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Les livres rares de la Bibliothèque Serpente

La bibliothèque Serpente, en lançant un chantier d’inventaire des livres anciens présents dans son fonds, a découvert dans ses magasins, une vingtaine d’unica. Il s’agit d’ouvrages rares, possédés par un seul établissement dans un réseau documentaire.

Une enquête passionnante où armée de gants blancs, l’équipe Serpente voyage dans le temps page après page, ouvrage après ouvrage. Et où au détour d’une suspension de feuille, la trace du temps qui passe apparaît … c’est un livre en ver ancien !

Trace de d'un ver de livre ayant creusé une galerie encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Trace d’un ver de livre ayant creusé une galerie, encroûtée de poudre excrétée. © Sylvanie de Lutèce

Tous ces livres anciens et unica vont être reclassés, restaurés et protégés. Seuls deux sont en attente de catalogage par une spécialiste du livre ancien.

Cette attente n’empêche pas l’équipe Serpente d’enquêter sur l’histoire de ses ouvrages ainsi que celle de leurs propriétaires. Car de temps à autre un de ces unica possède un nom, parfois joliment dessiné d’une écriture qui a traversé le temps, parfois c’est un nom typographié, qui lui aussi a traversé le temps.

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

E.Lagorce, nom du propriétaire typograpié sur la page titre. © Sylvanie de Lutèce

Le nom E.Lagorce est typographié sur plusieurs ouvrages. Mais qui est donc E.Lagorce ? Etienne Lagorce est né le 16 décembre 1718 aux Voivres dans les Vosges. Cultivateur, il entre dans l’armée en qualité de Dragon (militaire se déplaçant à cheval mais combattant à pied) en 1748. Il y restera 40 ans. Le 7 janvier 1772 il épouse Françoise Imatte, qui lui donnera 3 filles : Barbe, Marie et Françoise. On retrouve sa trace à Epinal, le 7 mars 1790 où il participe à la Grande Fête Civique : la Fédération des Vosges. Il a 72 ans, il est le doyen et le commandant de la garde nationale de Trémonzey. Etienne Lagorce trouve dans la générosité du corps qu’il commande, une ressource à ses besoins. On lui donne un revenu de 2 000 livres. Il meurt en 1792.

Parmi les livres que possédait Etienne Lagorce, l’un date de 1752 et a pour titre Le siècle de Louis XIV publié par M. de Francheville.

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Mais qui est M. de Francheville ? Il s’agit d’André Dufresne de Francheville, secrétaire de Voltaire, il suit des études de théologie et deviendra en 1755 le copiste de Fréderic II puis lecteur et bibliothécaire du prince Henri à Rheinsberg.

Il publie ce livre chez Georges Conrad Walther, libraire du Roi.

Quant à Voltaire, voici ce qu’il écrit à ce dernier le 30 mai 1751: « Je suis fort occupé de l’Histoire du siècle de Louis XIV, mais cet ouvrage ne sera pas sitôt près … J’ai encore besoin de temps pour rendre l’ouvrage moins indigne de l’impression, plus je l’aurai travaillé avec soin et plus il vous deviendra utile. Je n’exigerai rien de vous, que des exemplaires en grand papier.

Le 28 décembre 1751 : [en parlant du Siècle de Louis XIV] « Il a fallu l’imprimer chez l’imprimeur du Roi de Prusse. C’est M. de Francheville, conseiller aulique, qui s’est chargé de l’édition. On sait assez, en Europe, que j’en suis l’auteur, mais je ne veux pas m’exposer à ce qu’on peut essuyer, en France, de désagréable quand on dit la vérité. Ce n’est pas moi qui ai le privilège impérial, et celui de Prusse est sous le nom de M. de Francheville. Il y a 3 000 exemplaires de tirés, dont 24 ou à peu près, peuvent être ou gâtés ou incomplets. J’en envoie 500 à un de mes amis à Londres. Ce débit ne passera pas par les mains des libraires, c’est une affaire particulière. Reste donc 2 500 exemplaires dont je puis disposer. J’en prends 100 pour en faire des présents, et je me déferai des 2 400 exemplaires restants avec un seul libraire auquel je transporterai le privilège, le droit de copie et le droit de faire traduire. On peut vendre les 2 400 exemplaires au moins 2 florins chacun. Je ne veux pas assurément y gagner mais je ne veux pas y perdre. L’ouvrage m’a coûté, avec le secrétaire et M. de Francheville qu’il a fallu payer, environ 2 000 écus parce qu’il y a des feuilles que j’ai refaites 3 fois. »

