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L’art khmer à l’honneur

Une très belle exposition vient de démarrer au Musée national des arts asiatiques Guimet :  « Angkor, naissance d’un mythe. Louis Delaporte et le Cambodge ».

Louis Delaporte (1842-1925), d’abord marin, consacra sa vie à la redécouverte de l’art khmer et notamment du site archéologique d’Angkor. L’exposition présente nombre de ses gravures, aquarelles, ainsi-que des moulages monumentaux.

L’élaboration de la représentation d’Angkor dans l’imaginaire occidental est également traité, par le biais de maquettes, comme celle, impressionnante, de l’exposition coloniale internationale de 1931 sur le site du bois de Vincennes, qui garde encore certains vestiges de celle-ci.

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Le catalogue de l’exposition sera bientôt disponible à la bibliothèque Michelet ! Bonne lecture !

 

Tutrice et lectrice en bibliothèque

Isaline SAUNIER, étudiante en master d’archéologie et tutrice à la bibliothèque Michelet, nous évoque une des premières œuvres marquantes lues pour son mémoire :

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« Le livre de Véronique Schiltz, « Les Scythes et les nomades des steppes : VIIIe siècle avant J.-C.-Ier siècle après J.-C. », de la collection l’Univers des Formes, est l’un des premiers ouvrages que j’ai consulté pour mon mémoire.

Véronique Schiltz consacre une partie de son livre à présenter le bestiaire utilisé par les Scythes. En effet, l’art scythe est notamment un art animalier. Elle y présente des objets ayant pour motifs des animaux à ramure ou à sabots comme les cerfs, les bouquetins ainsi que les rapaces et les félins. Véronique Schiltz y développe le thème du « style animalier » : il s’agirait d’un langage codé. En effet, la morphologie des motifs iconographiques va  à « l’essentiel » pour exprimer la férocité du félin avec ses grandes dents ou la vue perçante du rapace avec un œil très marqué.

Ensuite, elle présente l’art scythe, depuis son constat d’apparition, à partir du VIIIe s. jusqu’à la fin de l’art scythe. Mais elle présente également des vestiges que l’on retrouve au-delà du Don, vers l’ouest, mis au jour chez d’autres peuples scythiques tels les Sarmates ou encore les Saces. Dans la seconde partie de son ouvrage, Véronique Schiltz nous présente la vie des Nomades en nous parlant de leur milieu, de leurs moyens et leurs modes de mobilité ainsi que de leurs armes, vêtements et parures. »

Cet ouvrage est disponible au prêt et en plusieurs exemplaires à la bibliothèque Michelet aux cotes suivantes : 709 UNI 39 ; 4 ID 135 ; 4 COL 10-39 et 4 COL 10-39+1.

Bonne lecture !

Isaline Saunier

Qui étaient les Gaulois ?

Qui étaient les Gaulois ? sous la direction de François Malrain et Matthieu Poux

Un très beau catalogue que vient d’acquérir la bibliothèque Michelet sur une exposition qui se tient actuellement à la cité des sciences et de l’industrie jusqu’au 2 septembre 2012 : Gaulois, une expo renversante.peuples gaulois

Le catalogue d’exposition nous invite à partir à la découverte de ce gaulois « peau neuve ». En effet grâce à l’archéologie et à la multiplication des fouilles depuis les années 70, le gaulois sauvage et hirsute, tel que la seule histoire nous l’a enseigné a subi un formidable lifting. N’en déplaise à Astérix, il a pris un sacré coup dans l’aile, qui le rend plus intéressant que jamais. Si on doit le mettre à nu face à un miroir, voilà ce qu’un observateur voit de lui :

