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La langue chinoise à l’IUFM

Depuis plusieurs années, l’enseignement du chinois dans les collèges et lycées français connaît un essor sans précédent, dépassant le russe, le portugais, l’arabe et l’hébreu dans les langues les plus enseignées du secondaire.

Il y a d’ailleurs en France une longue tradition de l’enseignement du chinois : la première chaire de langue chinoise au Collège de France a été créée en 1814. L’enseignement du chinois au lycée a commencé en 1958, puis dans les années 1970 au collège. Aujourd’hui, 40% des 30 000 élèves français apprenant le chinois commencent leur apprentissage au collège, les autres ne débutant qu’en seconde.

Pourtant, il n’y a que 400 professeurs de chinois dans toute la France et seuls 40% d’entre eux sont titulaires. Victime des précédentes réductions budgétaires, le recrutement a fortement décru : en 2012, seul le CAPES interne était ouvert. En 2013, ce sont 15 postes qui seront ouverts au CAPES externe tandis que les autres concours (CAPES interne, agrégation) seront fermés.

Malgré tout, le fonds de chinois de l’IUFM connaît une popularité grandissante. Il est massivement emprunté par les étudiants de master de l’INALCO, régulièrement présents dans nos locaux pour suivre des cours les préparant aux concours de l’enseignement. Il compte aujourd’hui plus de 150 documents sur divers supports pouvant être utilisés par les futurs professeurs pour faire la classe : manuels scolaires pour le primaire et le secondaire, ouvrages de grammaire et de vocabulaire, cahiers d’exercices pour l’initiation à l’écriture des idéogrammes, littérature bilingue, une vingtaine de films et un abonnement à la revue Planète Chinois.

 

L'empire du sensPetit à petit, le fonds s’enrichit à l’intention de nos lecteurs. Voici donc quelques unes des nouveautés que vous pourrez venir consulter à l’IUFM.

  • L’Empire du sens : à la découverte de l’écriture chinoise, Joël Bellassen et Chen Dehong, Ed. You Feng et CNDP, 2011
    Ce hors-série de Planète Chinois s’adresse à tous, petits et grands, ayant ou non déjà abordé la culture et la langue chinoise. Chaque double page présente un idéogramme. A gauche, Joël Bellassen nous dévoile, dans un explicatif s’appuyant sur la culture et l’histoire de la Chine, sa signification, son écriture et les expressions dans lesquelles on peut le retrouver. En regard, un tableau du peintre Chen Dehong entre en résonance avec l’idéogramme présenté : la calligraphie à l’encre noire forme l’ossature de ses peintures avant de dériver vers l’imaginaire.

Caractères chinois

  • Caractères chinois : l’art et le sens du hanzi, James Trapp, Guy Trédaniel éditeur, 2012
    Cet ouvrage, présentant la signification de 86 caractères chinois, est véritablement un bel objet. Il a été réalisé suivant les techniques de reliure traditionnelle chinoise. Cette méthode a été développée à l’époque de la dynastie Ming (1368 – 1644) et a été employée jusqu’à l’adoption des techniques occidentales au début du XXe siècle. On peut facilement observer que les feuilles ne sont imprimées que sur une seule face et que les feuillets ont été pliés en deux, face imprimée vers l’extérieur, avant d’être cousus.

Au temple du dragon bleu

  • Au temple du dragon bleu : authentiques poèmes zen, Cheng Wing fun et Hervé Collet, Moundarren, 2007
    La préface de ce document nous apprend que le chan (zen en japonais) est la transcription phonétique chinoise du sanscrit dhyana, contemplation. C’est le produit subtil et radical de l’infusion de l’enseignement du Bouddha dans la pensée taoïste chinoise de Lao tzu et Chuang tzu. Il connut son âge d’or en Chine entre les 7e et 9e siècles. Ce livre bilingue français – chinois rassemble des poèmes composés par de grands poètes chinois qui vécurent entre les 7e et 18e siècles. Selon les traducteurs, ces textes exhalent le parfum caractéristique du zen, le parfum de la liberté absolue.
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Architecture et urbanisme des bords de mer

Voici un ouvrage acquis tout récemment à la bibliothèque Michelet : Architecture et urbanisme. Villégiature des bords de mer. XVIIIe- XXème siècle, sous la direction de Bernard Toulier. Editions du patrimoine.

