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Histoire et dictionnaire de la Gendarmerie

Jean-Noël Luc est professeur  d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne où il a déjà dirigé plus de 130 travaux et organisé de nombreux colloques sur l’histoire de la gendarmerie.

Entre 2000 et 2013, le séminaire de recherche ouvert à Paris-Sorbonne sur l’histoire de la gendarmerie et des autres forces de sécurité a produit 165 travaux universitaires, fourni la matière de 28 ouvrages et permis d’organiser 7 colloques et journées d’études en partenariat avec le SHGN (Service Historique de la Gendarmerie Nationale).

Chaque mardi de 17h à 19h, il dirige un séminaire à la Maison de la Recherche : « Histoire de la gendarmerie et des gendarmes, comme acteurs de l’identité nationale, de la régulation sociale et de la défense du territoire ». Collaborateur scientifique du Service historique de la Gendarmerie nationale, il est l’auteur de nombreux articles, thèses et ouvrages.

histoire-et-dictionnaire-de-la-gendarmerieDans son dernier livre : «Histoire et dictionnaire de la gendarmerie – De la maréchaussée à nos jours » Jean-Noël Luc conduit la partie historique destinée à un vaste public. Ainsi pourrez- vous choisir d’aborder son ouvrage de manière :

–  chronologique et découvrir la maréchaussée et la gendarmerie à l’épreuve des siècles : de la Guerre de Cent ans à l’Empire, en passant par la Révolution.

–  thématique et rencontrer les gendarmes des villes et ceux des campagnes : des battues contre les loups aux opérations estivales de sécurité routière, par exemple.

–  lexicale en vous plongeant dans le dictionnaire de la gendarmerie.

Vous y découvrirez qu’en langage populaire on appelle un gendarme : un balai, que le chapelet de Saint François à la fin du XIXème siècle, « est une entrave dont les gendarmes font usage pour lier les poignets des détenus », ou bien encore que l’expression « dormir en gendarme » signifie dormir d’un œil.

Enfin et pour la première fois cet ouvrage complet vous fera découvrir le gendarme dans l’imaginaire : de la littérature à la télévision, en passant par la bande-dessinée et le cinéma.

Petit histoire de la gendarmerie :

La gendarmerie est la fille de la maréchaussée, force militaire née au 12ème siècle, chargée au départ de surveiller « les gens de guerre et pillards » pendant et après la Guerre de Cent Ans.

Un édit de Paris daté de 1536 étant le domaine de la maréchaussée en lui permettant de poursuivre d’autres criminels que les gens de guerre.

Au 18ème siècle, la maréchaussée est en sous-effectif avec 3 300 hommes pour 26 millions de français. C’est en 1791 qu’elle prend son nom actuel de gendarmerie. Sous la tutelle du ministère de la Guerre, la gendarmerie occupera une place de premier plan dans le dispositif militaire de Napoléon Ier.

Entre 1815 et  1848, le pouvoir royal se méfie de cette institution issue de la Révolution.

Avec Napoléon III et la IIIème République, la gendarmerie revient sur le devant de la scène : son caractère militaire est réaffirmé et ses effectifs sont augmentés.

Pourtant ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre mondiale que la gendarmerie connaît un véritable essor. Dans les années 20, les forces de gendarmerie mobile sont créées et une direction autonome de la gendarmerie est mise en place au sein du ministère de la Guerre.

Avec l’arrivée des allemands durant la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie dépend du régime de Vichy et est forcée de collaborer avec l’occupant, ce qui n’empêchera pas certains gendarmes et officiers de faire acte de résistance.

Avec les années 70, la gendarmerie se féminise puis se modernise avec la création, entre autres, du GIGN.

Depuis 2009, la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale quitte le Ministère de la Défense pour se rattacher au Ministère de l’Intérieur où elle rejoint la Police nationale et les sapeurs-pompiers.

Sélection Bibliographie de la Bibliothèque Serpente :

Fonds constitué pour les étudiants de licence et master suivant le cursus « Force de l’ordre, sécurité intérieure et Défense » en histoire contemporaine.

- Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie – Guide de recherche – Sous la dir. de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 44 LUC

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

- Gendarmerie, État et société au XIXe siècle – Sous la direction de Jean-Noël Luc

Cote Bibliothèque Serpente : 355.309 034 gen

- Bibliographie de l’histoire de la gendarmerie – Edouard Ebel, Ronan L’Hereec et Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

- Figures de gendarmes – Paru dans « Sociétés et représentations » n°16 – Jean-Noël Luc

En ligne sur : www.cairn.info

 

Publications récentes d’historiens de la gendarmerie formés à Paris-Sorbonne :

 

- Les gendarmes belges, français et néerlandais à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. (Thèse) – Jonas Capon

- Les gendarmes en Corses, 1927-1934 : de la création d’une compagnie autonome aux derniers bandits d’honneur. (Master) – Simon Fieschi

- Les gendarmes face aux crimes durant l’entre-deux-guerres – Benoît Haberbusch (SHD)

- La gendarmerie au Mexique, 1861-1867. La première OPEX de gendarme français. (Master) – Adrien Kippeurt

- Servir Napoléon. Policiers et gendarmes dans les départements annexés (1796-1814) – Aurélien Lignereux

(Ouvrage en commande)

- La gendarmerie dans la Grande Guerre. « Forcer, au besoin, leur obéissance ». (Thèse électronique accessible en intranet) – Louis Panel

NB : Prix Mondes en paix, Mondes en guerre 2013, pour la 1ière fois attribué à un ouvrage consacré à la gendarmerie

(Ouvrage en commande)

 

Double interview : Yann Migoubert et Laurent Fourcaut (première partie)

Nous vous proposons exceptionnellement un double billet de blog constitué de deux volets complémentaires : le premier est issu d’un entretien réalisé le 3 juin 2013 avec Monsieur Yann Migoubert, directeur du Service Culturel de Paris-Sorbonne. Suite à la réunion de blog du 31 mai, nous souhaitions en effet lui parler d’In Quarto en vue d’échanger et de relayer des informations en direction des étudiants dans le cadre d’un large appel à participation notamment pour rédiger des billets.

D’autre part, nous avions plus personnellement pour objectif de l’interviewer à propos de la prestigieuse revue poétique Place de la Sorbonne (PLS), dont il est directeur de publication. Yann Migoubert ayant également transmis nos questions à ce sujet à Monsieur Laurent Fourcaut, rédacteur en chef de la revue, cela a donné lieu à une interview écrite détaillée que nous reproduisons presque intégralement dans le second volet.
Nous remercions vivement nos deux interlocuteurs pour leur aimable participation et leur intérêt pour le blog In Quarto.

I.

Interview de Yann Migoubert,
Directeur du Service Culturel de Paris-Sorbonne

 

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Qui êtes-vous Yann Migoubert ? Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

  • Je suis tout d’abord agrégé de Lettres classiques et j’ai fait une thèse en paléographie grecque sur un pastiche homérique : la Batrachomyomachie(1) (Combat des rats et des grenouilles). J’ai exercé aussi diverses fonctions dans une association de théâtre en français et en grec ancien qui s’appelle Démodocos. Comme cette association était en Sorbonne et que j’avais également beaucoup de liens avec le Service Culturel, quand il s’est agi d’une ouverture de poste ici, j’ai candidaté et j’ai été sélectionné.

C’était en quelle année ?

  • 2003.

Quelle est votre mission au sein du Service Culturel ? En quoi consiste votre travail ?

  • C’est une fonction de chef de service, ce qui signifie qu’il y a un service à faire tourner, qu’il y a des missions. Nous ne sommes pas nombreux, 3 et demi. C’est donc un tout petit service mais avec plein de choses différentes à gérer. Nous sommes au service des étudiants et notre rôle est de lier le plus possible culture et formation, d’où des ateliers, d’où un système de places offertes de théâtre etc. : plutôt que de faire une billetterie, autant acheter des places directement et les offrir aux étudiants contre une critique où ils peuvent utiliser leur méthodologie de cours pour l’appliquer au spectacle vivant, ça peut être du théâtre, des concerts… C’est Audrey Meyer qui est chargée de cet énorme travail.
    Parallèlement, nous avons une programmation avec une centaine de manifestations par année universitaire, soit deux ou trois par semaine. On participe également à de nombreux festivals, salons, etc., dont le Printemps des poètes, le Salon de la revue (2), le marché de la Poésie de Rochefort-sur-Loire, le festival « Voix de la Méditerranée » à Lodève, etc.

