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Marcel Landowski : un compositeur au service de l’Etat

En cette année 2015, où l’on inaugure la Philharmonie de Paris, projet phare porté par Pierre Boulez, c’est aussi l’occasion de célébrer un compositeur qui a beaucoup œuvré pour le développement de l’enseignement musical en France, et fut l’exact opposé de Boulez  : Marcel Landowski.

Fils du sculpteur Paul Landowski, descendant d’une longue lignée d’artistes, dont le violoniste Vieuxtemps, il mène en parallèle une carrière de compositeur et de pédagogue.

Si aujourd’hui, une nouvelle génération de compositeurs le redécouvre et fait revivre ses œuvres, Marcel Landowski fut d’abord ostracisé parce que sa musique n’était pas assez « avant-gardiste ».

Extraordinaire symphoniste, (il faut découvrir son concerto pour ondes), auteur de nombreuses œuvres pour la scène, dont « Le Fou » et « Montségur ». Il faut réécouter sa 1ère symphonie ou ses « Chants d’innocence ». Quant aux plus jeunes, ils connaissent en général sa « Sorcière du placard aux balais » d’après Pierre Gripari.

Très attaché à la ville de Boulogne-Billancourt dont il développe le conservatoire, jusqu’à lui permettre d’avoir des locaux dignes de ce nom, et tels qu’on les connaît aujourd’hui, il a été aussi directeur de la musique à la Comédie Française, puis a été appelé par Malraux au Ministère de la Culture en 1965. Pour la première fois depuis Lully, quelqu’un s’occupe du renouveau de la musique dans l’ensemble du territoire français, en le dotant de structures musicales jusque-là inexistantes : grâce à lui des orchestres se créent ou se développent en région (Toulouse, Montpellier, Strasbourg…), et dans la capitale on lui doit la création de l’Orchestre de Paris.

Parallèlement il instaure les concours d’aptitude au professorat d’enseignement artistique dans les conservatoires, et crée les cursus musicaux dans l’éducation nationale. En effet c’est à lui que l’on doit les classes à horaires aménagés qui permettent aux élèves de mener de front études générales et musicales.

Malgré une carrière administrative lourde, il continue à composer, notamment pour le violoncelliste Mstislav Rostropovitch et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa : c’est « Un enfant appelle » (1979)

Marcel landowski Vous trouverez les documents suivants à la bibliothèque Clignancourt :

Conversations avec Marcel Landowski / Antoine Livio. – [Paris] : Denoël, 1998.. Cote : 780.920 4 LAN

Batailles pour la musique  : à partir d’entretiens avec Édith Walter / Marcel Landowski. – Paris : Éditions du Seuil, 1979. Cote : 780.032 LAN

Le Fou  : drame lyrique en un prologue et cinq tableaux / Paroles et musique de Marcel Landowski. – Paris : Choudens, 1956.. – 1 partition (221 p.) ; 32 cm

Cote : Pa 780 LAN 3 fou

 

 

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Ressources électroniques : quoi de neuf ?

Les bibliothèques de Paris-Sorbonne vous proposent l’accès à une nouvelle ressource musicale qui vient enrichir notre fonds de ressources en ligne en ce domaine (Discothèque Naxos et Music Online).

En partenariat avec le Metropolitan Opera de New York, vous avez désormais accès à Met Opera on demand : Student Access. Cette ressource permet d’accéder à plus de 450 représentations du Metropolitan Opera, vidéo et audio.

Parmi celles-ci, plus de 60 vidéos en haute définition de la série The Met Live in HD retransmise en direct dans les cinémas, des vidéos des années 70, 80 et 90, ainsi que des centaines d’enregistrements audio remontant aux années  1930 et retraçant l’histoire de l’opéra au MET. Toutes les vidéos contiennent un synopsis ainsi que des sous-titres en anglais. Les vidéos les plus récentes proposent également des sous-titres en français, allemand, italien, portugais, russe et/ou espagnol.  De nouveaux titres sont ajoutés chaque mois.

Poster for the 1896 production for Puccini's La bohème (1896) / Adolfo Hohenstein (1854-1928)

Poster for the 1896 production for Puccini’s La bohème (1896) / Adolfo Hohenstein (1854-1928) by Wikimedia Commons

Attention : cette ressource est pour l’instant uniquement consultable depuis les bibliothèques et locaux de l’Université Paris-Sorbonne.

