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Gustave Doré dans les collections des Bibliothèques de Paris-Sorbonne

Du 18 février au 11 mai 2014, Le Musée d’Orsay présente une exposition sur l’œuvre de l’illustrateur Gustave Doré. A cette occasion, nous vous proposons un tour dans les collections des différentes bibliothèques de Paris-Sorbonne, pour préparer une éventuelle visite ou découvrir le travail du « plus illustre des illustrateurs. »

Un des précurseurs de la Bande Dessinée

Publié à 12 ans, employé par un journal satirique à 15 ans, Gustave Doré (1832-1883) a un talent précoce pour le dessin. De 15 à 18 ans, il signe quatre albums qui seront plus tard identifiés comme faisant partie des prémices de la bande dessinée : Les Travaux d’Hercule (1851), Trois artistes incompris et mécontents (1851), Désagréments d’un voyage d’agrément (1851) et Histoire pittoresque dramatique et caricaturale de la Sainte-Russie (1854). Ces albums se distinguent par l’inventivité dont le jeune illustrateur fait preuve  de page en page.

A consulter : Histoire pittoresque, dramatique et caricaturale de la Sainte Russie : d’après les chroniqueurs et historiens Nestor, Nikan, Sylvestre, Karamsin, Ségur, etc. / commentée et ill. de 500 dessins par Gustave Doré Disponible à la bibliothèque Malesherbes. Cote: QRU 1806 (à demander aux bibliothécaires).

Un des grands illustrateurs de la littérature classique

Cependant, Gustave Doré cherche à s’établir professionnellement, et abandonne la veine comique. Il s’installe à Paris, où il obtient des commandes pour illustrer les œuvres classiques d’auteurs comme Rabelais, Milton, Dante, Lord Byron … Il illustre les œuvres de Balzac, et le Don Quichote de Cervantes.

La Barbe-Bleue confiant la clé-fée, extrait des Contes de Perrault, édités en 1862.

La Barbe-Bleue confiant la clé-fée, extrait des Contes de Perrault, édités en 1862.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A consulter : L’Enfer / de Dante Alighieri; avec les dessins de Gustave Doré; trad. française de Pier-Angelo Fiorentino. Paris : Ed. Lidis, 1980. Reprod. de l’édition originale de 1868. Disponible à la bibliothèque Malesherbes. Cote : QIT-1650 (à demander aux bibliothécaires).

The Raven / Edgar Allan Poe; illustrated by Gustave Doré; with comment by Edmund C. Stedman. [Gloucester] : Dodo Press, [2007]. Disponible à la bibliothèque Clignancourt. Cote : EU 81 POE 3 rav.

El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha / Miguel de Cervantes Saavedra; ed. IV centenario adornada con 356 grabados de Gustavo Doré. Madrid : Ed. Castilla, S.d. Réimpression : 1966. Disponible à la Bibliothèque des Ibériques. Cote : 3H99 (à demander aux bibliothécaires)

Les contes de Perrault / préface de Pierre-Jules Hetzel, illustré par Gustave Doré. Paris : ed. de Lodi, 2003. Disponible à la Médiathèque Batignolles de l’ESPE de Paris. Cote : J C PER.

Un illustrateur engagé

Particulièrement reconnu en Grande-Bretagne, suite à son travail sur la Bible, il ouvre une galerie à Londres en 1867, et se voit proposer de travailler sur un livre représentant les différents aspects de la ville de Londres. Cet ouvrage est très décrié lors de sa parution en raison de l’insistance de Gustave Doré à représenter la pauvreté de certains quartiers. Soucieux de décrire le monde dans sa réalité, il s’est en effet livré à un travail d’enquête dans les différents quartiers en compagnie de son co-auteur, Blanchard Jerrold, et de deux inspecteurs de police.

Over London by rail, image extraite de London, a pilgrimage, édité en 1872

Over London by rail, image extraite de London, a pilgrimage, édité en 1872

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A consulter : Londres / de Gustave Doré ; prés. par Bernard Noël. Paris : A l’Enseigne de l’arbre verdoyant : A. Colin, 1986. Disponible à la bibliothèque Clignancourt. Cote : 1 Arts, Musicologie – 709.2 DOR 1

 

Un artiste aux nombreux talents

Tout au long de sa carrière, dessin et gravures ne seront qu’une partie de son abondante production : il peint de nombreuses toiles, et une partie de ses sculptures sont encore visibles dans Paris de nos jours.

A consulter : Gustave Doré, un peintre né : exposition au Monastère royal de Brou, 12 mai-16 septembre 2012. [Paris] : Somogy Éditions d’art, impr. 2012. Disponible à la bibliothèque Michelet. Cote : CAT* 2012-66 (à demander aux bibliothécaires).

