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Le buste arrive…

Le 25 septembre prochain, sera installé et dévoilé à la bibliothèque Clignancourt le buste de Jean-Philippe Rameau, auparavant situé à la bibliothèque Michelet.

 

 

Une table de présentation, située au rez-de-chaussée, est à votre disposition.Nous avons tenté d’y rassembler des ouvrages anciens et d’aujourd’hui – et
même un disque vinyle- sur ce compositeur dont on célèbre cette année le 250ème anniversaire de la mort.

 

 

 

table

Table de présentation à la Bibliothèque de Clignancourt.

 

 

les fêtes d hébée

Les fêtes d’Hébée, page de titre de l’édition originale. (Res F7.19)

A cette occasion, précipitez-vous pour découvrir les pépites que recèlent les collections en magasin : partitions de la Réserve, édition du 18ème siècle des « Fêtes d’Hébée ou Les talents liriques » ou de Castor et Pollux.

 

image2

Castor et Pollux, Edition du 18e siècle (Res F7.21)

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Les fêtes d’Hébée, ouverture. Edition du 18e siècle. (Res F7.19)

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Puis c’est aussi l’occasion de découvrir comment les éditions évoluent. Ainsi, au 19ème siècle on joue « Hippolyte et Aricie » en n’en éditant qu’un chœur.

Hyppolite et Aricie

Chœur d’Hippolyte et Aricie, édition du 19e siècle. (B2. 171-1)

 

 

 

Dardanus 1

Dardanus ( A1.148)

Enfin vient l’époque de la redécouverte, pilotée par Camille Saint-Saëns et Vincent d’Indy,
mais toujours avec les canons du 19ème siècle (piano, ornementation peu baroque etc…)

Ainsi vous pouvez admirer les partitions de Dardanus et de Platée (et son fameux chœur des
grenouilles Quoi,quoi, quoi ?) ou les contemporains de Wagner puisent un
antidote plein d’humour chez le bien français Rameau.

Platée

Platée (A1.156)

 

 

Avis aux étudiants de musicologie : sachez enfin que vos professeurs peuvent vous faire écouter les quelques vinyles consacrés à Rameau.

Vinyle

Disque 33t de Platée enregistrée en 1961.

 

 

Texte : Florence Louvier
Photographies : Jean-Baptiste Devouassoux.

Déménagement des fonds de musicologie de la Bibliothèque Michelet

L’ensemble des collections musicologiques de la Bibliothèque Michelet va rejoindre début septembre la nouvelle Bibliothèque Clignancourt, 2 rue Francis de Croisset (Paris 18e), qui propose déjà dans l’espace « Arts » les fonds musicaux en provenance de la Bibliothèque Malesherbes.
Le calendrier suivant vous informe le plus clairement possible sur l’accès aux collections ainsi que sur le dépôt des masters pendant cette période transitoire.

Calendrier

  • Depuis le 17 juin, les ouvrages des magasins empruntables à domicile ne le sont provisoirement plus car ils sont en cours de rééquipement pour Clignancourt. Tous les ouvrages des magasins, y compris les masters, restent néanmoins consultables sur place (cf. infra).
  • Pour les masters 2, nous rappelons qu’un exemplaire du mémoire à destination de la bibliothèque doit, en principe, être remis au jury au moment de la soutenance.
    Toutefois, quand cela n’a pas été fait, nous acceptons que les auteurs déposent eux-mêmes un exemplaire soit à la Bibliothèque Michelet jusqu’au vendredi 26 juillet inclus, soit à celle de Clignancourt dès le lundi 26 août.
  • À partir du lundi 26 août, aucun emprunt à domicile ne sera plus possible à la Bibliothèque Michelet.
  • Jusqu’au vendredi 30 août, vous pourrez continuer à consulter sur place les ouvrages des magasins et du libre-accès et rendre les ouvrages sur le site Michelet.
  • À partir du lundi 2 septembre, rendez de préférence les ouvrages de musicologie à la Bibliothèque Clignancourt.
  • Du 2 au 8 septembre inclus, la Bibliothèque Michelet fermera ses portes en raison du déménagement.
  • À partir du lundi 16 septembre, les collections déménagées devraient à nouveau être à votre disposition 2 rue Francis de Croisset, tout au moins pour les ouvrages en libre accès.

N’hésitez pas à nous contacter pour toutes informations complémentaires. Merci de votre compréhension.