Bonne écoute !

2014 : l’année Rameau, et les autres …

Alberic Magnard (debout, а gauche) en compagnie du violoniste Eugиne Ysaye (debout, fumant la pipe) et du compositeur Guy Ropartz, dans le bureau de ce dernier alors directeur du Conservatoire de Nancy, vers 1911

Alberic Magnard (debout, à gauche) en compagnie du violoniste Eugène Ysaye (debout, fumant la pipe) et du compositeur Joseph Guy Ropartz, dans le bureau de ce dernier  vers 1911. By Photo by Ruck [Public domain], via Wikimedia Commons

En 2014, l’UFR de musique et musicologie va fêter en grande pompe l’année Rameau. En effet, une installation, pilotée par Raphaëlle Legrand, est prévue au sein de la bibliothèque, en lien avec l’Abbaye de Royaumont, dont nous vous donnerons des détails dans un prochain billet.

Pourtant il ne faudrait pas oublier les autres grands compositeurs français qui ne figurent pas dans les célébrations officielles. Parmi eux, Maurice Ohana et J.G. Ropartz.
Or aujourd’hui  la bibliothèque possède quelques d’ouvrages de et sur ces compositeurs du XXème siècle, qui n’appartenaient à aucune « école » musicale particulière.
Parmi eux, je vous recommande l’excellent ouvrage sur Ohana :

Maurice Ohana / François Porcile, Edith Canat de Chizy. Paris : Fayard, impr. 2005 (cote 780.920 4 OHA por)

et une nouvelle acquisition  sur J. G. Ropartz en tant que musicien breton (ouvrage bilingue français-breton) :

Musique classique bretonne : Cras, Ladmirault, Le Flem, Le Penven, Ropartz… = Sonerezh klasel Breizh : Ar C’Hraz, Ladmirault, Ar Flemm, Ar Penven, Roparzh… / Mikael Bodlore-Penlaez, Aldo Ripoche; traducteur Divi Kervella; musique interprétée par L’Instant en trio

vous trouverez ce dernier à la cote 780.944 BOD

Chez les compositeurs étrangers, à ne pas oublier non plus : Carl Philipp Emmanuel Bach, le fils le plus connu de Jean-Sébastien,  et Christoph Willibald Gluck, nés tous deux il y a 300 ans :

pour C.P.E. Bach : Les fils Bach / Marc Vignal. Paris : Fayard, 1997 (cote  780.920 32 BAC vig)

pour Gluck, qui a fait sa carrière en France, plongez-vous avec délices dans les écrits de Berlioz : Critique musicale, 1823-1863. Volume 1. 1823-1832 / Hector Berlioz  (780.920 34 BER 1/6)

D’ailleurs la « lettre du musicien » partage les mêmes craintes que moi  dans son  dernier numéro en ligne : « Mais il est à craindre que Carl Philipp Emanuel Bach ou même Richard Strauss ne retiennent guère l’attention. Et qu’espérer pour Magnard, Ropartz ou Ohana ? Qui, enfin, osera faire redécouvrir la seule compositrice de cette sélection, Marguerite Labori ? »

http://www.lalettredumusicien.fr/s/articles/2536_202_anniversaires-en-2014  (article disponible pour les abonnés)

Enfin n’oublions pas qu’Adolphe Sax, l’inventeur de la famille d’instruments qui porte son nom, a le droit aussi à son anniversaire cette année, puisqu’il est né en 1814. Vous en trouverez une biographie en libre-accès

Rorive, Jean-Pierre.   Adolphe Sax : 1814-1894 / Jean-Pierre Rorive. [Bruxelles] : Ed. Racine, 2004.  (cote 780.92 ROR)

Bonnes lectures

 

Documentation de base pour les étudiants en premières années de musicologie (dictionnaires et histoires de la musique)

Music lesson Staatliche Antikensammlungen 2421

By Phintias (User:Bibi Saint-Pol, own work, 2007-02-10) [Domaine public], via Wikimedia Commons

Voici une sélection d’ouvrages, essentiellement des dictionnaires et histoires de la musique en langue française, qui vous seront sans doute très utiles pour commencer vos études musicologiques.

