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Archives pour la catégorie ‘Question de fonds’

La Bilipo, un fonds qui mérite le détour

Il est des fonds de la ville de Paris, comme celui de la Bibliothèque des littératures policières, dont il faut souligner la complémentarité avec nos propres fonds spécialisés, car le chercheur peut y trouver aussi une documentation spécifique liée à la criminologie. Il en est justement un à la bibliothèque Serpente, qui est associé à l’UFR d’histoire, et plus précisément à l’histoire contemporaine, qui concerne les forces de l’ordre en France aux XIXe-XXe siècles. Cet enseignement, dirigé par le professeur Jean-Noël Luc, situe son champ d’action entre répression, police criminelle et politique de sécurité publique.

12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
12-7-13, emménagement Cochon [une famille de sans domicile fixe encadrée par des agents de police, place de la Bourse] : [photographie de presse] / [Agence Rol]
Source: gallica.bnf.fr

 

Ce fonds singulier mérite qu’on lui prête une attention toute particulière, car bien sûr il y est question d’ordre, de défense des institutions, de sécurité mais aussi de s’immerger « dans l’une des figures familières de l’imaginaire national » que représente le policier, comme on peut le lire dans la thèse Le képi et le crayon soutenue en 2006 par Yann Galéra. Outre les ouvrages théoriques nécessaires à l’appréhension de cette discipline, il faut aussi en percevoir les contours par la connaissance de divers supports qui concernent les grands faits criminels. Cette réalité du crime, qui se présente sous forme de littérature, de série TV, de films, de bandes dessinées, d’affiches, de dossiers patiemment constitués est conservée à la Bibliothèque des littératures policières. C’est en ce sens que celle-ci devient une partenaire privilégiée, car elle permet une approche plus littéraire du fait policier ou criminel que le permet le fonds consacré à ce domaine à la bibliothèque Serpente, où ne se trouve qu’un fonds d’études lié à cet enseignement. À cela s’ajoute aussi une presse spécialisée : si à la bibliothèque Serpente sont conservées des revues de recherches comme Intelligence and national security ou la Revue de défense nationale, en revanche à la Bilipo on peut trouver une presse grand public comme Le Nouveau détective.

Cette bibliothèque des littératures policières a donné lieu à de nombreux articles dans la presse destinée aux professionnels de l’information comme celui publié dans Savoirs CDI (1).

La Bilipo organise régulièrement rencontres, expositions, conférences, manifestations autour d’un thème centré sur la thématique de la criminologie ou de la série noire en littérature.

(1) Ressource pour les enseignants-documentalistes

Quelques acquisitions récentes dans les fonds de la bibliothèque Serpente

In thrall to political change : police and gendarmerie in France / Malcolm Anderson. Oxford University press, 2011.
Ouvrage qui retrace l’histoire de la police et de la gendarmerie française de 1870 à nos jours (cote 363.2 AND)

The insurgent barricade / Mark Traugott. University of California press, 2010.
Cet ouvrage traite des plus célèbres dispositifs insurrectionnels : les barricades (cote : 303.6 TRA)

Fichés ?  : photographie et identification 1850-1960 / [sous la direction et avec une introduction de Jean-Marc Berlière,... et Pierre Fournié. Archives nationales, DL 2011.
Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition aux Archives nationales intitulée "Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années soixante" présentée à l'hôtel de Soubise du 27 septembre au 26 décembre 2011 (cote : 363.24 BER)

Sous le régime du sabre : la gendarmerie en Algérie, 1830-1870 / Damien Lorcy. Presses universitaires de Rennes ; [Vincennes] : Service historique de la défense, DL 2011.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire du droit, Bordeaux 4, 2006 : La gendarmerie en Algérie : organisation & missions, 1830-1870 (cote : 355.35 LOR)

Les gendarmes en Corse, 1927-1934  : de la création d’une compagnie autonome aux derniers « bandits d’honneur » / Simon Fieschi. Vincennes : Service historique de la Défense, impr. 2012.
Texte issu d’un mémoire de l’Université Paris-Sorbonne (cote : 355.351 FIE)

