Archive

Articles taggués ‘Japon’

Frank Lloyd Wright et le Japon

Frank LLoyd Wright (1867-1959), architecte américain emblématique du style Prairie, est très connu par ses œuvres phares : Fallingwater (la maison sur la cascade), en 1936, où les lignes horizontales, les toits plats suggèrent les grandes plaines, ou par sa dernière réalisation, le musée Guggenheim (1956-1959) à New-York.

Fallingwater. By Serinde, CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons.

Moins connue, sa passion de collectionneur pour les estampes japonaises dont il écrit :

« Les estampes choisissent qui les aiment, mais il n’est alors d’autre salut que la capitulation. » En 1912, il publie un essai sur l’estampe japonaise, qui sera traduit à l’étranger et dont on vient de recevoir à la bibliothèque Michelet une magnifique réédition :

« L’estampe japonaise, une interprétation », exemplaire numéroté édité chez Klincksieck. D’autres textes sont joints à cet essai : le récit de ses aventures de collectionneur d’estampes et les préfaces écrites pour les catalogues accompagnant l’exposition de sa propre collection. Celle-ci est impressionnante : Hiroshige ; Hokusai ; Utamaro, etc.

L’architecte, p.13, parle de l’art japonais comme d’un art structurel dont l’ossature serait la géométrie. A noter les liens qu’il suggère puis entrelace avec les mathématiques et la musique.

« En termes très généraux, le principe suprême de l’esthétique japonaise consiste en une simplification drastique par l’élimination de l’insignifiant, et donc une mise en relief de la réalité. » (p.17)

wright

Frank LLoyd Wright, entre 1905 et 1923, fait de nombreux voyages au Japon et réalise notamment l’Hôtel Impérial à Tokyo ainsi qu’une école de filles en 1921.

L’architecte explique la constitution de sa collection d’estampes, ses rencontres avec un couple de collectionneurs américains, les Spaulding, qui le chargent de « chasser les estampes » pour eux, et ses accointances avec les connaisseurs japonais. La collection, particulièrement riche, des Spaulding, sera donnée au Boston Museum of Fine Arts.

Plus d’une trentaine d’ouvrages sur Frank LLoyd Wright sont disponibles à la bibliothèque Michelet, soyez les bienvenus !

 

Mangapolis : la ville japonaise contemporaine dans le manga

MANGAPOLIS : c’est le titre d’une très belle exposition qui a lieu jusqu’au 7 octobre à Angoulême après avoir démarré à Poitiers avant l’été.  Elle explore la représentation de la ville japonaise contemporaine dans le manga. Un bel ouvrage paru au éditions du Lézard Noir accompagne l’exposition.

5 contributeurs décortiquent les planches des mangas et tracent des pistes d’analyses : Xavier Guilbert ; Claude Leblanc ; Jean-Christophe Boudet ; Adrian Favell et Marie-Ange Brayer. L’ouvrage démarre par une anatomie de la rue japonaise. On y apprend que la superficie de Tokyo est vingt fois supérieure à celle de Paris et que la ville s’articule en un réseau ancien de petits quartiers dont l’habitat ne dépasse généralement pas deux étages. Les buildings et gratte-ciels des centres financiers accentuent le contraste avec le reste de l’agglomération.

Les gares ferroviaires constituent des points centraux, véritables structures d’empilement de centres commerciaux. Les magasins s’étendent des sous-sols aux étages les plus élevés de la ville, d’où les guirlandes d’enseignes verticales. Un labyrinthe de néons se dessine.

L’imaginaire des dessinateurs est exploré par les thèmes du chaos urbain, de la vertiginosité nippone, de l’architecture ouverte. Un très bel ouvrage disponible à la bibliothèque Michelet ainsi qu’au prêt à domicile.

Pour aller plus loin dans le domaine de la BD, voici un site foisonnant, du9.org