© Sylvanie de Lutèce

© Sylvanie de Lutèce

Cette captivante enquête sur les livres anciens de la bibliothèque Serpente suit son cours et qui sait ce que le passé nous réserve ? Seul l’avenir pourra nous le dire !

 

Il y a 70 ans, la Libération de Paris

« Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !…  » : Ainsi s’exprimait le Général de Gaulle aux premières heures de la libération de la capitale, le 25 août 1944, Place de l’Hôtel de Ville.

Après 4 années d’occupation, Paris et ses habitants se soulèvent, montent aux barricades et se libèrent quasiment seuls !

C’était il y a 70 ans et en cette année anniversaire Paris célèbre cette Libération à travers divers expositions et évènements.

Le général de Gaulle acclamé par la foule

Le général de Gaulle acclamé par la foule

 

A l’Hôtel de Ville, l’exposition « Août 1944, le combat pour la Liberté », quelque peu succincte et presque bâclée, évoque les derniers jours de ce mois d’août 1944 grâce à des photos, des unes de journaux de mouvements et groupements de résistance ainsi qu’une vaste fresque audiovisuelle de 22 mètres de long projetant des images (filmées par la résistance) et relatant l’insurrection.

Jusqu’au 27 septembre2014 – Gratuit

Hôtel de Ville – Salle Saint Jean – 5 rue Lobau – 75004 Paris

Au Musée Carnavalet, afin d’avoir une idée plus vaste, plus concrète et surtout plus critique de cette période, ne manquez pas « Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé ».

Une exposition réalisée avec uniquement des photos du fonds du Musée (qui avait déjà fait une exposition sur la Libération du 11 novembre au 31 décembre 1944 alors que la guerre n’était pas finie) et de nombreuses explications et éclaircissements.

Après une introduction immersive dans les 4 années d’occupation, la libération est abordée et traitée abondement. De nombreux sujets sont évoquées y compris la tonte des femmes et des hommes pendant l’épuration, la manipulation des photos pour la presse et/ou pour les manuels d’histoire, l’évacuation des civils allemands, la mise de côté des libérateurs de couleurs sur les photos, le peu de photos des femmes pendant la Libération etc. Le tout avec des photos rares et inédites qui nous font découvrir ou redécouvrir une partie de l’histoire de Paris que l’on croyait connaître par cœur !

Jusqu’au 8 février 2015 – 8€

Musée Carnavalet – 16 rue Franc-bourgeois – 75003 Paris

Retrouvez tous les événements culturels du 70e anniversaire de la libération de Paris <ici>

Paris Libéré, événements à Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie Serpente :

– L’année de la liberté : juin 1944-juin 1945

Cote : 940.53 ABD

– Atlas de la libération de la France : 6 Juin 1944-8 Mai 1945 : des débarquements aux villes libérées / Stéphane Simonnet

Cote : 944.081 6 SIM

– La Vie des Français au jour le jour: de la Libération à la victoire 1944-1945 / Raymond Ruffin

Cote : 944.081 6 RUF

– Histoire de la libération de Paris

Cote : 944.081 6 DAN

– Résistance : les combattants de l’ombre

Cote : 944.081 6 res

– Les femmes dans les années quarante

Cote : 940.531 fem

– La Vie quotidienne des Résistants, de l’armistice à la Libération : 1940-1945 / Henri Noguères

