAI) – Keichii Hara

1814, Hokusai est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’Edo, enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le « fou du dessin », comme il se plaisait lui-même à se nommer, et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique. (Source éditeur)

Localisation : 1er étage, Histoire de l’art, 791.430 92 HAR

En classique du cinéma fantastique américain, nous accueillons l’adaptation du roman de Mary Shelley « Frankenstein » avec Kenneth Branagh aux commandes.

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Mary Shelley’s Frankenstein – Kenneth Branagh

Le jeune savant Victor Frankenstein est persuadé que la science peut venir à bout de tout et même créer la vie. Il s’attèle à cette tâche avec ardeur et crée à partir de morceaux de cadavres un être humain qui sera acculé par sa différence à la méchanceté. Prenant conscience du monstre qu’il a créé, celui-ci va bientôt lui échappé. (Source éditeur)

Localisation : 2ème étage, Littérature anglaise, GB 82 SHE 3 fra

Pour les amoureux du cinéma portugais, vous pourrez vous faire plaisir avec :

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L’étrange affaire Angélica (O estranho caso de Angélica) – Manoel de Oliveira

Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire de la pension de Dona Rosa à Régua, est appelé d’urgence par une riche famille, afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage. Dans la maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté. Lorsqu’il porte à son œil l’objectif de son appareil photo, la jeune femme semble reprendre vie, pour lui seul. Isaac tombe instantanément amoureux d’elle.
Dès lors, Angélica le hantera nuit et jour, jusqu’à l’épuisement. (Source éditeur)

Localisation : 1er étage, Histoire de l’art, 791.430 92 OLI

Et pour les amoureux du cinéma espagnol, il y aura du Carlos Saura pour vous.

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Tango – Carlos Saura

Mario, un talentueux réalisateur argentin, vient d’être quitté par sa femme et, pour noyer son chagrin, se lance à cœur perdu dans un vaste projet de film consacré au tango. Au cours des auditions, il rencontre une ravissante danseuse, Elena, qui est la protégée du principal commanditaire du spectacle, le puissant Angelo Larroca. Alors que le tournage du film débute, une passion irrépressible naît entre le réalisateur et la danseuse. (Source éditeur)

Localisation : 1er étage, Histoire de l’art, 791.430 92 SAU

La bibliothèque Clignancourt vous souhaite un très bon visionnage !

DVD à la bibliothèque Malesherbes

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la vidéothèque du Centre Malesherbes a migré vers la bibliothèque  Malesherbes où tous les DVD sont désormais regroupés.

Vous y trouverez plus de 470 films de toutes nationalités (français, allemand, italien, américain, anglais, espagnol, suédois, russe, tchèque, polonais, coréen, chinois …) en version originale sous-titrée,  qui combleront  toutes les UFR. Il s’agit pour la plupart de films cultes ou primés. Ils couvrent une large période allant des années 30 à nos jours et permettent la découverte de différents courants cinématographiques : le réalisme poétique pour les films français, la nouvelle vague, le néoréalisme italien, l’expressionnisme allemand etc…

Affiche les fraises sauvages

Affiche du film « Les Fraises sauvages »

 

Pour chercher un DVD dans le catalogue, il suffit de taper le nom d’un réalisateur ou le titre d’un film (le dvd comporte une cote commençant par DVDM, exemple : DVDM 48) et il se distingue des monographies par le logo suivant:icone dvd

Voici une suggestion de réalisateurs présents dans la collection :

–          Pour les films français : François Truffaut, Jean-Pierre Melville, Jean Renoir, Tati, Jean-Luc Godard, Marcel Carné, Matthieu Kassovitz, Cédric Klapish, Bertrand Blier, Louis Malle, Jean Delanoy, Alain Corneau, Luc Besson …

–          Pour les films italiens : Federico Fellini, Comencini, Dino Risi, Ettore Scola, Monicelli, Passolini, Paolo et Vittorio Taviani, Marco Bellochio, Michelangelo Antonioni

–          Pour les films allemands : Fritz Lang, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Friedrich Murnau, Werner Herzog, Robert Wiene, Akin Fatih…

–          Pour les films suédois, l’incontournable Ingmar Bergman

–          Pour les films espagnols, l’incontournable Pedro Almodovar

–          Pour les films anglo-américains : Martin Scorsese, Brian De Palma, Otto Preminger, Alfred Hitchcock, Charlie Chaplin, Sam Peckinpah, Stanley Kubrick, David Lynch, Henry Hattaway, Tim Burton, Howard Hawks, Woody Allen, Dennis Hopper, Jolel et Ethan Coen, Quentin Tarentino…

–          Pour les films slaves: Pavel Longuine, Alexandre Sokourov, Vsevolod Illarionovitch Poudovkine, Sergueï Eisenstein, Emir Kusturica…

N’hésitez pas à les demander à la permanence de la bibliothèque Malesherbes, ouverte du lundi au vendredi de 13h à 18h.