Le crime à l’écran : le fait divers criminel à la télévision française, 1950-2010 / Claire Sécail. Paris : Nouveau monde éd., DL 2010.
Texte remanié de la thèse de doctorat en histoire contemporaine, Versailles-St Quentin en Yvelines, 2007 (cote : 302.234 SEC)

Pour en savoir plus

- sur la littérature policière, le blog Action-suspense
- sur la criminologie, un dictionnaire de criminologie en ligne
- tout savoir sur la police scientifique
- consulter les collections de la Bibliothèque historique du service des armées

Regard sur la bibliothèque de l’Institut d’études augustiniennes

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Salle de lecture

L’Institut d’études augustiniennes possède une importante bibliothèque spécialisée. Elle  a été créée au début du XXe siècle par la Congrégation des Augustins de l’Assomption. Le fonds ancien appartient à l’Institut catholique de Paris. Des crédits en provenance du CNRS et de l’Université Paris-Sorbonne permettent la conservation des ouvrages de ce fonds ancien, l’acquisition de nouveaux ouvrages, le catalogage informatisé (Sudoc et réseau « Premier millénaire chrétien ») et l’accueil des lecteurs.

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La salle de lecture peut accueillir une vingtaine de lecteurs

P1020462.3La bibliothèque est riche d’environ 36 200 ouvrages, d’une collection importante de microfiches, de CD-rom, dont le CLCLT, banque de données en patristique. Elle possède un fonds ancien très précieux, notamment en ce qui concerne les éditions des œuvres de saint Augustin, dont elle a acquis la série presque complète de 1489 à nos jours. Dans le domaine de la patristique, de l’histoire du christianisme ancien et médiéval, de l’augustinisme moderne, la bibliothèque possède d’importantes collections, en particulier en allemand, anglais, espagnol, français et italien. Elle reçoit 135  titres de revues.

Parmi ceux-ci, la bibliothèque possède bien évidemment les publications éditées par l’Institut :
- la Revue d’études augustiniennes et patristiques (REAug), périodique multilingue, semestriel, créé en 1954. Elle publie des articles de patristique, d’histoire, de théologie ou d’archéologie chrétienne;
- les Recherches augustiniennes et patristiques, dont les articles, plus longs que ceux de la REAug, portent sur les mêmes thèmes.

Les bases de données de l’Année philologique, la Vetus Latina, Library of Latin Texts sont consultables en ligne ainsi que, depuis 2009, la Patrologie latine de Migne.

La bibliothèque est ouverte aux chercheurs, professeurs et étudiants qui travaillent dans le domaine.

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Les ouvrages sont consultables sur place uniquement

Photos : Gaëlle Le Cunff, bibliothèque de l’IEA

Découvrez le fonds Emploi de la bibliothèque Clignancourt!

Vous pensez à vous réorienter? Vous souhaitez découvrir les différents masters de votre discipline? Vous cherchez un guide pour écrire un CV ou une lettre de motivation? Vous voulez réviser votre C2i? Le fonds Emploi de la bibliothèque Clignancourt est là pour vous aider!
Il s’articule en quatre volets : études, concours, travail et vie pratique. Vous y trouverez des documents sur les cursus universitaires, les méthodes de travail à l’université, les concours administratifs, le monde du travail (CV, lettre de motivation, entretien de recrutement…), les métiers, mais aussi des documents pour la vie quotidienne (modèle de lettres, logement, loisirs).

Quelques exemples des documents que vous y trouverez :

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N’hésitez pas à l’utiliser ! Il se situe au rez-de-chaussée de la bibliothèque…

Categories: Question de fonds Tags:

Le Bulletin administratif du ministère de l’Instruction publique

Couverture BAMIPOui, il est possible de passer un agréable moment en épluchant les volumes du Bulletin officiel de l’Education Nationale.

