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Ζούμ στο Νεοελληνικό Ινστιτούτο της Σορβόννης = Zoom sur …. la bibliothèque de l’Institut Néohellénique de Paris-Sorbonne

Un peu d’histoire

La bibliothèque est née avec l’Institut néohellénique de l’accord du 17 juillet 1930 entre le gouvernement hellénique et la Sorbonne. Présentée officiellement par Hubert Pernot à l’Association pour l’encouragement des études grecques en mars 1954, elle s’est constituée grâce à la passion des grands professeurs et hellénistes Émile Legrand (1841-1903) et Hubert Pernot  (1870-1946) et fut animée par la suite par André Mirambel (1900-1970) puis Constantin Th. Dimaras.

Vecteur de la culture hellénique en Europe, la bibliothèque de l’INH s’est enrichie de dons depuis plus d’un siècle. Ces dons proviennent de tous les foyers de l’hellénisme : européen, méditerranéen, de l’Est comme de l’Ouest. La bibliothèque s’est développée grâce à une politique d’achats fondée sur les enseignements qui s’y déroulent. Le catalogage des ouvrages dans le SUDOC (1) a permis de révéler les liens qui tissent d’un livre à l’autre, d’une idée à l’autre, un monde passé à celui d’aujourd’hui. Ainsi se dessine l’image d’une langue en interaction avec l’Europe toute entière, l’image d’une civilisation présente d’un bout à l’autre de la Méditerranée. Cette bibliothèque reflète d’une façon tout à fait unique la place occupée par les Grecs dans les courants de la pensée européenne. Les ouvrages ont été collectés par des hellénistes, édités par des philhellènes (2) ou par des notables d’Alexandrie, de Tinos, de Constantinople,…, écrits par des commerçants échoués à Odessa ou à Marseille, rédigés à la demande d’associations ou en vue du bien commun.  Réunis par la passion des fondateurs de la bibliothèque, ils permettent de mieux appréhender une pensée à la fois une et multiple, qui est celle de poètes, d’hommes d’église, de scientifiques, d’enseignants, de philosophes, de politiciens, de traducteurs,…

 

La question du fonds

Important par ses exemplaires, par ses inscriptions manuscrites, par les différents rôles, porte-parole, soutien, expertise, qu’il fait jouer à l’INH, ce fonds forme un tout qu’il importe d’appréhender comme tel au-delà de la rencontre des deux bibliothécaires fondateurs, Legrand et Pernot, avec l’histoire de la naissance d’une nation moderne. Les documents conservés dans la bibliothèque en sont la mémoire.

Grâce aux dizaines de milliers d’ouvrages répertoriés depuis mai 2009, l’institut néohellénique de la Sorbonne se place au cœur d’un réseau de partenaires tels que la Bibliothèque de Strasbourg, la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, la bibliothèque Sainte-Geneviève, celle de Montpellier, ainsi que la bibliothèque Mazarine.

Le fonds est constitué pour plus de la moitié d’ouvrages uniques en France et recoupe au niveau international celui des universités helléniques les plus importantes (Salonique, Athènes,…).

Dans une bibliothèque qui se veut de grec post-classique et moderne ainsi que de littérature néo-hellénique, les romans et nouvelles en grec moderne, mais aussi des manuels de langue, occupent une place importante. En grande majorité, les recueils de poésie grecque moderne sont des éditions princeps. Les rééditions sont souvent dédicacées de la main de l’auteur, elles permettent ainsi de restituer ces liens d’amitié ou de reconnaissance entre les responsables de cette bibliothèque et les poètes depuis sa fondation.

Curiosa scripturales

Noyés dans les études de textes anciens et les traductions, près de mille ouvrages portent sur leur page de garde les inscriptions suivantes : « rarissime », « insigne rareté », écrites de la main de Legrand ou de Pernot. Éditions et rééditions sont aussi dédicacées par les auteurs, permettant ainsi de restituer des liens d’amitié ou de reconnaissance entre les différents responsables de la bibliothèque qui se sont succédé depuis sa fondation et les poètes. Au gré des étagères, on peut trouver des dédicaces de Séféris, de Cavafis et de Palamas adressées à H. Pernot dans les années 1930. Puis ces liens continuent avec André Mirambel, mais les dédicaces deviennent plus vagues, comme « à l’institut néohellénique » ou « à la bibliothèque », sans compter les hommages d’anciens « élèves » aux professeurs d’aujourd’hui. À travers ces dédicaces se construit un réseau signifiant d’affinités d’un rivage à l’autre de la Méditerranée.

 

C’est dans un panorama éloquent que réside la diversité du contenu des ouvrages : soubresauts religieux, rites orthodoxes, querelles linguistiques, livres scolaires ou de voyages, ouvrages impliquant la Russie dédicacés à Catherine II, histoire événementielle qui jaillit sous forme lyrique, dramatique ou juridique pour la plupart édités avant 1900, ouvrages sur Égine, les îles ioniennes, ainsi que des monographies de héros grecs, d’Albanie ou de Bulgarie.

(1) Système Universitaire de Documentation
(2) Le philhellénisme (du grec φίλος [phílos], « ami, qui aime » + ἑλληνισμός [hellēnismós], « civilisation grecque ») signifie Amour de la Grèce (source Wikipédia)

Liens utiles :
Institut français d’Athènes
Conférences de la Maison de la Gèce à Paris
Expositions de la Maison de la Grèce
Librairie Desmos
Ecole française d’Athènes

Billet écrit d’après les informations de Véronique Lézine

Illustrations :
1 – http://helios.fltr.ucl.ac.be/default.htm
2 – Map of Thessaloniki by Ernest Hébrard in 1917. Domaine public. Source : wikimedia commons.
3 – http://www.absoluteastronomy.com/