Documentation de base pour les étudiants en premières années de musicologie (dictionnaires et histoires de la musique)

Music lesson Staatliche Antikensammlungen 2421

By Phintias (User:Bibi Saint-Pol, own work, 2007-02-10) [Domaine public], via Wikimedia Commons

Voici une sélection d’ouvrages, essentiellement des dictionnaires et histoires de la musique en langue française, qui vous seront sans doute très utiles pour commencer vos études musicologiques.

La plupart sont en libre accès soit à la Bibliothèque Clignancourt (Championnet), soit à Michelet, soit à Malesherbes, en attendant le regroupement de tous les fonds musicaux à Clignancourt en 2013. Vous les trouvez en général sous la cote Dewey 780.3 (dictionnaires) ou 780.9 (histoires de la musique). (D’autres exemplaires peuvent se trouver en magasins, être en cours d’acquisition). Il existe souvent plusieurs rééditions, nous ne les notons pas systématiquement.

Dictionnaires de la musique

Honegger, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique. Les hommes et leurs oeuvres / publ. sous la dir. de Marc Honegger. [Paris] : Bordas, 1986, 2 vol. Clignancourt : 780.3 HON

et Honegger, Marc. Dir. Science de la musique : technique, formes, instruments / sous la dir. de Marc Honegger,…. Paris : Bordas, 1990, 2 vol. Michelet 780.3 HON (Ces Bordas ne sont malheureusement plus édités).

Tubeuf, André. Dictionnaire amoureux de la musique, Plon, Paris, 2012.

Vignal, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique / sous la direction de Marc Vignal. Paris : Larousse, 2005, (nouv. présentation, 2011).

N. B. Il existe une foule de dictionnaires musicaux généraux et spécialisés dans tous les pays. Les deux plus connus (surtout pour la suite de vos études) sont en anglais (The New Grove dictionary of music and musicians et autres « Grove ») et en allemand (Die Musik in Geschichte und Gegenwart) Voir à la fin de cet article pour la version électronique de Grove.

Quelques histoires générales de la musique

Beltrando-Patier, Marie-Claire. Dir. Histoire de la musique / sous la dir. de Marie-Claire Beltrando-Patier. [Paris] : Bordas, 2004. Clignancourt : 780.9 BEL

Denizeau, Gérard.   Les genres musicaux : vers une nouvelle histoire de la musique / Gérard Denizeau. Paris : Larousse, impr. 2006, cop. 2005. Clignancourt : 780.9 DEN

François-Sappey, Brigitte.   Histoire de la musique en Europe / Brigitte François-Sappey,…. 4e édition mise à jour. Paris : Presses universitaires de France, impr. 2005. Clignancourt : 780.94 FRA – Existe sous forme électronique (Voir accès direct à toute la collection « Que sais-je ? » dans la bibliothèque électronique de Paris IV

Jollet, Jean-Clément ; Carrillo, Olivier, L’histoire de la musique pour les nuls : du Moyen Age aux musique actuelles,  First Editions, Paris, 2011.

Massin, Brigitte. Histoire de la musique occidentale / [sous la dir. de] Brigitte et Jean Massin ; avec la collab. de Philippe Beaussant… [et al.]. Nouv. ed., rev. et augm. Paris : Fayard, 2000.
Clignancourt : 780.9 MAS

Rebatet, Lucien.   Une histoire de la musique : [des origines à nos jours] / Lucien Rebatet. [10e réimpr.]. Paris : R. Laffont, 1995. Clignancourt : 780.9 REB

Roland-Manuel. Dir.   Histoire de la musique / publ. sous la dir. de Roland-Manuel. Paris : Gallimard, 1986-1988. Clignancourt : 780.9 ROL 2/2

Quelques histoires de la musique par périodes

Moyen Age

Cullin, Olivier. Brève histoire de la musique au Moyen Age / Olivier Cullin. [Paris] : Fayard, DL 2008. Clignancourt 780.902 CUL

Hoppin, Richard H. La musique au moyen âge / Richard H. Hoppin ; trad. de l’anglais par Nicolas Meeùs et Malou Haine. Bruxelles : Mardaga, 1991. Michelet 780.902 HOP

Renaissance

Guide de la musique de la Renaissance / sous la direction de Françoise Ferrand ; avec la collaboration d’Ignace Bossuyt, Gabrielle Bouley, Philippe Canguilhem, [et al.]. [Paris] : Fayard, impr. 2011. Clignancourt 780.903 1 gui

Baroque

Anthony, James R. La Musique en France à l’époque baroque : de Beaujoyeulx à Rameau / James R. Anthony ; traduit de l’américain par Béatrice Vierne. Nouv. éd. rev. et augm. Paris : Flammarion, 2010.