Les DVD sont empruntables pour une durée d’une semaine.

Luc Ajchenbaum

Roland Barthes, écrivain.

35 ans après sa mort, la figure de Roland Barthes semble toujours mouvante, ne cesse d’évoluer encore sous nos yeux, de s’enrichir. Rare sont les penseurs qui ne se trouvent pas figés (souvent glorieusement) dans leur pensée, leur démarche, après leur mort. Sartre reste jusqu’à aujourd’hui cet intellectuel engagé, ce philosophe de la Liberté, et n’en bouge plus vraiment. Jacques Lacan demeure ce psychanalyste et théoricien de la psychanalyse, faisant basculer Freud dans le tout-langage et le symbolique. Leur pensée est liée à un geste particulier.

Mais Barthes ? Sémiologue ? Intellectuel structuraliste ? Critique littéraire ? Penseur de la littérature, et même, plus exactement, de l’écriture et du discours ? On sent bien qu’il échappe à tout cela, qu’aucun de ces qualificatifs ne peut lui faire tenir sa place.

Barthes n’a-t-il pas cessé, justement, de vouloir défaire et se défaire de toutes les idéologies, de tous les enfermements et encombrements du corps et du langage, par les signes et les discours ? Son travail a été une tentative minutieuse et passionnée pour trouver ce sujet délesté, allégé (rêvé ?) de tout discours, et en équilibre sur tous…

Au fond, peut-être que la véritable passion de Barthes n’aura pas été la peur, comme il le dit dans Le Plaisir du texte (1973), mais la subjectivité : se rapprocher de plus en plus de son désir, au-delà des postures et des discours tout faits, de ses « préférences » comme il le disait. La subjectivité n’est pas coller à « son » hypothétique vérité, mais aller, à pas d’esquive, vers son désir. Un mouvement de tension… Soi-même étant toujours une fuite en avant vers « autre chose »…

Roland Barthes, le théâtre du langage

Roland Barthes, le théâtre du langage

Barthes danseur ? très probablement…

Si l’écriture de Barthes nous touche autant aujourd’hui, c’est sans doute parce qu’elle n’a jamais été un simple outil, un véhicule au service d’une pensée, d’une théorie, mais quelque chose permettant une mise en jeu de soi comme projet et comme désir, défiant les regards et « machines ressassantes » du langage, qui montre son derrière au père politique (Le Plaisir du texte).

Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman. notait-il en épigraphe du Roland Barthes par Roland Barthes (1975), un des ouvrages où il se tenait au plus proche de lui-même. La pensée, le langage – même le plus critique, le métalangage – deviennent avec désinvolture, une fiction passionnante ou le sujet s’invente, se risque lui-même, hors du sens.

La bibliothèque Clignancourt vous invite à découvrir son œuvre et son parcours à travers un DVD disponible dans l’espace Philosophie, à la cote 194 BAR 4 THO.

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A propos de La société de la fatigue

Soyez votre propre bourreau !

Nous venons juste d‘entrer dans une nouvelle ère… Encore !.. Elles s’enchaînent si vite, que nous ne nous en sommes même pas aperçus… C’est le constat du livre du philosophe allemand, d’origine coréenne, Byung-Chul Han, La Société de la fatigue.

Byung-Chul Han (@ByungChulHans) | Twitter

Byung-Chul Han (@ByungChulHans) | Twitter

La société de la discipline (sur laquelle a porté tout le travail de Michel Foucault), vient de céder la place selon Byung-Chul Han, à une société de la performance, où le travail, la construction de l’individu ne sont plus la résultante dialectique d’une contrainte imposée par un tiers extérieur, précipitant toujours la nécessité de l’action, de la révolte dans notre société. Cette négativité, ce principe dialectique, cette « énergie noire », qui appelle la réaction, n’aurait plus lieu d’être…

Nous serions, selon Byung-Chul Han, dans cette société libérale, prisonnier de nous-même, livrés à notre seule volonté désormais sans limites, vouer à nous dépasser. Nous avons perdu cet horizon qu’était l’altérité, qui nous inquiétait, nous surprenait, nous déplaçait sans cesse hors de nous-même.

