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Plus de livres en prêt à domicile à Michelet

A la bibliothèque Michelet d’histoire de l’art, d’archéologie et de musicologie, des milliers de livres ont été mis en prêt à domicile dans la salle de lecture ! L’été, période de moindre affluence, est l’occasion de poursuivre des chantiers engagés nécessitant du temps et du personnel !

Bibliothèque Michelet, livres en prêt

L’accent a été mis, suite aux demandes de nombreux lecteurs, à une large ouverture du prêt à domicile des ouvrages de la salle de lecture qui représente environ 15 % des collections. Se poursuit le chantier de la mise en prêt à domicile des ouvrages en magasins, c’est à dire dans les réserves, que vous demandez au bureau de la communication.

Facilement reconnaissables, les ouvrages en prêt à domicile ont une bande violette fluo !

Photos : Fabrice Cicard

Formations à la recherche documentaire à la bibliothèque Michelet

A partir de de la semaine du 24 septembre, des formations à la recherche documentaire sous forme d’ateliers pédagogiques vous seront proposés par la bibliothèque Michelet et ce jusqu’à fin décembre !

Ces ateliers durent 1h30 et ont lieu chaque semaine le mercredi de 12h30 à 14h et le jeudi de 10h à 11h30.

Vous pouvez vous y inscrire le jour et la séance qui vous conviennent à l’accueil de la bibliothèque : nous aborderons dans ces ateliers le maniement des catalogues de bibliothèques et les principales bases de données (gratuites et payantes) en histoire de l’art, en archéologie et en musicologie. Indispensable pour bien démarrer vos études !

Chaque usager aura un ordinateur à sa disposition, ces séances auront lieu dans la salle informatique du site Michelet, au sous-sol, couloir à gauche du grand amphithéâtre.

Bienvenue à tous !

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Visites de la bibliothèque Michelet : découverte des collections et fonctionnement

Des visites de la bibliothèque Michelet vous seront proposées tous les matins à partir du 24 septembre et ce jusqu’au 31 octobre !

Venez découvrir les collections dans la salle de lecture, le fonctionnement de votre bibliothèque ainsi que les services proposés, notamment les formations !

Il suffit de se présenter à l’accueil à 10h le jour qui vous convient, la durée de la visite est d’environ 20 minutes. Pas besoin de vous inscrire à l’avance.

Salle de lecture de la bibliothèque Michelet

Bonne visite et bienvenue à Paris-Sorbonne:-)

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Braderie à la bibliothèque Michelet : jeudi 20 et vendredi 21 septembre

La bibliothèque Michelet organise une braderie de livres reçus en dons (de particuliers) mais qui ne rentreront pas dans les collections  : ouvrages déjà présents, un peu défraichis, etc. Les livres sont donc donnés aux étudiants intéressés !

Entrée de la bibliothèque Michelet

Également, pour ceux qui le souhaitent, une série de beaux emboitages de livres :  très pratiques et surtout jolis pour ranger des papiers par exemple. La braderie aura lieu dans la salle de lecture, sur quelques tables qui y seront dévolues.

Soyez les bienvenus :-)

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Qui étaient les Gaulois ?

Qui étaient les Gaulois ? sous la direction de François Malrain et Matthieu Poux

Un très beau catalogue que vient d’acquérir la bibliothèque Michelet sur une exposition qui se tient actuellement à la cité des sciences et de l’industrie jusqu’au 2 septembre 2012 : Gaulois, une expo renversante.peuples gaulois

Le catalogue d’exposition nous invite à partir à la découverte de ce gaulois « peau neuve ». En effet grâce à l’archéologie et à la multiplication des fouilles depuis les années 70, le gaulois sauvage et hirsute, tel que la seule histoire nous l’a enseigné a subi un formidable lifting. N’en déplaise à Astérix, il a pris un sacré coup dans l’aile, qui le rend plus intéressant que jamais. Si on doit le mettre à nu face à un miroir, voilà ce qu’un observateur voit de lui :