Avant…

Le gaulois est un barbare. C’est l’image dressée par les peuples méditerranéens qui les ont combattus. A cet égard une des principales sources de l’histoire officielle demeure «  la guerre des Gaules » de Jules César. Barbare…oui, qui en dit long sur leur rapport à eux. Le barbare c’est l’étranger, le non civilisé. D’ailleurs le terme à lui seul est chargé de sens, enfin si on peut dire. Il est une onomatopée censée reproduire les borborygmes prenant la place d’un langage formé naturellement de mots. Le gaulois sait à peine parler, alors on imagine sans difficulté qu’il n’écrit pas. D’ailleurs il n’y a pas de source écrite, oui le gaulois, appartient définitivement à la protohistoire. Le gaulois est haut de taille, blond et se promène vêtu de peau de bête. Il vit dans les forêts évidemment noires et profondes. Il a un goût immodéré pour la chasse, ce qui le pousse, plus par vice, que par nécessité à courir toute la journée après ces malheureux sangliers. Privé des lumières, du jour, de l’esprit et de la civilisation, il est économiquement peu développé. Il vit en autarcie, ne pratique pas l’échange, et est comme une épine dans les caligae des romains. Son habitat, à l’image du reste est rustre et fort simple : une hutte en terre et en paille arrondie. Il y mange  le sanglier à l’arrache après un dernier tour de broche. Et tout ceci explique cela : il est bagarreur, indiscipliné et franchement mauvais à la guerre : Rome ne l’a-t-il pas conquis ?


Après…

Le gaulois n’est plus tout à fait le même. Ces vêtements dont on le pare, ont été pas mal confectionnés par les romains et autres peuples méditerranéens. Et ces sacrés romains fiers de leur victoire ont sans doute eu la main un peu lourde ! D’abord il est faux de voir un gaulois inculte. Le gaulois écrit. Certes quelques mots par ci par là mais assez pour avoir recours à un système d’écriture. On a retrouvé des tessons avec des inscriptions de comptes de marchandises et des petits textes commémoratifs sur certains édifices. Ensuite il est faux de voir un gaulois replié sur lui-même. N’en déplaise à leurs détracteurs il est ouvert sur le monde. Il connait l’usage de la monnaie. Il achète, vend, troque et construit des ateliers hautement spécialisés dans les oppida. Ses goûts culinaires sont variés. Et le sanglier, non franchement, ce n’est pas vraiment son truc. Il préfère de loin le porc, le bœuf, le mouton et un peu le chien et le cheval. Il pratique la culture des céréales à grande échelle sur tout le territoire. Autant dire que les forêts sombres et denses c’est très peu pour lui. Sa maison non plus ne rechigne pas à une certaine sophistication. Les murs de terre sont faits d’enduits peints colorés, les bâtiments couverts de tuiles en terre cuite. Enfin il est faux de voir un gaulois n’entendant pas grand-chose à l’art de la guerre. Pour preuve très longtemps il a été utilisé comme mercenaire. Il est même très fort dans la métallurgie, et ses armes sont hautement qualifiées. Non alors vraiment qui ose encore dire que le gaulois c’était mieux avant ?

gaulois

Le gaulois et ses avatars

La France à partir de la révolution redécouvre le gaulois. Il sort du grenier poussiéreux où on l’a remisé et fait une entrée fracassante dans le panthéon collectif. Le peuple français désormais souverain y voit un père et le garant de ses origines. Les gouvernements par la suite  le mitonnent, chacun à leur sauce. Napoléon III redore encore son blason. Il loue son courage, valeur précieuse pour lutter contre les envahisseurs …. De cet idéal recherché Astérix en est le plus bel avatar. Le régime de Vichy brandit son portrait. Il veut montrer qu’une défaite accepté peut être bénéfique. A partir de la seconde guerre mondiale il est de nouveau relégué bien loin de la cour des grands et perd à nouveau de son emprise. Mais l’archéologie et les progrès fulgurants de sa connaissance ces dernières années nous prouve qu’il est plus que jamais d’actualité.

Ce catalogue d’exposition est disponible à la bibliothèque Michelet à la cote : 930.409 364 GAU

Illustrations :
– carte : Catherine Zérini
– « Gaulois revenant de la chasse », Evariste Vital Luminais. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

Maponos et les EX-VOTO…

Mai 2011…

C’est lors d’un séjour en Auvergne, que je me suis retrouvé par hasard au Musée Bargoin de Clermont-Ferrand, où se déroulaient les journées nationales de l’archéologie.

Une toute nouvelle salle venait d’y ouvrir ses portes, la salle EX-VOTO.

« EX-VOTO  » mais qu’est-ce donc …?

N’avez-vous jamais eu envie de remercier votre dentiste après qu’il vous ait ôté une douleur particulièrement horrible…?