Classique

Pestelli, Giorgio.   La Musique classique : l’époque de Mozart et de Beethoven / Giorgio Pestelli ; trad. de l’italien par Michel Roubinet. Paris : Lattès, 1989. Michelet : 780.903 3 PES

Rosen, Charles. Le style classique : Haydn, Mozart, Beethoven / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Marc Vignal et Jean-Pierre Cerquant. Édition augmentée. [Paris] : Gallimard, impr. 2000.

Romantique

Plantinga, Leon.   La Musique romantique : histoire du style musical au XIXe siècle en Europe / Leon Plantiga [i.e. Plantinga] ; trad. de l’américain par Dennis Collins. [Paris] : J-C. Lattès, 1989. Michelet : 780.903 4 PLA

Rosen, Charles.   La génération romantique : Chopin, Schumann, Liszt et leurs contemporains / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Georges Bloch. [Paris] : Gallimard, impr. 2002. Clignancourt et Michelet : 780.920 34 ROS

XXe siècle
Weid, Jean-Noël von der.   La musique du XXe siècle / Jean-Noël Von Der Weid. Paris : Hachette littératures, 2005. Clignancourt : 780.904 WEI

Langues musicologiques
Whitfield, Charles.   L’anglais musicologique : l’anglais des musiciens / Charles Whitfield,…. Paris : Beauchesne, 1989. Clignancourt : 780.14 WHI

Quelques collections (en langue française)

Orchestra

Par : Orchestra of the 18th Century [Domaine public], via Wikimedia Commons

Harmoniques. La Musique en France (ed. Flammarion)
Horizons (ed. Bleu nuit) : monographies de grands compositeurs
Les Indispensables de la musique (ed. Fayard)
Musique – Musicologie (ed. Champion)
Musique – Musicologie (ed. Mardaga)
Musique ouverte (ed. Minerve)
Musique et Musicologie [et autres collections concernant la musique] (ed. L’Harmattan)
MusicologieS (ed. Vrin)…

Pour aller plus loin

Le Service commun de la documentation offre d’importantes ressources en ligne. Voir sur le site de l’Université la rubrique « Les bibliothèques »
Pour la musique, les ressources les plus indispensables pour toute la durée de vos études sont :
Oxford Music online qui regroupe : Grove Music Online, The Oxford Companion to Music, The Oxford Dictionary of Music et l’Encyclopedia of Popular Music

Music Online et Naxos : discothèque numérique en ligne

-Signets du Service commun de la documentation en musique et musicologie.

Bonne lecture et bonne musique !

La Messe de la Sorbonne

 Lors de mon arrivée à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie en 1981, je me souviens du ton mystérieux et confidentiel avec lequel la bibliothécaire alors en poste avant moi, Madame Gilberte Bernard, m’avait révélé l’existence du seul manuscrit musical précieux que nous possédions. Dénommé par Jacques Chailley « Messe de Besançon », il consistait en quatre pages de parchemin en notation noire sur lignes rouges datant du XIVe siècle (époque de l’Ars Nova). Il était « conservé » on ne peut plus sommairement et rangé horizontalement dans une armoire, caché à l’abri des regards, avec l’ordre de ne le communiquer qu’avec d’extrêmes précautions. Il n’y avait pas de salle de réserve, pas de moyen de reproduction, pas de système antivol. Lorsqu’un chercheur souhaitait le consulter, il devait justifier d’une recherche précise et avoir obtenu préalablement l’autorisation écrite du Directeur de l’UFR.

Il fallut attendre 1991 pour que l’UFR prenne la décision de faire restaurer le manuscrit par la Bibliothèque nationale pour la somme « astronomique » de 3 000 Francs. La Bibliothèque nationale joignit également des diapositives avant et après restauration.

