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Moi, Auguste, empereur de Rome

aug

 

 A  l’occasion du bimillénaire de la mort d’Auguste, le Grand Palais propose jusqu’au 13 juillet une grande exposition sur le premier empereur romain en collaboration avec le Musée du Louvre, l’Azienda Speciale Palaexpo – Scuderie del Quirinale et les Musei Capitolini de Rome.

300 œuvres sont exposées. Des statues, des reliefs et des fresques viennent illustrer la vie à l’époque d’Auguste et particulièrement l’image qu’il voulait imposer de lui-même à Rome et dans les provinces, l’image d’un pouvoir stable et généreux annonçant le début d’un nouvel âge d’or.

On retrouve aussi de nombreux objets de la vie quotidienne comme de l’argenterie, de la verrerie, des bijoux qui complètent ce panorama et donnent un aperçu de l’aménagement et du confort des maisons romaines.

 Le catalogue de cette exposition présente tous les objets exposés ainsi que le contexte historique et artistique du règne d’Auguste :

Auguste [Texte imprimé]   : [exposition], Paris, Grand Palais, Galeries nationales, 19 mars – 13 juillet 2014 / 1 vol. (319 p.)

 Disponible :

à la bibliothèque Clignancourt : 1 Arts, Musicologie   – 709.37 AUG

à la bibliothèque Michelet : Salle de lecture   – 709.015 AUG

à la bibliothèque Serpente 709.37 aug.

Qu’est-ce que l’éducation socioculturelle ?

1507-1

Parmi les nouveautés de la médiathèque de l’ESPE, Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole (1971-2008), revient sur un dispositif original et méconnu du grand public, par le biais des souvenirs d’un enseignant. Profitons de cette occasion pour présenter cet enseignement atypique, à mi-chemin entre l’éducation et l’animation.

Créé en 1962, l’éducation socioculturelle est l’héritière de la loi de modernisation agricole de 1962, qui visait à améliorer les connaissances des agriculteurs. dans ce but, les lycées agricoles sont modernisés et incluent des associations sportiveset culturelles, alors souvent animées par des militants de l’éducation populaire. Les premiers professeurs sont formés dès 1966, et dépendent du Ministère de l’agriculture.

L’éducation socioculturelle a pour but d’élargir les perspectives des élèves autour de quatre pôles d’action : cultures et territoires, éducation artistique, communication interpersonnelle et communication médiatisée. Le travail en classe inclut l’utilisation des méthodes d’enseignement actives, et notamment la pédagogie de projet. Il s’agit de mettre les élèves en situation d’expérimentation, au cours d’actions en partenariat avec des associations ou des acteurs du milieu culturel. Les travaux des élèves peuvent donner lieu à la réalisation de courts-métrages, d’oeuvres plastiques, musicales ou théâtrales.

Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole mêle les mémoires d’un enseignant de cette discipline à une réflexion sur ses contenus et sa pratique. Cet ouvrage au contenu très riche rend compte de l’évolution qu’a connue l’éducation socioculturelle depuis sa création, et fait le point sur ses modalités d’existence actuelles.

Si vous désirez plus d’informations sur les actions menées par les enseignants d’éducation scocioculturelle, vous pouvez consulter le site national qui les répertorie : http://escales.enfa.fr/

Au fil de l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole (1971-2008) : mémoires et questions vives / Jean-pierre Menu. Paris : L’Harmattan, 2014. Disponible à la médiathèque de l’ESPE du site Molitor, à la cote 373.246 MEN.

Note de lecture sur La lecture

La lecture / Jin Si Yan ; Jean-François Sené, Presses artistiques et littéraires de Shanghai, Paris, Desclée de Brouwer, 2012, 183 p.