Ce nouveau « sujet performant« , comme le nomme l’auteur « n’a plus d’instance de domination extérieure qui le force à travailler et l’exploite. Il n’est assujetti à personne si ce n’est à lui-même. La suppression de l’instance de domination extérieure ne supprime toutefois pas la structure contraignante. Elle fait s’écrouler la liberté et la contrainte. Le sujet performant se livre librement à la contrainte pour maximiser son rendement. Il s’exploite lui-même. L’auto-exploitation est plus efficace que l’exploitation par un tiers dans la mesure où elle est accompagnée d’un sentiment de liberté trompeur. » (p.32)

Ce désir absolu de n’être que soi (où est la passion d’être un autre ?), d’être son auto-évaluateur ne serait rien d’autre qu’un nouvel esclavage post-moderne. Mais celui-ci est à l’intérieur de nous, comme une manie, plus fort que tout, sans limites…

Courir en panique, et sans espoir de rattraper vraiment ce Moi idéal, devient une sorte de morale, qu’on ne peut contredire, puisqu’elle n’émane que de nous-même, de cette injonction à se vivre pleinement.

On voit donc que c’est d’un excès de positivité que viendra notre péril : « Pouvoir sans limite est le verbe positif de la société de la performance » (p. 52). Quel bénéfice incommensurable pour notre société qui n’a plus aucune contrainte à exercer pour pousser l’individu à donner le meilleur de lui-même !..

Une immense fatigue plombe cet individu positif, comme une nouvelle maladie de la société. Pas d’autre explication, selon Byung-Chul Han aux nouvelles pathologies sociales désormais massives : le Burn-Out, le TDAH (trouble de déficit de l’attention-hyperactivité), ou la dépression (impossibilité d’être à la hauteur de soi-même) que l’auteur voit comme une fatigue « de créer et de pouvoir«  (p.56).  Ce « trop-plein de même«  (p.50) nous mène à une rupture d’autant plus violente et profonde qu’il n’y plus désormais aucune instance à laquelle imputer la faute.

Cette absence de négativité transforme la pensée en calcul (p.79). Le calcul est le propre d’un ordinateur que rien ne saurait arrêter. Le sujet performant se cale lui-même sur le temps-machine, ce temps sans interruption, du mouvement et de la production. Seul un brusque blackout du système central (le Burn-Out, l’infarctus) peut faire cesser cette inflation de positivité.

La Société de la fatigue pose en une centaine de pages le cinglant constat d’une sorte d’individualisme forcené et suicidaire.

Le livre pose rapidement et simplement les lignes d’une réflexion sur les mutations, nouvelles formes d’exploitation et d’asservissement de la société libérale. Il propose en creux, et comme en écho, une réflexion sur la liberté : Que se  passe-t- il quand l’individu s’est affranchi de toutes ses entraves, de toute négativité ? Cette liberté totale lui-est-elle vivable, supportable, que va-t-il en faire, peut-il le supporter, va-t-il s’inventer de nouvelles dépendances ?

La Société de la fatigue

La Société de la fatigue

 

La Société de la fatigue, Byung-Chul Han, Circé 2014 (213 p.)
disponible à la bibliothèque Clignancourt sous la cote 128 HAN

Article en lien: Philosophie magazine N°88 d’avril 2015 disponible à la bibliothèque Clignancourt dans l’Espace Généralités

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1914 : les musiciens et la guerre. Itinéraire de l’étudiant entre l’Histoire et la musicologie

La bibliothèque Clignancourt a exposé l’an dernier des livres consacrés à la grande guerre, dans tous les domaines. Parmi ceux-là  : « Entendre la guerre  : sons, musiques et silence en 14-18 / sous la direction de Florence Gétreau. »

Clignancourt : 0 Histoire, Géographie – 940.48 ent

Entendre la guerre : Sons, musiques et silence en 14-18

Entendre la guerre : Sons, musiques et silence en 14-18, bibliothèque Clignancourt

D’autres sur les musiciens, notamment les « Correspondances inédites à des musiciens français : 1914-1918 / Sylvie Douche. Paris : l’Harmattan, DL 2012. » Clignancourt : 1 Arts, Musicologie 780.92 DOU

 

Et oui, sur des sujets comme celui-là, il faut savoir se déplacer entre deux étages : petit rappel, l’Histoire est au RDC et la musique au premier… N’oubliez donc pas de consulter le catalogue.