En décembre 2006, sous l’impulsion de Frédéric Billiet, directeur actuel de l’UFR, le service audiovisuel de la Sorbonne se chargea de réaliser de nouveaux clichés en haute définition du manuscrit original. Ce fut le point de départ d’un grand projet qui vient d’aboutir à la publication en 2012, aux PUPS, d’un magnifique ouvrage intitulé La Messe de la Sorbonne (autre nom de la « Messe de Besançon »).

Comment du bi-folio original, unica fragmentaire et mal connu malgré plusieurs éditions et études réservées jusque-là aux seuls spécialistes[1], passer à une large diffusion d’une œuvre aussi exceptionnelle ? Ainsi que le dit Isabelle Ragnard :

« Malgré toutes ces zones d’ombre, le manuscrit conservé à la Sorbonne représente une des plus importantes découvertes du XXe siècle concernant la messe polyphonique au XIVe siècle. Connu depuis plus d’un demi-siècle, il n’a pas encore révélé tous ses secrets. » (La Messe de la Sorbonne, p. 20)

À travers l’histoire du manuscrit et l’évocation des figures de Paul-Marie Masson, Jacques Chailley, Édith Weber, notamment, c’est aussi tout un pan de l’histoire de l’Institut (devenu UFR) de Musicologie et de sa bibliothèque qui réapparaît, quelque mois avant le transfert des fonds musicaux de la Bibliothèque Michelet à la Bibliothèque Clignancourt.

L’ouvrage préparé par Frédéric Billiet et son équipe est remarquable en tous points : par la qualité de la reproduction du manuscrit, par l’étude musicologique, codicologique, philologique poussée de celui-ci ; par la tentative de reconstitution-recomposition de la Messe de la Sorbonne en son entier par les soins de Raphaël Picazos ; enfin, grâce à cette version, nous disposons également pour la première fois d’un très bel enregistrement, sur disque compact, réalisé par les étudiants du Master professionnel « Pratique de la musique médiévale » avec les professeurs Benjamin Bagby, Katarina Livljanic et Isabelle Ragnard.

Un manuscrit, un livre, une interprétation à découvrir absolument. La Messe de la Sorbonne mérite bien d’être reconnue en effet comme « un des trésors de la Sorbonne. » (F. Billiet)

 Références : La messe de la Sorbonne [Multimédia multisupport] / [ouvrage préparé par Frédéric Billiet]. – Paris : Presses de l’Université Paris-Sorbonne ; Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, cop. 2012. – 1 vol. (65 p.) : ill., fac-sim., mus., couv. ill. en coul. ; 29 cm + 1 disque compact (17 mn). – (Musiques-écritures, Série études). Disponible en prêt à la bibliothèque Michelet sous la cote : 782.32 mes

Page de couverture, reprod. avec l’aimable autorisation des PUPS. Remerciements à Sébastien Porte, éditeur, Presses de l’Université Paris-Sorbonne et Catherine Jalouneix, chargée de communication.

[1] Le manuscrit est aussi signalé dans le RISM (Répertoire international des sources musicales, Manuscripts of polyphonic music (c. 1320-1400), by Gilbert Reaney, München-Duisburg, G. Henle, cop. 1969, p. 201-203.

 

Tuteur de bibliothèque et professeur au collège

Nazim Ould Ali, étudiant en master 2 de musicologie à Paris-Sorbonne, tuteur à la bibliothèque Michelet, nous raconte son expérience de professeur de musique au collège.

Nazim au piano de la bibliothèque Michelet

« Qu’est-ce qu’être professeur de musique au collège ?

C’est ce que je fais à temps partiel depuis le mois de février dernier dans un collège du 92.
Il faut d’abord savoir que la discipline est désignée dans les textes officiels par l’appellation « éducation musicale ». En effet, on considère qu’il ne s’agit pas d’une formation musicale proprement dit, mais plutôt d’une exploration de cet art qu’est la musique à travers des pratiques de chant et d’écoute.

Les cours de musique au collège du XXIème siècle n’ont peut-être plus rien à voir avec ce que vous avez connu : fini les fastidieuses dictées et lectures de notes, idem pour la flûte à bec qui a tiré sa révérence après avoir rendu fou plus d’un collégien. Place, désormais, au chant et à l’écoute d’œuvres, mais pas n’importe lesquelles.