«Nuit, je te suis. Je retourne à des lointains infinis, je marche vers le proche le plus lointain. »

« L’homme devrait jouir de la liberté. Plus encore devrait-il comprendre ce qu’est la liberté. Et dans le mot liberté j’y vois, moi, liber, désignant le livre en latin. » (Jin Si Yan )

Dans la première partie, Serrer la main des ancêtres, Jin Si Yan évoque ses souvenirs à partir de son enfance au milieu des années 60, c’est-à-dire au début de la révolution culturelle. À l’époque, seuls les écrits de Mao, Lénine, Marx, Engels avaient droit de cité. Les autres livres étaient enfermés dans les bibliothèques ou brûlés. Mais Jin Si Yan se souvient des lectures que son père psalmodiait à ses filles en cachette. Il leur faisait découvrir tant les classiques chinois antiques que Hamlet ou Platon. Il disait : « Serrez la main des ancêtres et le chemin de vos vies sera tracé. » C’est son père et surtout son grand-père, professeur d’école « stigmatisé pour avoir acheté des champs », qui lui apprirent à lire et à calligraphier.

Traditionnellement, pour la plupart des filles, lire ou aller à l’école était moins indispensable que savoir tisser mais la mère de Jin Si Yan ne voulut pas que sa fille soit tisserande. C’est ainsi que Jin Si Yan, grâce à son amour de la lecture, put poursuivre ses études bien au-delà de l’école et devenir plus tard institutrice puis professeur de littérature chinoise en France…

Mélange émouvant et merveilleux de souvenirs personnels et de rappels de lectures faisant appel à la mémoire collective, le récit de Jin Si Yan constitue pour le lecteur une sorte d’initiation à la civilisation chinoise à travers :

-l’histoire du livre et de ses divers supports : carapaces de tortues, vases de bronze, sur pierre, sur tablettes de bois et de bambou, l’invention du papier attribuée à Cai Lun ;

-la pensée chinoise : Confucius, Lao Zi, le taoïste Dongfang Shuo, le Sūtra du Lotus (Bouddha, Maitreya et ses disciples), les maîtres bouddhistes (Zhi Xu …) ;

-la mythologie : mythe de Pan Gu, empereurs légendaires Fu Xi et sa sœur Nüwa, L’Empereur Jaune  Huang et son devin à quatre yeux Cang Jie, Zhongli Quan (un des 8 immortels) mythe des constellations de la Tisserande et du Bouvier ;

Par inconnu (http://classes.bnf.fr/dossiecr/my-chine.htm) [Public domain], via Wikimedia Commons

-les grandes encyclopédies et la littérature classique et moderne (voir quelques titres ci-dessous) ;

-d’autres figures d’artistes remarquables : calligraphes, lettrés, poètes, peintres, etc. dont Han Yu, Zhang Zhi, Su Dongbo, et une femme, Cai Wenji, également musicienne.

Cai Wenji. Domaine public. Via Wikimedia commons.

Les sauts allègres d’une période à une autre ainsi que les nombreux chevauchements entre anecdotes historiques et légendaires, peuvent paraître assez déroutants, surtout si l’on n’a pas la moindre idée de la chronologie générale de l’histoire de la Chine depuis les temps mythologiques et la succession des différentes dynasties jusqu’à l’époque contemporaine. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen de nous faire partager son « vertige de la lecture » en plongeant dans l’océan et en effaçant les limites séparant le temps et l’espace ? En stimulant ainsi l’imaginaire du lecteur, Jin Si Yan donne envie d’en connaître davantage et de se familiariser avec ce patrimoine culturel immense que le temps et les multiples vicissitudes politiques n’ont jamais réussi à effacer.

Principaux noms et titres d’œuvres cités :

Classiques chinois (d’obédience confucéenne) : Les Quatre Livres, Entretiens de Confucius ; Les Cinq Classiques, Livre des rites, Livre des Mutations (Yi Jing), Livre le plus vénérable, Livre des Odes, Le Cérémonial
Annales des Printemps et des Automnes (Lüshi Chunqiu)
Lao Zi (Lao Tseu) : Livre de la Voie et de la Vertu (Dao De Jing)
Hanfeizi (Han Fei Zi) : Yinshu yanshuo
L’Encyclopédie de l’ère Yongle

Par Asb (Transferred from de.wikipedia). [Public domain], de Wikimedia Commons


La Bibliothèque complète en quatre sections (Siku quanshu)
Liu Yi Qing : Anecdotes contemporaines et nouveaux propos (Shishuoxinyu)
Xiao Ji : Grand système des cinq agents (Wuxing dayi)
Cao Xueqin : Le Rêve du Pavillon rouge (Hóng lóu mèng)
Fleur en fiole d’or (Jin Ping Mei)
Li Ruzhen : Romance des fleurs en miroir  