Il s’agit en l’occurrence ici de son ancêtre, le Bulletin administratif du ministère de l’Instruction publique, qui fut édité de 1850 à 1932 et dans lequel on voit se dessiner, au fil des décrets, arrêtés et autres circulaires, le contexte historique, culturel et social de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème.

  • On y trouve par exemple les programmes scolaires des établissements de jeunes filles, où l’économie domestique, la lingerie et la couture figurent parmi les enseignements :

 

Economie domestique 1907

Programme des cours d’économie domestique, 1907

On trouve également les programmes des cours de morale :

Morale

Programme des cours de morale, 1902

Et des cours d’hygiène, qui témoignent des conditions sanitaires de l’époque :

hygiène

Programme des cours d’hygiène, lycées de jeunes filles. 1907

  • En 1914, lorsque la guerre éclate, nombre d’enseignants sont mobilisés, et les années qui passent voient se multiplier les pertes humaines :

 

Tués à l'ennemi

Livre d’or, année 1916

 

Citation ordre de l'armée

Citation ordre de l’armée Citations à l’ordre de l’armée, 1916

Dans le même temps, le système éducatif s’adapte aux circonstances et une circulaire du 29 février 1916 rappelle le dévouement dont ont fait preuve ceux qui ont pu continuer à assurer les enseignements pendant la période de guerre :

Remerciements recteur 1916

Remerciements recteur 1916 Lettre du ministre de l’Instruction publique, 1916

 

Enfin, à la fin de l’année 1918, s’amorce la reconstruction :

facilités

1918

 

Régions envahies

1918

 

 

  • A signaler également, une mention sur l’utilisation du cinématographe dans l’enseignement en 1916 :

 

Cinématographe

1916

 

 

Ainsi ces documents officiels de l’éducation fourmillent-ils de données historiques qui rendent leur consultation captivante et qui ne manqueront pas d’intéresser les amateurs d’Histoire.

 

Les années 1873 à 1927 du Bulletin officiel du ministère de l’Instruction publique sont consultables sur demande à la médiathèque Molitor.

Les lettres roumaines à l’honneur à la bibliothèque Malesherbes

La Roumanie est l’invitée d’honneur du Salon du livre de Paris 2013 : une trentaine d’auteurs viendra à la rencontre du public français ; de nombreuses animations (films, expositions, colloques, etc.) illustreront la littérature et la culture roumaine. Parmi ces animations, vous pourrez découvrir l’exposition photographique « La Roumanie entre les lignes » réalisée par des étudiants de la Sorbonne inscrits en master de Communication interculturelle et de muséologie avec l’Europe centrale et orientale et qui ont fondé l’association CIM & Co ; cette exposition qui sera ensuite présentée au centre Malesherbes.

Et la bibliothèque Malesherbes, qui possède un fonds de littérature et de langue roumaines, vous permettra de découvrir et d’emprunter grâce à une petite exposition dans le hall d’entrée, les auteurs invités au Salon : Norman Manea (romancier essayiste « nobelisable »), Floriana Ilis (Prix Courrier International 2010), Gabriela Adamesteanu, Radu Aldulescu… en tout plus d’une vingtaine de nouveautés en version française a rejoint les collections de la bibliothèque où vous trouverez également les classiques des lettres roumaines : Ionesco, Cioran, Eliade bien sûr, mais aussi Virgil Gheorghiu ou Panaït Istrati.

Thomas Arnal

« Conquise, je le fus dès le premier regard »

Édition in-quarto de 1609 (Wikimedia Commons, domaine public)

Une lecture rapide ferait croire à un vers de Racine, il s’agit pourtant de Shakespeare, dans la traduction qu’en a fait André Markowicz en 2006. Tels sont les mots de Cressida à son amant Troïlus. Ni tragédie, ni comédie, Troïlus et Cressida est une pièce inclassable de 1602. Le Troyen Troïlus aime Cressida, la fille d’un prêtre grec passée à l’ennemi. Son oncle Pandare joue les entremetteurs au point qu’elle finit par se donner à son prétendant. La guerre, toutefois, rattrape les jeunes gens ; Cressida devra être rendue aux Grecs en échange d’un autre prisonnier. Et Troïlus d’accepter au nom de la raison d’état, puis de voir sa belle, dépitée, céder aux avances du Grec Diomède.

