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Articles taggués ‘photographie’

La photographie : un fonds à découvrir et à emprunter !

Le fonds photographie du Service commun de la documentation est riche d’un millier d’ouvrages : vous pouvez les trouver à la bibliothèque Michelet et quasiment tous les emprunter !

A l’occasion d’une très belle exposition qui a lieu en ce moment à la Maison européenne de la photographie sur Sebastião Salgado jusqu’au 5 janvier 2014, vous pourrez consulter les ouvrages sur l’immense photographe brésilien à la bibliothèque.

salgadoEn voici une sélection, en attendant le catalogue de l’exposition :-)

-Sebastião Salgado : territoires et vies / sous la direction d’Anne Biroleau et Dominique Versavel; avant-propos de Salman Rushdie ; Paris : Bibliothèque nationale de France, impr. 2005. Cote : 8 P 155

-L’œuvre de Sebastiâo Salgado : un art de combat / Alice Bouvattier; sous la dir. de Serge Lemoine, Françoise Ducros et Arnaud Pierre 2002. Mémoire de maîtrise. Cote : C/M 2002-21

-Sebastião Salgado  : [photographies] / introduction par Christian Caujolle ; Paris : Centre national de la photographie, 2001. Cote : 770.3 PHO-55

-Ecoutez voir : neuf entretiens avec des photographes : Raymond Depardon, Robert Frank, Ralph Gibson, Duane Michals, Helmut Newton, Sebastiao Salgado, Alice Springs, Arthur Tress, Joël-Peter Witkin / Patrick Roegiers ; Paris audiovisuel, 1989. Cote : 770.9 ROE

Bonnes découvertes !

La Grèce s’invite à la Maison de la Recherche

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Photos d’Athènes au XIXe siècle

La Maison de la Recherche de Paris-Sorbonne accueille, jusqu’au 12 avril, l’exposition de photographies Regards de Grèce : du XIXe au XXe siècle et d’Alpha à Oméga, titre homonyme de l’œuvre de l’écrivain grec Manos Eleftheriou paru en 2008 d’après un itinéraire photographique imaginé par Haris Yiakoumis, commissaire de l’événement. Les plus de trente images en exhibition, prises par divers photographes, sont disposées entre le hall d’entrée au rez-de-chaussée et la bibliothèque Serpente au premier étage.

Les images du XIXe siècle constituent le corpus le plus important de l’exposition. Sont à leur origine des pionniers de la représentation du paysage grec, tels que Dimitrios Constantin, Henri Beck ou Paul Baron des Granges. On admire dans ces œuvres plusieurs visions de la ville d’Athènes aux alentours de 1860 avec son acropole, ses temples et ses monuments, dont certains tirages panoramiques impressionne par la richesse de détails.

Les photographies plus récentes, datant du XXe siècle, montrent, outre la capitale elle-même, des paysages de bord de mer à Thessalonique, dans la région du Péloponnèse ou à côté des ruines du célèbre temple de Poséidon. Elles ont été prises par Haris Yiakoumis lui-même qui, outre docteur en histoire de l’art, est un collectionneur passionné de photographies anciennes depuis une vingtaine d’années – les originaux des facsimilés exposés lui appartiennent.

Nous profitons de l’occasion pour vous rappeler que la bibliothèque Serpente détient des fonds assez conséquents sur l’histoire ancienne dont une partie couvre la Grèce antique. Ces fonds font d’ailleurs l’objet d’un constant renouvellement. Récemment sont entrés dans les collections les ouvrages Exit : exclus et marginaux en Grèce et à Rome, une sélection de textes présentée par Vincent Morch (Paris : Les Belles Lettres, 2012); Hocus pocus : à l’école des sorciers en Grèce et à Rome, textes réunis et présentés par Christopher Bouix (Paris : Les Belles Lettres, 2012); et  La religion grecque à l’époque archaïque et classique, de Walter Burkert (Paris : Picard, 2011).