*

Dans la seconde partie, La lecture, cette drogue douce, Jean-François Sené se souvient des premières lectures qui ont marqué son enfance, notamment en classe où l’un de ses instituteurs avait l’habitude de lire à haute voix telle fable de Jean de La Fontaine, ou des extraits d’oeuvres de Selma Lagerlöf, Marcel Aymé, Louis Pergaud, Jules Renard, Jack London, James Oliver Curwood, Robert Louis Stevenson, Jules Verne… et cela sans les commenter ni en faire un exercice de travail, simplement pour éveiller la curiosité et donner l’envie de poursuivre la lecture.

Pour Jean-François Sené, le plaisir de la lecture, et de la lecture à haute voix en particulier, provient, de son caractère désintéressé, mais également du pouvoir magique, hypnotique, lié au pouvoir de l’oralité. Les contes des Mille et Une nuits et le personnage de Schéhérazade en fournissent un bon exemple, tout comme celui de Flaubert et de son « gueuloir ».

Si l’écrivain, le poète travaille son texte en musicien, à chaque lecteur d’en être l’interprète ou le co-auteur et de recréer à chaque fois un nouveau texte. Chaque partie de cet essai tourne autour d’un aspect de la lecture, le dépaysement, la connaissance de l’autre, la bibliothèque, l’écriture, etc., chaque thème étant introduit par une citation d’auteur. Ainsi après Alain, Shakespeare, Montaigne…, Mme de Sévigné nous rappelle que la lecture apprend aussi à écrire, ce qui en ce siècle où l’image et le son prédominent, devrait nous inciter à revenir à des formes plus lentes et plus riches de divertissements instructifs.

Pour J.-F. Sené, peu importe de quelle manière vient le goût de lire, cela peut être par l’intermédiaire d’albums illustrés ou de bandes dessinées.

Mais il est des cas où le plaisir fragile de la lecture risque de s’émousser ou d’être détruit, soit par excès d’exégèse ou de vice de lecture critique, soit par certaines méthodes d’apprentissage fastidieuses, ou encore si le but est de transmettre un message édifiant.

S’inspirant de Cicéron et de sa conception du bonheur, J.-F. Sené consacre ailleurs quelques belles pages aux bibliothèques, lieux ouverts ainsi que des jardins (Bibliothèque d’Alexandrie, Eco, Borges, Journal intime de Samuel Pepys).

La rencontre de deux auteurs, l’un chinois et l’autre français, qui fait l’originalité de la collection « Proches Lointains », ne serait pas pleinement réalisée si Jean-François Sené ne parlait pas (comme Jin Si Yan l’a fait en première partie en évoquant ses contacts avec l’Occident) de son vif intérêt pour la Chine où il a voyagé à plusieurs reprises. Il se souvient notamment de son émerveillement devant une librairie de Shanghai, en ressortant avec un recueil de nouvelles de Lu Xun. J.-F. Sené ne manque pas de louer chaleureusement le travail des traducteurs grâce à qui les grands auteurs et poètes classiques aussi bien que des livres de littérature populaire de l’Asie et de la Chine commencent à affleurer en Occident, tandis que les Chinois prennent plaisir à lire la littérature et la poésie occidentale.

Au XVIe siècle, le missionnaire Matteo Ricci, surnommé le « lettré d’Occident », auteur d’un Traité de l’Amitié, apparaissait comme un précurseur dans ce rapprochement des cultures. Au XXIe siècle, François Cheng, comme Jin Si Yan, par exemple, sont passés maîtres de tels « dialogues transculturels ».