Ex-voto qui veut dire littéralement  « d’après le vœu », est une offrande faite à un dieu en demande d’une grâce ou en remerciement d’une grâce obtenue.

Eh bien depuis la nuit des temps… les gens remercient les divinités pour un souhait exaucé, une guérison par exemple.

Tout commence en 1968, dans la banlieue de Clermont-Ferrand, à Chamalière très précisément, au lieu-dit « La source des roches  » : une découverte tout à fait extraordinaire a été faite sur le chantier d’un immeuble en construction.

Près de 1500 pièces de bois sculpté en forme de membres de parties du corps humain ont été découvertes : bras, jambe…  et encore près de 8000 fragments, ou des pièces de monnaies .

« L’inscription portée sur la tablette en plomb est une indication sur le dieu gaulois présidant à la source et invoqué en tant que guérisseur : Maponos. »

Maponos, qui est assimilé à l’Apollon gréco-romain, est probablement le fils du dieu solaire Belenos.

La source était très chargée en gaz carbonique, il est fort probable qu’elle ait été bue et utilisée, entre autres, pour traiter des affections telles que les anémies, le rachitisme, les gastro-entérites, l’anorexie ou les ulcères.

On en a pour preuve les centaines de gobelets retrouvés au fond de la source.

D’autres offrandes (fruits, monnaies, fibules, etc.) ont également été retrouvées dans la source.

2000 ans plus tard, les EX-VOTO quasiment intacts nous sont restitués, comme par miracle.

Se joue dès lors un contre-la-montre. En effet, les objets, alors protégés du temps et de l’oxygène dans la tourbe, se dégradent et s’altèrent très rapidement au contact de l’air.

Après plusieurs étapes de conservation, très méticuleuses, ils sont dévoilés au public.

Je vous conseille un petit détour par le Musée Bargoin à Clermont-Ferrand pour vous replonger près de 2000 ans en arrière dans  « la Source de roches ».

Je vous conseille également de visiter le très beau site internet :

http://www.augustonemetum.fr/ très bien documenté

Vous y retrouverez beaucoup d’informations sur la ville antique de Clermont-Ferrand (Augustonometum) et notamment sur la page « Source des roches ».

Les documents supports pour ce billet sont disponibles à la bibliothèque Michelet sous les cotes :

- 930.01 DAF 82 (libre accès, salle de lecture)
– 4 IG 390 – 82 +1 (consultable sur place)
– 4 IG 390 – 82 + 2 (empruntable à domicile)
– 3 CDROM  cote : CDR 20 +2 (empruntable à domicile)

et également disponible à la bibliothèque Serpente sous la cote :
– 292.35 ROM.

Photos :
- Photo 1 : Facade musée Bargoin (Fabrice Cicard)
Photo 2 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Anne-Marie Romeuf et Monique Dumontet, service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 3 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Montage Hélène Dartevelle, clichés Yves Duterne, (décédé), service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 4 : Chamalières, la Source des Roches. Musée Bargoin © Marion Veschambre
Photo 5 : Chamalières, la Source des Roches. Fouille 1970-1971, « Monique Dumontet et Anne-Marie Romeuf, service régional de l’archéologie – DRAC Auvergne »
Photo 6 : Graines, glands, poteries trouvés dans la source (Fabrice Cicard)

 

Je remercie vivement la DRAC Auvergne pour son aimable autorisation à utiliser les photos du site Augustonemetum.

À propos de « La grotte des rêves perdus » : archéologie, histoire de l’art, cinéma, musique

Je n’aurais pas eu la témérité de proposer cet article si je n’avais pas éprouvé un véritable coup de cœur pour le film La grotte des rêves perdus. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, dépêchez-vous, il est encore temps, sinon, il faudra vous contenter de la sortie prochaine du DVD.

Il fallait s’appeler Werner Herzog pour réussir à obtenir l’autorisation exceptionnelle de tourner ce remarquable documentaire sur la grotte Chauvet, découverte en 1994 par trois spéléologues : Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel et Christian Hillaire. Cette grotte ornée, située en Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc, ne sera jamais ouverte au public pour des raisons de conservation mais un fac-similé doit ouvrir en 2014.