Avant…

Le gaulois est un barbare. C’est l’image dressée par les peuples méditerranéens qui les ont combattus. A cet égard une des principales sources de l’histoire officielle demeure «  la guerre des Gaules » de Jules César. Barbare…oui, qui en dit long sur leur rapport à eux. Le barbare c’est l’étranger, le non civilisé. D’ailleurs le terme à lui seul est chargé de sens, enfin si on peut dire. Il est une onomatopée censée reproduire les borborygmes prenant la place d’un langage formé naturellement de mots. Le gaulois sait à peine parler, alors on imagine sans difficulté qu’il n’écrit pas. D’ailleurs il n’y a pas de source écrite, oui le gaulois, appartient définitivement à la protohistoire. Le gaulois est haut de taille, blond et se promène vêtu de peau de bête. Il vit dans les forêts évidemment noires et profondes. Il a un goût immodéré pour la chasse, ce qui le pousse, plus par vice, que par nécessité à courir toute la journée après ces malheureux sangliers. Privé des lumières, du jour, de l’esprit et de la civilisation, il est économiquement peu développé. Il vit en autarcie, ne pratique pas l’échange, et est comme une épine dans les caligae des romains. Son habitat, à l’image du reste est rustre et fort simple : une hutte en terre et en paille arrondie. Il y mange  le sanglier à l’arrache après un dernier tour de broche. Et tout ceci explique cela : il est bagarreur, indiscipliné et franchement mauvais à la guerre : Rome ne l’a-t-il pas conquis ?


Après…

Le gaulois n’est plus tout à fait le même. Ces vêtements dont on le pare, ont été pas mal confectionnés par les romains et autres peuples méditerranéens. Et ces sacrés romains fiers de leur victoire ont sans doute eu la main un peu lourde ! D’abord il est faux de voir un gaulois inculte. Le gaulois écrit. Certes quelques mots par ci par là mais assez pour avoir recours à un système d’écriture. On a retrouvé des tessons avec des inscriptions de comptes de marchandises et des petits textes commémoratifs sur certains édifices. Ensuite il est faux de voir un gaulois replié sur lui-même. N’en déplaise à leurs détracteurs il est ouvert sur le monde. Il connait l’usage de la monnaie. Il achète, vend, troque et construit des ateliers hautement spécialisés dans les oppida. Ses goûts culinaires sont variés. Et le sanglier, non franchement, ce n’est pas vraiment son truc. Il préfère de loin le porc, le bœuf, le mouton et un peu le chien et le cheval. Il pratique la culture des céréales à grande échelle sur tout le territoire. Autant dire que les forêts sombres et denses c’est très peu pour lui. Sa maison non plus ne rechigne pas à une certaine sophistication. Les murs de terre sont faits d’enduits peints colorés, les bâtiments couverts de tuiles en terre cuite. Enfin il est faux de voir un gaulois n’entendant pas grand-chose à l’art de la guerre. Pour preuve très longtemps il a été utilisé comme mercenaire. Il est même très fort dans la métallurgie, et ses armes sont hautement qualifiées. Non alors vraiment qui ose encore dire que le gaulois c’était mieux avant ?

gaulois

Le gaulois et ses avatars

La France à partir de la révolution redécouvre le gaulois. Il sort du grenier poussiéreux où on l’a remisé et fait une entrée fracassante dans le panthéon collectif. Le peuple français désormais souverain y voit un père et le garant de ses origines. Les gouvernements par la suite  le mitonnent, chacun à leur sauce. Napoléon III redore encore son blason. Il loue son courage, valeur précieuse pour lutter contre les envahisseurs …. De cet idéal recherché Astérix en est le plus bel avatar. Le régime de Vichy brandit son portrait. Il veut montrer qu’une défaite accepté peut être bénéfique. A partir de la seconde guerre mondiale il est de nouveau relégué bien loin de la cour des grands et perd à nouveau de son emprise. Mais l’archéologie et les progrès fulgurants de sa connaissance ces dernières années nous prouve qu’il est plus que jamais d’actualité.

Ce catalogue d’exposition est disponible à la bibliothèque Michelet à la cote : 930.409 364 GAU

Illustrations :
– carte : Catherine Zérini
– « Gaulois revenant de la chasse », Evariste Vital Luminais. Domaine public. Source : Wikimedia commons.

