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Pierre-Jules Hetzel, précurseur des éditions jeunesse

Pierre-Jules Hetzel

Source : Wikipédia

Il y a 200 ans, le 15 janvier 1814, naissait Pierre-Jules Hetzel qui fût un précurseur des éditions pour la jeunesse.

Fils d’un maître sellier et d’une sage femme, il mène de brillantes études mais choisit en 1835 de les interrompre et devient commis chez l’éditeur Paulin. Deux ans plus tard, il en est l’associé avant de fonder sa propre maison d’édition.

Tout au long de sa carrière, Pierre-Jules Hetzel éditera de nombreux contemporains devenus célèbres par la suite tels que Balzac, Hugo ou encore Zola à ses débuts, mais c’est avant tout pour avoir découvert et édité l’œuvre de Jules Verne qu’il est connu.

A côté de son métier d’éditeur, Hetzel manifeste ses opinions politiques en écrivant dans les journaux d’opposition notamment. Suite à la révolution de 1848, il se lance en politique et devient chef de cabinet de Lamartine au ministère des Affaires étrangères. Après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, il doit partir en exil jusqu’en 1859. Cela ne l’empêchera toutefois pas de continuer ses activités, à la fois en tant qu’éditeur mais aussi écrivain, utilisant souvent le pseudonyme de PJ Stahl.

Le Magasin d'Education et de Récréation

Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France

En 1864 Hetzel lance son grand projet éducatif sous la forme d’une revue bimensuelle intitulée « Le Magasin d’éducation et de récréation » en collaboration avec Jean Macé. L’objectif affiché de cette parution est de diffuser les connaissances de manière distrayante : « L’instructif doit se présenter sous une forme qui provoque l’intérêt ; sans cela, il rebute et dégoûte de l’instruction » écrit en effet Hetzel. A l’intérieur de ces ouvrages, les plus jeunes sont directement interpellés dans des textes et feuilletons sur les thèmes des sciences de la nature, sciences physiques et chimiques, histoire, géographie et sciences économiques. Jules Vallès, contemporain d’Hetzel, écrit dans le Progrès de Lyon « De toutes les tentatives faites depuis des années en France pour combler les lacunes laissées par le passé dans notre enseignement scientifique et littéraire, aucune n’a serré de plus près son but que la Bibliothèque d’Education et de Récréation que M. Hetzel est parvenu à créer, grâce au concours des meilleurs esprits, des plus illustres savants et des plus charmants écrivains de ce temps-ci ».

Frontispice du "Tour du Monde en 80 jours" aux éditions Hetzel

Source : Gallica / Bibliothèque nationale de France

Les œuvres de Jules Verne font l’objet d’une prépublication dans la revue avant d’être éditées en livres d’étrennes. Publiées sous forme de feuilletons, elles occupent à peu près la moitié de chaque numéro de la revue.

En matière de littérature jeunesse, on doit aussi à Hetzel l’édition de deux œuvres d’Alphonse Daudet : Les lettres de mon moulin et Le Petit Chose.

Pierre-Jules Hetzel meurt le 16 mars 1886. Sa maison d’édition, d’abord reprise par son fils, sera achetée par les éditions Hachette, la maison concurrente, en 1914.

Aujourd’hui, la bibliothèque municipale de Sèvres, où l’éditeur a vécu, conserve un fonds Hetzel dans lequel se trouve un grand nombre de livres qu’il a édités.

 

Pour en savoir plus :

