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Articles taggués ‘peinture’

La Renaissance et le rêve

C’est le titre d’une très belle exposition qui démarre au Musée du Luxembourg, à Paris, et qui dévoile les songes, les cauchemars parfois, des artistes de la Renaissance.

Les œuvres de Véronèse, Lotto, Bosch, Brueghel l’Ancien, jalonnent l’exposition qui traite notamment des visions des saints. Le rêve de Jacob et la représentation de la mystérieuse échelle descendant du ciel, le rêve de saint Jérôme, la tentation de saint Antoine, autant de rêves que l’exposition explique au promeneur, enrichissant son regard.

renaissance et le rêve

Le catalogue de l’exposition, largement documenté, sera bientôt disponible à la bibliothèque Michelet, où vous pourrez le consulter. L’exposition dure jusqu’à fin janvier 2014 et le jardin du Luxembourg est magnifique en ce moment:-)

Très bonne visite !

Jaime Zapata, un artiste à découvrir

11/12/2012 un commentaire

La bibliothèque Marcel Bataillon de l’Institut d’Études Hispaniques dispose désormais d’un livre d’art consacré à l’œuvre picturale de Jaime Zapata. Comment décrire un travail aussi prolixe, audacieux et foisonnant sinon en des termes inévitablement décevants pour quiconque accepte d’entrer dans cet univers visuel? Lecteur d’images, passeur d’idées et de sensations, Jaime Zapata invite, et parfois même oblige tout spectateur au questionnement des points de vue, aux retours sur une expérience, une tradition ou un projet, en un mot, à un décentrement. Réflexive à outrance, la peinture de Jaime Zapata interpelle, interroge ou inquiète, elle rassure rarement. Ombres et lumières d’un monde excessif où découvreurs, conquérants et mille objets de désirs se confrontent sans jamais se conforter, nous tendent un miroir sans concession et cependant vivifiant : celui, irritant à l’extrême, de notre histoire.

Renaud Malavialle, Maître de conférence à l’Institut des Etudes Hispaniques

 

Ouvrage disponible à la Bibliothèque Marcel Bataillon
Cote USUEL 75(7/8)ROD

 

 

« El encuentro », Jaime Zapata. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

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Motoko Tachikawa, une artiste qui se « livre » 28 rue Serpente

Moto Tachikawa dans son atelier

Jusqu’à l’arrivée de l’été, l’artiste Motoko Tachikawa, née à Tokyo et vivant à Paris depuis une vingtaine d’année, donne à voir à la bibliothèque Serpente des œuvres liées au livre mais aussi des peintures et des gravures dans un cheminement poétique et visuel.

 

Orchidée : encre sur papier (30 X 40 cm)

La singularité de l’œuvre de cette artiste du livre réside dans ce que l’on nomme en philosophie heidegerrienne le « da sein » (1) Et c’est dans ce rapport au monde que Motoko nous entraîne dans un univers où la poésie domine, qu’elle soit textuelle ou visuelle. En effet ses livres, qui prennent la forme de leporelli (2), sont liées à une réalisation plastique où « parfois le dessin s’épure, se sacrifie » (3) Ainsi la discontinuité des pages, abandonné au profit d’un continuum créé par la simultanéité des plis offre au regard un caractère parfois insolite. La mise en livre d’une pratique artistique restitue le parcours de l’artiste dans une relation d’intimité accrue avec le végétal. Une distance s’opère : si loin, si près.

Camélia (4)

Aujourd’hui, une cinquantaine d’ouvrages constitue la collection « Poésie à graver » que Motoko a créé dans les années 2000.  De tous les livres de cette collection, il n’est d’enchantement et de ravissement des sens que par un dialogue intime voulu par l’artiste entre la poésie et l’oeuvre graphique. Ainsi les poèmes d’Aimé Césaire avec qui l’artiste a entretenu des relations épistolaires jusqu’à la rencontre ultime en Martinique, ceux de Jean-Paul Soïme traduit du créole par Ina Césaire, la fille du poète et amie de Motoko, mais aussi les haïkus (5) du père et de la grand-mère de l’artiste se jouent des matières, des formes et de cet univers coloré si sensible qui n’appartient qu’à Motoko et nous conduisent dans les confins d’un monde « qui mêle le végétal, le minéral, à la recherche des lieux de vie ou de voyage ». (6)

Sommation (7)

Ces livres rares et précieux du 21e siècle déjà rejoignent le patrimoine écrit et illustré des lieux de conservation du livre ou de l’art. De nombreuses expositions individuelles et collectives ainsi que la présence de l’artiste dans les salons où le livre de peintre et de bibliophilie contemporaine, lié ou non à la poésie, est roi, ont permis à Motoko Tachikawa de conforter sa pratique d’artiste du livre.