Enfer et Paradis

Entre paradis et enfer : Mourir au Moyen Age, 600-1600. Sous la direction de Sophie Balace et Alexandra de Poorter. Bruxelles : Musées royaux d’art et d’histoire, 2010.
Un catalogue d’exposition sur la mort au Moyen Age dans les fonds de Michelet.

Très Belles Heures Notre-Dame - Scène de Martyrs - Louvre RF2023r

Prière aux Saints Martyrs : Scène de martyrs, extraite du livre de prière de Turin des Très Belles Heures de Notre-Dame du duc Jean de Berry / Maître du Groupe de Saint-Jean-Baptiste. Photo RMN, domaine public, via Wikimedia Commons.

Au Moyen Age la mort occupe une place centrale. Elle est partout et peut survenir à chaque instant. Il y a bien sûr les maladies de l’enfance, les disettes, mais aussi les périodes de guerre et les grandes épidémies. Si bien que l’homme médiéval est obsédé par son salut. Depuis sa naissance l’Église lui enseigne qu’il y a des gentils et des méchants. Et c’est plus par peur de l’enfer, enfer cent fois représenté par les peintres et les poètes, que véritable désir  de plaire au curé qui le pousse à vouloir se ranger parmi les premiers. Localisé dans les entrailles de la terre sous forme d’un gouffre, le supplicié prisonnier des flammes voit son âme broyée par une roue édentée. Cette vision brandie par l’Église est à l’homme médiéval parfaitement épouvantable. Pour gagner le paradis, ou tout est calme et volupté, il a une série de petites astuces. Et l’Ars moriendi  « l’art de bien mourir » en est la forme la plus aboutie. Après les livres d’heures qui l’aident à prier, ce manuel du XIVe siècle conçu sur un essai de Jean Gerson, chancelier de l’université de Paris, fait le pari ultime d’aider le mourant en le préparant lui et son entourage à la mort. Avec pour seul remède l’unique consigne : mener une vie sage et vertueuse.

Les dernières tractations

Pour aller au paradis, mieux vaut ne pas se montrer trop cupide, ou au moins faire semblant de ne pas trop s’attacher aux biens de ce monde. Pour montrer sa bonne volonté on fait des dons. A l’église surtout. Des coussins, des calices, des chaussures, des retables. Et bien sûr ces dons, il va de soi ne sont pas tout à fait gratuits. Outre leur fonction honorable, ils ont pour but que moines et hommes d’Église prient pour leur âme et s’attirent ainsi les bonnes grâces de Dieu. Le nec plus ultra est la concession d’obits. Sorte de pack tout en un qui comprend : office de prière pour le mourant, messe de requiem, puis visite de la tombe. De même les dernières paroles du moribond, loin de s’attacher à quelque marque d’affection à la famille par un dernier je t’aime implorant, n’ont plus que pour ultime obsession l’appel convulsif à la Vierge et au Saint Michel peseur d’âmes. Croyance encore que peut-être le défunt dans une ultime chance se verra accorder la dernière miséricorde. Quoi qu’il en soit son dernier ordre se résumera à cette action : prier pour lui. Et sa famille s’exécutera sans la moindre résistance.

Châsse de Saint Potentin. Musée du Louvre. Photo : Catherine Zérini.

La mise en terre

Le commun des mortels est enterré dans le cimetière paroissial. Le défunt est inhumé sur le dos et paré d’un linceul. D’abord en pleine terre, puis à la fin du Moyen Age dans un  cercueil. A partir du XIIIe siècle, les nobles obtiennent le privilège de se faire inhumer au cœur de l’église, dans la nef ou l’abside, tout près des reliques afin d’accroitre les chances de salut. Les plus pauvres ont évidemment un sort moins glorieux : ils sont tout simplement enterrés dans la fosse commune. Une place à part est faite aux enfants. Comme si il leur fallait compenser le bonheur volé qu’ils n’auront pas la chance de connaître sur terre, l’Église leur réserve la meilleure part. Sur le parvis, le long du mur des églises,  dans le chœur, là s’établit leur dernière demeure. Et en dernier lieu il y a encore des exceptions : le cimetière opère encore une dernière discrimination voulant reléguer bien loin les mauvais morts qui auraient souillés sa terre : les criminels non repentis, les chevaliers morts au combat et les juifs.