« La pièce, écrit Margaret Jones-Davies dans la préface de l’édition des Solitaires intempestifs, fut peu jouée du vivant de l’auteur, comme si ce texte abrasif ne pouvait convenir qu’à une modernité à venir. » Elle entremêle tous les genres, des saillies triviales du soldat éclopé Thersite au discours amoureux des amants, en passant par la tirade d’Ulysse, à la rhétorique parfaite. Elle s’ouvre à un moment où la guerre de Troie est une guerre froide, où chacun des deux camps guette les agissements de l’autre sans se décider, pourtant, à combattre. Et parmi ces guerriers dans l’attente, Achille le premier diffère les assauts. Enfin, contrairement à ce que son titre peut laisser croire, elle traite tout autant de la guerre de Troie et des attitudes de chacun des princes dans le conflit – peu de personnages féminins dans cette pièce – que des amours contrariées des jeunes héros.

Pour Hubert Fluchère, « Troïlus et Cressida aurait pu être une tragédie noble, c’est un drame sordide où, par-dessus la parole sage d’Ulysse, résonnent le cliquetis dérisoire des glaives ensanglantés, les criailleries obscènes d’un Pandarus à la voix de fausset, les sarcasmes venimeux enfin d’un blasphémateur professionnel. La guerre, la gloire en prennent un bon coup : on se bat pour un freluquet et une putain ; l’amour lui-même use son lyrisme dans la frénésie et la trahison. »

Troïlus et Cressida se joue actuellement à la Comédie-Française, dans une mise en scène de Jean-Yves Ruf. Sur le site, on trouvera une bibliographie autour de la pièce.

Différentes éditions et traductions de la pièce se trouvent conservées dans les bibliothèques de Paris-Sorbonne. Sont également consultables des études critiques sur cette œuvre, notamment à la bibliothèque de l’UFR d’anglais. Une bibliographie recensant ces titres est disponible sur notre compte Zotero. On peut aussi lire la pièce en ligne sur le site OpenShakespeare (Troilus and Cressida) ou sur un site de l’Université de Victoria (Canada) (Troilus and Cressida).

Troïlus et Cressida, V, 2. Gravure de Luigi Schiavonetti, d’après un tableau d’Angelica Kauffmann. (Wikimedia commons, domaine public)

Sources :
- Henri FLUCHÈRE, « Shakespeare William – (1564-1616) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/william-shakespeare/.
- Margaret JONES-DAVIES, « Troïlus et Cressida », in William SHAKESPEARE, Troïlus et Cressida, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2006.

Tutrice et lectrice en bibliothèque

Isaline SAUNIER, étudiante en master d’archéologie et tutrice à la bibliothèque Michelet, nous évoque une des premières œuvres marquantes lues pour son mémoire :

scythes

 

« Le livre de Véronique Schiltz, « Les Scythes et les nomades des steppes : VIIIe siècle avant J.-C.-Ier siècle après J.-C. », de la collection l’Univers des Formes, est l’un des premiers ouvrages que j’ai consulté pour mon mémoire.

Véronique Schiltz consacre une partie de son livre à présenter le bestiaire utilisé par les Scythes. En effet, l’art scythe est notamment un art animalier. Elle y présente des objets ayant pour motifs des animaux à ramure ou à sabots comme les cerfs, les bouquetins ainsi que les rapaces et les félins. Véronique Schiltz y développe le thème du « style animalier » : il s’agirait d’un langage codé. En effet, la morphologie des motifs iconographiques va  à « l’essentiel » pour exprimer la férocité du félin avec ses grandes dents ou la vue perçante du rapace avec un œil très marqué.