Désir désert (vue de l'exposition à la bibliothèque Serpente)

Des oeuvres à découvrir et à méditer …

Le site de Mokoto Takawa

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(1) : Terme allemand signifiant être-là et désignant l’existence humaine en tant qu’elle entretient nécessairement un rapport au monde
(2) : Le leporello est une technique de pliage et de collage des pages d’un livre permettant à celui-de s’ouvrir comme un accordéon (source Wikipédia, consultée le 7/05/2012)
(3) : Florent Founès : Document de présentation de l’exposition à la Galerie François Mansart – Paris (2012)
(4) : C’est à la suite de la lecture d’ « Oreiller d’herbes » de Sôseki qu’a été réalisée cette série de peinture et d’ouvrages sur hahnemüle 300 g . (Il existe cinq exemplaires originaux au format 14,5 cm x 23 cm et 23 cm x 30 cm numérotés de I à V)
(5) : petit poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses.
(6) : Chritophe Commetal in Art et métiers du livre, n° 276, janvier-février 2010.
(7) : texte : Aimé Césaire. Impression numérique et gaufrage à partir de métal travaillé à l’acide et gravure monotype. Format : 23 x 30 cm. (Tirage : 30 exemplaires sur Velin d’Arches 160 g)

Photographies publiées avec l’aimable autorisation de l’artiste

 

Antoni Tàpies

Le 6 février dernier décède à l’âge de 88 ans le peintre et sculpteur catalan Antoni Tàpies, l’un des représentants majeurs du mouvement d’avant-garde en Espagne.

Artiste autodidacte, Antoni Tàpies i Puig (1923, Barcelone) a été créatif jusqu’au bout malgré ses problèmes de vue et d’audition.
Né dans une famille de tradition libérale, Tàpies étudie le droit qu’il abandonne, contraint par une affection pulmonaire, pour se consacrer à sa passion, le dessin et la peinture (1946).
Il expérimente des œuvres de plus en plus abstraites, de nouvelles techniques de dessin et de collage, de nouveaux supports plastiques, des éléments iconographiques et anthropomorphiques ou des signes d’écriture; mais exprimant toujours l’histoire et la politique, la religion, le temps qui passe, les blessures et cicatrices du passé, etc. Opposé au régime franquiste, il défend la politique catalane et le surréalisme dans des tableaux comme L’esperit català, Pintura romana amb barretina et Sardana (1971).
Tàpies connaît très vite du succès, ses œuvres sont exposées dans les plus grands musées d’art contemporain du monde. En 1992, il participe à l’Exposition universelle de Séville, au Pavillon Catalan. En 1984 sera créée à Barcelone une fondation portant son nom et dédiée à l’enseignement de l’art moderne et contemporain.  Il reçoit en avril 2010 du roi d’Espagne le titre de Marquis de Tàpies pour sa grande contribution aux arts plastiques espagnols et mondiaux. Il laisse 8000 œuvres pour la plupart dispersées dans les plus grands musées du monde.

Pour en connaître plus sur l’artiste, vous pourrez consulter à la Bibliothèque d’études catalanes les documents suivants :

- TÀPIES Antoni. La pratique de l’art. Gallimard, 1974 [cote 70 TAP]
– VICENS Francesc, et al. Antoni Tàpies o L’escarnidor de diademes. Ed. Polígrafa, 1971 [cote C 70.07 (TAP) TAP, ouvrage multilingue]
– PENROSE Roland. Tàpies. Ed. Galilée-Dutrou, 1977 [cote 70 (TAP) PEN]
Tàpies : das graphische Werk = Tàpies : l’oeuvre gravée : 1947-1972. Erker-Verlag, 1984 [cote C 70.07 (TAP) TAP]
– RAILLARD Georges. Tàpies. Maeght, 1976 [cote 70 (TAP) RAI]
– GIMFERRER Pere. Antoni Tàpies et l’esprit catalan. Ed. Cercle d’art, 1976 [cote 70 (TAP) GIM]
A.T  : Alfabet Tàpies. Barcelona Multimèdia, 2004 [cote DVD 75 TAP]

Plusieurs ouvrages sont aussi disponibles à la bibliothèque Michelet, n’hésitez pas à consulter le catalogue du SCD Paris Sorbonne.