Cote : 944.081 6 NOG

– Paris résistant : Henri Michel

Cote : 944.361 MIC

– La police de Vichy : les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo, 1940-1944 / Maurice Rajsfus

Cote : 944.081 6 RAJ

Illustrations :

La libération de Paris : le général de Gaulle acclamé par la foule, crédits Clapagaré sur Flickr.CC BY-NC-SA 2.0

Voyage au coeur des bibliothèques singulières et merveilleuses

La Salle de Travail de la Bibliothèque Nationale – Site Richelieu

La bibliothèque fut installée au cours de la première moitié du 18e siècle.

De 1854 à 1875, c’est Henri Labrouste qui, après avoir réalisé la Bibliothèque Sainte-Geneviève, va faire construire les espaces spécifiquement adaptés au fonctionnement de la bibliothèque et réaliser notamment une salle de travail, connue sous le nom de Salle Labrouste, ainsi que le magasin central des imprimés.

Site Richelieu : « Par là on va au magasin central, je m’installe d’habitude à côté du pilier où j’ai fait une croix » – Début XXème siècle. © AKR – DR

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Bibliothèque de l’Abbaye d’Admont

La construction de l’Abbaye d’Admont, en Autriche, remonte au 11ème siècle. Sa bibliothèque rococo somptueuse fut achevée en 1776. Joyaux de l’abbaye dominicaine, elle abrite une importante collection de manuscrits et d’incunables (livres imprimés entre 1405 et 1501).

Ses dimensions sont gigantesques : 13 mètres de haut, 79 mètres de long et 14 mètres de large, le tout surmonté de sept coupoles décorées de fresques en trompe-l’œil de Bartolomeo Altomonte (1701-1783). La Mort, Le Jugement dernier, le Paradis et l’Enfer parsèment le sol de marbre en damier : sculptures figurant les Quatre Dernières choses.

Avec environ 180 000 ouvrages dont 1 400 manuscrits et 530 incunables, cette incroyable bibliothèque garde précieusement des œuvres rares comme l’édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1758) ou la Bible de Martin Luther.

Bibliothèque de l’abbaye d’Admont © Admont Benedictine Monastery

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Les Bibliothèques aux fers

Le tout premier livre à être accessible au public n’est autre que la Bible, qui était enchaînée à la chaire des églises. Des lecteurs pouvaient venir y faire la lecture aux analphabètes. Puis lorsque les bibliothèques (les librairies dit-on au Moyen Age) furent ouvertes au public et non plus réservées aux étudiants de l’université, les livres ne sont consultables que sur place et afin d’éviter les vols, chaque ouvrage était enchaîné et posé sur un pupitre.

A Paris, l’Abbaye de Saint Victor fondée au XIIème siècle et dont l’emplacement se situe aujourd’hui entre la Seine, les rues des Fossés-Saint-Bernard, de Jussieu et Cuvier, avait une riche bibliothèque ouverte au public. Dans la salle de consultation, les manuscrits étaient enchaînés : 85 % des 1081 manuscrits notés dans le catalogue du XIVe siècle de ces livres enchaînés, ont été récupérés par la Bibliothèque Nationale. D’autres possessions comme, les manuscrits liturgiques étaient conservés au chœur, d’autres près du réfectoire, pour la lecture à haute voix, à l’infirmerie à destination des malades et mourants, et d’autres encore constitués de doubles réservés par le bibliothécaire.

Wimborne Minster © Andrew Williams 1891

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De nos jours, il ne subsiste plus que 5 bibliothèques de ce genre dont une aux Pays-Bas et une en Angleterre (cf photos).