Ensuite, elle présente l’art scythe, depuis son constat d’apparition, à partir du VIIIe s. jusqu’à la fin de l’art scythe. Mais elle présente également des vestiges que l’on retrouve au-delà du Don, vers l’ouest, mis au jour chez d’autres peuples scythiques tels les Sarmates ou encore les Saces. Dans la seconde partie de son ouvrage, Véronique Schiltz nous présente la vie des Nomades en nous parlant de leur milieu, de leurs moyens et leurs modes de mobilité ainsi que de leurs armes, vêtements et parures. »

Cet ouvrage est disponible au prêt et en plusieurs exemplaires à la bibliothèque Michelet aux cotes suivantes : 709 UNI 39 ; 4 ID 135 ; 4 COL 10-39 et 4 COL 10-39+1.

Bonne lecture !

Isaline Saunier

Au fait, où en est le signalement des collections des BUFR ?

Les opérations de rétroconversion au sein des bibliothèques de composante ou bibliothèques associées au SCD permettent de rendre visibles, et donc accessibles pour la consultation, des fonds disséminés dans l’Université Paris-Sorbonne et souvent méconnus des étudiants et chercheurs. Onze de ces bibliothèques ont désormais l’intégralité de leurs collections en ligne, à partir du catalogue collectif de l’université , ou du Sudoc.

Deux principaux chantiers sont en voie d’achèvement, celui du Centre International d’Etudes Francophones (CIEF), commencé en 2011 et celui du Centre de recherche en Egyptologie de la Sorbonne (CRES), commencé en 2010. L’objectif fixé avec les responsables de ces deux bibliothèques est d’avoir terminé le signalement de leurs collections dans le Sudoc pour l’été 2013.

A la BUFR de philosophie , trois pans importants du fonds ont été achevés depuis septembre 2011 : la philosophie médiévale, la philosophie contemporaine et l’important fonds d’épistémologie. Les prochaines étapes sont la philosophie antique et un petit fonds divers. Ces ouvrages sont entreposés au bureau du SCUIO (46 rue Saint-Jacques) durant les travaux en Sorbonne, mais peuvent être communiqués en différé.

A la BUFR de grec, deux chantiers sont également en cours, l’un sur la fin, celui de l’Institut Néo-Hellénique (INH) et l’autre à ses débuts, celui de la Bibliothèque de l’Association pour l’Encouragement des Etudes Grecques (AEG).

Il a été convenu avec la responsable de la Bibliothèque de l’INH d’achever le traitement des périodiques dans le Sudoc d’ici l’été. A l’AEG le chantier progresse plus lentement. Etant cotés au fur et à mesure du catalogage, les ouvrages sont classés par ordre alphabétique : le signalement des ouvrages de Démosthène vient de se terminer.

Ce travail, de longue haleine, accompli par une équipe réduite aujourd’hui à une seule personne, commence à porter ses fruits puisque des chercheurs étrangers demandent à consulter des ouvrages grecs que la bibliothèque de l’INH est la seule à posséder. Le recensement de ces collections devrait ainsi accroitre la connaissance des fonds imprimés de l’ensemble de l’Université et participer à la valorisation du patrimoine documentaire.

Quelques illustrations ça et là  de curiosités ou d’ouvrages « remarquables »:

P1040894.jpgDominique Rolin nous a quittés le 15 mai 2012 à l’aube de ses 99 ans
L’Institut Néohellénique possède Le Lit de Dominique Rolin, traduit en grec moderne (Το Κρεβάτι) par Anastasia Lambria, seul exemplaire recensé dans les bibliothèques du réseau Sudoc à ce jour.

P1040881AEG.jpgA l’AEG :
le fonds Aristote a été traité en exhaustivité, nous constatons à cette occasion la richesse des fonds multilingues de cette bibliothèque très spécialisée en philologie grecque.

Au   CRES :
les catalogues de ventes aux enchères sont en cours de signalement. Parmi eux se trouve le catalogue de mise en vente d’une partie de la collection de Raoul Chandon de Briailles, Président de la maison du champagne Moët-et-Chandon, bibliophile et historien, il lègue par testament sa bibliothèque à la ville d’Épernay.