N’hésitez pas à vous plonger dans ce formidable ouvrage relatant  la naissance des stations balnéaires en France et leur formidable développement.

Et celle-ci est d’une importance capitale tant elle imprègne de son urbanisme et de son architecture nos 5533 kilomètres de cotes.

Voici pour vous mettre l’eau à la bouche un petit aperçu sur cette formidable invention dont l’auteur nous fait goûter la saveur dans une partie de l’ouvrage consacrée uniquement à l’histoire du phénomène. Invention qui a permis au fil du temps à des vacanciers toujours plus nombreux de profiter du soleil et des plaisirs de la mer.

Nous apprenons que la mer, autrefois considérée comme un véritable antre diabolique, connait au XVIIIème siècle un autre destin grâce à l’essor de l’océanographie. Elle se voit débarrassée de son côté maléfique. Les vertus de l’eau salée sont découvertes  et avec elle un nouveau type de bains, dit bain à la lame. Au vu de ces informations, on imagine alors combien il faut  avoir une profonde foi dans la science pour venir plonger dans cette eau froide jusqu’à la suffocation.

Et c’est toute une philosophie qui naît avec elle : on promet de faire de l’homme qui s’y adonne un être pur grâce à la régénération du cerveau et du système nerveux. Cette pratique innovante attire les aristocrates et les riches bourgeois. La station balnéaire est née. Elle est le plus souvent construite ex nihilo, espèce d’enclave en marge des populations locales. Ces riches stations s’avèrent des plus confortables et sont recherchées très vite pour leurs plaisirs et leurs établissements de soins utilisant l’eau de mer, plus que pour les bains de mer froids stricto sensu, jugés somme toute finalement assez désagréables. Au programme : bains de mer dans des cabines roulantes, promenades sur les jetées nouvellement aménagées, bals et jeux dans les casinos, golf, tennis sur gazon.

Au fil des pages, l’auteur nous dévoile que c’est au milieu du XIXème siècle, avec le développement du réseau ferré que la bourgeoisie prend modèle sur ses bienheureux prédécesseurs. Les plus modestes d’entre eux se mettent à rechercher les « petits trous pas chers ».  Et c’est avec un naturel non feint que l’auteur nous dit encore que les divertissements se multiplient : jeux de glisse, régates, courses hippiques. Des jardins d’acclimatation, aquariums, musées océanographiques, port de plaisance pour yachts voient le jour. Bref de nouveau le rêve à portée de main. Et les enfants constituent aussi une nouvelle clientèle privilégiée avec la fondation des colonies de vacances et hôpitaux marins pour les petits chétifs et anémiques.

Enfin, l’historien nous en dit un peu plus sur cette dernière vague de touristes après la première guerre mondiale. En effet les classes populaires font leur grande rentrée sur le front de mer. Les congés payés en 1936 et l’octroi de la troisième semaine de congés payés en 1956 sonnent l’avènement du tourisme de masse. On est plus gourmand. Les résidences hors saison se développent et les équipements sont utilisés toute l’année.

Les vertus de la mer, du soleil, du sport, du farniente, si elles étaient déjà reconnues, sont désormais la chose la mieux partagée. L’inauguration de l’autoroute du soleil devient le symbole de ces voitures prises dans les embouteillages dont les souvenirs heureux ou malheureux perdurent alors  toute l’année et jusqu’à aujourd’hui encore.

Vous pouvez consulter cette ouvrage à la cote 720 TOU en libre accès.

Photos : cartes postales anciennes. Catherine Zerini.