Quelle est la place de la poésie au Service Culturel ?

  • La poésie est un axe fort puisque parmi les trois publications réalisées au service culturel, deux concernent la poésie : Place de la Sorbonne (PLS) et Poésie en Sorbonne, la troisième étant Prose en Sorbonne (3). Poésie en Sorbonne et Prose en Sorbonne, sont des productions étudiantes issues de l’atelier d’écriture auxquelles s’ajoutent les primés du concours de poésie.
    Au début, j’étais avec Michel Viel qui était professeur délégué à la culture mais qui est décédé, et Laurent Fourcaut, qui était à l’époque professeur à l’IUFM de Paris, qui est, lui, le vrai spécialiste de poésie contemporaine. En tant que chef du Service Culturel, j’étais chargé de trouver des fonds, de faire en sorte que la revue soit matériellement fabriquée, c’est ainsi que j’ai pris malgré tout les fonctions de directeur de publication, mais c’est Laurent Fourcaut qui est le rédacteur en chef de Place de la Sorbonne, qui pilote le comité éditorial et c’est lui aussi qui fait des recensions, commande des livres, éventuellement va parler dans telle ou telle circonstance, participe à des salons, des revues, etc.

Qui peut vous envoyer des livres ou des poèmes ?

  • Ce sont deux démarches complètement différentes : pour les livres, les maisons d’éditions nous en envoient en service de presse pour que le comité éditorial fasse éventuellement une critique. Pour les poèmes, n’importe quel poète peut nous envoyer, à titre individuel, quelques poèmes inédits mais on en reçoit énormément, il y a donc une sélection.
    À côté de cela, et moyennant sélection là aussi, notamment de Laurent Fourcaut, et de moi-même, il y a possibilité d’écrire dans le blog de Place de la Sorbonne.
    Souvent, ce sont les parutions ou l’actualité qui déclenchent un article. C’est beaucoup plus souple, à partir du moment où c’est de qualité. La qualité rédactionnelle et la hauteur de vue sont les deux critères.

Pourrait-on développer une collaboration entre le Service Culturel et In Quarto pour relayer des informations auprès des étudiants, notamment par le biais des associations étudiantes ? En effet, nous souhaiterions informer davantage les étudiants sur l’existence de notre blog et nous voudrions faire appel à eux pour écrire des billets de blog sur In Quarto.


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  • Le Service culturel peut bien entendu relayer In Quarto auprès des étudiants via les réseaux sociaux. Nous pourrons également mettre un lien vers In Quarto, notamment au niveau du site Place de la Sorbonne et de nos rubriques concernant les publications. Nous avons aussi de nombreuses chroniques littéraires dans notre rubrique « chroniques des étudiants ». Le principe est assez simple : quand un étudiant a une idée, on peut lui commander un service de presse. Si on l’obtient, il lit le livre, il le commente, il poste son commentaire. Le système est relativement bien rodé chez les grandes maisons d’éditions, il est évidemment plus rare chez les petites maisons d’édition qui ont des tirages très limités. Ça leur coûte plus cher mais d’un autre côté, elles ont besoin d’être connues aussi.
    Échanges de bons procédés, Place de la Sorbonne aurait vraiment besoin de communiquer avec les bibliothèques. Peut-être accepteriez-vous de jouer nos « impresarios » auprès d’un milieu que nous connaissons mal ? D’ailleurs, les SCD des autres universités ont-ils aussi un blog ? (4)

Une dernière question (qui n’engage que moi) : pourrait-on imaginer d’autres formes de collaboration entre le service culturel, et les bibliothèques du SCD pour la poésie notamment ? Serait-il envisageable, par exemple de déposer au SCD les livres, les revues, la documentation que vous recevez au titre de PLS ou que vous publiez ?

  • Il faudrait d’abord un accord d’une bibliothèque du réseau des SCD puis un protocole d’enregistrement des livres de poésie, ce qui ne paraît pas si dur, sous réserve bien entendu que l’ouvrage ne soit pas déjà recensé dans les fonds du SCD. On pourrait même imaginer la création d’un fonds culturel multi-arts : nous finissons par recevoir une grande quantité d’objets (livres, CD, DVD etc.) qu’il pourrait être intéressant de porter à la connaissance du public. Le summum serait qu’un enseignant fasse travailler ses étudiants sur ce fonds. Parallèlement le Service culturel s’engagerait à mettre en place des actions de médiation culturelle ou pédagogique.