La Librije des Pays-Bas est une bibliothèque publique du XVIe siècle. Une bonne partie de la collection des livres originaux existe encore. Trois cents livres environ peuvent être placés sur l’ensemble des pupitres. Le catalogue contient à peu près 750 titres. La partie essentielle de la collection se compose d’achats pendant la première moitié du XVIe siècle. La plus grande partie de la collection originale se trouve sur les pupitres: les livres du XVe siècle et XVIe siècle, assemblés de reliures en cuir magnifiques avec des sceaux et des ferrures.

Pays-Bas – Bibliothèque aux fers © Erik Kwakkel

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Jean Jaurès, juillet 1914

Une du journal L'Humanité du 1er août 1914

Une de L’Humanité, 1er août 1914 – Source : Gallica.fr

« JAURÈS ASSASSINÉ » : ainsi s’ouvre le journal L’Humanité du samedi 1er août 1914, au lendemain de la mort du dirigeant socialiste, victime de deux coups de feu porté par un étudiant nationaliste alors qu’il dînait avec des collaborateurs au Café du Croissant.

Depuis 1912, date à laquelle il écrivait dans la Dépêche de Toulouse que « l’odeur de charnier commence à se répandre sur toute l’Europe », Jaurès s’inquiétait de la montée des nationalismes en Europe et prônait le pacifisme face aux rivalités à l’œuvre entre les grandes puissances, notamment à l’occasion des guerres balkaniques des années 1912-1913. Il s’était alors illustré à travers de nombreux discours et articles de presse destinés à convaincre ses compatriotes de se mobiliser en faveur du maintien de la paix, et s’était ardemment opposé à l’augmentation à 3 ans de la durée du service militaire, mesure défendue par certains députés en prévision d’un éventuel conflit avec l’Allemagne.

Mais en ce début d’été 1914, avec l’attentat de Sarajevo du 28 juin, puis l’ultimatum autrichien envoyé à la Serbie le 23 juillet, les tensions politiques et économiques entre grandes puissances prennent une tournure nouvelle, et le jeu des alliances entraîne toute l’Europe dans une guerre que l’on imagine encore violente, mais brève.

Dès le lendemain de sa mort, Jaurès, qui prédisait le massacre, les ruines et la barbarie, fait figure de visionnaire. Il est aussitôt reconnu et salué par ses contemporains comme un homme politique engagé, tribun exceptionnel et avocat des grandes luttes sociales de son époque. Le jour même de sa mort, il se préparait à écrire pour L’Humanité, journal qu’il avait fondé en 1904 et qu’il dirigeait depuis, un article décisif, une sorte de nouveau « J’accuse » dans lequel il envisageait de dénoncer les causes et les responsables de la crise à laquelle il assistait, et qui deviendrait quelques jours plus tard la première Guerre Mondiale.

Dans le cadre du projet « 2014, année Jaurès », labellisé par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, plusieurs manifestations sont à suivre cet été, dont le programme complet est en ligne sur le site de la Fondation Jean Jaurès.

Les Archives nationales lui consacrent une exposition à découvrir sur le site de l’Hôtel de Soubise jusqu’au 7 juillet. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site des Archives nationales.

Enfin, Arte diffusera le mardi 8 juillet en soirée un documentaire de Jean-Noël Jeanneney et Bernard George, réalisé en 2013 et intitulé Jaurès est vivant !, convoquant images d’archives, reconstitutions et évocations actuelles pour un portrait animé et inspirant.

Vous trouverez par ailleurs dans les collections de la bibliothèque Clignancourt plusieurs documents consacrés à Jean Jaurès, dont quelques nouveautés parues à l’occasion du centenaire de sa mort. En voici une petite sélection :

  • Jaurès 1859-1914 : la politique et la légende / Vincent Duclert. Paris : Autrement, 2013.

Cote : 944.08 JAU

  • Jaurès : la parole et l’acte / Madeleine Rebérioux. Paris : Gallimard, 1999.

Cote : 944.08 JAU

  • Jaurès : la passion du journaliste / Charles Silvestre. Paris : le Temps des cerises, 2010.