Crossbones (PSF)

Pearson Scott Foresman. Domaine public, via Wikimedia Commons.

Le cimetière

Tout comme la mort est au cœur de la vie, le cimetière est au cœur de la ville. Si le mort est toujours aimé il peut parfois être redouté. Et circule à voix basse ces histoires où on aurait vu le mort sortir attaquer le passant. On prend alors très vite l’habitude, de planter près des tombes des accoudoirs de bois pour prier, en s’asseyant au passage sur les dalles funéraires. Et à vrai dire on se bouscule un peu. Car au Moyen Age le cimetière est un lieu de grande fréquentation. On a toutes les chances de traverser le cimetière au moins une fois par jour. Et y faire ses petites affaires. Car ils sont nombreux à faire commerce de pains, de poissons, viandes, là étalés sur les tombes. Les artisans eux-mêmes n’hésitent pas à installer leur atelier. Le curé y fait école et dans certains coins à l’abri des herbes hautes, des parties de boules ont lieu avec la plus grande ferveur. Certains vont même jusqu’à y bâtir leur résidence, sans doute très pratique pour le futur. Mais le cimetière est aussi le lieu de pratiques inavouables : les prostituées aguichent les passants, les criminels, sûrs d’y trouver un lieu d’asile s’y réfugient. Et quand, lassés de tourner en rond, ils quittent l’enceinte, sont par malheur attrapés par les gardes, eh bien ils peuvent être emprisonnés sur place dans une cellule de pierre accolé à l’église. Bref le cimetière sert à tout !

Vous pouvez trouver cet ouvrage à la cote : Cat M 2010-9

Plus de livres empruntables à la bibliothèque Michelet !

A la bibliothèque Michelet, située au cœur de l’Institut d’art et d’archéologie, le long des jardins de l’Observatoire, de nombreux ouvrages sont désormais disponibles à l’emprunt à domicile.

Cette bibliothèque spécialisée en histoire de l’art et en archéologie dont les collections dépassent les 100.000 ouvrages propose 15 % de ses collections à l’emprunt à domicile pour les étudiants de Paris-Sorbonne et Paris I. L’Institut dessert en effet les deux communautés universitaires.

L’équipe de la bibliothèque reprend progressivement les collections afin d’en mettre le plus possible à l’emprunt. Bien entendu des critères particuliers jouent pour les ouvrages d’histoire de l’art et d’archéologie : leur coût, leur format et leur poids, leur rareté, etc.

En 2011 plus de 3000 volumes ont ainsi pu être rajoutés à ceux déjà empruntables et ce travail de fond en sus des chantiers en cours se poursuivra dans les années à venir.

Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à contacter la bibliothèque !

Photo :
Marcel Baronnet. Wikipedia. CC : BY-NC-SA.

 

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Bien démarrer ses études en histoire de l’art : les manuels incontournables

La première année en histoire de l’art : il faut parfois un certain temps avant de trouver ses marques avec les cours, les bibliographies des enseignants et les ressources des nombreuses bibliothèques.

Voici quelques pistes sur les manuels incontournables lorsque vous démarrez vos études en ce domaine. Ces ouvrages disponibles en plusieurs exemplaires sont tous accessibles dans la salle de lecture de la bibliothèque Michelet à l’Institut d’art et d’archéologie.

-« L’Histoire de l’Art » en plusieurs volumes chez Flammarion :

« Préhistoire et antiquité » dirigé par Alain Schnapp, la cote à la bibliothèque Michelet est : 709.01 SCH

« Moyen-âge : chrétienté et islam » dirigé par Christian Heck, la cote à la bibliothèque Michelet est : 709.02 HEC

« Temps Modernes » dirigé par Claude Mignot, la cote à la bibliothèque Michelet est : 709.03 MIG

« Époque contemporaine » dirigé par Françoise Hamon et Philippe Dagen, la cote à la bibliothèque Michelet est : 709.04 DAG

Ces manuels écrits par des universitaires sont dans toutes les bibliographies des enseignants et, par expérience, très consultés.