Je vous remercie beaucoup de votre accueil.

*

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Notes :
(1) Yann Migoubert, (sous la direction de Brigitte Mondrain), Histoire du texte de la Batrachomyomachie : histoire du texte des origines aux premiers imprimés, thèse soutenue à l’EPHE, Philologie grecque, 2010.(retour au texte1)
(2) 23e Salon de la revue, Espace d’animation des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris – Vendredi 11, samedi 12, dimanche 13 octobre 2013. (retour au texte2)
(3) Voir Publications.(retour au texte3)
(4) Cf. Liste de blogs de bibliothèques d’universités françaises. (retour au texte4)

Illustrations :

Yann Migoubert (Photo N. Cousin, 3.06.13)

Reproduction de l’affiche pour In Quarto réalisée et aimablement communiquée par
Soline Astier, Bibliothèque Michelet.

…/… À suivre dans la seconde partie :
II. Interview de Laurent Fourcaut, rédacteur en chef de Place de la Sorbonne.

 

L’art sans le capitalisme

François Hers et Xavier Douroux publient un ouvrage manifeste aux Presses du Réel : « L’art sans le capitalisme ».

Ce livre s’inscrit dans une réflexion qui démarre au début des années 1960 et se poursuit en 1990 avec la conception par François Hers des « Nouveaux commanditaires », protocole définissant de nouvelles formes de relation entre le monde et l’art.

Afin de lutter contre l’instrumentalisation de l’art par les marchés, celui-ci inscrit l’œuvre d’art au cœur de la société. Il définit et responsabilise les acteurs sociaux en amont et en aval de la création d’une œuvre d’art. Tous sont concernés et ont un rôle à jouer dans le processus : citoyens, artistes, élus politiques, mécènes, médiateurs, chercheurs.

François Hers souligne que les rapports traditionnels d’une œuvre d’art au-travers  du musée et du marché ne suffisent plus : « Quand l’art n’est plus porté par l’ambition d’un projet dans lequel tous les membres d’une société peuvent se reconnaître, il peut être privatisé et l’esprit critique perd ses critères. » (p.9)

Un livre d’analyse qui se fonde sur vingt ans d’expérience de l’action des Nouveaux commanditaires et ouvre de nombreux possibles.

« L’art sans le capitalisme » est disponible à la bibliothèque Michelet et au prêt à domicile aux cotes : 701.18 HER et 8 L 763

 

Le bestiaire médiéval

Le Service commun de la documentation vient d’acquérir un magnifique et volumineux ouvrage intitulé : « Le bestiaire médiéval », paru chez Citadelles et Mazenod, par Christian Heck et Rémy Cordonnier.

Christian Heck est l’auteur de nombreux livres sur l’histoire de l’art, d’expérience très consultés par les étudiants : le livre s’articule autour de chapitres thématiques et d’un répertoire de cent animaux établi par Rémy Cordonnier.

La qualité de reproduction des enluminures, leur nombre (plus de 600), la mise en exergue de certains détails nous font voir avec des yeux neufs la place qu’occupait le monde animal dans l’imaginaire médiéval.

L’animal est un compagnon qui sert de marqueur temporel : les travaux des mois, les signes du zodiaque par exemple.

Les espèces rares ou lointaines comme les lions, les éléphants, les guépards sont aussi représentées, chacune ayant un rôle de frontière symbolique. Les bêtes hybrides, quant à elles, toujours fascinantes, font directement appel à l’ordre du monde et au pouvoir de Dieu.

Le livre est disponible à la bibliothèque Michelet, vous pouvez également y trouver sur le même sujet les ouvrages suivants :

-Ripert, Pierre : Le bestiaire des cathédrales : imagerie de la statuaire médiévale, symbolique des monstres, gargouilles et autres chimères, De Vecchi, 2010. Cotes : 734 RIP et 8 BE 100.

-Pastoureau, Michel : Une histoire symbolique du moyen-âge occidental, Seuil, 2004. Cote : 709.02 PAS

-Voisenet, Jacques : Bêtes et hommes dans le monde médiéval, le bestiaire des clercs du Ve au XIIe, Brepols, 2000. Cote : 8 H 30

Illustration :
Frères de Limbourg (Herman, Paul et Jean) [Domaine public], via Wikimedia Commons.