En attendant, la technologie en 3D trouve avec ce film sa pleine justification, permettant au spectateur d’apprécier comme s’il y était les reliefs des sols aux plafonds, ainsi que les contours et les modelés des œuvres, dessins, gravures, peintures, qui s’inscrivent souvent dans la forme même des parois rocheuses. De plus, pour mettre en valeur les peintures, le réalisateur a accordé « une grande importance aux effets de lumière et de clair obscur. »

Si l’on ne connaît pas la grotte Chauvet, le film constitue une excellente initiation grâce également aux explications et commentaires fournis par des chercheurs éminents parmi lesquels Jean Clottes, Jean-Michel Geneste, Gilles Tosello, Carole Fritz, Dominique Baffier…

Due au compositeur et violoncelliste néerlandais contemporain Ernst Reijseger, la musique du film tient une grande place dans La grotte des rêves perdus, (en anglais Cave Of Forgotten Dreams) bien qu’elle puisse s’écouter indépendamment.

La musique contribue à recréer l’ambiance, l’atmosphère mystérieuse et envoûtante de la grotte. Mêlant passé et présent, échos de diverses traditions, la musique fait un pont pour traverser le temps et renforcer les liens qui peuvent nous unir à l’esprit des humains qui nous ont précédés. Elle nous rend ceux-ci plus proches et plus présents malgré la distance temporelle. Les passages de musique chorale continue, sans paroles, au tempo assez lent, formée d’accords tournoyant dans l’espace explorant tous les registres jusque dans les extrêmes aigus pourraient faire penser par moments à Stimmung de Stockhausen ou parfois à des musiques plus anciennes. Ces chœurs alternent avec des morceaux de musique

instrumentale aux multiples effets de sonorités aux multiples recherches de sonorités : cordes et violoncelle joués par le compositeur, piano, flûteau (penny whistle), orgue, ce dernier conférant une dimension mystique et sacrée. Belle, méditative, contemplative, la musique accompagne parfaitement bien le mouvement des caméras sur les magnifiques représentations animalières qui font la gloire de la grotte Chauvet : rhinocéros, félins (lions, panthère), mammouths, ours, bisons, aurochs, bouquetins, chevaux, mégacéros, etc.

Pour filmer dans des conditions souvent difficiles, en se pliant à des règles drastiques, les cameramen ont dû faire preuve, durant tout le tournage, d’une grande ingéniosité doublée d’un infini respect.

A Chauvet, les datations au carbone 14 à partir des échantillons pariétaux prélevés ont (jusqu’ici) déterminé leur appartenance à deux grandes périodes d’occupation très anciennes, l’une au cours de l’Aurignatien, de 33 000 à 29 000 ans ans 14C BP, l’autre au cours du Gravettien entre 27 000 et 24 500 ans 14C BP (Before Present). Ceci est un des points (et loin d’être le seul) qui a suscité le plus d’étonnement : ainsi, les chefs-d’œuvre de Chauvet, tout en étant deux fois plus anciens que ceux de Lascaux par exemple (appartenant au Solutréen ou au Magdalénien) – seraient tout aussi élaborés et aboutis dans leur expression, leur composition et leurs techniques… Une apogée qui laisserait supposer des origines encore plus lointaines…

Le film comporte une séquence musicale inattendue, où l’un des chercheurs (Wulf Hein) joue quelques notes sur une flûte préhistorique reconstituée à partir de quelques fragments retrouvés récemment en Allemagne  : il s’agirait de la flûte la plus ancienne retrouvée à ce jour ?, ca 35 000 ans BP.

« Chaque découverte majeure apporte des nouveautés et des réajustements de nos connaissances. Ce fut le cas avec la grotte Chauvet. (…) On devrait toujours ajouter : « Dans l’état actuel de nos connaissances » ou « jusqu’à plus ample informé » et garder à l’esprit l’immensité de notre ignorance. » (Cf. La grotte Chauvet : l’art des origines, sous la dir. de Jean Clottes).

Depuis sa découverte, la grotte Chauvet est l’objet d’incessantes discussions, travaux et recherches scientifiques pluridisciplinaires. Elle suscite de nouvelles questions et de nouvelles thèses et hypothèses, des interprétations divergentes, en remet parfois en cause d’autres plus anciennes ou les réhabilite.