Sur la dimension politique du conflit, je vous invite à consulter l’excellent ouvrage collectif :   « La Grande Guerre des musiciens / direction scientifique, Stéphane Audoin-Rouzeau, Esteban Buch, Myriam Chimènes… [et al.] ; [contributions de] Esteban Buch, Aude Caillet, Rémy Campos… [et al.]. Lyon : Symétrie, 2009
Clignancourt : 1 Arts, Musicologie    – 780.03  AUD

On y apprend comment la Musique devient un soutien au soldat, une forme de résistance, après la mort d’Albéric Magnard en 1914, celle-ci étant organisée autour de quelques musiciens comme Caplet ou le violoncelliste Maurice Maréchal, le rôle des institutions, et notamment du Conservatoire de Paris.

Sur ce dernier vous pouvez lire :

Deux musiciens dans la Grande guerre / Lucien Durosoir et Maurice Maréchal ; présentation de Luc Durosoir ; préface de Jean-Pierre Guéno. Paris : Tallandier, impr. 2005, cop. 2005.
Clignancourt : 1 Arts, Musicologie    – 780.920 4 DUR

Pour finir, je vous invite à écouter  » L’ Histoire du soldat  » de Stravinsky, sur un texte de C.F. Ramuz, composée en 1917 et créée en Suisse en 1918, petit bijou de message pacifiste sur fond de légende de Faust adaptée pour le jeune public.

Vous le trouverez dans nos bases musicales et notamment chez Naxos, où vous avez le choix des interprétations.

 

Les livres rares de la Bibliothèque Serpente

La bibliothèque Serpente, en lançant un chantier d’inventaire des livres anciens présents dans son fonds, a découvert dans ses magasins, une vingtaine d’unica. Il s’agit d’ouvrages rares, possédés par un seul établissement dans un réseau documentaire.

Une enquête passionnante où armée de gants blancs, l’équipe Serpente voyage dans le temps page après page, ouvrage après ouvrage. Et où au détour d’une suspension de feuille, la trace du temps qui passe apparaît … c’est un livre en ver ancien !

Trace de d'un ver de livre ayant creusé une galerie encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Trace d’un ver de livre ayant creusé une galerie, encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Tous ces livres anciens et unica vont être reclassés, restaurés et protégés. Seuls deux sont en attente de catalogage par une spécialiste du livre ancien.

Cette attente n’empêche pas l’équipe Serpente d’enquêter sur l’histoire de ses ouvrages ainsi que celle de leurs propriétaires. Car de temps à autre un de ces unica possède un nom, parfois joliment dessiné d’une écriture qui a traversé le temps, parfois c’est un nom typographié, qui lui aussi a traversé le temps.

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

Le nom E.Lagorce est typographié sur plusieurs ouvrages. Mais qui est donc E.Lagorce ? Etienne Lagorce est né le 16 décembre 1718 aux Voivres dans les Vosges. Cultivateur, il entre dans l’armée en qualité de Dragon (militaire se déplaçant à cheval mais combattant à pied) en 1748. Il y restera 40 ans. Le 7 janvier 1772 il épouse Françoise Imatte, qui lui donnera 3 filles : Barbe, Marie et Françoise. On retrouve sa trace à Epinal, le 7 mars 1790 où il participe à la Grande Fête Civique : la Fédération des Vosges. Il a 72 ans, il est le doyen et le commandant de la garde nationale de Trémonzey. Etienne Lagorce trouve dans la générosité du corps qu’il commande, une ressource à ses besoins. On lui donne un revenu de 2 000 livres. Il meurt en 1792.

Parmi les livres que possédait Etienne Lagorce, l’un date de 1752 et a pour titre Le siècle de Louis XIV publié par M. de Francheville.

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Mais qui est M. de Francheville ? Il s’agit d’André Dufresne de Francheville, secrétaire de Voltaire, il suit des études de théologie et deviendra en 1755 le copiste de Fréderic II puis lecteur et bibliothécaire du prince Henri à Rheinsberg.

Il publie ce livre chez Georges Conrad Walther, libraire du Roi.

