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Réaménagement des bibliothèques de Paris Sorbonne

Projet de réaménagement et de modernisation des bibliothèques de Paris Sorbonne : travaux dans les bibliothèques Malesherbes, Marcel Bataillon, Clignancourt et Serpente.

Projet pour les bibliothèques de Paris-Sorbonne

Projet pour les bibliothèques de Paris-Sorbonne

Le projet de réaménagement des bibliothèques universitaires, financé par Sorbonne Universités dans le cadre du volet Vie étudiante et lieux de vie de l’IDEX, est actuellement en phase de réalisation.

Le SCD de Paris Sorbonne avait engagé en 2014 un projet de réaménagement des bibliothèques universitaires, issu d’une réflexion menée par les équipes des bibliothèques en 2013. Une enquête menée en 2015 auprès des étudiants a permis de repérer leurs attentes, notamment d’espaces de travail en groupe.

Projet pour la bibliothèque Marcel Bataillon

Projet pour la bibliothèque Marcel Bataillon

À l’issue d’un dialogue compétitif, c’est le cabinet Lambert Lénack qui a été sélectionné pour mettre en œuvre un projet déclinant un concept de bibliothèque idéale dans quatre bibliothèques.

La bibliothèque Malesherbes et la bibliothèque Marcel Bataillon de l’Institut d’études hispaniques seront fermées pendant toute la durée des travaux, de février à la fin de l’année universitaire 2016. La bibliothèque Serpente sera fermée du 7 mars au 30 juin 2016.

Comment obtenir un livre de nos collections?

Les collections des bibliothèques resteront cependant accessibles, en communication indirecte: les livres pourront toujours être empruntés.

Pour la bibliothèque Marcel Bataillon:

Tous les livres sont déménagés à Clignancourt, en accès indirect. Pour faire une demande en ligne :

Pour la bibliothèque Malesherbes:

Les livres de la salle de lecture sont déménagés à Clignancourt, en accès indirect : ils sont à emprunter et rendre à la BU Clignancourt, du lundi au vendredi de 13h à 18h. Les livres des magasins restent à Malesherbes et pourront être empruntés et rendus au bureau d’accueil temporaire, escalier du Grand Amphi, niveau -1, du lundi au vendredi de 13h à 18h.

N’hésitez pas à contacter les bibliothécaires pour toute question : bibliotheque.malesherbes@listes.paris-sorbonne.fr

Pour les étudiants du centre Malesherbes, l’amphi 111 sera ouvert du lundi au vendredi de 12h à 18h pour permettre de travailler au sein du centre. La salle informatique en accès libre au 3e étage reste ouvert aux horaires habituels.

Pour la bibliothèque Serpente

Pendant la fermeture de la bibliothèque Serpente, la consultation des thèses restera possible : pour les thèses en format papier, depuis un accueil temporaire à la Bibliothèque d’histoire des religions (BHR) du lundi au vendredi, 10h-13h et 14h-17h30 Pour les thèses électroniques en intranet, depuis un ordinateur connecté au réseau de la Maison de la Recherche : salle de lecture de la BHR, aux horaires indiqués ci-dessus.

Pour toute question, contactez emmanuel.descubes@paris-sorbonne.fr

 Amélie Church et Catherine Bourgade
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Semaine test sur la consultation des périodiques du 17 au 22 novembre 2014 à la bibliothèque Malesherbes

Comme les années précédentes à la même époque, une nouvelle  semaine test  est programmée à la bibliothèque Malesherbes autour de la consultation des périodiques du 17 au 22 novembre.

Lors de cette période, les lecteurs seront invités à ne pas ranger les numéros des journaux, revues et magazines consultés, mais à les déposer sur des chariots réservés à cet usage dans la salle des périodiques.

Cette opération permet aux bibliothécaires de connaître les titres consultés en salle et de mieux cerner les usages et les besoins des lecteurs.

Ces semaines test ont notamment permis le développement de l’offre de titres d’actualités en langues étrangères (allemand, danois, italien, néerlandais, norvégien, polonais, suédois, tchèque, russe).