  1. DELOBBE, Karine, 2002. Littérature jeunesse. Mouans-Sartoux, France : PEMF. Histoire d’un art. ISBN 2-84526-406-2. Médiathèque Batignolles, Salle de Lecture, 809.89 DEL / Médiathèque Molitor, Espace bleu, 809.89 DEL
  2. DUPONT-ESCARPIT, Denise, 2008. La littérature de jeunesse: itinéraires d’hier à aujourd’hui. Paris, France : Magnard, impr. 2008. ISBN 978-2-210-72001-5. Médiathèque Batignolles, Salle de Lecture, 809.89 ESC / Médiathèque Molitor, Espace bleu, 809.89 ESC
  3. CANH-GRUYER, France. « HETZEL JULES, dit P.-J. STAHL (1814-1886) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mars 2014. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/hetzel-jules-dit-p-j-stahl (Accès disponible dans les ressources électroniques de Paris Sorbonne)
  4. HETZEL, Pierre-Jules, SCHULER, Théophile, PANNEMAKER, Adolphe François, BARBANT, Charles et MAGNIER, Charles, 188X. Morale familière: contes, récits, souvenirs et conseils d’un père à ses enfants. Paris, France : J. Hetzel,. Bibliothèque d’éducation et de récréation, ISSN 2258-2215. Médiathèque Molitor, Réserve 2e étage / Cote ARES432

 

Les listes de lecture du Ministère de l’Education Nationale

La Bouche pleine de Bernard Friot, liste de lecture pour les collégiens

La Bouche pleine de Bernard Friot, liste de lecture pour les collégiens de 2012

Parmi les livres acquis par les bibliothèques de l’ESPE, un certain nombre fait partie des listes établies par le Ministère.  En effet, si l’on présente traditionnellement des ouvrages de littérature classique en classe, le but de ces listes est de suggérer aux enseignants des ouvrages issus de la production éditoriale contemporaine, et d’encourager l’accès de tous à la lecture. La première liste, datée de 2002 concernait l’Ecole élémentaire. Elle comprenait 180 titres, et était considérée comme trop restrictive. Depuis 2013, ce sont 1360 ouvrages au total qui sont proposés aux enseignants, comprenant des ouvrages récents aussi bien que des grands classiques de la littérature jeunesse, comme les contes de Charles Perrault, ou les romans de Jules Verne.

Les listes destinées aux enseignants sont au nombre de quatre, selon le niveau des élèves :

Une première sélection d’albums est proposée aux enseignants du Cycle 1 (petite section, moyenne section, grande section). La liste, datée de 2013, comprend 250 ouvrages, et a été présentée au Salon de Montreuil : elle est conçue pour faire découvrir à tous les enfants la diversité des formes de lecture. L’objectif de cette sélection est de repérer des albums qui serviront à entrer peu à peu dans le monde de la langue et du récit. Les livres proposés sont classés par niveau de difficulté, mais aussi en fonction de l’utilisation que l’enseignant pourra en faire (mettre en scène, jouer avec un livre…) Vous pouvez consulter la liste du Cycle 1 sur le site du Ministère.

 

La liste du cycle 2 (CP, CE1 et CE2), actualisée en 2009, intègre dans ses 270 recommandations, outre de petits romans pour la jeunesse, des bandes dessinées, des comptines, des pièces de théâtre, des recueils de poésie…  ainsi que des albums sans texte. La sélection s’est faite en fonction de la qualité littéraire des textes, leur disponibilité, la diversité des types de textes, mais aussi des maisons d’éditions, des illustrateurs et auteurs. N’hésitez pas à consulter la liste du Cycle 2.

 

Pour le cycle 3 (CM1-CM2-6e), ce sont 300 documents qui sont nommés, et sélectionnés selon les principes précédemment énoncés. Cette liste reprend des auteurs et des titres présents dans les deux listes précédentes, afin de permettre de créer un parcours cohérent. Pour plus d’informations, consulter la liste du Cycle 3.

 

Depuis 2012, il existe également une liste de 530 livres destinée aux collégiens, accompagnée d’une mini-fiche de lecture analysant l’intérêt et le niveau des ouvrages recommandés. Les livres sont choisis afin de proposer une diversité d’époques, d’auteurs et de formats, mais également en fonction de leur prix raisonnable et de leur proximité avec les programmes de chaque matière. Comme les précédentes, la liste du Collège est disponible en ligne.

 

L’objectif des médiathèques de l’ESPE est de proposer aux étudiants la majeure partie des documents sélectionnés sur ces listes. Les acquisitions sont progressives, mais vous pouvez dès à présent trouver dans les rayons l’intégralité de la liste du collège pour le théâtre et les contes.