 

 

Nous et les autres : Exhibitions

La fabrication de l’altérité est le thème central de l’exposition : « Exhibitions : l’invention du sauvage » qui se tient jusqu’au 3 juin 2012 au Musée du Quai Branly à Paris. Le Service commun de la documentation vient d’acquérir le catalogue de l’exposition, paru chez Actes Sud, sous la direction de P. Blanchard, G. Boëtsch et N. Jacomijn Snoep.

Impressionnante par son souci d’analyse et d’exhaustivité, l’exposition retrace la fabrication du « sauvage », sa capture, son exhibition dans des cirques, zoos, jardins d’acclimatation et autres expositions universelles ou coloniales.

L’histoire coloniale et l’histoire de la science marquent profondément le XIXe siècle. La frontière entre les cultures est théorisée, l’Occident organise la mise en scène du monde, se distinguant des cultures présentées comme différentes et inférieures puisque relevant de l’altérité, presque de l’anormalité.

Pascal Blanchard, historien, qui codirige le catalogue de l’exposition conclut son introduction en ces termes révélateurs : « On mesure, désormais, comment le racisme, la ségrégation ou les thèses eugénistes ont pu pénétrer les opinions publiques, sans violence apparente, et en divertissant les visiteurs. On comprend, aussi, que pour déconstruire notre regard sur l’Autre, il est nécessaire de décoloniser nos imaginaires ».

Le catalogue de l’exposition est disponible et empruntable à la bibliothèque Michelet à la cote : 707.04 (2011)

A propos de « Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants »

L’ouvrage – Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants - aborde le présent et l’avenir de la formation des maîtres et participe du débat actuel sur l’accompagnement des futurs enseignants. L’intérêt de la méthode de recherche exploitée réside dans la réalisation d’enregistrements lors des séances de conseil aux enseignants.

    Les auteurs interviennent à différents niveaux dans la formation des maîtres. En effet, l’équipe regroupe des professeurs d’université et des maîtres de conférence en sciences de l’éducation, des formateurs, un inspecteur de l’Education Nationale et une doctorante. Ils  interrogent la formation telle qu’elle est effectuée actuellement et analysent le comportement des formateurs avec les stagiaires.

      L’ouvrage débute par un état des lieux, puis aborde les apports de la recherche actuelle, lesquels sont confrontés dans un troisième temps aux pratiques professionnelles. L’ouvrage se termine par une ouverture vers de nouveaux horizons pour la formation des enseignants.

        Conseiller et accompagner : un défi pour la formation des enseignants, sous la direction de Jean-Yves Robin et Isabelle Vinatier, constitue un ouvrage important pour toute personne s’intéressant à la formation des enseignants. Il permet d’alimenter les débats et la réflexion à ce propos.

          Il est édité chez L’Harmattan, dans la collection « Action et Savoir » et est coté en 371.12 ROB à la médiathèque Molitor.

            Histoire de la cour, histoire du corps

            Un très riche ouvrage qui vient de paraitre aux PUPS sous la direction de Catherine Lanoë, Mathieu da Vinha et Bruno Laurioux vient enrichir les collections des bibliothèques de Paris-Sorbonne :

            « Cultures de cour, cultures du corps XIVe-XVIIIe siècle ».

             

            Ce livre, fruit de nombreuses contributions, aborde le traitement stratégique du corps à la cour sur une large période chronologique. Les soins à y apporter, son éducation et sa représentation ainsi que les objets et les métiers qui y sont associés constituent ses trois grands axes.

            Catherine Lanoë a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses :

             

            -Depuis quand le corps est-il considéré comme un sujet et un objet d’étude historique ? Qu’en était-il avant ?