 

Salle des périodique de la bibliothèque Malesherbes

Salle des périodiques de la bibliothèque Malesherbes

Salle des périodiques de la bibliothèque Malesherbes

Salle des périodiques de la bibliothèque Malesherbes

 

La face cachée de Malesherbes

Vous parcourez les rayons de la bibliothèque Malesherbes à  la recherche d’un ouvrage précis et vous désespérez de ne pas le trouver?

Avez vous regardé dans le catalogue en ligne? Celui-ci indique précisément la localisation des livres: soit en salle ( B ou C)  soit en magasin.

La bibliothèque Malesherbes a la caractéristique de posséder près de 250000 ouvrages dont 90% en magasin  (également nommé réserve).  Les magasins ne sont pas accessibles directement par les lecteurs.

compactus bleus

les compactus

Les magasins du bas

les magasins du bas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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les magasins du haut

 

Vous devez donc effectuer votre recherche sur notre catalogue en ligne, noter les références du document (cote – titre – auteur ) sur un bulletin papier et le remettre à  la banque de prêt; le personnel de la bibliothèque se déplace en magasin pour rechercher l’ouvrage demandé.

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A la recherche d’un livre dans les compactus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catalogue des bibliothèques

Catalogue des bibliothèques

Le catalogue en ligne est consultable depuis les postes informatiques de la bibliothèque et de chez vous à l’adresse suivante: http://www.paris-sorbonne.fr/les-bibliotheques  –> catalogue des bibliothèques Paris-Sorbonne

Merci à Lucie pour son aide

Voyage au coeur des bibliothèques singulières et merveilleuses

La Salle de Travail de la Bibliothèque Nationale – Site Richelieu

La bibliothèque fut installée au cours de la première moitié du 18e siècle.

De 1854 à 1875, c’est Henri Labrouste qui, après avoir réalisé la Bibliothèque Sainte-Geneviève, va faire construire les espaces spécifiquement adaptés au fonctionnement de la bibliothèque et réaliser notamment une salle de travail, connue sous le nom de Salle Labrouste, ainsi que le magasin central des imprimés.

Site Richelieu : « Par là on va au magasin central, je m’installe d’habitude à côté du pilier où j’ai fait une croix » – Début XXème siècle. © AKR – DR

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Bibliothèque de l’Abbaye d’Admont

La construction de l’Abbaye d’Admont, en Autriche, remonte au 11ème siècle. Sa bibliothèque rococo somptueuse fut achevée en 1776. Joyaux de l’abbaye dominicaine, elle abrite une importante collection de manuscrits et d’incunables (livres imprimés entre 1405 et 1501).

Ses dimensions sont gigantesques : 13 mètres de haut, 79 mètres de long et 14 mètres de large, le tout surmonté de sept coupoles décorées de fresques en trompe-l’œil de Bartolomeo Altomonte (1701-1783). La Mort, Le Jugement dernier, le Paradis et l’Enfer parsèment le sol de marbre en damier : sculptures figurant les Quatre Dernières choses.

Avec environ 180 000 ouvrages dont 1 400 manuscrits et 530 incunables, cette incroyable bibliothèque garde précieusement des œuvres rares comme l’édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1758) ou la Bible de Martin Luther.

Bibliothèque de l’abbaye d’Admont © Admont Benedictine Monastery

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Les Bibliothèques aux fers

Le tout premier livre à être accessible au public n’est autre que la Bible, qui était enchaînée à la chaire des églises. Des lecteurs pouvaient venir y faire la lecture aux analphabètes. Puis lorsque les bibliothèques (les librairies dit-on au Moyen Age) furent ouvertes au public et non plus réservées aux étudiants de l’université, les livres ne sont consultables que sur place et afin d’éviter les vols, chaque ouvrage était enchaîné et posé sur un pupitre.

