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Des chiffres sur le dos d’un livre, oui mais pour quoi faire ?

Certes, en bon lecteur, vous savez déjà que les chiffres présents sur le dos d’un livre désignent une cote. Mais sans doute désireriez-vous en savoir un peu plus sur ces codes quelque peu énigmatiques. Car malgré certaines apparences, ceux-ci sont loin d’être arbitraires. Découvrez alors dans les lignes qui suivent le ressort caché de ces merveilleuses formules.

Libre accès et magasin

Ces combinaisons de chiffres obéissent à une logique bien spécifique dans un système de classement conçu pour aider le lecteur et les bibliothécaires  à se repérer facilement dans les domaines de la connaissance. A la bibliothèque Michelet et pour la plupart des bibliothèques du SCD la classification en libre accès est systématique et suit celle élaborée en 1876 par un bibliothécaire devenu alors célèbre, Melvil Dewey.

Ce système aujourd’hui baptisé classification décimale Dewey (CDD) est le plus utilisé dans le monde et la quasi-totalité des bibliothèques universitaires françaises l’ont adopté. Il se traduit par un régime de notation et obéit à une norme élaborée à partir d’indices. Les indices se réfèrent et se construisent par le traitement intellectuel du document. Cette notation vise alors à décrire avec une précision plus ou moins grande selon le souhait du bibliothécaire le contenu du livre.

A l’inverse, les livres rangés en magasin suivent une toute autre logique. Elle n’a rien d’universelle ; c’est ce qu’on appelle une cote « maison ».

Mais alors la Dewey dans tout ça, c’est quoi au juste ?

La Dewey est à la fois une cote et un indice. Elle sert autant à l’indexation qu’à ranger les livres sur les étagères. Les connaissances y sont réparties en dix grandes classes :


000 : Informatique.
100 : philosophie, parapsychologie, occultisme, psychologie.
200
: religion.
300 : sciences sociales.
400
: langues.
500 : sciences de la nature et mathématiques.
600 : technologies.
700 : arts et beaux arts décoratifs.
800
: littérature.
900 : histoire géographie.

Les 10 classes se divisent ensuite en 10 divisions qui se divisent en 10 sections.

Ainsi, par exemple la sculpture au Bénin : 730.966 83

L’indice 730 représente la notation pour la sculpture, 9 la subdivision commune introduisant une ère géographique, l’indice 966 précisant qu’il s’agit de l’Afrique occidentale et 83 du Bénin.

Et avant comment faisait-on ?

Dans la Rome Antique, les livres des bibliothèques étaient simplement classés par sujet. On rangeait ensemble les livres écrits en latin, puis ceux en grec.

Au Moyen Age, principalement dans les bibliothèques ecclésiastiques, les livres étaient encore une fois classés en fonction de leur sujet, mais aussi en fonction de leurs dimensions ou leur ordre d’entrée. Actuellement, le rangement en magasin reprend à certains égards ce système de classification médiéval. Les livres profanes étaient divisés dans le catalogue entre le Trivium (grammaire, dialectique, rhétorique) et le Quadrium (géométrie, arithmétique, astronomie, musique). Y était ajouté un indice de localisation qui indiquait un numéro de pupitre, de rayon et d’entrée.

Puis Gabriel Naudé, bibliothécaire de Mazarin,  fut l’un des précurseurs de la Dewey. Dans son livre écrit en 1627, L’advis pour dresser une bibliothèque, il préconise de classer les livres par thématiques entre la théologie, les mathématiques, la médecine, la jurisprudence, les humanités, la philosophie, l’histoire.

Finalement, la Dewey constitue une petite révolution  pour les bibliothèques en libre accès. Par une simple combinaison de chiffres il est possible de connaître avec précision le contenu d’un livre. Cette traduction d’un langage sémantique en une formule mathématique peut paraître hermétique néophyte mais s’avère être la source d’une richesse inépuisable pour offrir un classement précis.

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