            « C’est environ depuis une trentaine d’années que le corps est devenu un objet historique à part entière. Les anthropologues avaient ouvert la voie dans la première moitié du XXe siècle, avec les travaux de Marcel Mauss sur les techniques du corps en particulier (Marcel Mauss, « Les techniques du corps », in Id., Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1960), mais ce n’est que peu à peu et de manière indirecte que les historiens s’en sont emparé : les approches de l’histoire quantitative et de la démographie historique, puis celles de l’histoire des mentalités et de la culture matérielle ont favorisé la découverte de nouveaux objets d’étude, la mort,  l’alimentation, le vêtement etc… qui sont devenus des biais pour saisir le corps. L’ouvrage de Georges Vigarello, « Le corps redressé. Histoire d’un pouvoir pédagogique » (Paris, J.-P. Delarge, 1978) est peut-être le premier à être spécifiquement dédié à cet objet. Aujourd’hui, l’histoire du corps a conquis l’espace historiographique et éditorial, au point que l’on s’interroge à juste titre sur sa définition et ses limites. »

             

            -Vous écrivez dans l’introduction que les travaux concernant l’histoire de la cour ont acquis une nouvelle dimension depuis trente ans, dépassant le cadre anecdotique. Peut-on en situer les jalons ?

             

            « Il faut se souvenir d’abord que l’ouvrage de Norbert Elias, « La société de cour », n’a été traduit en français qu’à la fin des années soixante (Paris, Calmann-Lévy, 1974)  et qu’il demeure une référence sur la question, tant son approche sociologique a donné à penser aux historiens, désireux de rompre avec les anecdotes. Ces dernières années, plusieurs ouvrages ont marqué cette historiographie renouvelée, parmi lesquels figure le livre de Frédérique Leferme Falguières, « Les courtisans. Une société de spectacle sous l’Ancien Régime », Paris, PUF, 2007. Aujourd’hui, ce sont aussi des approches comparatistes, à l’échelle des cours européennes, qui permettent un renouvellement prometteur des images de la cour, de ses rituels et de son personnel. On verra, par exemple, « Les cours d’Espagne et de France au XVIIe siècle », dir. Chantal Grell et Benoît Pellistrandi, Madrid, 2007. »

             

            -La cour manipule-t-elle le corps afin de fixer des normes sociales ?

             

            « Le monde de la cour plie, façonne les corps suivant une esthétique de la contrainte qui devient la norme, du moins jusque dans les premières années du XVIIIe siècle. L’enjeu de cet ouvrage était de montrer comment se fabrique cette esthétique, qui en sont les acteurs, quels en sont les techniques et les objets, mais aussi de souligner, en particulier à l’époque des Lumières, l’impact d’une culture du corps différente, inspirée d’une société en plein bouleversements. »

             

            -La cour a un rôle moteur dans la production culturelle. Mary Gayne dans son étude concernant la taxe sur les perruques de 1706 montre qu’un projet monarchique peut déterminer une esthétique physique. L’adoption des perruques longues ne révèle-t-elle pas également l’existence de métiers et d’une société marchande peu connue ?

             

            « En effet, le texte de Mary Gayne éclaire des pans méconnus de cette histoire du corps, en particulier avec cette idée que le corps est intégré dans une société marchande qui multiplie les objets de son entretien et de sa parure, non plus seulement à destination des élites mais de tous, ou presque. Ce faisant, le monde des métiers qui ont un rapport avec le corps se diversifie, se recompose, se réordonne autour de logiques marchandes qui rendent caduques les traditionnelles lignes de partage entre les communautés de métiers. Ce sont des questions qui méritent d’être approfondies. »

             

            -Bruno Laurioux dans sa contribution parle de prendre en considération le corps paré, le corps policé et le corps vécu. Pouvez-vous nous en dire plus ?

             

            « Il souligne cette ambition de saisir le corps, non plus seulement du côté des discours qui décrivent et produisent la norme, mais aussi du côté des pratiques, en somme du côté de ceux qui font vivre cette culture du corps, qui en sont les acteurs directs. »

             

            - Cet ouvrage explore plusieurs aires géographiques et chronologiques, se fondant sur une grande variété de sources parfois méconnues comme les séries comptables. Est-ce ce décloisonnement qui détermine sa grande richesse ?

             

            « Oui, je pense que cette volonté de décloisonnement dans le temps et l’espace associée à l’exploitation de sources inédites et à leur confrontation avec d’autres, constitue l’un des apports de cet ouvrage. Les séries comptables, malgré leur caractère parfois aride et lacunaire, se révèlent particulièrement riches pour aborder les objets du corps, les rythmes de leur acquisition, la diversité de leurs couleurs, de leurs formes, de leurs matériaux, de leurs prix… En amont de la consommation, on peut aussi penser que les archives comptables des artisans mériteraient d’être exploitées plus systématiquement. »

             

            Ce livre est disponible aux bibliothèques Michelet et Clignancourt en plusieurs exemplaires et empruntable à domicile.