Ce très riche double essai sur la lecture (dont je n’ai fait que donner un bref et partiel aperçu), ouvre à la reconnaissance de l’universalité des sentiments : « C’est aussi le pouvoir ou la fonction de la lecture : vous aider à accueillir vos frères humains tels qu’ils sont, à vous identifier à eux et à mieux vous connaître en vous montrant que les espérances et les passions qui les hantent sont universelles. » (Jean-François Sené)

Nathalie Cousin
septembre 2012

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Quelques ouvrages sur la calligraphie et l’art chinois à la Bibliothèque Michelet :

Billeter, Jean-François.   L’art chinois de l’écriture : essai sur la calligraphie / Jean-François Billeter. Milan : Skira, 2001. Michelet : Magasin    – 709.59 BIL

Escande, Yolaine.   Traités chinois de peinture et de calligraphie. 1. Les textes fondateurs (des Han aux Sui) / traduits et commentés par Yolaine Escande. [Paris] : Klincksieck, impr. 2003. Michelet : Magasin    – 8 AA 257-1

Murck, Alfreda.   Words and images : Chinese poetry, calligraphy, and painting / edited by Alfreda Murck and Wen C. Fong. New York : Metropolitan Museum of Art, c1991. Michelet : Magasin    – 4 AA 10

Polastron, Lucien Xavier. Le trésor des lettrés / Lucien X. Polastron. Paris : Imprimerie nationale éd., impr. 2009. Michelet : Magasin    – 4 AA 349

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Tous nos remerciements à Jean-François Sené.

« La planète des sages : encyclopédie mondiale des philosophes et des philosophies » : un ouvrage qui fait réfléchir !

Cet ouvrage est réalisé par Jul pour la bande-dessinée et Charles Pépin pour les textes aux éditions Dargaud en partenariat avec Philosophie magazine.

  • Il propose un recensement des philosophes qui ont marqué l’histoire, avec une présentation sur une double page : une Bande-dessinée humoristique et un texte résumant la vie et la pensée de l’auteur. On passe de Confucius à Rousseau, de Pascal à Thomas More. Certaines écoles de pensées – par exemple les sceptiques – et certaines institutions – l’école normale supérieure – sont aussi analysées.
  • Autant Jul aborde ces portraits de façon humoristique, autant le texte est sérieux et rigoureux. Cet ouvrage permet à tout un chacun de pallier des manques de connaissance sur des philosophes ou de réviser ce que l’on sait sur d’autres. Les philosophes contemporains – Baudrillard, Debord, Jankélévitch…- côtoient les philosophes de l’âge classique – Aristote, Platon, Confucius, Leibniz… 

La planète des sages constitue un livre très intéressant pour l’apprentissage de la philosophie.

 

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50 fables expliquées aux enfants

    • Le document se présente comme un recueil de fables, joint de commentaires et de conseils pour une explication rigoureuse.
      • L’ouvrage a été rédigé par Virginie Auguste-Dormeuil, agrégée de lettres modernes et illustré par Valérie Stettent.
      • Les fables sont accompagnées d’illustrations en couleurs qui permettent d’aborder l’histoire différement.
      • Le recueil fait bien sûr la part belle à Jean de La Fontaine, mais également à d’autres auteurs comme Louis Ratisbonne, Le Bailly ou Florian, dont les fables sont remises au goût du jour.
      • Les fables s’installent dans un environnement animalier ou naturel et se terminent immanquablement par une morale.
      • La construction de l’ouvrage s’effectue dans une logique de progression des fables les plus simples à la lecture aux fables plus complexes.
      • L’éditeur, la Librairie des écoles, propose de nombreux documents servant de supports pédagogiques originaux.

      La naissance du livre en bibliothèque

      Quel parcours mène le livre de son acquisition à sa mise en circulation ? Comment le choix s’opère t-il ? Quelles étapes franchit-il avant de se retrouver sur les étagères ? Et au final quelle vie lui aura-t-on prédestiné ? Si vous voulez en savoir un peu plus, suivez le guide !

      Pourquoi celui-ci et pas un autre ?

      Le livre d’abord s’achète, mais pas n’importe comment. Et vous serez peut-être un peu surpris, mais oui lecteurs, on tient compte de votre avis ! Il suffit pour cela de signaler sur les cahiers de suggestions le ou les livres que vous voudriez voir sur les rayons de votre bibliothèque. Bien sûr, à chaque fois vos doux vœux pieux ne deviendront pas systématiquement réalité car vos souhaits sont minutieusement épluchés par les bibliothécaires qui ont l’obligation de respecter certains critères. Inutile de dire que le choix est affaire de budget et de respect de la politique documentaire mise en place par les bibliothèques.