-« L’histoire de l’art français », chez Flammarion, sous la direction d’André Chastel, entre autres :


« L’art français, I, pré-moyen-âge ; moyen-âge », la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-1

« L’art français, II, temps modernes », la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-2

« L’art français, III, ancien régime, 1620-1775″, la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-3

« L’art français, IV, le temps de l’éloquence, 1775-1825″, la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-4

« L’art français, V, le dix-neuvième siècle, 1919-1905″, la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-5

« L’art français, VI, le vingtième siècle », la cote à la bibliothèque Michelet est 700.944 CHA-6

Philippe Dagen, Henri Loyrette ont également dirigé certains volumes qui sont une ressource de premier plan pour les étudiants.

Des collections indispensables sont également à signaler :

-« Les Manuels de l’École du Louvre »

Par exemple, « Histoire de l’art antique : l’art grec » de Alain Pasquier, à la cote 709 MAN-2, ou « Histoire de l’art antique : l’art romain » de François Baratte, à la cote 709 MAN-3

-« L’Univers des formes »

Par exemple, « Le premier art chrétien : 200-395″ de André Grabar, à la cote 709 UNI 9, ou « Le siècle de l’an mil » de Louis Grodecki et al., à la cote 709 UNI 20.

Pour aller plus loin :

Le Service commun de la documentation est abonné à de nombreuses ressources en ligne en histoire de l’art, notons un regroupement d’encyclopédies en ligne (dont le Grove Art Online) qui a pour nom : Oxford art online (accès par les postes de Paris-Sorbonne ou accès distant).

Également une ressource gratuite depuis 2010, la Bibliographie de l’histoire de l’art, qui recense depuis 1972 des articles et des livres en ce domaine.

-Signets du Service commun de la documentation en histoire de l’art.

L’alphabet de la mort, Holbein

Penchons-nous aujourd’hui sur un intéressant ouvrage intitulé L’alphabet de la mort par Holbein, que l’on trouve dans la réserve de la bibliothèque Michelet. C’est un petit livre rouge, à l’apparence modeste, solidement relié et orné d’arabesques dorées. Une petite tablette compacte en somme. On apprend à l’intérieur que le livre a été imprimé pour Edwin Tross, 28 rue des Bons-Enfants à Paris, en 1856, et qu’il a été donné par l’éditeur Edwin Tross, en dédicace manuscrite à la plume, à Monsieur Duplessis. Une étiquette ajoutée nous informe que le livre a été donné en 1900 à l’Université de Paris (salle des Arts) par Mme Veuve Duplessis en souvenir de son défunt mari.

Dans le contenu, l’alphabet lui-même est « entouré de bordures du XVIe siècle et suivi d’anciens poèmes français sur le sujet des trois mors et des trois vis, publiés d’après les manuscrits par Anatole de Montaiglon ». Les bordures du XVIe siècle entourent en effet admirablement le texte, qui apparaît comme condensé dans la page, orné de multiples motifs floraux et animaux, ainsi que de scènes infernales ou funèbres, sur le thème répété de la grande faucheuse, qui porte parfois une pelle. Une préface d’Anatole de Montaiglon nous apporte quantité de précisons sur l’Alphabet de la Mort. En réalité, celui-ci n’occupe qu’une toute petite partie du livre : 24 lettres (le J et le U sont absents) ornées de gravures qui, hors la qualité du dessin (qui l’ont fait attribuer constamment à Holbein), ont la particularité d’avoir renouvelé le motif de la danse des morts.

Penchons-nous maintenant sur une « remarque curieuse » sur laquelle s’arrête M. de Montaiglon : les premières lettres sont dans l’ordre hiérarchique traditionnel de la danse des morts : après les funèbres musiciens (en forme de squelettes il va sans dire), viennent le pape, l’empereur, le roi, le cardinal, l’impératrice, la reine, l’évêque, le noble, le marchand, le prêtre.

A partir de la lettre M, c’est l’intiale qui désigne la profession de l’infortuné: ainsi de Medicus/le médecin; Numerarius/le banquier; Obesus monachus/le moine obèse; Praeliator/le soldat; Quaeritans monacha/la religieuse résignée; Ridiculus/le fou; Scortum/la prostituée; Titubans homo/l’ivrogne; Velox eques/le cavalier véloce; V(W)etustissimus homo/le vieil ermite; Xycophantes/les tricheurs; Ynfans/l’enfant au berceau; enfin le Z pour la fin de toutes choses, le jugement dernier.