Il décède à Paris en 1883, en laissant une œuvre imposante qui inspirera nombre d’illustrateurs et de cinéastes.

Le travail et la carrière de Gustave Doré permettent d’aborder le rôle des illustrateurs au XIXe siècle : souvent autant artistes qu’illustrateurs de presse, ils anticipent le rôle que tiendront les photographes au siècle suivant. Dans leurs dessins,  ils s’attachent à dépeindre la dureté du monde.

A consulter : Le métier d’illustrateur, 1830-1880 [Texte imprimé] : Rodolphe Töpffer, J.-J. Grandville, Gustave Doré / Philippe Kaenel. Genève : Droz, 2005. Disponible à la Bibliothèque Michelet. Cote : 745.409 03 KAE

Les collections des bibliothèques de Paris-Sorbonne comprennent bien d’autres ouvrages sur Gustave Doré et l’illustration. Le catalogue en ligne vous permettra de les localiser.

Les Brueghel : une dynastie de peintres

La peinture des Flandres et du nord de l’Europe est à l’honneur avec l’exposition sur la dynastie Brueghel, à la Pinacothèque de Paris, jusqu’au 16 mars.

Catalogue dynastie Brueghel

Trois générations de Brueghel se succèdent, lire l’arbre généalogique est indispensable pour se repérer entre les jeunes et les anciens, sachant que l’exposition met beaucoup l’accent sur Jan Brueghel le jeune (XVIIe siècle), qui a abondamment décliné le thème des allégories, des éléments et des fleurs.

Le catalogue de l’exposition est disponible en deux exemplaires et empruntable à domicile à votre bibliothèque Michelet, aux  cotes : CAT 2013-39 et 707.03 (2013).

 

L’art déco s’expose à Paris

Une belle exposition a lieu à La Cité du patrimoine et de l’architecture jusqu’au 3 mars : « 1925, quand l’art déco séduit le monde ».

catalogue art déco

L’exposition des arts décoratifs et industriels modernes, qui se tient en 1925, illustre l’importance de ce style aux formes géométriques et dynamiques qui marque aussi bien l’architecture que l’industrie automobile ou le mobilier.

L’exposition, aux photographies abondantes, éclaire l’influence architecturale de l’art déco au Vietnam, en Chine, aux États-Unis. Le thème des paquebots, ambassadeurs de l’art déco, est également abordé.

Vous trouverez à la bibliothèque Michelet le catalogue de l’exposition à la cote suivante : CAT*2013-29

Une centaine d’ouvrages sur l’art déco sont disponibles dans cette bibliothèque !

Bonnes lectures:-)

La photographie : un fonds à découvrir et à emprunter !

Le fonds photographie du Service commun de la documentation est riche d’un millier d’ouvrages : vous pouvez les trouver à la bibliothèque Michelet et quasiment tous les emprunter !

A l’occasion d’une très belle exposition qui a lieu en ce moment à la Maison européenne de la photographie sur Sebastião Salgado jusqu’au 5 janvier 2014, vous pourrez consulter les ouvrages sur l’immense photographe brésilien à la bibliothèque.

salgadoEn voici une sélection, en attendant le catalogue de l’exposition :-)

-Sebastião Salgado : territoires et vies / sous la direction d’Anne Biroleau et Dominique Versavel; avant-propos de Salman Rushdie ; Paris : Bibliothèque nationale de France, impr. 2005. Cote : 8 P 155

-L’œuvre de Sebastiâo Salgado : un art de combat / Alice Bouvattier; sous la dir. de Serge Lemoine, Françoise Ducros et Arnaud Pierre 2002. Mémoire de maîtrise. Cote : C/M 2002-21

-Sebastião Salgado  : [photographies] / introduction par Christian Caujolle ; Paris : Centre national de la photographie, 2001. Cote : 770.3 PHO-55

-Ecoutez voir : neuf entretiens avec des photographes : Raymond Depardon, Robert Frank, Ralph Gibson, Duane Michals, Helmut Newton, Sebastiao Salgado, Alice Springs, Arthur Tress, Joël-Peter Witkin / Patrick Roegiers ; Paris audiovisuel, 1989. Cote : 770.9 ROE

Bonnes découvertes !