      Ces aspirations considérées et traitées, le bibliothécaire sélectionne les nouveautés dans la production récente afin d’enrichir les collections grâce à un système de veille. Il s’appuie sur la politique documentaire qui détermine le niveau des livres à acheter, le nombre d’exemplaires à acquérir pour les manuels mais aussi les éditeurs dont les catalogues doivent être dépouillés systématiquement. Et il s’aidera bien sûr des demandes des enseignants, notamment de leurs bibliographies. Avant tout spécialiste des acquisitions, pour choisir le bon livre le bibliothécaire a un arsenal d’outils bien huilés : il se reporte à la qualité de l’éditeur et de la collection, et pour le contenu il épluche savamment les critiques, les avis du libraire et beaucoup de sites spécialisés. Il vérifie également si une autre bibliothèque spécialisée a acquis cet ouvrage. Enfin, il fait son choix en fonction du niveau de spécialisation de l’ouvrage suivant que la bibliothèque s’adresse à des étudiants de premier, deuxième ou troisième cycle.

      A côté des achats, le bibliothécaire a aussi le bonheur d’enrichir le fonds grâce aux legs et aux dons (institutions, particuliers). Mais attention, ici aussi, ils doivent répondre à la politique documentaire.

      De plus si accroître les collections est bien le but premier des acquéreurs, ils ne doivent pas omettre de consacrer une partie des sommes allouées, dépense incompressible, à remplacer les ouvrages détériorés et perdus d’où la nécessité peut-être de la part du lecteur d’y apporter le meilleur soin possible !

      Le temps des grandes manœuvres

      Avant sa mise en circulation, le livre passe par une série d’étapes qui le rend prêt à intégrer définitivement sa bibliothèque d’appartenance. Une fois sorti du carton par des mains habiles et minutieuses,  le livre est catalogué. Cela signifie qu’il rentre dans le catalogue. On lui rattache une notice, sorte de carte qui valide son identité (titre, auteur, éditeur, collection…).

      Ensuite le livre est doté d’une adresse, c’est la cotation. Elle lui permet d’être rangé à la bonne place sur les étagères. Un code barre est apposé afin de rendre chaque exemplaire unique. Il est désormais ainsi possible grâce à la recherche dans le catalogue de le retrouver, de l’identifier et de connaitre son statut : disponible, en prêt, à la reliure.

      Enfin prêt ?

      Il reste une dernière étape. Cruciale. Qui prédestinera en quelque sorte sa longévité. Pour parer en effet à la dégradation et à la moindre tentative de vol il est plastifié, renforcé grâce à la mise en place de charnières et muni d’un antivol. Enfin, pour être reconnu possession de la bibliothèque, on procède à l’estampillage, un coup de tampon qui identifie clairement son propriétaire.

      Et voilà l’objet de votre convoitise est là, sous vos yeux, prêt à être consommé sans modération !

      Des chiffres sur le dos d’un livre, oui mais pour quoi faire ?

      Certes, en bon lecteur, vous savez déjà que les chiffres présents sur le dos d’un livre désignent une cote. Mais sans doute désireriez-vous en savoir un peu plus sur ces codes quelque peu énigmatiques. Car malgré certaines apparences, ceux-ci sont loin d’être arbitraires. Découvrez alors dans les lignes qui suivent le ressort caché de ces merveilleuses formules.

      Libre accès et magasin

      Ces combinaisons de chiffres obéissent à une logique bien spécifique dans un système de classement conçu pour aider le lecteur et les bibliothécaires  à se repérer facilement dans les domaines de la connaissance. A la bibliothèque Michelet et pour la plupart des bibliothèques du SCD la classification en libre accès est systématique et suit celle élaborée en 1876 par un bibliothécaire devenu alors célèbre, Melvil Dewey.

      Ce système aujourd’hui baptisé classification décimale Dewey (CDD) est le plus utilisé dans le monde et la quasi-totalité des bibliothèques universitaires françaises l’ont adopté. Il se traduit par un régime de notation et obéit à une norme élaborée à partir d’indices. Les indices se réfèrent et se construisent par le traitement intellectuel du document. Cette notation vise alors à décrire avec une précision plus ou moins grande selon le souhait du bibliothécaire le contenu du livre.