Sans être spécialiste de l’art pariétal, voir un film comme La grotte des rêves perdus, c’est aussi s’accorder le droit de se faire sa propre idée, d’admirer, de s’émerveiller, de rêver. « […] l’Homme est l’être du monde qui se passionne pour la plus inutile (matériellement) et la plus nécessaire des contemplations, pourvu qu’elle lui fasse, par le rêve, franchir l’étroite barrière de l’immédiat, et s’enfoncer dans ce mystérieux Cosmos des choses qui ne le regardent pas et qu’il ne saurait manger. » (Abbé H. Breuil, Quatre cents siècles d’art pariétal).

L’Abbé Breuil commençait cet ouvrage par la représentation d’ « une très ancienne jeune fille » en train de marcher. Je ne peux pas m’empêcher de rapprocher cette « Dame blanche » (qui elle aussi à donné lieu à de multiples interprétations) de l’une des découvertes les plus émouvantes de la Grotte Chauvet : des empreintes de pieds d’un très ancien pré-adolescent…

C’est sur leurs traces que nous marchons. Alors peut-être, faisant nôtre la part de rêve, même celle des rêves perdus de l’« homo spiritualis », que nous portons en nous, nous entrerons de plain-pied dans le temps des rêves retrouvés.

Pour aller plus loin, nous vous proposons une bibliographie de la grotte Chauvet

Nous adressons nos sincères remerciements au compositeur Ernst Reijseger et au photographe Krijn van Noordwijk.

Photos :
- Ernst Reijseger : © Krijn van Noordwijk (courtesy Ernst Reijseger et Krijn van Noordwijk),
– chevaux de la grotte Chauvet : Wikimedia commons. Domaine public

Un fonds à valoriser : la Réserve de la bibliothèque Michelet

Ce billet reprend les conclusions du mémoire de stage de fin d’études de Mlle Julie Colbus, élaboré en 2010 et intitulé : « Contribution à la valorisation d’une partie d’un fonds patrimonial : le fonds Antique ». Ce stage s’est tenu à la bibliothèque Michelet d’art, d’archéologie et de musicologie.

La Réserve de la bibliothèque Michelet est un fonds d’ouvrages rares et précieux qui porte sur l’histoire de l’art et l’archéologie. Ces livres patrimoniaux sont aujourd’hui introuvables.

Riche de 13.400 documents, les ouvrages anciens antérieurs à l’année 1811 sont constitués de plus d’un millier de partitions et d’une centaine de monographies.

Entre 1811 et 1950, cette caverne d’Ali Baba recense près de 2300 partitions, 10.000 monographies et presque 200 thèses.

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Au titre des raretés, et non des vieilleries, la bibliothèque possède 327 livres rares du 16e, 17e et 18e siècles, surtout des livres musicaux et des partitions.

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Le fonds de la Réserve provient en majorité de dons d’archéologues, avec des ouvrages parfois dédicacés, et de bibliothèques.

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Ainsi, la famille Reinach : Joseph Reinach (1856-1921), historien et auteur de « L’histoire de l’affaire Dreyfus », dont le fils, Adolphe Reinach (1887-1914), archéologue réputé, fut d’ailleurs l’époux de la fille de Mathieu Dreyfus.
Ses deux autres frères, Salomon et Théodore, furent également brillants.

Salomon Reinach (1858-1932) fut membre de l’École française d’Athènes, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres ainsi que conservateur du musée national des antiquités de Saint-Germain en Laye.

Spécialiste de l’antiquité, Théodore Reinach (1860-1928) fut à la fois archéologue, papyrologue, numismate, musicologue et professeur au Collège de France. Ces trois frères laissèrent de nombreux écrits philosophiques et archéologiques.

Louis Couve (1866-1900), érudit passionné par l’histoire antique et maître de conférences de langue et littérature grecques à la faculté des lettres de Nancy fut également un donateur marquant.

Georges Duplessis (1834-1899), conservateur à la Bibliothèque Nationale au département des estampes, mais également chercheur et écrivain, s’était constitué une riche bibliothèque que ses héritiers donnèrent à l’université.

Ce fonds rare, issu de provenances diverses, peu connu, constitue une richesse pour toute la communauté universitaire… à nous de le faire découvrir.

Photos Fabrice Cicard.