Des livres pour apprendre à compter

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365 Pingouins, Jean-Luc Fromental, Joëlle Jolivet, éditions Naïve.

A l’occasion du Salon de la Presse et de la Littérature de Jeunesse de Montreuil, voici une présentation des fonds d’albums des Médiathèques de l’ESPE, et plus précisément de cette catégorie particulière que sont les livres à compter.

Qu’est ce qu’un livre à compter et comment l’utiliser ?

L’apprentissage des mathématiques en classe est très progressif : en petite section, on privilégie des activités tournant autour de l’histoire racontée, pour faire peu à peu appréhender la quantité. Les activités proposées peuvent être des activités d’appariement (correspondance d’éléments prêtés aux enfants avec ce qu’ils voient sur la page de l’album), création de collections d’objets, Memory… En moyenne section, on commence à comparer les collections et à dénombrer des objets différents. La grande section aborde l’augmentation et la diminution des quantités, la maîtrise du tracé des chiffres, et la connaissance de la suite numérique écrite. Peu à peu, on présente ce qu’est un problème en mathématique. Les signes des opérations et les techniques de résolution seront présentés en CP.

C’est dans ce cadre que sont utilisés les livres à compter : il s’agit de faire connaître la suite des nombres, de permettre à l’enfant d’associer la quantité correspondant aux chiffres écrits, d’aborder les notions de croissant et décroissant. L’addition simple, et la notion de zéro, plus complexes, sont abordées dans certains albums. En classe, l’utilisation d’albums à compter est en général accompagnée d’activités pédagogiques permettant d’apprendre avec les éléments présentés dans l’histoire.

En règle générale, les albums à compter et à raconter proposent une histoire.  L’enfant découvre les quantités en suivant la narration.

Quelques titres :

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Dix petits amis déménagent, Mitsumasa Anno, L’Ecole des Loisirs.

Dix petits amis déménagent,  Mitsumasa Anno, L’école des loisirs, 2002.

 Les dix petits amis déménagent d’une maison à l’autre. Sans texte, cet album encourage l’enfant à observer et à compter pour voir les différences entre les deux pages. Il présente les nombres jusqu’à 10, et la notion de croissant et décroissant.

 Le Cinquième, Ernst Jandl, L’école des loisirs, 2000.

Cinq jouets attendent dans une clinique, inquiets et cassés. L’un après l’autre, ils disparaissent dans le cabinet du docteur réparateur, et réapparaissent soignés. Cet album joue avec l’appréhension des plus jeunes, et permet d’aborder la notion de nombre ordinal en moyenne section.

 365 pingouins, Jean-Luc Fromental, Joëlle Jolivet, Naïve, 2006

Comprenant seulement trois couleurs, cet album, qui raconte l’invasion progressive d’une maison par des pingouins réfugiés climatiques, permet de présenter de nombreuses notions mathématiques et notamment d’aborder les premiers problèmes.

 Les albums à compter ne sont pas toujours des récits, mais peuvent se contenter de présenter au fil des pages nombres et quantités associées. Parmi cette catégorie, on peut trouver différents types d’albums, répondant à différents objectifs :

Les textes informatifs permettent de faire découvrir un sujet en particulier à l’enfant, en plus de son rôle de livre à compter.

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Dix petite graines, Ruth Brown, Gallimard jeunesse.

Dix Petites graines, Ruth Brown, Gallimard, 2007

Dans cet album, un petit garçon plante dix petites graines. Chacune connaît une mésaventure différente, et finalement seule l’une d’entre elles deviendra plante, donnant à nouveau naissance à 10 petites graines, pour recommencer.

Bonne pêche, Thierry Dedieu, Seuil, 2009

Chaque jour, le pêcheur de Bonne pêche sort en mer. Mais il revient avec moins de poissons et plus de déchets au fil des jours. Outre le comptage des poissons, cet album présente aux plus jeunes le sujet de la protection de la nature.