Georges Braque et l’aventure cubiste

Georges Braque (1882-1963), peintre cubiste dont l’exposition qui s’achève au Grand Palais célèbre le parcours, est aussi un homme plein d’humour :

« On ne peut avoir toujours son chapeau à la main, c’est pourquoi on a inventé le porte-manteau. Moi j’ai trouvé la peinture pour suspendre à un clou mes idées : cela permet d’éviter l’idée fixe. »

« Le conformisme commence à la définition. »

« Pour protéger son illusion, on garde le mot : les hommes sont aujourd’hui convaincus qu’ils volent. »

Une soixantaine d’ouvrages sur Braque sont disponibles à votre bibliothèque Michelet, notamment le catalogue de l’exposition du Grand Palais :

Braque

Un engagement qui prend la  forme d’une profession de foi :

« C’est l’artiste qui doit nourrir la peinture, la nourrir de sa chair, de son esprit, quasiment jusqu’à ce qu’il en perde connaissance, qu’il en perde son sang profond. S’engager jusqu’au péril dans la voie de la fidélité totale. L’art est une blessure qui devient lumière… »

André Verdet, « Entretiens, notes et écrits sur la peinture. Braque, Léger, Matisse, Picasso », Paris, Galilée, 1978, p.47.

Bonnes lectures !

 

 

L’art khmer à l’honneur

Une très belle exposition vient de démarrer au Musée national des arts asiatiques Guimet :  « Angkor, naissance d’un mythe. Louis Delaporte et le Cambodge ».

Louis Delaporte (1842-1925), d’abord marin, consacra sa vie à la redécouverte de l’art khmer et notamment du site archéologique d’Angkor. L’exposition présente nombre de ses gravures, aquarelles, ainsi-que des moulages monumentaux.

L’élaboration de la représentation d’Angkor dans l’imaginaire occidental est également traité, par le biais de maquettes, comme celle, impressionnante, de l’exposition coloniale internationale de 1931 sur le site du bois de Vincennes, qui garde encore certains vestiges de celle-ci.

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Le catalogue de l’exposition sera bientôt disponible à la bibliothèque Michelet ! Bonne lecture !

 

La Renaissance et le rêve

C’est le titre d’une très belle exposition qui démarre au Musée du Luxembourg, à Paris, et qui dévoile les songes, les cauchemars parfois, des artistes de la Renaissance.

Les œuvres de Véronèse, Lotto, Bosch, Brueghel l’Ancien, jalonnent l’exposition qui traite notamment des visions des saints. Le rêve de Jacob et la représentation de la mystérieuse échelle descendant du ciel, le rêve de saint Jérôme, la tentation de saint Antoine, autant de rêves que l’exposition explique au promeneur, enrichissant son regard.

renaissance et le rêve

Le catalogue de l’exposition, largement documenté, sera bientôt disponible à la bibliothèque Michelet, où vous pourrez le consulter. L’exposition dure jusqu’à fin janvier 2014 et le jardin du Luxembourg est magnifique en ce moment:-)

Très bonne visite !

La revue DADA

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La revue DADA est un outil incontournable pour qui veut aborder les arts plastiques auprès du jeune public. Destinée aux plus jeunes mais utilisable par tous les publics, elle permet de découvrir l’essentiel de l’oeuvre de nombreux grands artistes.

Le titre de la revue, « DADA », fait autant référence au mouvement littéraire et artistique qu’au monde de l’enfance.

La revue

Une année de Dada comprend 9 numéros thématiques, ainsi que des numéros hors-série. Le dernier numéro, dédié à Roy Lichtenstein, est le n°184.

Bien que plus précisément tournée vers les enfants, Dada peut être consultée par tous :

  • Les plus jeunes, dès 6 ans auxquels sont proposés des ateliers et des jeux ;
  • Les adolescents par le biais de textes clairs et vivants ;
  • Les adultes désirant découvrir l’essentiel d’un artiste.

Chaque numéro présente un artiste célèbre, alors que l’illustration et la mise en page sont confiées à un jeune artiste.
La pédagogie proposée par les numéros de DADA est résolument active, basée sur des activités autour de l’œuvre des artistes abordés.
Certaines rubriques particulièrement didactiques permettent de présenter l’histoire des arts sous un angle original :  l’abcd’art, approche didactique d’un artiste via un abcdaire en lien avec celui-ci ; les artualités couplent bande dessinée et analyse d’image ; les ateliers proposent des activités en lien avec l’artiste présenté.
Devant le succès de la revue, DADA édite également des numéros sélectionnés sous la forme de livres à couverture cartonnée, et a lancé ses premières application iPad, permettant de découvrir un artiste tout en jouant.

Les rédacteurs

La revue DADA réunit une équipe de passionnés d’art et de création, qui partagent la même envie de rendre cet univers accessible à tous, y compris aux plus jeunes. Parmi celle-ci, un comité pédagogique veille à la qualité de chaque numéro. Il est composé de représentants de la commission arts plastiques de l’Association Nationale des Conseillers Pédagogiques, ces enseignants chargés d’accompagner les professeurs débutants lors de leurs stages.