A Paris, l’Abbaye de Saint Victor fondée au XIIème siècle et dont l’emplacement se situe aujourd’hui entre la Seine, les rues des Fossés-Saint-Bernard, de Jussieu et Cuvier, avait une riche bibliothèque ouverte au public. Dans la salle de consultation, les manuscrits étaient enchaînés : 85 % des 1081 manuscrits notés dans le catalogue du XIVe siècle de ces livres enchaînés, ont été récupérés par la Bibliothèque Nationale. D’autres possessions comme, les manuscrits liturgiques étaient conservés au chœur, d’autres près du réfectoire, pour la lecture à haute voix, à l’infirmerie à destination des malades et mourants, et d’autres encore constitués de doubles réservés par le bibliothécaire.

Wimborne Minster © Andrew Williams 1891

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De nos jours, il ne subsiste plus que 5 bibliothèques de ce genre dont une aux Pays-Bas et une en Angleterre (cf photos).

La Librije des Pays-Bas est une bibliothèque publique du XVIe siècle. Une bonne partie de la collection des livres originaux existe encore. Trois cents livres environ peuvent être placés sur l’ensemble des pupitres. Le catalogue contient à peu près 750 titres. La partie essentielle de la collection se compose d’achats pendant la première moitié du XVIe siècle. La plus grande partie de la collection originale se trouve sur les pupitres: les livres du XVe siècle et XVIe siècle, assemblés de reliures en cuir magnifiques avec des sceaux et des ferrures.

Pays-Bas – Bibliothèque aux fers © Erik Kwakkel

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Ouverture de nouveaux espaces de travail dans les médiathèques de l’IUFM de Paris

 

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  • A Molitor

Idéal pour ceux qui cherchent à travailler sur leur ordinateur portable ou à s’isoler, le nouvel espace, séparé par une cloison,  regroupe six places de travail (deux tables individuelles et deux tables doubles), équipées de prises électriques et de lampes personnelles.

 

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  • A Batignolles

Idéal pour le travail en groupe, le nouvel espace, fermé et vitré,  contient deux tables de quatre places, équipées de prises électriques. Le niveau sonore doit toutefois rester raisonnable.

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A bientôt dans ces nouveaux espaces, ouverts du lundi au vendredi de 9h30 à 19h.

 

Les adaptations littéraires en bande dessinée

A l’occasion du 40e festival d’Angoulême, la médiathèque de l’IUFM de Paris propose cette semaine une sélection de documents ayant pour thème les adaptations littéraires en bandes dessinées, fréquemment utilisées comme support pédagogique par les enseignants.

L’adaptation littéraire en bandes dessinées : une histoire récente

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Longtemps considérée comme un support destiné aux enfants, la bande dessinée a eu très tôt une ambition didactique : l’adaptation d’œuvres classiques date des années 1940. Présentées en feuilleton dans des revues, ces premières bandes dessinées étaient très fidèles au texte, dont elles contenaient souvent de larges extraits. Elles représentaient parfaitement l’œuvre originale, mais étaient décriées pour leur lourdeur et leur manque d’originalité.

Des auteurs comme René Giffey (Cinq-Mars, 1954) et Auguste Liquois (Don Quichotte, réédité en 1977) s’y sont notamment consacrés.

Dans les années 80, le style des adaptations s’est libéré, en acceptant de s’éloigner un peu de l’œuvre originale: par le biais d’audaces esthétiques, de changements de contexte ou de réécritures. On considère que c’est le Salammbô de Philippe Druillet, adapté de Flaubert et transposé dans un univers futuriste, qui a amorcé le mouvement. Publiée en 1980, cette bande dessinée a été la première adaptation saluée par la critique en tant qu’œuvre à part entière. Hugo Pratt a par la suite livré sa version de l’Île au trésor de Daniel Defoe, et Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline a été adapté par Jacques Tardi.

L’adaptation : un succès de librairie utilisé en classe

De nos jours, les adaptations en bande dessinée connaissent toujours un grand succès, et les éditeurs leurs dédient des collections particulières : Univers d’auteurs chez Casterman, Adaptation littéraire chez Emmanuel Proust, Commedia chez Vents d’Ouest…

Dans le cadre de l’enseignement, l’utilisation en classe de ces adaptations est préconisée depuis les années 70, et de nombreux documents sont disponibles pour faciliter la mise en place de séquences de cours.