            Cotes Michelet : 8 A 865 et 8 A 865+1

            Cote Clignancourt : 940 CUL

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            La documentation administrative au sein des bibliothèques de l’IUFM

            La documentation administrative pour l’enseignement concerne :

            • Les rapports de jury aux concours  : ils apportent des renseignements indispensables pour qui veut passer un concours de l’éducation nationale. Le jury y analyse les profils des candidats, sélectionne certains points qui lui paraissent essentiels à signaler au futur candidat, les fautes les plus grossières à éviter.

            • Les programmes et les acompagnements de programme : cette documentation fait office de textes officiels pour déterminer quels sont les points à traiter à quels niveaux, ainsi que des propositions pour mener à bien les programmes dans les classes (programmes et accompagnements de programme).

            • les textes officiels, directifs et juridiques qui régissent l’éducation nationale (les codes) : code de l’éducation, codes Soleil.
            • Les rapports concernant l’éducation nationale : publiés ou non, ils font partie des textes rédigés pour guider l’enseignement. Celui de Régis Debray par exemple : L’enseignement du fait religieux dans l’école laïque qui a été publié en 2002  (D 200 DEB).

            Une partie de la documentation administrative est accessible sur le web, sur le site du ministère.


            Categories: Question de fonds Tags: ,

            Un cadavre dans la bibliothèque

            Est-ce un fantasme de bibliothécaire en congés ?

            Une pulsion de lecteur bibliophile ?

            Point du tout…

            C’est un roman d’Agatha Christie, publié en 1942 et dont la traduction a été entièrement revue aux éditions du Masque. L’argot des jeunes « zazous » d’il y a soixante-dix ans devient ainsi singulièrement actuel et franchement comique.

            C’est l’histoire d’une blonde aux ongles vernis (quoique rongés… détail d’importance) retrouvée étranglée sur une peau d’ours par la soie de sa longue robe blanche… Vous m’en direz tant.

            Localisation de la peau d’ours : devant la cheminée de la bibliothèque ventrue de savoir et de contentement du Colonel Bantry et de son épouse bien-aimée…

            Polar entre trash et tricot : il y a quand même une adolescente cramée dans une voiture…

            On apprend par ailleurs la marque de l’automobile en vogue et pas chère chez les jeunes de l’époque : la Minoan 14.

            C’était la minute d’érudition. Très bonne lecture.

            Le château perché d’Henri IV

            Un bel ouvrage, fruit d’un travail collectif, a paru en décembre 2010 à l’occasion de l’exposition consacrée à « Henri IV, prince de paix et patron des arts » au musée d’archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.

            Le livre retrace l’histoire d’un château disparu, demeure de Henri II et de Henri IV, qui s’épanouissait jadis sur les pentes d’un site exceptionnel de la vallée de la Seine.

            ChateauNeufgros

            « Le Château-neuf de Saint-Germain-en-Laye » paru aux Presses franciliennes sous la direction de M. Emmanuel Lurin, professeur d’Histoire de l’art à Paris IV, retrace avec beaucoup d’élégance l’histoire d’une grande demeure royale aujourd’hui disparue.

            M. Lurin a bien voulu se prêter à un jeu de questions/réponses sur le sujet :

             

            -Le Château-Neuf, dont l’architecture est singulière, évoque l’idée d’une villa à l’italienne, lieu de délassement entre demeure et jardins : est-il significatif du règne d’Henri IV ?


            « Le Château-Neuf a pour origine une simple maison de plaisance, demeurée inachevée à la mort de son commanditaire le roi Henri II (1559). Trente-cinq ans plus tard, Henri IV relance les travaux et agrandit cette maison aux dimensions d’un château, qui conserve néanmoins le caractère intime et les fonctions d’une villa.

            On y reconnait le goût du roi pour les galeries d’apparat, les portiques ouverts sur des terrasses et de beaux jardins – autant d’éléments que l’on retrouve dans d’autres constructions du règne, comme le château de Fontainebleau ou le « palais-villa » des Tuileries. Mais c’est au Château-Neuf que le goût d’Henri IV en matière de bâtiments et de jardins apparaît avec le plus d’évidence. »

            350px-Saint-Germain-en-Laye_château2_dessinLe Château Neuf en 1637,
            par Auguste Alexandre Guillaumot (1815-1892) (Gallica)


            -Le site à flanc de colline, courant jusqu’à la Seine, regroupe plusieurs monuments, le Château-neuf et le Château-Vieux : quelles sont leurs différences et leurs spécificités ?