La plupart sont en libre accès soit à la Bibliothèque Clignancourt (Championnet), soit à Michelet, soit à Malesherbes, en attendant le regroupement de tous les fonds musicaux à Clignancourt en 2013. Vous les trouvez en général sous la cote Dewey 780.3 (dictionnaires) ou 780.9 (histoires de la musique). (D’autres exemplaires peuvent se trouver en magasins, être en cours d’acquisition). Il existe souvent plusieurs rééditions, nous ne les notons pas systématiquement.

Dictionnaires de la musique

Honegger, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique. Les hommes et leurs oeuvres / publ. sous la dir. de Marc Honegger. [Paris] : Bordas, 1986, 2 vol. Clignancourt : 780.3 HON

et Honegger, Marc. Dir. Science de la musique : technique, formes, instruments / sous la dir. de Marc Honegger,…. Paris : Bordas, 1990, 2 vol. Michelet 780.3 HON (Ces Bordas ne sont malheureusement plus édités).

Tubeuf, André. Dictionnaire amoureux de la musique, Plon, Paris, 2012.

Vignal, Marc. Dir. Dictionnaire de la musique / sous la direction de Marc Vignal. Paris : Larousse, 2005, (nouv. présentation, 2011).

N. B. Il existe une foule de dictionnaires musicaux généraux et spécialisés dans tous les pays. Les deux plus connus (surtout pour la suite de vos études) sont en anglais (The New Grove dictionary of music and musicians et autres « Grove ») et en allemand (Die Musik in Geschichte und Gegenwart) Voir à la fin de cet article pour la version électronique de Grove.

Quelques histoires générales de la musique

Beltrando-Patier, Marie-Claire. Dir. Histoire de la musique / sous la dir. de Marie-Claire Beltrando-Patier. [Paris] : Bordas, 2004. Clignancourt : 780.9 BEL

Denizeau, Gérard.   Les genres musicaux : vers une nouvelle histoire de la musique / Gérard Denizeau. Paris : Larousse, impr. 2006, cop. 2005. Clignancourt : 780.9 DEN

François-Sappey, Brigitte.   Histoire de la musique en Europe / Brigitte François-Sappey,…. 4e édition mise à jour. Paris : Presses universitaires de France, impr. 2005. Clignancourt : 780.94 FRA – Existe sous forme électronique (Voir accès direct à toute la collection « Que sais-je ? » dans la bibliothèque électronique de Paris IV

Jollet, Jean-Clément ; Carrillo, Olivier, L’histoire de la musique pour les nuls : du Moyen Age aux musique actuelles,  First Editions, Paris, 2011.

Massin, Brigitte. Histoire de la musique occidentale / [sous la dir. de] Brigitte et Jean Massin ; avec la collab. de Philippe Beaussant… [et al.]. Nouv. ed., rev. et augm. Paris : Fayard, 2000.
Clignancourt : 780.9 MAS

Rebatet, Lucien.   Une histoire de la musique : [des origines à nos jours] / Lucien Rebatet. [10e réimpr.]. Paris : R. Laffont, 1995. Clignancourt : 780.9 REB

Roland-Manuel. Dir.   Histoire de la musique / publ. sous la dir. de Roland-Manuel. Paris : Gallimard, 1986-1988. Clignancourt : 780.9 ROL 2/2

Quelques histoires de la musique par périodes

Moyen Age

Cullin, Olivier. Brève histoire de la musique au Moyen Age / Olivier Cullin. [Paris] : Fayard, DL 2008. Clignancourt 780.902 CUL

Hoppin, Richard H. La musique au moyen âge / Richard H. Hoppin ; trad. de l’anglais par Nicolas Meeùs et Malou Haine. Bruxelles : Mardaga, 1991. Michelet 780.902 HOP

Renaissance

Guide de la musique de la Renaissance / sous la direction de Françoise Ferrand ; avec la collaboration d’Ignace Bossuyt, Gabrielle Bouley, Philippe Canguilhem, [et al.]. [Paris] : Fayard, impr. 2011. Clignancourt 780.903 1 gui

Baroque

Anthony, James R. La Musique en France à l’époque baroque : de Beaujoyeulx à Rameau / James R. Anthony ; traduit de l’américain par Béatrice Vierne. Nouv. éd. rev. et augm. Paris : Flammarion, 2010.