Outre les adaptations de textes littéraires, la bande dessinée comprend également des témoignages évoquant des périodes historiques (Maus, d’Art Spiegelman ; Le cri du peuple de Jean Vautrin adapté par Jacques Tardi), des biographies romancées de personnages historiques (Saint-Exupéry, le dernier vol d’Hugo Pratt et Umberto Eco ; Vincent et Van Gogh de Gradimir Smudja) qui sont tout aussi appréciées par les enseignants, en histoire, histoire de l’art ou français.

Pour plus de renseignements sur la bande dessinée, pensez à visiter le site de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

Une année de vitrines thématiques à l’IUFM: les calendriers et la notion de temps

En fonction de l’actualité, les bibliothèques de l’IUFM proposent des vitrines thématiques développant un point précis, et présentant leurs collections.   A l’occasion de la fin de l’année, voici une présentation du dernier thème abordé en 2012 : « Les calendriers et la notion de temps », au cœur de l’actualité de  décembre.

Les calendriers, et les différents systèmes de mesures du temps, ont été utilisés dans toutes les civilisations. Du calendrier Julien des Romains (dont nous tirons le mot Calendrier), en passant par les calendriers solaires, ou cycliques,  la notion de passage du temps a toujours eu un rôle social important, adapté aux valeurs et aux croyances de la société qui les a créés : le calendrier des Egyptiens était basé sur le Soleil et l’arrivée des crues du Nil, le calendrier Hébreu fixait la date de récolte de l’orge. Le calendrier maya, quand à lui, fortement lié à l’astronomie et aux croyances des mayas en une recréation divine cyclique, fixait des millénaires à l’avance les cycles et cérémonies religieuses à célébrer.

Un calendrier aztèque

Un calendrier aztèque. Par Ancheta Wis. CC : BY-SA. Source : wikimedia commons.

Si, au sein des différentes civilisations, l’adoption d’un calendrier et d’outils de mesure du temps étaient le fruit de nombreux tâtonnements et modifications, il en est de même chez l’individu, pour lequel la notion de passage du temps n’est pas innée.

Dans ce cadre, l’une des missions de l’école élémentaire est de faciliter cette compréhension chez l’élève.

A l’école maternelle, il s’agit de lui faire maîtriser les cycles de la vie quotidienne et le « temps social » : la durée entre deux évènements attendus. Pour cela, les enseignants organisent des emplois du temps participatifs et instaurent des rituels marquant le passage d’un moment à un autre. Une fois ces notions comprises, ces moments vont êtres rattachés aux jalons chronologiques du temps : moments de la journée, jours, semaines, mois, années. On introduit peu à peu la notion de passé par le biais d’histoires et d’objets (par exemple, de vieux jouets).

Au cycle 2 (grande section, CP, CE1), on présente aux enfants les outils de la mesure du temps : horloges, emplois du temps quotidiens et hebdomadaires, calendriers. Les enseignants ne parlent pas encore d’histoire, mais abordent la notion de passé, par exemple par l’observation du patrimoine proche (sites ou objets concrets, régionaux et facilement accessibles).

Enfin, au cycle 3 (CE2, CM1, CM2), apparaissent l’histoire et la géographie : les élèves acquièrent des repères chronologiques et spatiaux et commencent à appréhender la complexité du monde, en étudiant divers types de documents : textes sources, cartes, photos, graphiques… Ces connaissances préparent les élèves aux cours qu’ils suivront au collège.

Pour plus de précisions sur ce sujet, le texte original présenté dans les vitrines de l’IUFM, ainsi qu’une bibliographie, sont disponibles sur la page des vitrines.

