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« Un génial original, un bel hurluberlu »

Photo : Pierre Petit (1831-1909). Domaine public, via Wikimedia Commons.

« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger. »

Ces quelques mots d’Alexandre Yersin dans une lettre à sa mère résument à lui seul le singulier personnage que fut ce génial médecin baroudeur. Dans Peste & choléra, Patrick Deville retrace le parcours du natif d’Aubonne, dans le canton de Vaud.

Après des études en Allemagne, Yersin arrive en France où il rencontre Émile Roux, qui lui ouvre les portes de l’Institut Pasteur. Il y travaille plusieurs années, notamment sur la tuberculose et la diphtérie, avant de céder à l’appel du grand large.

Commence alors une vie en mer comme médecin de bord avant qu’il ne découvre le Vietnam et choisisse de s’y installer. C’est là qu’il fondera un deuxième Institut Pasteur, à Nha Trang. Auparavant, il aura exploré la jungle et fait de multiples expériences, tant dans le domaine de la vaccination des bêtes d’élevage que dans l’acclimatation de nouvelles espèces, comme l’hévéa. Envoyé en 1894 en Chine par l’Institut Pasteur, il découvre le bacille de la peste, qui porte désormais le nom de Yersinia pestis.

Depuis Nha Trang où il vit, Yersin n’en est pas moins attentif aux découvertes de son temps et ne cesse de travailler à des améliorations pour les cultures et l’élevage de son domaine. Il continue aussi à soigner les habitants. À la fin de sa vie, il se résout de temps en temps à s’envoler pour Paris, où de nombreuses récompenses lui sont remises et où il doit présider l’assemblée générale de l’Institut Pasteur, dont il est devenu directeur honoraire. Il rentre dès qu’il le peut dans son paradis asiatique.

« Comme nous tous, écrit Patrick Deville, Yersin essaye de faire de sa vie une belle et harmonieuse composition. Sauf que lui y parvient. »

Peste & choléra est disponible à la bibliothèque Malesherbes (demande par bulletin, cote LE-15228).

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Patrick Deville est né en 1957. Il est l’auteur d’une dizaine de romans, publiés aux éditions de Minuit, puis aux éditions du Seuil. Son œuvre fait déjà l’objet de recherches.

Zoom sur… la Bibliothèque Georges Ascoli

bibliothèque de l’UFR de Littérature française et comparée

La bibliothèque porte le nom de Georges Ascoli, éminent historien de la littérature française qui enseigna à la Sorbonne entre les deux guerres. Fait prisonnier en juin 1940, il fut libéré 14 mois plus tard pour se voir, dès son retour à Paris, écarté de son poste d’ enseignant en raison de ses origines israélites. Le 21 février 1944 il fut arrêté ainsi que sa femme par la Gestapo, transféré à Drancy puis déporté à Auschwitz et exécuté. (sources : «Revue belge de philologie et d’histoire » 1946-vol.25)

La bibliothèque

Par arrêté du 16 juin 1931, fut créée la bibliothèque de l’Institut de langue et littérature françaises à partir du fonds du  Laboratoire de philologie française de la faculté des lettres de Paris qui existait depuis 1907. Dès l’origine elle possédait une collection importante de thèses de littérature et langue françaises, un nombre important d’ouvrages de référence, de critiques littéraires et de textes d’auteurs.

La bibliothèque s’est enrichie par la suite de nombreux dons ou legs parmi lesquels ceux de Théodore Reinach (1931), Victor Brochard (1937), Henri Gildès (1937, fonds de théâtre), puis, en 1963, par celui de Gustave Cohen, médiéviste qui s’est particulièrement intéressé au théâtre religieux français du Moyen Âge.

Parallèlement au fonds généraliste, on trouve aussi le fonds Paul Hazard qui fut, en 1925, titulaire de la chaire de littératures modernes et comparées au Collège de France. Son ouvrage majeur « La Crise de la conscience européenne » paru en 1935 est régulièrement réédité. Ce fonds concerne la littérature française du XIXe siècle et la littérature comparée : il comporte de nombreux ouvrages en langues étrangères notamment en espagnol et italien. Il occupe une salle entière donnant directement sur la salle de consultation actuelle.

Il faut enfin mentionner un fonds ancien constitué d’éditions originales des XVIIe et XVIIIe siècles qui fut transféré en 1928 de l’Institut de phonétique vers l’Institut de langue et littérature françaises. La bibliothèque conserve également  une collection très complète d’anciens dictionnaires et encyclopédies notamment « L’Encyclopédie » ou « Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers » de Diderot et d’Alembert (1751-1765) ou le « Dictionnaire universel français et latin » de Trévoux (1752). Aux monographies s’ajoutent les collections complètes de périodiques dont celle de La Nouvelle Revue française dont le tout premier numéro date du 1er février 1909 ou celle de la Revue des études rabelaisiennes fondée en 1903.

Ce n’est qu’en 1971 que la bibliothèque fut rattachée à l’UER de langue française de l’Université de Paris IV. A partir de 1990 fut développé un fonds de littérature comparée pour accompagner la création de nouveaux enseignements comparatistes.

 

Le Théâtre de P. Corneille – A Paris, chez Louis Billaine – 1664

 Par littérature française, il faut entendre la période qui va du Moyen Age à la période actuelle, incluant les auteurs contemporains. Depuis la rentrée 2006, un fonds de base en « littérature et cinéma » accompagné de DVD et un fonds relatifs à l’édition ont été développés pour répondre à la demande des enseignements professionnels de master. En raison des activités du CIEF (Centre international d’études francophones), localisé en Sorbonne, les acquisitions font une moindre part aux littératures francophones en dehors des ouvrages généraux.

Actuellement la Bibliothèque Georges Ascoli de l’UFR de Littérature française et comparée riche de ses 35000 documents environ, accueille les étudiants en littérature à partir du master, en doctorat ou en préparation d’agrégation.

Exemplaire de l’édition originale de L’Emile
« Chez Jean Neaulme, Libraire » édité en 1762

« Il me fit faire connaissance avec Jean Neaulme, libraire d’Amsterdam, son correspondant et son ami, qui dans la suite imprima l’Émile » (Jean-Jacques Rousseau, Confessions X)