Classique

Pestelli, Giorgio.   La Musique classique : l’époque de Mozart et de Beethoven / Giorgio Pestelli ; trad. de l’italien par Michel Roubinet. Paris : Lattès, 1989. Michelet : 780.903 3 PES

Rosen, Charles. Le style classique : Haydn, Mozart, Beethoven / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Marc Vignal et Jean-Pierre Cerquant. Édition augmentée. [Paris] : Gallimard, impr. 2000.

Romantique

Plantinga, Leon.   La Musique romantique : histoire du style musical au XIXe siècle en Europe / Leon Plantiga [i.e. Plantinga] ; trad. de l’américain par Dennis Collins. [Paris] : J-C. Lattès, 1989. Michelet : 780.903 4 PLA

Rosen, Charles.   La génération romantique : Chopin, Schumann, Liszt et leurs contemporains / Charles Rosen ; trad. de l’anglais par Georges Bloch. [Paris] : Gallimard, impr. 2002. Clignancourt et Michelet : 780.920 34 ROS

XXe siècle
Weid, Jean-Noël von der.   La musique du XXe siècle / Jean-Noël Von Der Weid. Paris : Hachette littératures, 2005. Clignancourt : 780.904 WEI

Langues musicologiques
Whitfield, Charles.   L’anglais musicologique : l’anglais des musiciens / Charles Whitfield,…. Paris : Beauchesne, 1989. Clignancourt : 780.14 WHI

Quelques collections (en langue française)

Orchestra

Par : Orchestra of the 18th Century [Domaine public], via Wikimedia Commons

Harmoniques. La Musique en France (ed. Flammarion)
Horizons (ed. Bleu nuit) : monographies de grands compositeurs
Les Indispensables de la musique (ed. Fayard)
Musique – Musicologie (ed. Champion)
Musique – Musicologie (ed. Mardaga)
Musique ouverte (ed. Minerve)
Musique et Musicologie [et autres collections concernant la musique] (ed. L’Harmattan)
MusicologieS (ed. Vrin)…

Pour aller plus loin

Le Service commun de la documentation offre d’importantes ressources en ligne. Voir sur le site de l’Université la rubrique « Les bibliothèques »
Pour la musique, les ressources les plus indispensables pour toute la durée de vos études sont :
Oxford Music online qui regroupe : Grove Music Online, The Oxford Companion to Music, The Oxford Dictionary of Music et l’Encyclopedia of Popular Music

Music Online et Naxos : discothèque numérique en ligne

-Signets du Service commun de la documentation en musique et musicologie.

Bonne lecture et bonne musique !

Tuteur de bibliothèque et professeur au collège

Nazim Ould Ali, étudiant en master 2 de musicologie à Paris-Sorbonne, tuteur à la bibliothèque Michelet, nous raconte son expérience de professeur de musique au collège.

Nazim au piano de la bibliothèque Michelet

« Qu’est-ce qu’être professeur de musique au collège ?

C’est ce que je fais à temps partiel depuis le mois de février dernier dans un collège du 92.
Il faut d’abord savoir que la discipline est désignée dans les textes officiels par l’appellation « éducation musicale ». En effet, on considère qu’il ne s’agit pas d’une formation musicale proprement dit, mais plutôt d’une exploration de cet art qu’est la musique à travers des pratiques de chant et d’écoute.

Les cours de musique au collège du XXIème siècle n’ont peut-être plus rien à voir avec ce que vous avez connu : fini les fastidieuses dictées et lectures de notes, idem pour la flûte à bec qui a tiré sa révérence après avoir rendu fou plus d’un collégien. Place, désormais, au chant et à l’écoute d’œuvres, mais pas n’importe lesquelles.