Le service Rue des facs : une aide à distance

  • Le service Rue des facs permet de poser des questions à distance à des bibliothécaires en Ile-de-France. (Le service est accessible par le bouton à droite du blog « In Quarto ».)
  • Il propose l’assistance de bibliothécaires dans une recherche documentaire. L’usager renseigne le domaine parmi douze catégories proposées dans lequel prend place sa question. Un(e) bibliothécaire faisant partie du réseau participant des bibliothèques universitaires d’Ile-de-France répond dans les 48 heures. Les questions sont traitées par différentes équipes selon la discipline du sujet.
  • La réponse est autant une réponse documentaire qu’une orientation vers des outils de recherche documentaire (bibliographies, bases de données…) ou encore une aide méthodologique. Les questions et les réponses traitées dans Rue des facs sont regroupées dans un blog référencé sur le portail Hypothèses.org, si l’auteur de la question donne son accord.
  • Rue des facs s’inscrit dans un paysage de services de questions à distance aux bibliothécaires parmi lesquels « bibliosésame » de la Bibliothèque Publique d’Information, « Questions ? Réponses ! » de l’Ecole Nationale Supérieures des Sciences de l’Information et des Bibliothèques et « Le Guichet du Savoir » de la bibliothèque municipale de Lyon.

Des chiffres sur le dos d’un livre, oui mais pour quoi faire ?

Certes, en bon lecteur, vous savez déjà que les chiffres présents sur le dos d’un livre désignent une cote. Mais sans doute désireriez-vous en savoir un peu plus sur ces codes quelque peu énigmatiques. Car malgré certaines apparences, ceux-ci sont loin d’être arbitraires. Découvrez alors dans les lignes qui suivent le ressort caché de ces merveilleuses formules.

Libre accès et magasin

Ces combinaisons de chiffres obéissent à une logique bien spécifique dans un système de classement conçu pour aider le lecteur et les bibliothécaires  à se repérer facilement dans les domaines de la connaissance. A la bibliothèque Michelet et pour la plupart des bibliothèques du SCD la classification en libre accès est systématique et suit celle élaborée en 1876 par un bibliothécaire devenu alors célèbre, Melvil Dewey.

Ce système aujourd’hui baptisé classification décimale Dewey (CDD) est le plus utilisé dans le monde et la quasi-totalité des bibliothèques universitaires françaises l’ont adopté. Il se traduit par un régime de notation et obéit à une norme élaborée à partir d’indices. Les indices se réfèrent et se construisent par le traitement intellectuel du document. Cette notation vise alors à décrire avec une précision plus ou moins grande selon le souhait du bibliothécaire le contenu du livre.

A l’inverse, les livres rangés en magasin suivent une toute autre logique. Elle n’a rien d’universelle ; c’est ce qu’on appelle une cote « maison ».

Mais alors la Dewey dans tout ça, c’est quoi au juste ?

La Dewey est à la fois une cote et un indice. Elle sert autant à l’indexation qu’à ranger les livres sur les étagères. Les connaissances y sont réparties en dix grandes classes :


000 : Informatique.
100 : philosophie, parapsychologie, occultisme, psychologie.
200
: religion.
300 : sciences sociales.
400
: langues.
500 : sciences de la nature et mathématiques.
600 : technologies.
700 : arts et beaux arts décoratifs.
800
: littérature.
900 : histoire géographie.

Les 10 classes se divisent ensuite en 10 divisions qui se divisent en 10 sections.

Ainsi, par exemple la sculpture au Bénin : 730.966 83

L’indice 730 représente la notation pour la sculpture, 9 la subdivision commune introduisant une ère géographique, l’indice 966 précisant qu’il s’agit de l’Afrique occidentale et 83 du Bénin.

Et avant comment faisait-on ?

Dans la Rome Antique, les livres des bibliothèques étaient simplement classés par sujet. On rangeait ensemble les livres écrits en latin, puis ceux en grec.