Quant à Voltaire, voici ce qu’il écrit à ce dernier le 30 mai 1751: « Je suis fort occupé de l’Histoire du siècle de Louis XIV, mais cet ouvrage ne sera pas sitôt près … J’ai encore besoin de temps pour rendre l’ouvrage moins indigne de l’impression, plus je l’aurai travaillé avec soin et plus il vous deviendra utile. Je n’exigerai rien de vous, que des exemplaires en grand papier.

Le 28 décembre 1751 : [en parlant du Siècle de Louis XIV] « Il a fallu l’imprimer chez l’imprimeur du Roi de Prusse. C’est M. de Francheville, conseiller aulique, qui s’est chargé de l’édition. On sait assez, en Europe, que j’en suis l’auteur, mais je ne veux pas m’exposer à ce qu’on peut essuyer, en France, de désagréable quand on dit la vérité. Ce n’est pas moi qui ai le privilège impérial, et celui de Prusse est sous le nom de M. de Francheville. Il y a 3 000 exemplaires de tirés, dont 24 ou à peu près, peuvent être ou gâtés ou incomplets. J’en envoie 500 à un de mes amis à Londres. Ce débit ne passera pas par les mains des libraires, c’est une affaire particulière. Reste donc 2 500 exemplaires dont je puis disposer. J’en prends 100 pour en faire des présents, et je me déferai des 2 400 exemplaires restants avec un seul libraire auquel je transporterai le privilège, le droit de copie et le droit de faire traduire. On peut vendre les 2 400 exemplaires au moins 2 florins chacun. Je ne veux pas assurément y gagner mais je ne veux pas y perdre. L’ouvrage m’a coûté, avec le secrétaire et M. de Francheville qu’il a fallu payer, environ 2 000 écus parce qu’il y a des feuilles que j’ai refaites 3 fois. »

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Cette captivante enquête sur les livres anciens de la bibliothèque Serpente suit son cours et qui sait ce que le passé nous réserve ? Seul l’avenir pourra nous le dire !

 

Le buste arrive…

Le 25 septembre prochain, sera installé et dévoilé à la bibliothèque Clignancourt le buste de Jean-Philippe Rameau, auparavant situé à la bibliothèque Michelet.

 

 

Une table de présentation, située au rez-de-chaussée, est à votre disposition.Nous avons tenté d’y rassembler des ouvrages anciens et d’aujourd’hui – et
même un disque vinyle- sur ce compositeur dont on célèbre cette année le 250ème anniversaire de la mort.

 

 

 

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Table de présentation à la Bibliothèque de Clignancourt.

 

 

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Les fêtes d’Hébée, page de titre de l’édition originale. (Res F7.19)

A cette occasion, précipitez-vous pour découvrir les pépites que recèlent les collections en magasin : partitions de la Réserve, édition du 18ème siècle des « Fêtes d’Hébée ou Les talents liriques » ou de Castor et Pollux.

 

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Castor et Pollux, Edition du 18e siècle (Res F7.21)

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Les fêtes d’Hébée, ouverture. Edition du 18e siècle. (Res F7.19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Puis c’est aussi l’occasion de découvrir comment les éditions évoluent. Ainsi, au 19ème siècle on joue « Hippolyte et Aricie » en n’en éditant qu’un chœur.

Hyppolite et Aricie

Chœur d’Hippolyte et Aricie, édition du 19e siècle. (B2. 171-1)

 

 

 

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Dardanus ( A1.148)

Enfin vient l’époque de la redécouverte, pilotée par Camille Saint-Saëns et Vincent d’Indy,
mais toujours avec les canons du 19ème siècle (piano, ornementation peu baroque etc…)

Ainsi vous pouvez admirer les partitions de Dardanus et de Platée (et son fameux chœur des
grenouilles Quoi,quoi, quoi ?) ou les contemporains de Wagner puisent un
antidote plein d’humour chez le bien français Rameau.

Platée

Platée (A1.156)

 

 

Avis aux étudiants de musicologie : sachez enfin que vos professeurs peuvent vous faire écouter les quelques vinyles consacrés à Rameau.

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Disque 33t de Platée enregistrée en 1961.

 

 

Texte : Florence Louvier
Photographies : Jean-Baptiste Devouassoux.

Promenons-nous dans les bois…

C’est le retour des beaux jours, et vous ressentez une folle envie de nature ? Seulement, il faut l’avouer, vous ne la connaissez pas beaucoup, et vous n’osez donc pas vous aventurer dans les sous-bois… Pas de panique ! Votre bibliothèque Clignancourt a la solution !