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 Enfin en philosophie
… La bibliothèque possède un conséquent fonds d’épistémologie dont la richesse est désormais signalée dans le Sudoc. Signalons en philosophie moderne, la présence d’une édition ancienne (1758) d’un Essai sur l’Entendement de Locke abondamment annotée en moyen français.

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Régine Qevani et Hélène Broms
Photos : Régine Qevani

Les relations franco-allemandes dans les collections de Paris-Sorbonne

La commémoration du 50e anniversaire du Traité de l’Élysée le 22 janvier dernier a donné lieu à une série de manifestations sur le thème des relations franco-allemandes : cérémonies officielles, émissions radiophoniques et télévisées, articles de presse, colloques scientifiques, rétrospectives cinématographiques, entre autres.

france-allemagne-traite-elysee-granMais ce qui nous intéresse plus directement ici c’est que l’occasion a également donné matière à la parution et à l’actualisation d’ouvrages centrés sur ce qui est aujourd’hui considéré comme l’ « acte fondateur de l’amitié franco-allemande ». C’est notamment le cas de La France, l’Allemagne et le Traité de l’Élysée, livre collectif dirigé par Corinne de France, historienne et chercheur au CNRS, et Ulrich Pfeil, professeur de civilisation allemande à l’Université de Lorraine-Metz, actuellement disponible dans trois bibliothèques de Paris-Sorbonne : Serpente, Clignancourt et Malesherbes.

Initialement publié en 2003, lorsque le traité fêtait sa quarantième année de vie, l’ouvrage, composé de 13 articles, a gagné une nouvelle édition, en juin 2012, afin de pouvoir incorporer à ses questionnements les données les plus récentes sur la construction des relations franco-allemandes de l’après guerre jusqu’à nos jours. L’on trouve ainsi, tout au long de ses 470 pages, des analyses actuelles abordant le thème sous ses aspects les plus divers : politiques, culturels, militaires, économiques, etc.

Dans l’introduction, l’on découvre le contexte de la signature du traité, il y a cinquante ans, en 1963 : le monde bipolaire, la « question allemande », les premières ébauches de la construction européenne. Ensuite, l’on rentre dans le vif du sujet avec une première partie dont les textes sont consacrés à l’étude des longs processus, aussi bien en France qu’en Allemagne, qui ont amené à ce que Charles de Gaulle (1890-1970) et Konrad Adenauer (1876-1967) se retrouvent autour d’une table à Paris pour signer une « déclaration commune », comme le texte du traité lui-même se définit.

Les chapitres suivants se penchent sur l’analyse minutieuse du contenu du traité, c’est-à-dire ce qu’il règle et ce qu’il ne règle pas et les raisons de tels choix. Finalement, dans la dernière partie du livre, l’on appréhende les retombées du traité dans l’évolution des rapports franco-allemands, ainsi que l’état actuel des relations Paris-Berlin.

Pour ceux qui veulent approfondir sur le thème, les bibliothèques de Paris-Sorbonne offrent une large bibliographie sur les relations franco-allemandes qui dépasse largement l’époque contemporaine. Vous trouverez ci-dessous une sélection parmi nos acquisitions les plus récentes. Pour le résultat exhaustif, veuillez consulter le catalogue des bibliothèques de Paris-Sorbonne. Nous vous rappelons que les fonds de la bibliothèque Serpente (histoire ancienne, du XIXe siècle et contemporaine) se destinent aux étudiants de niveau master et doctorat, alors que ceux de Clignancourt (Histoire, géographie, philosophie et sociologie en générale) et Malesherbes (études germaniques, littérature, lettres) sont accessibles depuis le 1er cycle universitaire.