Au Moyen Age, principalement dans les bibliothèques ecclésiastiques, les livres étaient encore une fois classés en fonction de leur sujet, mais aussi en fonction de leurs dimensions ou leur ordre d’entrée. Actuellement, le rangement en magasin reprend à certains égards ce système de classification médiéval. Les livres profanes étaient divisés dans le catalogue entre le Trivium (grammaire, dialectique, rhétorique) et le Quadrium (géométrie, arithmétique, astronomie, musique). Y était ajouté un indice de localisation qui indiquait un numéro de pupitre, de rayon et d’entrée.

Puis Gabriel Naudé, bibliothécaire de Mazarin,  fut l’un des précurseurs de la Dewey. Dans son livre écrit en 1627, L’advis pour dresser une bibliothèque, il préconise de classer les livres par thématiques entre la théologie, les mathématiques, la médecine, la jurisprudence, les humanités, la philosophie, l’histoire.

Finalement, la Dewey constitue une petite révolution  pour les bibliothèques en libre accès. Par une simple combinaison de chiffres il est possible de connaître avec précision le contenu d’un livre. Cette traduction d’un langage sémantique en une formule mathématique peut paraître hermétique néophyte mais s’avère être la source d’une richesse inépuisable pour offrir un classement précis.

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La vie de la première bibliothèque du collège de la Sorbonne

Vous souhaiteriez connaître le fonctionnement de la toute première bibliothèque du collège de la Sorbonne ? Quelles collections  conservait-elle ? Comment le bibliothécaire gérait-il le fonds ? Et que dire des lecteurs ? Avaient-ils les mêmes droits ? Y avait-il beaucoup de différences avec nos SCD ? Pas si sûr…

Au XIIIe siècle naît l’université de Paris et le collège de la Sorbonne est fondé en 1257 près de la montagne Sainte-Geneviève. À l’origine, l’université est une association spirituelle regroupant maîtres et étudiants dans la défense d’intérêts communs. Le collège est un pensionnat destiné à loger les plus pauvres des étudiants avant de s’étendre aux autres. Au fur et à mesure de leur développement, les maîtres suivent leurs élèves et viennent y dispenser leur enseignement.

Le collège de la Sorbonne  abrite dès son édification des manuscrits, la plupart en latin. La majeure partie provient des dons de clercs, sociétaires d’alors. Durant les 15 premières années, peu nombreux, ils sont déposés dans des coffres, au trésor, salle où l’on conserve les objets de valeur. Difficile alors de parler de véritable bibliothèque.

Les dons continuent à affluer. En 1289, on organise enfin une bibliothèque digne de ce nom. Grâce à son nombre de volumes (près de 1 000), elle est déjà la plus grande de Paris et une des plus importantes d’Europe.

Comment est organisée la bibliothèque ?

La première bibliothèque est aménagée au premier étage du collège dans une pièce longue et étroite. Elle mesure 40 pas de longueur et 12 pas de largeur. Elle est éclairée par 38 fenêtres. Les subdivisions du catalogue ornent les murs et les vitraux. Cette salle est la bibliothèque commune bientôt appelée « magna libraria » (grande bibliothèque). C’est l’actuel libre accès. La « parva libraria » (petite bibliothèque) renferme les doubles, les volumes rarement consultés et ceux réservés au prêt. C’est l’actuel magasin.

Dans la bibliothèque commune, les livres sont enchaînés à des pupitres inclinés (26) disposés en rangées. Ils sont posés à plat sur le pupitre et sur un rayon placé en dessous. Une ferrure rivée à la reliure du manuscrit retient l’un des bouts de la chaîne. Une tringle commandée par une serrure à l’extrémité relie l’autre bout. Ces chaînes ont pour but de prévenir les vols.

Dans la petite bibliothèque, dans le même souci, les livres sont déposés dans des armoires et coffres fermés à clé. On y appose des marques de propriété, équivalent des tampons sur la page de garde. Au début, l’autorisation d’emprunter est  réservée aux sociétaires. Puis, à la fin du XIIIe siècle, elle s’étend à un plus large public. C’est le cas des anciens sociétaires, étudiants extérieurs, maîtres en théologie et universitaires extérieurs. Pour emporter à domicile il faut s’identifier. On  inscrit les noms et les ouvrages sur des feuilles volantes ou sur les pages de garde blanches. On découpe ces mentions une fois le retour fait. Les prêts sont gratuits. A partir de 1321, les lecteurs extérieurs devront s’acquitter d’une caution.