Cote : 070.92 JAU

  • Jaurès & Clémenceau : un duel de géants / Paul Marcus. Toulouse : Ed. Privat, 2014.

Cote : 944.081 MAR

  • Jean Jaurès / Gilles Candar et Vincent Duclert. Paris : Fayard, 2014.

Cote : 944.081 JAU

  • Jean Jaurès : l’assassinat, la gloire, le souvenir / Jacqueline Lalouette. Paris : Perrin, 2014.

Cote : 944.08 JAU

Les Bas-fonds – Histoire d’un imaginaire par Dominique Kalifa

Nouveauté Bibliothèque Serpente – Cote Serpente : 305.568 KAL

Bas fonds kalifa © Collection KHARBINE-TAPABOR

L’envers et les dessous de notre société sont peuplés de criminels, de souteneurs, de prostituées, de mendiants, de bagnards et bien plus encore … tristement réels et parfois imaginaires, ces bas-fonds et leur exploration offrent une plongée obscure et captivante dans les bas quartiers de Paris et ses mystères, à la rencontre des gueux de la Cour des Miracles, des trottoirs de Buenos Aires en passant par les quartiers périlleux et interlopes de Londres.

Si le mot « bas-fonds » en lui-même est aisé à comprendre, c’est une autre affaire que d’essayer d’en tirer une cartographie, une représentation claire et concise tant ce terrain est vague, opaque, mystérieux et meuble.

Acquise depuis 1840, l’expression dans son sens social émerge chez des auteurs comme Balzac et Honoré Frégier dans son ouvrages sur les « Classes dangereuses de la population des grandes villes. »

A partir de cette année 1840, l’expression va se répandre comme une traînée de poudre chez des auteurs comme Eugène Sue dans ses « Mystères de Paris » ou bien encore Victor Hugo qui chapitrera une partie de ses « Misérables » sous cette expression.

Ce décor dans lequel Dominique Kalifa* s’est posé depuis plus de 20 ans, lui l’historien du crime et des marges sociales, a cessé désormais de n’être qu’un décor pour devenir son nouvel objet d’études et d’interrogations : Synonyme de crimes organisés, les « bas-fonds » du monde entier sont des lieux clandestins voués au crime, à la débauche et au complot.

Mais, et pour ne citer que Dominique Kalifa : « Ces bas-fonds et ces gueux existent-ils vraiment ? Qu’il y ait des pauvres, des voleurs, des prostituées et des bandes organisées ne fait malheureusement aucun doute, qu’ils ressemblent aux descriptions pittoresques et horrifiées qu’en offrent les principaux récits, demeure plus incertain. »

* Professeur à la Sorbonne, Dominique Kalifa est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à l’histoire du crime, des transgressions et de la culture de masse. Il enseigne également à Science Po et à New York University.

Devenir historien

Le jeudi 5 juin à 18 heures, le professeur Darwin Smith viendra présenter à la bibliothèque Serpente son livre : « Devenir Historien », paru aux Publications de la Sorbonne. Historien, directeur de recherches au CNRS, il a fondé et dirige un groupe d’étude sur le théâtre médiéval, le LAMOP à Paris 1.

P1180048Smith L’ouvrage retrace son parcours, mêlant tel « un tissu bariolé » éléments biographiques, expériences professionnelles – dont celle de journaliste -, rencontres déterminantes – y compris médiévales ! -, qui l’ont fait « devenir historien ». Cette entreprise singulière a été qualifiée par certains de ses collègues « d’égo-histoire », par allusion aux essais de Pierre Nora, un des promoteurs de l’histoire des mentalités.
Ce rendez-vous est donc une opportunité formidable de rencontre et de dialogue avec un des plus grands spécialistes du théâtre du XIIè au XVIème siècle, sur ses apprentissages et choix de vie, ce qui ne peut manquer d’intéresser tous les étudiants qui se destinent à un métier de chercheur au sens large, mais aussi tous ceux qui se posent des questions sur leur propre cheminement intellectuel.