Leur choix doit étayer le thème de la séquence abordée. Une séquence compte environ six cours. Elle se déroule en six semaines, soit entre deux vacances scolaires, à raison d’une heure par semaine. Je viens d’achever une séquence avec les 3èmes sur l’exotisme : je leur ai fait écouter le Boléro de Ravel que je considère comme exotique de par son intitulé (danse espagnole) et les sonorités hispaniques de la Coda. J’en ai profité pour leur faire remarquer quelques éléments du langage musical présents dans l’œuvre : ostinato rythmique, crescendo.

Nous avons aussi travaillé sur la reconnaissance des deux thèmes du morceau et des timbres des instruments solistes. J’aurais très bien pu leur faire écouter autre chose comme la Symphonie cévenole de D’Indy, tout autant que les Sept Haï-Kaï de Messiaen, ou le French Gagaku de Pierre Barbaud. Côté chant, nous avons entonné Salma ya Salama de Dalida et Sous les sunlights des tropiques de Gilbert Montagné, qui a eu plus de succès, car plus rythmé !

Il y a aussi la gestion de la classe à assurer. Ça n’est pas gagné d’avance quand on est le nouveau professeur qui débarque en milieu d’année dans des classes d’ados en pleine crise, et qu’on est en charge de cette discipline qu’on assimile, bien souvent, à la cerise sur le gâteau dans ce type d’établissements. Ceci dit, ne vous inquiétez pas ! J’ai su développer les bons réflexes qui m’ont permis de rétablir mon autorité !

Il existe pléthore de tâches qui incombent au prof de musique comme la direction de la chorale, le travail collaboratif avec d’autres profs sur des projets comme le montage d’une pièce de théâtre, la préparation de la fameuse épreuve d’histoire des arts, en plus des tâches dont doivent s’acquitter les profs de tout bord : évaluation orale, écrite, conseil des classes, rencontre des parents, achat d’équipements et gestion du budget alloué à la matière, encadrement d’un certain nombre d’élèves de 4ème en stage d’entreprise (contacter l’entreprise pendant le stage pour s’assurer que tout se passe bien, corriger le rapport, assister au jury)….
Bref, qui a dit que l’enseignement est ce qu’il y a de plus pénard ? »

Nazim Ould Ali

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Le retour de la musique à la bibliothèque Clignancourt

La rentrée 2011/2012 marque le retour, timide mais réel, de collections de musique dans le 18è arrondissement…


En attendant la construction et l’ouverture d’une nouvelle bibliothèque prévue sur le centre universitaire Clignancourt pour avril 2013, l’essentiel des collections de musicologie proposées par les bibliothèques de l’université de Paris-Sorbonne reste conservé par les bibliothèques Michelet (75006) et Malesherbes (75017). Il fallait toutefois faire face aux besoins documentaires les plus criants des étudiants de 1er cycle en musicologie venus rejoindre cette année le centre Clignancourt, et leur permettre de disposer au moins d’une bibliothèque de proximité : quelque 350 ouvrages ont donc d’ores et déjà été sélectionnés, déménagés et rééquipés durant l’été dernier et sont disponibles en libre accès au rez-de-chaussée de la bibliothèque. Des abonnements aux revues les plus courantes devraient compléter cette offre début 2012.

Une période de transition, un peu compliquée, s’ouvre donc pour la musique, avec des collections réparties sur 3 sites au sein de l’université (veillez à bien repérer la localisation d’un ouvrage de musique avant de vous déplacer pour consulter ou emprunter un ouvrage !), mais songez que s’offre également à nous tous la perspective réjouissante de les voir bientôt rassemblées…

Photos :
– orchestre : maltaorchestra. Wikimedia commons. Domaine public,
– violoncelle : MichaelMaggs. Wikimedia commons. CC : BY-SA.

Les technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement musical

Tuteur à la bibliothèque Michelet, Nazim Ould Ali, étudiant en master 2 musique et musicologie à Paris-Sorbonne, nous parle de son sujet de recherche.


« Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) au XXème siècle et au début du XXIème siècle a profondément bouleversé nos modes de vie induisant de nouvelles pratiques qui ont donné à notre quotidien plus de rythme et de confort. Même si de nombreuses critiques de ces nouvelles technologies fusent de part et d’autre, un retour à un mode de vie moins fourni en technologies relève bien évidemment de la pure fiction tant l’apparition de la moindre innovation produit un effet d’euphorie quasi immédiat qui se traduit par une course à son acquisition et des chiffres de consommation hallucinants.
Si tous les domaines tels que les transports, la finance et la santé semblent avoir bénéficié très amplement des avancées technologiques, il est un domaine qui n’est pas en reste : celui de l’enseignement.
Si autrefois, l’introduction du tableau noir et de la craie ont révolutionné les pratiques d’enseignement dans les écoles de par leur aspect innovant pour l’époque, ces moyens paraissent aujourd’hui bien archaïques devant la plénitude d’outils technologiques dont peut disposer l’enseignant du XXIème siècle et en faire usage dans le cadre de ses activités pédagogiques.

A travers la situation observée, les technologies de l’information, de la communication et de la création pour l’enseignement (TICCE)  ont intégré l’enseignement musical.

Ainsi, le mémoire que je rédige en ce moment, aura notamment pour objet d’examiner au moyen d’observations et d’enquêtes leur emploi en se penchant sur l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’enseignement de la musique à travers les collèges de différentes régions de France.
Une telle étude ne pourra se passer d’évoquer des logiciels éducatifs et des programmes multimédias pertinents contribuant à faciliter l’apprentissage et/ou l’enseignement de la musique. Un survol de quelques applications (Crescendo, Progressivo, Solfegis 2, Musicalis…) permettra ainsi de donner un aperçu sur les toutes dernières innovations destinées au domaine pédagogique.

Je n’en dirai pas plus, et espère vous avoir suffisamment accroché pour vous inciter à consulter le mémoire, après l’avoir soutenu et déposé à Paris-Sorbonne… « 

Nazim Ould Ali

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Hommage à Eric Dolphy

1. Repères biographiques

Né à Los Angeles le 20 juin 1928, le saxophoniste, flûtiste et clarinettiste Eric (Allan) Dolphy est reconnu comme l’un des « géants » du jazz.

Sa carrière débuta en 1948-49, époque où il joua dans diverses formations, réalisant ses premiers enregistrements avec Roy Porter.  A partir de 1958, il se fit connaître dans l’orchestre de Chico Hamilton et jusqu’à sa mort, survenue six ans plus tard à Berlin le 29 juin 1964, alors qu’il n’avait que trente-six ans, Eric Dolphy ne cessa de jouer et d’enregistrer avec les plus grands jazzmen : John Coltrane, Max Roach, Oliver Nelson, Herbie Hancock, Lionel Hampton, Gunther Schuller, George Russell, Ken McIntyre, etc.

Les années 1960 et 1961 furent les plus fertiles pour Dolphy. En 1960, il participa avec Charlie Mingus au 1er festival d’Antibes. La même année, il « improvisa » avec Ornette Coleman le révolutionnaire « Free Jazz ». Dolphy monta son propre quintette, entre autres avec Booker Little puis  avec Freddie Hubbard.

Eric Dolphy laisse de nombreux enregistrements qui font date dans l’histoire du jazz, non seulement en tant qu’interprète, mais aussi en tant que compositeur : Outward Bound (1960), Out There (1960), Far cry (1960) At The Five Spot (1961), In Europe (vol. 1-3, 1961), Ezz-Thetics (1961), The Complete Town Hall Concert (1962) (album avec Charles Mingus qui contient notamment « So long Eric »), Illinois Concert (1963), Mingus Mingus Mingus Mingus Mingus (1963), Out To Lunch ! (1964), etc.

2. Esthétique

On comprend pourquoi Eric Dolphy a été surnommé « le  passeur » par le critique Jean-Louis Comolli : Eric Dolphy assure en effet la transition entre le be-bop, le hard bop, le « third-stream » le free-jazz, faisant ainsi le pont entre la tradition et l’avant-garde.

Eric Dolphy s’exprimait-il différemment sur ses instruments ? Selon les uns, il était lyrique mais relativement classique à la flûte, il laissait libre cours à son imagination au saxophone alto et plus encore à la clarinette basse. Pour d’autres,  « il n’est pas vrai qu’il joue diversement à la flûte, l’alto, la clarinette basse ou la clarinette en si bémol  » (Cf., Jean-Louis Comolli, art. « Dolphy », Dictionnaire du jazz, R. Laffont, 1994) mais il y aurait en lui une dualité fondamentale profonde qui dépasserait le cadre du registre ou de la sonorité propre à tel ou tel instrument : une double et contradictoire aspiration dans son discours musical l’amènerait à bâtir et à détruire à la fois.