Toute la société humaine, de A à Z, est ainsi passée au filtre du langage et boit tour à tour le philtre de la mort. Laquelle, toujours rieuse, n’épargne personne. Ainsi ce petit livre, rieur et diabolique.

 

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« Mais ils sont fous ces romains…!! »

Non, non, je ne vais pas vous conter le dernier album d’Albert Uderzo et feu René Goscinny, « Astérix le gaulois », mais juste vous présenter l’ Institut d’ art et d’ archéologie.

Mais quel rapport entre les deux me direz-vous ?

Paul Bigot

 

« Paul Bigot, Collections Académie d’architecture, Paris »

 

Tout simplement parce que Paul-Marie-Arsène Bigot de son vrai nom (1870-1942), l’architecte normand de ce bâtiment hors normes avait une admiration pour l’époque Antique, notamment pour Rome, à laquelle il consacra une grande partie de sa vie (voir la maquette de Rome ci-dessous actuellement exposée à Caen).

MaquetteRome2

« Maquette de Rome, Université de Caen Basse-Normandie, Plan de Rome (France) »

 

ainsi-que pour le romantisme du Palazzo Ca d’ Oro à Venise, dont il s’ inspirera pour la construction de l’ Institut d’ art et d’ archéologie.

Palazzo Ca d'Oro, Venise, Italie

 

« Palazzo Ca d’ Oro, Venice, Italy. Venice ; Palazzo Ca d’ Oro. Brooklyn Museum Archives, Goodyear Archival Collection (S03_06_01_027 image 3324). »

 

C’est dès 1913 que le recteur Louis Liard, qui se sentait un peu à l’étroit dans la « nouvelle » Sorbonne, pensait déjà que devraient être rassemblés, l’ art de l’ antiquité, l’ art du moyen-âge et l’ art des temps modernes dans un Institut complet.

Marquise Arconati-Visconti

« Portrait de Marie Peyrat, marquise Arconati-Visconti »

 

Onze ans plus tard (et après un don de 3 millions de francs de la Marquise Arconati-Visconti), Paul Bigot, lauréat d’un concours public sortait de terre l’Institut d’ art et d’ archéologie à l’intersection de la rue Michelet et de l’ avenue de l’ Observatoire, sur les ruines des vieux laboratoires de l’ Institut de chimie.

 

Plan Facade Michelet

« Plan Façade, rue Michelet, Collections Académie d’ architecture, Paris ».

 

Coupe Transversale

« Coupe transversale de la façade rue Michelet, Collections Académie d’ architecture, Paris ».

 

Etude Elevation Facade Rue Observatoire

« Projet d’ étude en élévation de la façade rue de l’ Observatoire,
Collections Académie d’architecture, Paris ».

 

Chantier

« Vue du chantier de l’ Institut d’ art et d’ archéologie vers 1928 (coin de la rue des Chartreux et de la rue de l’ Observatoire), Collections Académie d’architecture, Paris ».

 

Frise

Sur la frise chaque période de l’ histoire de l’art est représentée chronologiquement par un bas-relief emblématique. La frise archéologique de moulages en terre cuite composée de sculptures grecques, romaines, médiévales et renaissance est réalisée par la Manufacture de Sèvres.

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L’ouvrage ci-dessus, dans lequel nous avons abondamment puisé,  est disponible à la bibliothèque Michelet et empruntable à domicile aux cotes : 4 D 644 et 4 D 644+1.

Sources des illustrations :
– photo 1 : Collections Académie d’Architecture, Paris
– photo 2 : Université de Caen Basse-Normandie, Plan de Rome (France)
– photo 3 : Brooklyn Museum Archives, Goodyear Archival Collection
– photo 4 : amisdulouvre.fr/images/grande-galerie/archives/arconati-visconti
– photo 5 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 6 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 7 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 8 : Collections Académie d’architecture, Paris
– photo 9 : Fabrice Cicard