      A l’inverse, les livres rangés en magasin suivent une toute autre logique. Elle n’a rien d’universelle ; c’est ce qu’on appelle une cote « maison ».

      Mais alors la Dewey dans tout ça, c’est quoi au juste ?

      La Dewey est à la fois une cote et un indice. Elle sert autant à l’indexation qu’à ranger les livres sur les étagères. Les connaissances y sont réparties en dix grandes classes :


      000 : Informatique.
      100 : philosophie, parapsychologie, occultisme, psychologie.
      200
      : religion.
      300 : sciences sociales.
      400
      : langues.
      500 : sciences de la nature et mathématiques.
      600 : technologies.
      700 : arts et beaux arts décoratifs.
      800
      : littérature.
      900 : histoire géographie.

      Les 10 classes se divisent ensuite en 10 divisions qui se divisent en 10 sections.

      Ainsi, par exemple la sculpture au Bénin : 730.966 83

      L’indice 730 représente la notation pour la sculpture, 9 la subdivision commune introduisant une ère géographique, l’indice 966 précisant qu’il s’agit de l’Afrique occidentale et 83 du Bénin.

      Et avant comment faisait-on ?

      Dans la Rome Antique, les livres des bibliothèques étaient simplement classés par sujet. On rangeait ensemble les livres écrits en latin, puis ceux en grec.

      Au Moyen Age, principalement dans les bibliothèques ecclésiastiques, les livres étaient encore une fois classés en fonction de leur sujet, mais aussi en fonction de leurs dimensions ou leur ordre d’entrée. Actuellement, le rangement en magasin reprend à certains égards ce système de classification médiéval. Les livres profanes étaient divisés dans le catalogue entre le Trivium (grammaire, dialectique, rhétorique) et le Quadrium (géométrie, arithmétique, astronomie, musique). Y était ajouté un indice de localisation qui indiquait un numéro de pupitre, de rayon et d’entrée.

      Puis Gabriel Naudé, bibliothécaire de Mazarin,  fut l’un des précurseurs de la Dewey. Dans son livre écrit en 1627, L’advis pour dresser une bibliothèque, il préconise de classer les livres par thématiques entre la théologie, les mathématiques, la médecine, la jurisprudence, les humanités, la philosophie, l’histoire.

      Finalement, la Dewey constitue une petite révolution  pour les bibliothèques en libre accès. Par une simple combinaison de chiffres il est possible de connaître avec précision le contenu d’un livre. Cette traduction d’un langage sémantique en une formule mathématique peut paraître hermétique néophyte mais s’avère être la source d’une richesse inépuisable pour offrir un classement précis.

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      Vous avez dit « In Quarto » ?

      Savez-vous ce que signifie In Quarto, le nom de baptême du blog de vos bibliothèques ?

      Eh bien celui-ci n’est évidemment pas étranger au monde du livre et prend sa source dans le nom donné au pliage en quatre des feuilles de parchemin qui constituaient les premiers livres tels que nous les connaissons aujourd’hui. Actuellement cette appellation subsiste. Il suffit de vous rappeler ces chiffres que vous mentionnez parfois en début de cote pour demander un livre en magasin. Le quatre correspond alors au format de l’in-quarto. L’in-quarto est un volume qui mesure entre 25 et 30 centimètres de hauteur.

      Les premiers in-quarto au Moyen Age

      Les premiers in-quarto apparaissent au cours du Moyen Age et constituent un tournant dans l’histoire du livre. Le codex est à cette époque en usage et a remplacé dès le deuxième siècle avant Jésus Christ les rouleaux de papyrus et parchemin jugés trop volumineux et encombrants.

      Il est constitué d’un assemblage de cahiers cousus ensemble et préfigure avec son écriture recto verso le livre d’aujourd’hui. La nouveauté est que ces cahiers de parchemin sont faits de feuilles pliées, ce qui leur donne un format spécifique, variable toutefois selon la taille de la feuille.