Leur choix doit étayer le thème de la séquence abordée. Une séquence compte environ six cours. Elle se déroule en six semaines, soit entre deux vacances scolaires, à raison d’une heure par semaine. Je viens d’achever une séquence avec les 3èmes sur l’exotisme : je leur ai fait écouter le Boléro de Ravel que je considère comme exotique de par son intitulé (danse espagnole) et les sonorités hispaniques de la Coda. J’en ai profité pour leur faire remarquer quelques éléments du langage musical présents dans l’œuvre : ostinato rythmique, crescendo.

Nous avons aussi travaillé sur la reconnaissance des deux thèmes du morceau et des timbres des instruments solistes. J’aurais très bien pu leur faire écouter autre chose comme la Symphonie cévenole de D’Indy, tout autant que les Sept Haï-Kaï de Messiaen, ou le French Gagaku de Pierre Barbaud. Côté chant, nous avons entonné Salma ya Salama de Dalida et Sous les sunlights des tropiques de Gilbert Montagné, qui a eu plus de succès, car plus rythmé !

Il y a aussi la gestion de la classe à assurer. Ça n’est pas gagné d’avance quand on est le nouveau professeur qui débarque en milieu d’année dans des classes d’ados en pleine crise, et qu’on est en charge de cette discipline qu’on assimile, bien souvent, à la cerise sur le gâteau dans ce type d’établissements. Ceci dit, ne vous inquiétez pas ! J’ai su développer les bons réflexes qui m’ont permis de rétablir mon autorité !

Il existe pléthore de tâches qui incombent au prof de musique comme la direction de la chorale, le travail collaboratif avec d’autres profs sur des projets comme le montage d’une pièce de théâtre, la préparation de la fameuse épreuve d’histoire des arts, en plus des tâches dont doivent s’acquitter les profs de tout bord : évaluation orale, écrite, conseil des classes, rencontre des parents, achat d’équipements et gestion du budget alloué à la matière, encadrement d’un certain nombre d’élèves de 4ème en stage d’entreprise (contacter l’entreprise pendant le stage pour s’assurer que tout se passe bien, corriger le rapport, assister au jury)….
Bref, qui a dit que l’enseignement est ce qu’il y a de plus pénard ? »

Nazim Ould Ali

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Le retour de la musique à la bibliothèque Clignancourt

La rentrée 2011/2012 marque le retour, timide mais réel, de collections de musique dans le 18è arrondissement…


En attendant la construction et l’ouverture d’une nouvelle bibliothèque prévue sur le centre universitaire Clignancourt pour avril 2013, l’essentiel des collections de musicologie proposées par les bibliothèques de l’université de Paris-Sorbonne reste conservé par les bibliothèques Michelet (75006) et Malesherbes (75017). Il fallait toutefois faire face aux besoins documentaires les plus criants des étudiants de 1er cycle en musicologie venus rejoindre cette année le centre Clignancourt, et leur permettre de disposer au moins d’une bibliothèque de proximité : quelque 350 ouvrages ont donc d’ores et déjà été sélectionnés, déménagés et rééquipés durant l’été dernier et sont disponibles en libre accès au rez-de-chaussée de la bibliothèque. Des abonnements aux revues les plus courantes devraient compléter cette offre début 2012.

Une période de transition, un peu compliquée, s’ouvre donc pour la musique, avec des collections réparties sur 3 sites au sein de l’université (veillez à bien repérer la localisation d’un ouvrage de musique avant de vous déplacer pour consulter ou emprunter un ouvrage !), mais songez que s’offre également à nous tous la perspective réjouissante de les voir bientôt rassemblées…

Photos :
– orchestre : maltaorchestra. Wikimedia commons. Domaine public,
– violoncelle : MichaelMaggs. Wikimedia commons. CC : BY-SA.

Les archives Paul-Marie Masson

Le Professeur Paul-Marie Masson (Sète, Hérault, 19 sept. 1882-Paris, 27 jan. 1954), successeur d’André Pirro à la Sorbonne en 1943, fonda l’Institut de Musicologie en 1951. Musicologue et compositeur, Masson était spécialiste de la musique française du XVIIIe siècle. Il avait soutenu sa thèse intitulée L’opéra de Rameau (Paris, Laurens, 1930 ; repr. New York, Da Capo, 1972, 596 p.).

La Bibliothèque Michelet (dont le fonds musical actuel provient, rappelons-le, de l’ancienne Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie) conserve de nombreuses partitions anciennes et ouvrages ayant appartenu à l’origine à Paul-Marie Masson. Mais outre ces documents pour la plupart publiés, le « fonds Masson » comportait également des archives sur lesquelles nous voudrions attirer l’attention dans cet article.