1. Beaupré, Nicolas, Le traumatisme de la Grande guerre, 1918-1933, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012. [Disponible à Clignancourt et à Malesherbes]

2. Braun, Guido, Du Roi-Soleil aux Lumières : l’Allemagne face à l’«Europe française », 1648-1789, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012. [Disponible à Clignancourt et à Malesherbes]

3. Dakowska, Dakota (dir.), Le partenariat franco-allemand : entre européanisation et transnationalisation, Paris, l’Harmattan, 2011. [Disponible à Serpente]

4. Marcowitz, Reiner (dir.), 50 ans de relations franco-allemandes, Paris, Nouveau Monde éditions, 2012. [Disponible à Clignancourt]

5. Marthes, Stephan (dir.), Les relations franco-allemandes : bilan et perspectives à l’occasion du 50e anniversaire du traité de l’Elysée, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012. [Disponible à Malesherbes]

6. Pfeil, Ulrich, Mythes et tabous des relations franco-allemandes au XXe siècle, Bruxelles, Peter Lang, 2012. (Actes de colloque réalisé du 19 au 21 novembre 2009, à Saint-Etienne).   [Disponible à Malesherbes]

7. Rittau, Andreas, Symboles franco-allemands, 1963-2013 : construction d’un  champ transnational, Paris, l’Harmattan, 2012. [Disponible à Malesherbes]

8. Schirmann, Sylvain et Mohamed-Gaillard, Sarah, Georges Pompidou et l’Allemagne, Bruxelles, Peter Lang, 2012. [Disponible à Malesherbes]

9. Stark, Hans, Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée : réalisations et défis, Presses universitaires de Bordeaux, 2013. [Disponible à Malesherbes]

10. Ziebura, Gilbert, Les relations franco-allemandes dans une Europe divisée : mythes et réalités, Presses universitaires de Bordeaux, 2013. [Disponible à Malesherbes]

Prochainement à la bibliothèque Serpente :

Hans Stark, Martin Koopmann, et Joachim Schild (dir.), Les relations franco-allemandes dans une Europe unifiée : réalisations et défis, France, Presses universitaires de Bordeaux, 2012.

Libera, Martial, Un rêve de puissance : la France et le contrôle de l’économie allemande (1942-1949), Bruxelles, Peter Lang, 2012.

Ζούμ στο Νεοελληνικό Ινστιτούτο της Σορβόννης = Zoom sur …. la bibliothèque de l’Institut Néohellénique de Paris-Sorbonne

Un peu d’histoire

La bibliothèque est née avec l’Institut néohellénique de l’accord du 17 juillet 1930 entre le gouvernement hellénique et la Sorbonne. Présentée officiellement par Hubert Pernot à l’Association pour l’encouragement des études grecques en mars 1954, elle s’est constituée grâce à la passion des grands professeurs et hellénistes Émile Legrand (1841-1903) et Hubert Pernot  (1870-1946) et fut animée par la suite par André Mirambel (1900-1970) puis Constantin Th. Dimaras.

Vecteur de la culture hellénique en Europe, la bibliothèque de l’INH s’est enrichie de dons depuis plus d’un siècle. Ces dons proviennent de tous les foyers de l’hellénisme : européen, méditerranéen, de l’Est comme de l’Ouest. La bibliothèque s’est développée grâce à une politique d’achats fondée sur les enseignements qui s’y déroulent. Le catalogage des ouvrages dans le SUDOC (1) a permis de révéler les liens qui tissent d’un livre à l’autre, d’une idée à l’autre, un monde passé à celui d’aujourd’hui. Ainsi se dessine l’image d’une langue en interaction avec l’Europe toute entière, l’image d’une civilisation présente d’un bout à l’autre de la Méditerranée. Cette bibliothèque reflète d’une façon tout à fait unique la place occupée par les Grecs dans les courants de la pensée européenne. Les ouvrages ont été collectés par des hellénistes, édités par des philhellènes (2) ou par des notables d’Alexandrie, de Tinos, de Constantinople,…, écrits par des commerçants échoués à Odessa ou à Marseille, rédigés à la demande d’associations ou en vue du bien commun.  Réunis par la passion des fondateurs de la bibliothèque, ils permettent de mieux appréhender une pensée à la fois une et multiple, qui est celle de poètes, d’hommes d’église, de scientifiques, d’enseignants, de philosophes, de politiciens, de traducteurs,…