Dix petits soldats, Gilles Rapaport, Circonflexe, 2002

Les soldats partent à la guerre, mais l’un après l’autre battent en retraite, jusqu’à ce que le dernier décide de déserter. Cet album aux illustrations dures, bien que sous la forme d’une comptine, est un manifeste contre la guerre.

Les albums à compter peuvent se présenter sous la forme de textes incitatifs, et encouragent alors le lecteur à participer : à dénombrer, à écrire, à construire une histoire…

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Je cherche des nombres dans l’art, Lucy Micklethwait, Bayard Jeunesse.

Je cherche les nombres dans l’art / Lucy Mickletwait, Bayard, 2006

Chaque double page de l’album présente un tableau dans lequel des collections d’objets (jusqu’à 20), sont identifiables. La présentation permet

d’associer l’analyse d’œuvre d’art à la découverte des chiffres.

 Maman / Mario Ramos, Ecole des Loisirs, 1999

Un petit garçon découvre sa maison envahie par des animaux, de plus en plus nombreux. Sans texte, l’album permet d’aborder les chiffres de un à dix et les pièces de la maison avec humour.

 Cachés ! / Agnès Baruzzi, Mango, 2012

Dans la forêt, des animaux sont cachés, représentés en ombres chinoises. En les retrouvant tous, les enfants apprennent à compter jusqu’à 10.

 Enfin, une partie de ces albums se décline en textes à comptines ou à rimes, qui permettent de retenir la suite des nombres :

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Dix petits harengs, Wolfang Erlbruch, La joie de lire.

Les dix petits Harengs, Wolf Erlbruch, La Joie de lire, 1997

Cette comptine met en scène les dix petits harengs qui se séparent l’un après l’autre, puis finissent par se retrouver.

 Chiffres à compter, Anne Bertier, Memo, 2006

L’album présente les 12 premiers chiffres, et invite l’enfant à inventer ses propres rimes.

 Mon imagier des comptines à compter, Bernard Davois, Olivier Tallec, Gallimard, 2006

Quinze comptines traditionnelles remaniées pour présenter les chiffres, en associant son, image, et écriture. L’album, qui comprend un CD, permet aussi de chanter et de mimer les gestes des comptines.

Les albums ci-dessus sont tous disponibles dans les médiathèques de l’ESPE, avec bien d’autres albums.

100ème anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire

 A l’occasion, ce 26 juin, du 100ème anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire, nous vous proposons de découvrir une biographie le concernant. De nombreux autres ouvrages à propos de lui ou dont il est l’auteur sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Paris Sorbonne.

Livre d'Yves Pinguilly

Aimé Césaire : Le nègre indélébile / Yves Pinguilly. Oskar éditions, 2011. Collection Culture & Société.

 

L’auteur jeunesse Yves Pinguilly propose dans son Aimé Césaire : Le nègre indélébile une biographie courte et dense du poète martiniquais. Le texte poétique et emphatique remet en perspective la vie de Césaire et nous emporte dans sa vie intellectuelle et politique. L’ouvrage est parsemé d’extraits de poèmes directement intégrés dans la continuité du texte, mais aussi d’entretiens et de témoignages, brossant un portrait vivant de Césaire.

Au final, ce livre constitue une introduction claire et engagée à l’œuvre d’Aimé Césaire. Il est particulièrement recommandé aux collégiens et lycéens, à partir de 13 ans, mais peut aussi constituer un solide point de départ pour quiconque souhaitant aborder pour la première fois Césaire et son œuvre.

Vous pouvez retrouver ce document à la bibliothèque de l’IUFM Molitor.

Le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil

Il ne vous aura pas échappé que, la semaine dernière, se tenait à Montreuil le Salon du livre et de la presse jeunesse. C’est l’occasion, pour les enfants comme pour les adultes, de venir découvrir les dernières nouveautés de ce secteur éditorial bien particulier, de rencontrer les éditeurs, de transmettre à ses proches l’envie de lire.