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Le fonds de géographie possède une cote regroupant les ouvrages traitant de l’écologie des forêts (910.157 73). C’est là que vous pourrez trouver Le guide de la forêt pour tous. Ce petit ouvrage de format poche vous accompagnera dans vos excursions.
Il vous fournira en outre quantité d’informations sur des sujets aussi divers que les plantes, les fleurs, les arbres, mais également toute la faune : des insectes aux loups en passant par les araignées et les écureuils. Impossible de vous prédire si vous croiserez toutes les espèces décrites dans le guide… A défaut, vous pourrez profiter des belles photos qui s’y trouvent !

D’autre part, les auteurs nous mettent en garde et nous informent sur le dépérissement de ces espaces, espérant que nous pourrons nous y rendre encore longtemps : « parce que nous pensons que le fait de voir, de s’étonner et de vivre les choses, permet de libérer des forces pour comprendre et agir ».

Un fonds méconnu : la bibliothèque Dagens

La Bibliothèque d’histoire des religions possède un fonds rare légué par le Professeur Jean Dagens. Il s’agit d’une belle collection de près de trois mille ouvrages qui traitent du christianisme depuis la renaissance jusqu’à la fin du Grand siècle. Dans le choix des titres, le biographe du Cardinal de Bérulle réunit avec une rare unité de vue les livres qui témoignent de la naissance de l’école de spiritualité française sans omettre de précieuses études sur la formation de l’esprit rationnel de l’âge classique.

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Il faut noter l’importance des écrits mystiques et des anciennes traductions des Pères de l’Église qui donnent un tableau complet de la culture ecclésiastique d’un siècle qui fut grand, non seulement par ses œuvres, mais aussi par ses hommes, qu’inspirait l’esprit des premiers siècles du christianisme. Ainsi, le lecteur peut consulter un fonds d’une parfaite cohérence où se retrouvent, aux côtés d’opuscules peu connus, les classiques et les mémoires oubliées des contemporains.

 

Ancienne traduction de Denys l'Aréopagite

Ancienne traduction de Denys l’Aréopagite

 

Le fond ancien compte quelques 500 titres conservés pour la plupart dans leurs reliures d’origine. Certain in-folio dans un parfait état de conservation sont aux armes d’évêques du XVIIe siècle. On y trouve, entre autre, la correspondance de Richard Simon et de nombreux volumes de polémiques encore peu étudiées. Nous espérons vivement que cette riche collection soit plus connue des spécialistes et notamment des historiens du jansénisme. A cet effet, nous souhaitons à l’avenir, donner au public un catalogue détaillé de ce fonds encore inexploré.

Histoire ecclésiastique de Lenain de Tillemont

Histoire ecclésiastique de Lenain de Tillemont

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Exposition « L’art en fusion »

Art en fusion

Le musée de l’Orangerie a présenté, en collaboration avec le musée Dolorès Olmedo de Mexico, une exposition consacrée au couple mythique incarné par Diego Rivera (1886-1957) et Frida Kahlo (1907-1954).

L’originalité de cette exposition était de montrer à la fois la différence de leur univers pictural et aussi leur complémentarité.

Diego était un peintre tourné vers le monde et l’histoire, exaltant l’âme du peuple mexicain, un peuple marqué par ses guerres : de la conquête espagnole (1519) à la guerre d’indépendance (1810), de la guerre des Pâtisseries (1838) à la guerre américano-mexicaine (1846), de la révolution de 1910 à la seconde guerre mondiale… Dans ses fresques, Diego a dépeint les traumatismes vécus par son peuple et a donné une vision poétique de ses souffrances.

Frida dans un registre plus intimiste, a suivi  la même trajectoire. Elle a évoqué les souffrances de sa vie en apportant une autre dimension : celle de la distanciation. Elle a donné à voir et à sentir l’universalité de la souffrance humaine ; son travail pictural était une manière de la dominer, de la transformer en vision poétique, en force créatrice.

Tous deux étaient unis dans l’amour de la terre mexicaine, mère patrie qui les régénérait.

Cette exposition nous a inspiré l’achat d’un nouvel ouvrage pour la bibliothèque Marcel-Bataillon : Frida Kahlo la peintre et son œuvre. Cote 4-1075

Hanan Ben Selma

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