 

La question du fonds

Important par ses exemplaires, par ses inscriptions manuscrites, par les différents rôles, porte-parole, soutien, expertise, qu’il fait jouer à l’INH, ce fonds forme un tout qu’il importe d’appréhender comme tel au-delà de la rencontre des deux bibliothécaires fondateurs, Legrand et Pernot, avec l’histoire de la naissance d’une nation moderne. Les documents conservés dans la bibliothèque en sont la mémoire.

Grâce aux dizaines de milliers d’ouvrages répertoriés depuis mai 2009, l’institut néohellénique de la Sorbonne se place au cœur d’un réseau de partenaires tels que la Bibliothèque de Strasbourg, la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, la bibliothèque Sainte-Geneviève, celle de Montpellier, ainsi que la bibliothèque Mazarine.

Le fonds est constitué pour plus de la moitié d’ouvrages uniques en France et recoupe au niveau international celui des universités helléniques les plus importantes (Salonique, Athènes,…).

Dans une bibliothèque qui se veut de grec post-classique et moderne ainsi que de littérature néo-hellénique, les romans et nouvelles en grec moderne, mais aussi des manuels de langue, occupent une place importante. En grande majorité, les recueils de poésie grecque moderne sont des éditions princeps. Les rééditions sont souvent dédicacées de la main de l’auteur, elles permettent ainsi de restituer ces liens d’amitié ou de reconnaissance entre les responsables de cette bibliothèque et les poètes depuis sa fondation.

Curiosa scripturales

Noyés dans les études de textes anciens et les traductions, près de mille ouvrages portent sur leur page de garde les inscriptions suivantes : « rarissime », « insigne rareté », écrites de la main de Legrand ou de Pernot. Éditions et rééditions sont aussi dédicacées par les auteurs, permettant ainsi de restituer des liens d’amitié ou de reconnaissance entre les différents responsables de la bibliothèque qui se sont succédé depuis sa fondation et les poètes. Au gré des étagères, on peut trouver des dédicaces de Séféris, de Cavafis et de Palamas adressées à H. Pernot dans les années 1930. Puis ces liens continuent avec André Mirambel, mais les dédicaces deviennent plus vagues, comme « à l’institut néohellénique » ou « à la bibliothèque », sans compter les hommages d’anciens « élèves » aux professeurs d’aujourd’hui. À travers ces dédicaces se construit un réseau signifiant d’affinités d’un rivage à l’autre de la Méditerranée.

 

C’est dans un panorama éloquent que réside la diversité du contenu des ouvrages : soubresauts religieux, rites orthodoxes, querelles linguistiques, livres scolaires ou de voyages, ouvrages impliquant la Russie dédicacés à Catherine II, histoire événementielle qui jaillit sous forme lyrique, dramatique ou juridique pour la plupart édités avant 1900, ouvrages sur Égine, les îles ioniennes, ainsi que des monographies de héros grecs, d’Albanie ou de Bulgarie.

(1) Système Universitaire de Documentation
(2) Le philhellénisme (du grec φίλος [phílos], « ami, qui aime » + ἑλληνισμός [hellēnismós], « civilisation grecque ») signifie Amour de la Grèce (source Wikipédia)

Liens utiles :
Institut français d’Athènes
Conférences de la Maison de la Gèce à Paris
Expositions de la Maison de la Grèce
Librairie Desmos
Ecole française d’Athènes

Billet écrit d’après les informations de Véronique Lézine

Illustrations :
1 – http://helios.fltr.ucl.ac.be/default.htm
2 – Map of Thessaloniki by Ernest Hébrard in 1917. Domaine public. Source : wikimedia commons.
3 – http://www.absoluteastronomy.com/