Photo :
Antoni Tàpies i la fundació IDIBELL. Par canalhub.fotos. CC : BY-SA. Source : Wikimedia Commons

Frida Kahlo

La  bibliothèque Marcel-Bataillon vient d’acquérir un très beau livre d’art retraçant le parcours pictural de l’œuvre de Frida Kahlo. L’achat de ce livre nous a été suggéré par un enseignant de l’institut des études ibériques.

L’œuvre de Frida Kahlo (1907-1954) se compose de cent quarante-trois peintures dont les deux tiers sont des autoportraits.

A travers cette série d’autoportraits, le peintre ne se dévoile pas, elle suggère seulement des périodes de sa vie, elle évoque ses blessures tant corporelles (accident, maladies…) que  psychologiques (relation douloureuse avec son mari le peintre Diégo Rivera, fausse couche…)

Sa peinture est riche d’évocations. Elle puise son inspiration dans les formes archétypales de la mythologie. Que ce soit les mythes précolombiens ou la culture populaire catholique, les mythes antiques ou extrême-orientaux.

Son œuvre entre en résonance avec les mouvements artistiques de son temps comme le surréalisme bien que Frida Kahlo se soit toujours défendue d’y appartenir : « Ils pensaient que j’étais surréaliste, mais je ne l’étais pas. Je n’ai jamais peint de rêves. J’ai peint ma réalité. » disait-elle.

Dans les années soixante-dix, elle fut reconnue comme un peintre emblématique du mouvement féministe.

En 2002, un film de Julie Taymor, Frida,  a raconté sa vie : « la vie passionnée d’une femme exceptionnelle ».

Cet ouvrage est disponible en libre-accès. (Cote usuel 75 (7/8) PRI)

Antiquité rêvée …

Depuis quelques jours se tient à  la Maison de la Recherche une exposition organisée par la bibliothèque (1). Cette exposition de l’artiste Roger Blaquière propose une immersion dans un ensemble d’œuvres  montrant des livres d’artistes, des gravures détournées, des peintures sur papier et des terres cuites.

Un long séjour de Roger Blaquière à la Villa Médicis de Rome a profondément marqué et inspiré son œuvre. Pour l’artiste, il s’agit non pas d’études savantes et objectives sur l’Antiquité mais d’un vagabondage sur ce grand passé de notre culture. L’utilisation de papier kraft comme support de couleur donne à celle-ci une profondeur et une vibration nécessaire à ce « fatras pittoresque de la mémoire »(2).

Présentés dans les vitrines, les leporello(3) aux titres évocateurs « Variation divinatoire« , « Petits talismans pour un parcours oublié » ou « Le rivage d’Aéa » témoignent d’ « Etranges voyages »  dans un univers poétique empreint d’un ailleurs mystérieux. Quant aux Déesses et Idoles de terre et de papier,  Claude Gache écrit qu‘ « elles ont dû, autrefois, méduser de jeunes guerriers comme l’affirment certaines légendes ; aujourd’hui, leur format réduit contribue à en faire des objets d’une dévotion profane et esthétique ».(4) Une exposition sur le thème du vestige, présentée dans le cadre de l’association du Centre Allonnais de Prospection et de Recherches Archéologiques, souligne l’inscription de la pratique de l’artiste dans une démarche mémorielle dont la forme même appartient à l’artiste.

Une déambulation dans la bibliothèque mais aussi au pied de l’escalier B permettra de découvrir au gré de vos sens, une œuvre qui mérite que l’on s’y attarde.

(1) 28 rue Serpente (75006 Paris) jusqu’au 24 juin 2011

(2) (4) Extrait du catalogue publié à l’occasion de la rétrospective Roger Blaquière présentée à L’Espal (Le Mans – 2009)

(3) Technique de pliage et de collage des pages pour que le livre puisse s’ouvrir comme un accordéon

Site de l’artiste : http://www.roger-blaquiere.com/

Photos  publiées avec l’accord de Roger Blaquière

Lumière sur la peinture espagnole du XVIe au XXe siècle.

grecoadali


La très belle exposition sur les grands peintres espagnols qui s’est tenue au musée Jacquemart-André à Paris (12 mars au 1er août 2010) se poursuit outre-atlantique au musée national des Beaux-arts du Québec, du 7 octobre 2010 au 9 janvier 2011. Lire la suite…