En rupture complète, il en arrive à jouer seul, ainsi dans God Bless the child, tant il dépasse les limites formelles et esthétiques. Son jeu se caractérise par des contrastes saisissants, des dissonances et des sautes brusques de l’extrême grave à l’extrême aigu, l’usage de micro-intervalles (quarts de ton), que Dolphy dit emprunter aux oiseaux. Avec une immense liberté mais proche aussi du chaos, son  radicalisme le conduit parfois jusqu’aux limites du silence.

De façon significative, une critique de l’album Out To Lunch ! figure dans la sélection de Philippe Adler et Pierre de Chocqueuse, Passeport pour le jazz : les grands CD des grands du jazz (Paris, Balland, 1995, p. 150-151) : « Out to Lunch ! compte parmi les disques les plus audacieux du catalogue Blue Note. Au-delà de la musique, il contient un message, le testament d’Eric Dolphy qui ne put aller plus loin dans son parcours et achever ce qu’il avait commencé. » (…)

Qualifiée de « convulsive » (cf. Philippe Adler et Pierre de Chocqueuse), résistant à toutes les attaques des critiques qui ne la comprenaient pas, comment ne pas penser à propos de la musique d’Eric Dolphy au mot d’André Breton dans Nadja : « La beauté sera convulsive ou ne sera pas » ?

3. Bibliographie

Il existe encore peu de monographies entièrement consacrées à Eric Dolphy et il n’y en avait pas en français jusqu’à la publication de celle de Guillaume Belhomme qui vient combler une lacune.

Belhomme, Guillaume, Eric Dolphy, Marseille, Le Mot et le reste, 2008.

Sessa, Claudio, Il Marziano del Jazz : Vita e Musica di Eric Dolphy, Luciano Vanni editore, 2006.

Simosko, Vladimir. Tepperman, Barry, Eric Dolphy : A Musical Biography and Discography, Da Capo Press, 1996.

Warrior, Tender, L’eredita Musicale di Eric Dolphy, Sardegna e jazz, 2005. (Voir chronique sur le blog « le son du grisli » )

Wendt, Reinhardt, Eric A. Dolphy : die Freiheit der Klänge, Selbstverlag, 2003.

4. Discographie. Filmographie. Sites Internet

Outre une bibliographie, on trouvera une discographie sélective dans l’ouvrage de Guillaume Belhomme ainsi qu’une filmographie et ces deux références de sites Internet :
http://adale.org/Discographies/EDIntro.html/

http://www.outward-bound.de/index.html/

5. Discothèque en ligne

La base Jazz Music Library est accessible par l’interface de Music Online dans la bibliothèque en ligne de Paris-Sorbonne. Le mode « Advanced Search », permet de faire des recherches sur les champs : « Song Title », « Album Title », « People », « Genre », « Instrument », « Ensemble », « Place of Recording », « Date of Recording », « Composed », « label », « Catalog Number ». On peut trier les résultats par titres ou dates…

On trouve une trentaine de réponses quand on cherche « Eric Dolphy » dans le champ « people ». La recherche par genre n’est pas toujours très pertinente, toutefois, elle donne un aperçu des tendances dans lesquelles les auteurs se sont efforcés de « classer » Eric Dolphy dans les albums où il est leader, compositeur, ou bien auxquels il a apporté sa contribution plus occasionnellement : pop, Post-Bop, Hard-Bop, Avant-garde (Free Jazz), Contemporary Jazz,  Soul Jazz, Latin Jazz, Jazz Blues, Modern Jazz…

6. Remerciements

Nous remercions vivement Guillaume Belhomme pour son aimable autorisation de le citer et de reproduire la couverture de son livre illustrée d’une photo d’Eric Dolphy par Jerry Schatzberg.

Nous remercions Dominique Filippi d’avoir attiré notre attention sur Out To Lunch ! et de nous avoir proposé la rédaction de cet article pour l’anniversaire de la naissance d’Eric Dolphy.

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