Infos pratiques :

Exposition Regards de Grèce

Du 28/3 au 12/4
Du lundi au vendredi de 9h à 20h et samedi de 12h à 18h

Maison de la Recherche de Paris-Sorbonne
28 rue Serpente, 75006, Paris

PAUL GRAHAM : THE PRESENT

Paul Graham

Un très beau catalogue d’exposition «The Present» à la bibliothèque Michelet

Paul Graham, né en 1956,  objet d’une exposition au bal à Paris jusqu’au 9 décembre, donne à voir, à travers cette série de photographies prises en 2011 à New York le quotidien délibérément banal de ses concitoyens. Ces scènes de rues sont littéralement dépourvues d’événements. Rien ne se passe sinon ces gestes ordinaires du quotidien et cette déambulation de gens à travers la ville. Ils forment en surbrillance, comme une constellation, à travers le ciel vide et épuré de l’instant.

Scènes de rues

On imagine Paul Graham jubilant à capter ces moments anodins de la vie quotidienne. Car à travers ces circonstances les plus ordinaires, cette femme buvant un soda, cette autre promenant son chien, cet homme faisant ses courses il s’agit de jouer avec le spectateur. Avec lui s’invite un peu la mise en abîme de notre propre histoire. Dans ces scènes de rues captées en diptyques ou triptyques à quelques secondes d’intervalles il joue avec le flou, le net et le plan afin de permettre à chacun de suivre le héros qu’il se sera choisi suivant son humeur, son goût, son état d’esprit du moment. Ainsi de ce triptyque, où l’homme au premier plan à la première image se retrouve à l’arrière-plan à la troisième image. Ou cette femme qui à l’arrière-plan derrière cet homme se retrouve à l’avant-plan quand celui ci se dirige vers le hors-champ. Paul Graham imprime à ce mouvement harmonieux et contrôlé, une cadence et un rythme, dont le spectateur recompose la danse avec son propre vécu.

L’obsession du temps

Si Graham appelle le spectateur à reconstruire le temps, à travers l’idée de mouvement que les images côte à côte suggèrent, il semble aussi vouloir questionner le temps. Le pur événement, né d’une rencontre entre un espace et un temps, paraît aboli au profit d’un temps linéaire, incapable de contenir le réel. A travers le désir de photographier le réel, il y a sans doute le désir de mettre en chemin le spectateur vers le rêve, cette espace interstellaire fait de vide et de forces, où le réel loin de s’engouffrer laisse place aux fantasmes les plus débridés.

La couleur au service de la vie

Dans les photos de la série «The present» une couleur chaque fois  un peu vive coupe la scène baignée par la lumière du soleil. Tel ce taxi jaune vif, cette robe d’un orange criard, cette chevelure d’un auburn ardent. Chez lui cette façon de faire n’est pas neuve. Lors de sa série de photos «Beyond Caring» réalisée en 1984  dans les services sociaux de l’Angleterre de Tchatcher, il l’est un des premiers photographes à utiliser la couleur pour ses reportages. Peut-être y a t-il le souhait de montrer les choses telles qu’elles sont, de lutter contre la morosité ambiante et de favoriser la vie, après le traumatisme des attentats du 11 septembre.

Paul Graham reporter

Paul Graham est un photographe documentaire. Il ambitionne de montrer la vie de ces gens mais aussi de dénoncer les travers de la société américaine. Ainsi de ce diptyque où se superposent les images d’un homme à la stature droite, altière portant un attaché case  et celle d’un autre en défroque, aux épaules tombantes, à l’allure lasse traversant la même rue à quelques secondes d’intervalle. On peut y voir le dessin d’amener le spectateur à réfléchir sur les ravages d’une société à plusieurs vitesses, minée par la compétitivité et la fracture sociale, et du toujours plus. Et là  une nouvelle fois de revenir à l’obsession du temps, plus visible, car directement éprouvée.

« The Present » est un très beau catalogue. Paul Graham s’est toujours refusé à capturer l’instant, le moment «idéal». C’est un photographe, de la multitude, de la quotidienneté, de la succession, bref de la vie.

Cet ouvrage est en cours d’acquisition à la bibliothèque Michelet, vous le retrouverez très prochainement sur les rayonnages.

Photo :
Sarah Harlin. Domaine public. Source : Wikimedia commons.