Les élections européennes

Le 25 mai auront lieu les élections pour renouveler les représentants français au Parlement Européen. Pour s’y préparer, voici un petit vademecum sur la citoyenneté européenne :
Nombre d’eurodéputés français : 74
À quel âge est-on éligible ? 23 ans
Qui peut voter ? Tout citoyen français et tout citoyen de l’Union Européenne inscrit sur les listes électorales et résidant en France.
Durée du mandat : 5 ans
logoeuropeLe Parlement européen est la seule institution dont les membres sont élus au suffrage universel direct. Il compte 751 députés issus de 28 pays qui représentent 380 millions d’électeurs

Une première est à noter pour ces élections :
A l’occasion des élections européennes, le vote blanc sera pris en compte pour la première fois. Une loi adoptée en février 2014 dispose en effet que le vote blanc ne sera plus considéré de la même manière que le bulletin nul à compter du 1er avril 2014.
Le site officiel vie publique précise: Le vote blanc consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum). Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection.
Pour en savoir plus sur ces élections mais aussi les fonctions du Parlement Européen, vous pouvez vous reporter au site de la Fondation Robert Schuman. Et si vous ignorez où se trouve votre bureau de vote, voici un service en ligne de la Ville de Paris.

La bibliothèque Serpente dispose d’un fonds assez conséquent sur l’Europe, du fait des enseignements et divers séminaires relatifs à l’histoire moderne et contemporaine européenne organisés à la Maison de la Recherche. Les prochains portent sur :
Pouvoir, opinion et mémoire en Allemagne au XXe siècle en perspective comparative, Journées doctorales avec l’IHA de Paris et Université de la Sarre, les 15-16 mai 2014
L’arbitre de l’Europe : fixer, penser, contester les hiérarchies Politiques en Europe, de Charles Quint à Standard and Poor’s, les 20-21 juin 2014 à Paris-Sorbonne et IHA
Francis Delaisi, de la « Guerre sociale à l’Europe nouvelle », les 13-14 novembre 2014 à la Maison de la Recherche.
Voici une (très) courte bibliographie de quelques titres les plus récents entrés dans nos collections :
Un projet pour l’Europe : plaidoyer pour une refondation/Patrice Obert, l’Harmattan,2013 (cote 320.94 OBE)
Les institutions de l’Union européenne après la crise de l’euro/Yves Doutriaux, la Documentation Française, 2013 (cote 341.242 DOU)
Espaces de pouvoir, espaces d’autonomie en Allemagne/Hélène Miard-Delacroix (ed), PU du Septentrion, 2010 (cote 320.943 MIA).
Migration, Citizenship and the European Welfare State/Stephen Castles, OUP, 2006 (cote 361.61 SCH)
Doctoral Education’s Reform in Switzerland and Norway/Lukas Baschung, Peter Lang, 2013

L’Europe est également au cœur d’un des trois LabEx de l’Université Paris-Sorbonne, le projet EHNE (Ecrire une Histoire Nouvelle de l’Europe).
header-ehne1Outre les divers colloques et communications scientifiques organisés ou publiées par les membres du LabEx, une exposition de photographies sur l’Europe et le monde en 1900 aura lieu le 16 mai au lycée Colbert, avant qu’une sélection ne vienne s’installer sur les cimaises de la bibliothèque Serpente d’octobre à décembre 2014. A vos agendas !

Rue Coupe-gorge et Rue Coupe-gueule

Qui se souvient que les premiers locaux du collège de la Sorbonne se trouvaient rue Coupe-gueule, non loin de la rue Coupe-gorge ?