Mais ce salon est aussi l’occasion pour les professionnels de toute la chaîne du livre de se retrouver et d’échanger, en particulier lors de la journée professionnelle qui s’est tenue lors du dernier jour du salon. Pour vos bibliothécaires (sur Paris 4, il s’agira plutôt des bibliothécaires de l’IUFM, qui sont plus concernés par le livre jeunesse que leurs collègues de BU), c’est l’occasion de venir faire le plein d’idées de nouvelles acquisitions et de repartir les bras chargés de catalogues d’éditeurs pour s’y retrouver dans l’offre foisonnante de littérature de jeunesse. C’est aussi l’occasion de prendre le pouls du marché et des diverses professions qui s’y rattachent en assistant aux très nombreuses conférences organisées aux quatre coins du salon.

Alors que s’est-il dit ? Comment se porte l’édition pour la jeunesse ?

Cette année, l’ensemble du secteur de l’édition a continué d’accuser le coup de la crise, ce qui s’est traduit par une baisse globale en volume de 4,5% des ventes, ce qui est tout à fait significatif. Pourtant, les ventes de littérature de jeunesse ont augmenté de 8,5%, atteignant de véritables records.

Mais cette augmentation des ventes n’est pas forcément un signe de bonne santé : souvent, quand les ventes baissent, les éditeurs font plus de livres pour maquiller les chiffres et espérer le gros lot : qui sait si un nouveau Harry Potter ne se cache pas parmi leurs nouveautés ? Au final, il y a au total 70 000 nouveautés chaque année en France, c’est pourquoi il est difficile pour un livre de rester plus de six semaines en librairie. Car, à tous les niveaux de la chaîne, il faut absolument publier pour vivre. On estime par exemple que, pour pouvoir vivre uniquement de ses livres, un illustrateur de jeunesse devrait en publier au moins sept par an – ce qui est assez irréaliste.

Tous les métiers du livre subissent des tensions, jusqu’aux imprimeries qui ferment, les unes après les autres : désormais, certains livres demandant des manipulations complexes, comme les livres animés ou livres pop-ups, ne peuvent plus être imprimés qu’en Chine. Les imprimeurs français ont du mal à faire face à cette concurrence orientale, qui réussit à produire des livres de qualité à moindre coût. Leur seul atout reste leur réactivité : faire imprimer un livre localement permet d’éviter de longs délais d’acheminement.

Malgré tout, les livres de jeunesse continuent de se vendre et se vendent bien. Certes, il est parfois difficile de s’y retrouver dans cette pléthore de nouveautés, et parfois les lecteurs hésitent devant les prix des ouvrages. Mais ces livres à destination des enfants restent un outil de transgression des barrières invisibles qui se dressent entre les individus, ils permettent de créer du lien, de réinstaurer le dialogue entre les enfants et leurs parents ou leurs grands-parents. Le livre permet de sortir de la sidération des écrans, de s’extraire de l’empire de l’immédiateté, d’entrer dans la réflexion. Sa linéarité permet aux enfants de se construire.

D’ailleurs, qu’en est-il des enfants ?

Les résultats d’une enquête Ipsos MédiaCT, réalisée en partenariat avec Gallimard Jeunesse et Le Parisien, ont été présentés au cours du salon. Il en ressort que les 7 – 15 ans aiment lire à 78%, et que 82% d’entre eux lisent au moins une fois par semaine. Les enfants lisent donc plus que les adultes (chez qui on compte 70% de lecteurs) !

Si les taux de lecture baissent à partir de 12 ans, en particulier chez les garçons, l’offre éditoriale française s’applique à essayer de faire revenir les adolescents vers le livre, avec des auteurs s’adressant spécifiquement à eux. Le succès d’Harry Potter a prouvé aux auteurs et aux éditeurs qu’écrire pour la jeunesse ne signifiait pas forcément avoir à se limiter à un petit nombre de pages et à des histoires simples, et qu’un même livre pouvait s’adresser à de nombreuses tranches d’âge. Cela a donné envie à de nombreux auteurs de se tourner vers ce public, ce qui permet aujourd’hui à une littérature adolescente de se développer de plus en plus.