Ces archives sont longtemps restées inexploitées et ce n’est qu’en 1992 qu’un inventaire a pu être établi en collaboration avec les Archives du Rectorat de Paris. Faute de place à l’époque à la Bibliothèque de l’UFR de Musique et Musicologie, les archives Masson avaient alors été mises en dépôt aux Archives du Rectorat (partie administrative concernant la carrière et les activités d’enseignement et de recherche de Paul-Marie Masson à Grenoble et à la Sorbonne, notices et correspondance d’étudiants…) et à la Médiathèque Musicale Mahler (partie principalement musicologique). En 2009, l’ensemble des cartons d’archives déposées à la Médiathèque Musicale Mahler a enfin réintégré la Bibliothèque Michelet. A l’exception de deux cartons (cartons n° 3 et 4), toujours en dépôt aux Archives du Rectorat, le fonds d’archives (54 cartons) et l’inventaire correspondant sont donc maintenant accessibles et consultables sur place à la Bibliothèque Michelet.

On y trouve une riche documentation personnelle composée essentiellement de coupures de presse, articles, notes de cours, fiches manuscrites, etc., le tout classé dans des dossiers et des sous-dossiers. La documentation non musicale (cartons 6 à 10) concerne des disciplines telles que le Latin, le Grec, la philosophie, l’esthétique, l’histoire, psychologie, la politique, la religion, l’ethnographie, l’enseignement, la littérature française et étrangère.

La documentation musicale (cartons 10 à 56) se répartit de la manière suivante (le classement d’origine a peu ou prou visiblement été respecté ou reconstitué dans la mesure du possible) :

-Actualité musicale (1923-1944) (carton 10)
-Théorie de la musique, instruments (cartons 11-13)
-Histoire de la musique : sous-classement chronologique des origines au XXe siècle :
Origines – Antiquité (carton 14)
Moyen Âge (carton 15-17)
XVIe siècle (carton 18)
XVIIe siècle (cartons 19-22)
XVIIe siècle (cartons 23-33)
Jean-Philippe Rameau (cartons 33-36)
XIXe siècle (France : cartons 37-42 ; Etranger : cartons 43-46)
XXe siècle (France : cartons 47-53 ; Etranger : cartons 53-56)

Toute cette documentation mérite d’être conservée et consultée car elle constitue un ensemble unique ; elle témoigne de l’ouverture d’esprit de Paul-Marie Masson et de son intérêt pour toutes les époques de l’histoire de la musique. On y trouve des noms de compositeurs célèbres aussi bien que de compositeurs méconnus ou oubliés qu’il pourrait être intéressant de redécouvrir.

Le domaine des archives, en particulier des archives privées de musiciens, ouvre de larges et nouvelles perspectives de recherche et de réflexion aussi bien pour les musicologues, que pour les héritiers et légataires de tels fonds patrimoniaux et pour les professionnels de la documentation.

Bibliographie

Inventaire Masson (documentation extraite du fonds Masson de l’UFR de Musique et Musicologie de Paris-Sorbonne) / réalisé par Pascale Prouteau et Annie Kowacévic avec la collaboration de David Peyceré, … et Nathalie Cousin,…, Université de Paris-Sorbonne, dactyl., 1992, 37 p.

Peyceré, David, « Un fonds d’archives retrouvé : la documentation de Paul-Marie Masson (1910-1952) », in : Revue internationale de musique française, n° 31, juin 1994, p. 115-120.

Archives privées, un patrimoine méconnu : petit guide à l’usage des propriétaires / Association des archivistes français, section « Archives départementales » ; [avant-propos par Henri Zuber,…], Paris, Association des archivistes français, impr. 2005 (49-Angers : ASG Gal’ Art Edition), 46 p.

Sites Internet

Calames
Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l’enseignement supérieur

Association des archivistes français (AAF)
8, rue Jean-Marie Jego
75013 Paris
Tél. 01 46 06 39 44
Fax 01 46 06 39 52

Association française pour la protection des archives françaises

Remerciements

Nous remercions Alain Galliari d’avoir hébergé si longtemps les archives Masson à la Médiathèque Musicale Mahler, Danièle Pistone, Nicolas Meeùs, Frédéric Billiet, directeurs successifs de l’UFR de Musique et Musicologie, qui sont intervenus pour toutes les démarches concernant le dépôt puis, plus tard, la reprise de ces archives, grâce aussi à Joëlle Claud et Marie-Danièle Schaeffer. Enfin, nos remerciements vont aussi à Jacqueline Paternault qui nous a parlé avec enthousiasme de ses recherches et de son projet de guide sur la gestion et la valorisation des archives privées musicales.