      L’in-quarto correspond alors à une feuille qui a été pliée deux fois soit huit pages, l’in-folio à une feuille pliée une fois soit quatre pages,  l’in-octavo à une feuille pliée trois fois soit 16 pages. Dans ces cahiers au format défini, le texte connait une nouvelle organisation.

      Les mots sont désormais espacés.  Bien que la page de titre n’existe pas encore et soit simplement précédée de l’incipit (formule contenant les premiers mots d’un livre), ailleurs les titres et les chapitres font leur apparition. De même si encore beaucoup d’ouvrages se terminent par un explicit (mention faite sur sa fabrication), de plus en plus de copistes ont pris l’habitude de regrouper dans une formule finale (colophon) quelques informations sur l’identité du livre : titre, auteur, date et lieu de la copie.

      Au XIIIe siècle, on commence à numéroter les feuillets en chiffres romains et le papier remplace le parchemin au siècle suivant. Différents types d’écriture sont alors en vogue : la capitale carrée, l’onciale, la semi onciale, la minuscule caroline, la lettre gothique. La forme du codex se prêtant bien à l’illustration, on assiste avec lui à la naissance de l’enluminure.

      A côté des peintures en pleine page, les enlumineurs multiplient les détails ornementaux. Au XIVe siècle la pratique de l’encadrement se développe. Il s’agit souvent d’une bordure végétale qui prolonge dans les marges l’initiale ornée et finit par entourer complètement le texte. Ces tiges peuvent porter des feuilles de vignes, des figures grotesques et fantaisistes.

      Avec le codex les livres sont devenus un bien précieux. La reliure la plus courante est faite de cuir. Pour protéger le cuir on utilise de gros clous ou des cornières en cuivre ou en laiton. On les décore et certains ouvrages plus rares sont recouverts d’ivoire, d’étoffe, de pierres précieuses, de cuivre d’or ou d’argent.

      L’in-quarto et l’invention de l’imprimerie

      Avec l’invention de l’imprimerie par Gutenberg au milieu du XV ème siècle le livre connait une petite révolution. Les premiers livres contemporains de cette invention prennent le nom d’incunables. Si le format le plus utilisé reste l’in-folio, l’in-quarto par son coté pratique et peu encombrant se voit plébiscité pour la publication de manuels, de romans et de livres de droits.

      De même si la mise en page reprend celle du codex, le texte lui, est peu à peu divisé en paragraphes et la ponctuation se met en place. Les accents, trémas, cédilles, apostrophes apparaissent. La page de titre et les liminaires (dédicace, avertissement) deviennent systématiques. La pagination en chiffres arabes remplace la foliotation.

      Des caractères à nouveau voient le jour comme le type romain antiqua, l’italique, et le Garamond. Avec la technique nouvelle de la gravure sur bois l’ornementation du livre se développe à l’aide de culs de lampe, de fleurons, de lettres stylisées.

      Les in-quarto du XVIII ème siècle à aujourd’hui

      Les grands formats sont de moins en moins en vigueur ce qui signifie que le in-quarto gagne un terrain considérable aux cotés des in-octavo et même des in-12. La mode est désormais aux livres de petit format, largement utilisés pour les livres de piété et de romans.

      La page de faux titre se généralise et les notes de bas de page remplacent les manchettes autrefois utilisées. Au XVIII ème de nouveaux  caractères sont encore une fois crées  comme le Didot et le Bodoni. L’illustration même si elle concerne un nombre limité de livres prend un nouveau  virage.

      La gravure sur cuivre et l’estampe remplacent  la gravure sur bois et devient un art à part entière. Puis à la fin du XVIIIe siècle, c’est la lithographie qui prend sa place avant d’être une nouvelle fois supplantée par la gravure sur bois en bout. La reliure évolue quelque peu.  A partir du milieu du XIXe siècle, les couvertures comportent une illustration en rapport avec le contenu du livre.

      Avec les progrès techniques en continu, l’école obligatoire en 1882, la production explose et le livre devient un bien courant. Grâce à l’avènement du livre de poche en Angleterre en 1935 puis en France quelques années après, l’in-octavo (20-25 cm)  et l’in-seize (15-17,5 cm) conquièrent leurs lettres de noblesse et on assiste à la multiplication des formats.