Au final, la lecture des enfants n’a pas baissé depuis dix ans. Tout le monde a besoin d’une histoire. Et c’est avec enthousiasme qu’auteurs, éditeurs, imprimeurs, libraires et bibliothécaires continuent de travailler à créer et à transmettre ces histoires par tous les moyens possibles.

Si vous deviez n’en retenir qu’un ?

Alors il vous faudrait lire Madame Le Lapin Blanc, de Gilles Bachelet, qui vient de remporter le prestigieux prix « Les Pépites du Salon », dans la catégorie « album ». Il reprend et détourne l’univers d’Alice au Pays des Merveilles avec humour et délicatesse.

D’ailleurs, vous le retrouverez très bientôt dans les collections de littérature de jeunesse de la bibliothèque de l’IUFM…

Quelques livres de littérature jeunesse des collections de l’IUFM

Outre les manuels scolaires et les ouvrages de didactique, les Médiathèques de l’IUFM proposent des documentaires, des albums et des romans pour la jeunesse. En libre accès ou conservés en réserve, ceux-ci permettent d’illustrer une petite partie de cette production, entre 1950 et nos jours. Nous vous proposons  de découvrir quelques exemples anciens d’ouvrages pour la jeunesse contenus dans les fonds.

 

A chacun sa roue / Vladimir Soutéev. Paris, La Farandole, 1956

A leur création en 1955, les éditions La Farandole se spécialisent dans la promotion et la traduction de la littérature de jeunesse russe.  C’est ainsi que sont traduits les ouvrages de Vladimir Soutéev dont  A chacun sa roue.  Vladimir Soutéev (1903-1993) a commencé sa carrière vers 1920 en tant que réalisateur des premiers  dessins animés soviétiques. Il s’est tourné ensuite vers l’illustration d’albums pour la jeunesse. Ses albums se déroulent souvent à la campagne, et l’action permet aux enfants d’apprendre quelques informations pratiques sur leur environnement : A chacun sa roue encourage notamment le recyclage des objets et les activités manuelles.

La disparue de Montélimar / Paul-Jacques Bonzon. Paris, Hachette, 1957

Paul-Jacques Bonzon (1908-1978), ancien instituteur, a essentiellement été publié par les éditions Hachette. Notamment grâce au succès de sa série Les 6 Compagnons, il devient l’un des romanciers français pour la jeunesse les plus représentatifs de cette époque. Son œuvre, très documentée et assez différente des romans publiés alors, met fréquemment en scène des enfants démunis ou issus des milieux populaires, dans plusieurs villes de France. Initialement publié en 1957 et présentant trois jeunes héros Montiliens, le roman La Disparue de Montélimar est intégralement retravaillé par son auteur et édité sous sa nouvelle forme en 1970, pour intégrer la série des 6 Compagnons.  Le contexte de l’après-guerre disparaît du roman à cette occasion, et l’intrigue est modifiée.

Babies / Gyo Fujikawa. New York,  Grosset &Dunlap, 1963

Célèbre pour avoir été parmi les premières à inclure des enfants de différentes origines dans ses albums, Gyo Fujikawa (1908-1998) est surtout connue aux Etats-Unis, où ses ouvrages sont régulièrement réédités. Tous présentent une vision heureuse et douce de l’enfance, teintée de nostalgie. Les visages ronds, les joues roses, et les yeux en simples points des enfants qu’elle représente rendent son style de dessin aisément identifiable.

Si vous avez envie de découvrir la littérature de jeunesse, n’hésitez pas à visiter le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, à Montreuil, du 28 novembre au 3 décembre.

Le cahier de Leïla

Le cahier de Leïla présente sous la forme d’un journal intime et d’illustrations en regard le parcours d’une jeune Algérienne migrant en France dans les années 1960.

L’ouvrage participe d’une collection éditée par Autrement et la Cité de l’immigration, intitulée « Français d’ailleurs », présentant des parcours migratoires sous la forme de docu-fiction. Un dossier est proposé en fin d’ouvrage sur le thème du volume.

Le cahier de Leïla : de l’Algérie à Billancourt, Valentine Goby et Ronan Badel, Autrement jeunesse, 2007, 325 GOB.