Plan de Paris au XVème siècle Dheullan 1756 – Gallica BNF

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D’après Sauval (historien du XVIIème siècle), la rue Coupe-gorge venait de la rue St Jacques à la rue de la Harpe, entre les murs de la Ville et le Couvent des Jacobins (aujourd’hui Place du Marché St Honoré) ; quand à la rue Coupe-gueule, elle descendait de la rue des Poirées à la rue des Mathurins. Ces longues rues prirent ces noms si évocateurs du fait des massacres et autres brigandages qui s’y faisaient toutes les nuits.

Acte de naissance de la Sorbonne © Association Historique du Temple de Paris

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Par cet acte, Saint Louis, en février 1257, déclare avoir donné au chanoine Robert de Sorbon, la maison ayant appartenu à Jean d’Orléans, rue Coupe-Gueule, devant le palais des Thermes (aujourd’hui musée nationale du Moyen Âge), afin qu’à l’avenir elle serve pour des écoliers qui y demeureront.

Saint Louis permit à Robert de Sorbon en 1258 de faire poser des portes aux bouts de la rue Coupe-gueule puis on la couvrit de bâtiments. Cette rue fut aussi appelée : rue des Deux Portes puis rue de la Sorbonne.

Auparavant, les étudiants vivaient comme des vagabonds et suivaient dans la rue, à l’air libre, les leçons des professeurs.

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Centenaire de la Grande Guerre

En cette année 2014 où nous célébrons le centenaire du début de la guerre de 14-18, les évènements autour de cette commémoration sont nombreux, à commencer par la diffusion en mars et avril sur France 2 du spectaculaire documentaire « Apocalypse » en 5 volets aux noms évocateurs: Furie, Peur, Enfer, Rage, Délivrance.

La Bibliothèque nationale de France consacre de son côté une grande exposition sur ce thème intitulée « Eté 14, les derniers jours de l’ancien monde », jusqu’au 3 août 2014. L’exposition se concentre en effet sur le portrait de l’Europe en 1914 et met en lumière les origines du basculement dans la guerre. Organisée avec le soutien du ministère de la Défense, elle donnera lieu également à des conférences (Des idées reçues sur la grande guerre le 20 mai, La guerre industrielle : mutations technologiques, scientifiques et militaires le 10 juin…), une journée d’étude le 12 juin sur « la guerre en cartes » et enfin la projection du film « Les moissons de fer » le 24 juin. Parallèlement les 3 et 4 avril prochains sera présenté, toujours à la BnF, le projet Europeana Collections 1914-1918, résultat d’une coopération entre 8 pays européens, avec plus de 400 000 documents rares proposés en ligne (livres, journaux, cartes, journaux de tranchées, photos,manuscrits, partitions).

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Dans une tranchée de première ligne, cliché de l’Agence Meurisse, 1915 (Bibliothèque Nationale de France)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Les bibliothèques de la Ville de Paris ne sont pas en reste avec tout un cycle de manifestations dans le cadre des commémorations officielles, en partenariat avec la Mission du centenaire. Sont prévus à la fois des expositions : « Paris 14-18, la guerre au quotidien » (Galerie des bibliothèques de la Vile de Paris), « La Grande Guerre en bandes dessinées » (bibliothèque François Villon), « l’Est Parisien pendant la Grande Guerre » (médiathèque Marguerite Duras), des rencontres : « Poètes français de la Grande Guerre » (bibliothèque Georges Brassens le 10 avril), des conférences: «Obéir et désobéir» (Bibliothèque Vandamme le 4 avril, en partenariat avec l’EHESS), « 1914-1918/femmes, féministes: un autre front ? » (Bibliothèque Marguerite Durand, 10 avril).