Quelles sont les règles ?

La bibliothèque est régie dès son origine par un règlement draconien. Il se précise en 1321. La bibliothèque est considérée comme un lieu sacré. Les lecteurs ne peuvent  ni parler,  ni  chuchoter. Ils ne doivent pas déranger quiconque en marchant.

Les ouvrages sont fragiles. Ils sont menacés de toute part. Par la poussière, l’eau, l’huile, le feu, les taches de cire et de graisse. Les lecteurs doivent alors se laver les mains et refermer le livre après chaque consultation à l’aide du fermoir. Les œuvres ne sont pas non plus à l’abri des coups de canifs et de ciseaux. Faire des signets est d’un usage courant. De même que de découper le folio pour s’en faire du brouillon. Pour chaque délit, on exige six deniers. Et dans certains cas on recourt à l’excommunication.

La bonne conservation des collections passe aussi par le contrôle strict de l’entrée de la bibliothèque. Elle est interdite aux enfants et aux illettrés. Les étrangers doivent être accompagnés par un membre du collège. Il se reconnaît à sa tenue composée  d’une robe et d’un bonnet. Il est responsable de son hôte. Il possède une clé de la bibliothèque et doit fermer la porte après chaque passage.

Les professeurs ne sont pas des lecteurs ordinaires. Ils ont quelques privilèges, dont celui de pouvoir consulter en priorité les ouvrages demandés. Et certains folio leurs sont seuls réservés. Il s’agit pour la plupart d’écrits interdits.

Comment le bibliothécaire gère-t-il son fonds ?

Un premier catalogue est mis en place à la fin du XIIIe siècle. Les manuscrits sont classés par sections et, à l’intérieur de chacune d’entre elles, les auteurs par ordre alphabétique.

La première section comprend le trivium (grammaire, rhétorique, logique). La deuxième, le quadrivium (arithmétique, astronomie, musique, alchimie, géométrie, médecine). La troisième, la partie religieuse (textes sacrés, commentaires, concordances, pères de l’Église).

Le bibliothécaire donne à chaque volume un numéro d’ordre à l’intérieur de chaque section, par exemple le numéro 8 parmi les livres de Saint Bernard.

En 1321, un nouveau catalogue est mis en place. La bibliothèque comprend, en 1338, 1 720 ouvrages dont 300 dans la « magna libraria » et  1 400 dans la « parva libraria ». Désormais deux catalogues coexistent. Le premier donne la liste des volumes avec un titre abrégé dans l’ordre où ils figurent sur les pupitres. Le titre de chaque volume est accompagné des premiers mots du texte. Une cote ABC leur est attribuée. Un deuxième catalogue est une sorte d’index du contenu des volumes répartis par matière (grammaire, logique, écritures…) car un ouvrage peut porter sur plusieurs sujets. Ici les mots du second ou de l’avant-dernier feuillet remplacent les premiers mots du texte.

Ces catalogues sont constitués pour la commodité des bibliothécaires eux-mêmes, afin d’assurer la bonne gestion du fonds. Les étudiants et les maîtres n’y ont pas accès.

Au fil des ans, le fonds ne cesse de s’accroître. Dans la seconde moitié du XVe siècle, la première presse s’installe  à la Sorbonne et le nombre d’imprimés dépasse celui des manuscrits. En 1770, une partie des collections du collège rejoint la toute nouvelle bibliothèque de la Sorbonne sous le nom de Bibliothèque de l’Université de Paris.

Photos :
– vue du collège de Sorbonne en 1550. Domaine public. Source : Wikimedia commons,
– Rector of the University of Paris and Doctor of the Sorbonne. Domaine public. Source : Wikimedia commons,
– Miniature Prayer Book In Latin, illuminated manuscript on parchment. Domaine public. Source : Wikimedia commons.