Photo : Gallica/BnF, domaine public. Source : Wikimedia commons.
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Les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement musical

Tuteur à la bibliothèque Michelet, Nazim Ould Ali, étudiant en master 2 musique et musicologie à Paris-Sorbonne, nous parle de son sujet de recherche.


« Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) au XXème siècle et au début du XXIème siècle a profondément bouleversé nos modes de vie induisant de nouvelles pratiques qui ont donné à notre quotidien plus de rythme et de confort. Même si de nombreuses critiques de ces nouvelles technologies fusent de part et d’autre, un retour à un mode de vie moins fourni en technologies relève bien évidemment de la pure fiction tant l’apparition de la moindre innovation produit un effet d’euphorie quasi immédiat qui se traduit par une course à son acquisition et des chiffres de consommation hallucinants.
Si tous les domaines tels que les transports, la finance et la santé semblent avoir bénéficié très amplement des avancées technologiques, il est un domaine qui n’est pas en reste : celui de l’enseignement.
Si autrefois, l’introduction du tableau noir et de la craie ont révolutionné les pratiques d’enseignement dans les écoles de par leur aspect innovant pour l’époque, ces moyens paraissent aujourd’hui bien archaïques devant la plénitude d’outils technologiques dont peut disposer l’enseignant du XXIème siècle et en faire usage dans le cadre de ses activités pédagogiques.

A travers la situation observée, les technologies de l’information, de la communication et de la création pour l’enseignement (TICCE)  ont intégré l’enseignement musical.

Ainsi, le mémoire que je rédige en ce moment, aura notamment pour objet d’examiner au moyen d’observations et d’enquêtes leur emploi en se penchant sur l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’enseignement de la musique à travers les collèges de différentes régions de France.
Une telle étude ne pourra se passer d’évoquer des logiciels éducatifs et des programmes multimédias pertinents contribuant à faciliter l’apprentissage et/ou l’enseignement de la musique. Un survol de quelques applications (Crescendo, Progressivo, Solfegis 2, Musicalis…) permettra ainsi de donner un aperçu sur les toutes dernières innovations destinées au domaine pédagogique.

Je n’en dirai pas plus, et espère vous avoir suffisamment accroché pour vous inciter à consulter le mémoire, après l’avoir soutenu et déposé à Paris-Sorbonne… « 

Nazim Ould Ali

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Zoom sur deux bases de données en musicologie

La documentation électronique, riche de plusieurs centaines de bases de données, est particulièrement abondante en musique et musicologie.

Pour illustrer cette richesse, voici un zoom sur deux bases indispensables auxquelles le Service commun de la documentation est abonné.

Il s’agit du « Répertoire International de Littérature Musicale » (RILM en jargon local) et du « Retrospective Index to Music Periodicals » (RIPM, son jumeau hétérozygote).

notes musiques libres droitsLe RILM est une base de données bibliographiques qui couvre toute la production musicologique de 1967 à aujourd’hui. La base remonte à 1835 pour le dépouillement des actes de congrès.

Riche de plus de 356.000 notices, celles-ci traitent de sujets variés : musique classique, contemporaine, populaire ou traditionnelle, de tradition orale ou écrite, histoire de la musique, théorie musicale et analyse, pédagogie, organologie, acoustique, compositeurs et interprètes, etc.

Le RIPM, son jumeau complémentaire, recense des références d’articles dans des revues musicales depuis 1800 jusqu’à 1950 !  Antérieure donc au RIPM, avec accès à des périodiques préhistoriques ainsi préservés de l’extinction.

Ainsi,  The New Musical Magazine, Review and Register dont le dépouillement remonte avant 1810, parmi tant d’autres.

Ces bases sont une mine pour la communauté universitaire des musicologues, leur accès se fait sur la page web des ressources électroniques, via les postes de l’Université ou par l’accès nomade avec ses identifiants Paris IV.

Très bonne découverte !