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« A bord des paquebots, 50 ans d’arts décoratifs » de Frédéric Ollivier, Franck Sénant, Ameyric Perroy

A bord des paquebots, 50 ans d’arts décoratifs, de Frédéric Ollivier, Franck Sénant, Aymeric Perroy : un ouvrage passionnant entré récemment dans les collections de la bibliothèque Michelet. Il y est question de paquebots, d’arts décoratifs et du célèbre France mis en service en 1912 puis reconstruit en 1960. Afin de vous replonger dans l’histoire des paquebots de légende, voici une petite revue du France de 1960…

11 mai 1960 : Le France est lancé !

Le 11 mai 1960 Mme de Gaulle coupe le fameux ruban. Le France est lancé ! Pendant près de quatorze ans, il n’aura de cesse de parcourir les mers.  Sa ligne régulière le Havre-New-York est un franc succès. Au plus fort de son triomphe il accueille jusqu’à deux mille passagers. Très vite la compagnie générale transatlantique décide de lui donner cette french attitude en organisant des croisières. En 1972, le France, pour la première fois parcourt le monde en moins de quatre-vingt-huit jours, pas loin du record de Phileas Fogg…

Parcours guidé…

Le France ne compte pas moins de vingt-deux ponts. Le pont le plus élevé est le pont d’observation. Il supporte les fameuses cheminées si emblématiques de la physionomie du France. En descendant on accède à la passerelle du commandant et de ses adjoints. Leurs appartements particuliers y sont installés. En dessous le « pont de salut » réunit les canots de sauvetage au cas où… Le pont principal est le pont d’embarcation. Il supporte les trois halls d’embarquement et les bureaux administratifs. Le pont C abrite les cabines du personnel.  Les cabines des passagers et les installations diverses occupent le reste de la hauteur du paquebot. Cependant l’esprit de classe, il faut bien le dire, guide la répartition de l’espace. La première et la seconde classe (dite classe Touriste) disposent de ponts qui leur sont dédiés. Chacune a son propre salon, sa propre salle à manger, son fumoir, sa promenade couverte…

Être à bord du France c’est profiter de…

Être à bord du France c’est l’assurance d’être en vacances 24 heures sur 24 et d’avoir pour unique occupation se divertir, se divertir et encore se divertir. La cuisine y est excellente. Le saumon de Gaves braisé Castel de Nérac avec ses truffes est une des nombreuses spécialités. On prend l’habitude de profiter du spectacle de la mer sur ces fameux fauteuils pliants « Transat » dont le terme nous vient tout droit de la compagnie transatlantique. Et la vie à bord est pourtant loin d’être de tout repos. D’abord on s’amuse un peu. On joue sur les ponts au suffle-board (marelle), au ball-trap (jeu de tir), au squash, au bowling, au golf. Ensuite on fait du sport. Du footing, de la natation, du tennis, du basket, de la boxe, de l’escrime et même du vélo sur le pont promenade où des tournois sont organisés. Pour finir, surtout on fait la fête ! Jusqu’au petit matin dans les salons où des artistes se produisent, sur les pistes de danse au son des yéyés, dans les bars où l’on refait le monde. Accessoirement on boit un peu, beaucoup, en l’honneur du commandant et de ce formidable voyage… pendant qu’on a laissé les bébés à la nursery ou les animaux au chenil…

Et d’autres choses encore…

Il y a ces réjouissances et il y a les autres… Car le France n’est hélas pas totalement le paradis sur terre, loin s’en faut ! Il s’y passe les choses ordinaires que l’on redoute chaque fois toujours un peu. Il y a là d’abord ces hors la loi qui auraient peut-être franchi un peu trop vite la passerelle. Les voyageurs clandestins et autres scélérats  qui échappent un temps au contrôle de l’embarcation terminent très vite leur agréable voyage entre les murs de béton de la vénérable prison. Il est rapporté que le voleur de bijoux de Mme Eric B s’y est vu assigné à résidence. De même que l’agresseur de MME Dorothy B ruée de coups dans sa cabine. Il y a ensuite ces moribonds trop pressés d’embarquer, qui n’auraient rien vu venir. Un hôpital abrite des malades parfois à l’article de la mort, et près des réserves alimentaires, un réfrigérateur fait même office de morgue ! En attendant on dispose toujours de la chapelle pour prier…

Mais Le France c’est surtout et encore…

Luxe, luxe, et beauté.  A bord du France la devise semble avoir été tout (ou presque) pourvu que ce soit agréable à l’œil ! Avec une condition ; le choix des matériaux. La bête noire de la compagnie étant l’incendie, on a coutume de dire que tout est en aluminium sauf la baguette du chef d’orchestre et le billot du boucher. Le mobilier en partie signé René Prou et la chapelle recouverts entièrement de ce métal témoignent de ce souci. Pour les plus riches c’est le comble du raffinement. Avec les suites de Provence et de Gascogne, les appartements Ile-de-France et Normandie. Ces logements et les cabines de luxe sont ornés de précieuses tapisseries et toiles de maitre. Dans le salon privé on peut admirer « les jardins de Montmartre » d’Utrillo, dans le fumoir se relaxer devant une tapisserie monumentale de Picart le Doux. La salle de jeux des enfants est recouverte sur une grande partie de sa surface d’une peinture de Jean Adrien Mercier représentant l’arche de Noé. Les plus grands de la déco y ont laissé leur marque. Jean Leleu pour la bibliothèque, le salon de lecture, le salon de bridge. Raymond Subes pour la chapelle. André Arbus pour le fumoir, Georges Peynet pour la salle de spectacles …

Pour prolonger ce merveilleux voyage vous pouvez trouver A bord des paquebots, 50 ans d’art décoratif, de Frédéric Ollivier, Franck Sénant, Aymeric Perroy à la bibliothèque Michelet, cote 4F 647.