Paris, la guerre au quotidien,

Paris, la guerre au quotidien, Bibliothèques de la ville de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus modestement, la bibliothèque Serpente propose une sélection d’ouvrages autour de la 1ère guerre mondiale :
Les médecins dans la Grande Guerre : 1914-1918/Sophie Delaporte
Serpente : 944.081 4 DEL
1914-1918 : combats de femmes : les femmes, pilier de l’effort de guerre/Evelyne Morin-Rotureau
Serpente : Salle de lecture – 940.31 MOR
14-18, grands reportages/Colette, Albert Londres, Alexis Tolstoï…
Serpente : Salle de lecture – 940.3 gra
La Grande Guerre des Français : 1914-1918 : l’incompréhensible/Jean-Baptiste Duroselle
Serpente : Salle de lecture -944.081 4 DUR
Le Chemin des Dames, 1914-1918/sous la dir. de Denis Defente
Serpente : Salle de lecture – 940.43 che
Verdun, 1914-1918/Alain Denizot
Serpente : Salle de lecture – 940.42 DEN
Inventaire de la Grande guerre/ sous la dir. de François Lagrange
Serpente : Salle de lecture – 940.3 inv
De la mort, de la boue, du sang : lettres de guerre d’un fantassin/Cdt Henri Bénard
Serpente : Salle de lecture – 944.081 4 BEN
Écrivains combattants de la Grande guerre/sous la dir. de Bernard Giovanangeli
Serpente : Salle de lecture – 940.48 ecr
La bataille de la Marne/Pierre Miquel
Serpente : Salle de lecture -944.081 4 MIQ

 

Si l’on traite ici surtout de l’entrée en guerre et de la guerre elle-même, d’autres historiens commencent à se pencher sur la troisième phase des conflits qu’on appelle « les sorties de guerre».

C’est le cas du professeur d’histoire contemporaine Jacques Frémeaux à la Sorbonne, qui avec Michèle Battesti vient tout juste de publier aux PUPS « Sortir de la Guerre ». L’ouvrage analyse les conditions d’une fin de guerre, au-delà du cessez-le-feu et de la démobilisation, en s’appuyant sur des épisodes des guerres contemporaines, du XIXème siècle jusqu’aux guerres coloniales.

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Sortir de la Guerre, de Michèle Battesti et Jacques Frémeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs viendront présenter leur ouvrage à la bibliothèque Serpente le mardi 29 avril à 18 heures. Venez nombreux !

A défaut d’une bouteille, Paris dans un livre de poche…

Couverture Dictionnaire historique de ParisNe vous fiez pas à son petit format : sous sa couverture illustrée d’une vue sur les toits de Paris que domine la silhouette d’une chimère de Notre-Dame, ce Dictionnaire historique de Paris déroule sur plus de 800 pages de riches développements sur les évènements, les édifices, les personnages, les quartiers ou encore les métiers emblématiques de l’histoire de la capitale. De l’installation des Gaulois Parisii aux projets du « Grand Paris », plus de deux mille ans d’histoire sont ainsi traversés sous la plume d’une cinquantaine de spécialistes, historiens, archivistes ou conservateurs du patrimoine, parmi lesquels figurent plusieurs professeurs et maîtres de conférences de l’université Paris-Sorbonne.

L’ouvrage, abondamment illustré de reproductions de tableaux, dessins, photographies et cartes postales, se veut à la fois un outil de référence pour l’étudiant travaillant sur l’histoire de Paris et un guide attrayant pour l’amateur désireux de revisiter la capitale à travers grands évènements et petites anecdotes. La Saint-Bathélémy ou les Communes de Paris ont ainsi droit à de belles pages, illustrées, pour ces dernières, par  une tumultueuse Barricade, aquarelle et gouache d’Edgar Manet conservée au Musée des Beaux-Arts de Budapest. Et pour un voyage sonore et animé au milieu des ruelles du vieux Paris, ne manquez pas de cheminer jusqu’à la lettre C, pour entendre résonner les cris des maraîchers, colporteurs et autres arracheurs de dents, retranscris par Laurent Vissière, maître de conférences en histoire médiévale.

Le Dictionnaire historique de Paris, publié sous la direction de Roselyne de Ayala, aux éditions du Livre de Poche, est disponible à la bibliothèque Clignancourt, à la cote 944.361 dic