      Aujourd’hui, ceux-ci sont ainsi précisément calibrés. Ils se déploient de l’in-plano  feuille non pliée à l’in-64 feuille pliée six fois (inférieure à 7,5 cm). L’in plano et l’in folio restent  très présents pour les éditions de luxe. Les in-quarto sont beaucoup utilisés pour les manuels et les dictionnaires  et sont largement représentés au SCD.

      Reste à parier alors que le nom du blog In Quarto a comme une évidence quelques liens avec le fonds quelque peu encyclopédique de vos bibliothèques…

      Illustrations :
      Papyri d’Oxyrhynque (P. Oxy. VI 932). Domaine public. Source : Wikimedia commons.
      Scriptorium Monk at Work. Domaine public. Source : Wikimedia commons.
      Photo d’un manuscrit lors d’une exposition sur Morimond à Chaumont en 1992. Par Frédéric Brice. CC : BY-SA. Source : Wikimedia commons.
      Johannes Gutenberg (139*-1468); Kupferstich; 16th century; 19:14 cm. Domaine public. Source : Wikimedia commons.
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      Autopsie d’un livre

      Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur un livre sans jamais oser le demander…

      Qu’est-ce qui a une tête, une tranchefile, qui est un paquet de nerfs et qui mord sous une gouttière ?

      Ce n’est pas un roman policier en cours d’élaboration, ce sont juste quelques éléments d’un livre ancien, à découvrir ci-dessous, afin de mieux connaître l’étrange langage des bibliothécaires qui murmurent dans vos salles de lecture.

      Grimoire

      Vous voyez ci-dessous la garde et le corps de l’ouvrage :

      Termes2

      Fabrice Cicard et Soline Astier

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      L’Hôpital des livres

      Renaissance d’un dictionnaire : la reliure


      Vous souvenez-vous du dictionnaire lambda que vous avez saisi sur les rayonnages de votre bibliothèque et dont la couverture vous est restée dans la main ?

      Êtes-vous allé, légèrement anxieux, voir un bibliothécaire en disant : « Regardez, je vous jure que ce n’est pas moi ! »

      Que deviennent ces dictionnaires lorsqu’ils perdent leur carapace ?

      Et bien leur dos ne repousse pas comme la queue des lézards, c’est ici l’occasion de vous présenter une des activités cachées des bibliothèques… La Reliure.

      D’abord, les instruments de torture : la colle, les pinceaux, le bac, les scalpels, la règle …

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      Rassurez-vous, vous n’êtes pas chez le dentiste et les dictionnaires ont beau avoir des lettres, ils ne disent rien.

      Il faut d’abord ôter entièrement sa couverture, sa jaquette.  Poncer le dos au papier de verre fin pour uniformiser. C’est là que la colle entre en jeu, faite uniquement avec de l’eau et de la farine, que du bio !

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      On prédécoupe des cartons qui formeront la nouvelle carapace de la bête lettrée. On les positionne (bien) sur la future jaquette préalablement badigeonnée.

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      On replie les coins de la jaquette, les bordures…

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      Sur le dos de l’ouvrage, on pose une mousseline que l’on recouvre de papier kraft. Il servira de soufflet :

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      Lorsque la nouvelle couverture est posée,  le dictionnaire passe sous presse pour séchage. On pourra ensuite coller les nouvelles jaquettes, ou les anciennes si elles n’étaient pas trop abîmées.

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      Quel est cet instrument de torture ?

      Un pilori ? Un chausse-pied ?

      C’est une presse ! Le dictionnaire est entouré de ais  pour le maintenir en place. La pression est ainsi la même partout.

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      Ultime étape : le séchage pendant au moins douze heures sous presse entre deux ais. On pose des poids : ces deux blocs que vous voyez ci-dessous sont des morceaux de barre d’acier enveloppés de papier pour ne pas  se blesser.

      Sous presse

      Vous n’imaginiez jamais qu’il y avait tout ça dans une bibliothèque ? Vous découvrirez la suite des urgences des livres au prochain épisode de  « L’hôpital des livres ».

      Fabrice Cicard et Soline Astier
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