Les thèmes des derniers numéros :

  • Le Cyclop de Tinguely (Hors-Série 1), Buren (Hors-Série 2), Roy Lichtenstein n°184, Miro n°183, Keith Haring n°182, Chagall n°181, Hokusai- Hiroshige / Ukiyo-e n°180, Van Gogh n°179.

Le site de la revue :

Il présente l’ensemble des ressources DADA de façon dynamique, des extraits des derniers numéros sous forme numérique, l’ensemble du catalogue dont les applications, les actualités et les ateliers.

Dans les bibliothèques du réseau :

Vous pouvez retrouver Dada dans les deux médiathèques de l’ESPE de Paris.

  • A Batignolles : vous retrouverez les 5 dernières années de Dada en salle de lecture.
  • A Molitor : les numéros de Dada sont conservés en réserve depuis 2003 et vous trouverez les 2 dernières années à l’espace bleu.

Bonne lecture !

Histoire urbaine et architecture à Madagascar

Le fonds Afrique de la bibliothèque Michelet qui compte plus d’un millier de volumes est à découvrir. On y trouve un large éventail de sujets allant de l’archéologie à l’art contemporain africain.

L’histoire de l’architecture est également présente, nous aimerions vous en faire découvrir une facette par le livre suivant, issu d’une excellente thèse soutenue en 1997 et parue chez Karthala en 2005 : « Maisons royales, demeures des grands à Madagascar. L’inscription de la réussite sociale dans l’espace urbain de Tananarive au XIXe siècle », par Didier Nativel, agrégé et docteur de l’Université Paris VII.

Didier Nativel

Architecture à Madagascar

L’auteur dresse avec brio le tableau d’une architecture originale dans la région centrale de Madagascar, l’Imerina. Tananarive, ancienne capitale du royaume merina, regroupe, outre les palais royaux (dont le plus somptueux fut ravagé par un incendie en 1995), des demeures particulièrement riches, construites par les notables, dans la foulée du souverain.

Didier Nativel analyse cette architecture dans une perspective historique et éclaire ainsi les mutations socio-économiques du royaume.

Une thèse brillante que l’élégance du style rend particulièrement agréable à emprunter. Bonne lecture !

Le masochisme et l’art

Boris Groys, professeur d’histoire de l’art, des médias et de philosophie, né en 1947 à Berlin-Est, a publié de nombreux ouvrages, moins connus en France qu’en Allemagne et dans le monde anglo-saxon.

Son essai, « Portrait de l’artiste en masochiste, les paradoxes de la culture de masse », traverse le roman « La Vénus à la fourrure » de Léopold Von Sacher-Masoch (1870) et dévoile avec brio les travers de notre société médiatique contemporaine.

« La Vénus à la fourrure »,  roman culte du XIXe explore les bases du masochisme :  le héros, Séverin, exige de sa belle d’être traité comme son esclave afin de la posséder, elle et le temps.

Plus proche de nous, l’écrivain portugais José Saramago, dans son « Manuel de peinture et de calligraphie » (1983), écrivant sur l’amour jeune et furieux (et non sur le masochisme), reconnait « cette oscillation de métronome entre la vie et la mort, cette envie frénétique de proclamer éternelle la définition même de la précarité. »

Le thème de l’impossible durée est analysé par Boris Groys et rattaché à la situation de l’art contemporain actuel : les chiffres, les statistiques, les sondages règnent sur le monde instantané de l’art.

Plus largement, la vision offerte par les médias, le découpage statistique de la société dans un instantané permanent, à jamais perdu et angoissant, hystérisent le rapport des gens à celle-ci.

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Boris Groys, Portrait de l’artiste en masochiste, 2004. Traduction en français de 2013 par Peter Cockelbergh.

« Or, je voudrais soutenir ici que nous vivons désormais tous comme Séverin – et que la Vénus à la fourrure est devenue la muse de la totalité de notre actuelle culture de masse, c’est à dire de la culture des médias et de la consommation. Car cette culture de masse est une culture de l’évidence instantanée et de l’amour spontané et éphémère.

En effet, de nos jours, l’instant de l’évidence se manifeste comme l’instant de l’achat et de la vente, comme l’instant d’une transaction commerciale. Dans les conditions d’une économie de marché de libre échange, la décision de consommer est une décision instantanée, prise par l’individu sur la base d’un caprice momentané. (…) Le marché n’a ni mémoire, ni durée. Il reproduit en permanence l’état du présent pur. » (p.30)

Un livre écrit de façon limpide à découvrir à la bibliothèque Michelet.