            « À la fin du XVIe siècle, le domaine royal de Saint-Germain-en-Laye comportait en effet deux résidences, dont la principale et la plus ancienne était le Château-Vieux. C’est la demeure historique des rois, reconstruite par François Ier en vue d’accueillir le souverain et toute la cour. À partir de 1557, Henri II fait bâtir dans le parc une maison de plaisance dont le principal attrait – outre le calme et l’isolement qu’elle offre au roi et à son entourage – est la belle vue sur la vallée de la Seine.

            Par la suite, Henri IV donne beaucoup d’ampleur et de faste à ce « Bâtiment-Neuf » dont il fait sa résidence personnelle à Saint-Germain. Sans abandonner le Château-Vieux, il le réserve à ses courtisans et surtout à sa famille, d’abord le dauphin (1601), puis tous ses enfants, légitimes et illégitimes, qu’il fait élever ensemble dans le grand château de Saint-Germain. Ce rapport de complémentarité entre le château principal et une maison satellite, réservée au roi, se retrouve au XVIIe siècle : Louis XIII fera aménager pour lui-même le petit château du Val dans la forêt de Laye tandis qu’à Versailles, Louis XIV fera construire le Grand Trianon dans les années 1680. »

             

            -Le déploiement en terrasses du Château-Neuf témoigne-t-il d’un renouveau architectural ? Et qu’en est-il des grottes artificielles et des jardins qui recèlent des merveilles d’hydraulique ?


            « Rappelons que la vue panoramique sur la vallée de la Seine avait déjà « attiré » la maison d’Henri II en bordure de plateau. Mais la décision d’aménager la pente entre le Château-Neuf et la Seine revient certainement à Henri IV.

            Il y fait bâtir un immense jardin en terrasses, dont la partie supérieure s’ordonnait autour de deux galeries monumentales, ouvertes en portiques : la galerie dorique et la galerie toscane. Celles-ci abritaient des grottes artificielles, agrémentées de fontaines à automates, qui sont l’œuvre de Tommaso Francini, un ingénieur italien qui avait travaillé auparavant dans les villas du duc de Toscane.

            Si les jardins de pente étaient nombreux en Italie centrale, ils étaient beaucoup plus rares en France et celui de Saint-Germain est une œuvre exceptionnelle, dont la composition s’inspire du complexe hellénistique du temple de la Fortune à Préneste, près de Rome. C’est là que réside le caractère fondamentalement « italien » du projet, avec les grottes et les fontaines ajoutées par les Francini. Pour le reste, on est bien loin des jardins maniéristes d’Italie centrale : le jardin du Château-Neuf privilégie l’espace, la perspective et la symétrie, annonçant déjà les grands jardins « à la française ». »

             

            -L’ouvrage que vous avez dirigé est extrêmement riche en iconographie :
            était-il aisé de dénicher et rassembler toutes ces eaux-fortes, gravures
            et plans ?


            « L’iconographie du livre est le fruit de longues recherches documentaires dans les fonds de la Bibliothèque nationale, de l’École nationale des Beaux-Arts, des Archives départementales des Yvelines ou encore des musées de Saint-Germain (mais il reste encore bien d’autres pièces à exhumer, notamment aux Archives nationales).

            S’agissant d’un château disparu et encore peu étudié, il était important de reproduire dans le livre l’essentiel de la documentation, des vestiges et des œuvres conservées. Dans la composition des catalogues et la rédaction des notices, nous avons mené un travail assez complexe d’analyse et de composition : chaque pièce est étudiée pour elle-même (en particulier les gravures qui, on l’oublie trop souvent, sont des œuvres d’art avant d’être des « documents » d’architecture) mais aussi reliée au projet d’ensemble qui est une description raisonnée du Château-Neuf. Un vrai travail de mosaïste qui choisit et assemble ses pièces dans une composition d’ensemble, sans oublier la valeur de chacune d’entre elles… »

             

            -Vous dites dans le prologue que le livre s’ouvre sur une absence
            irrémédiable, celle du château disparu : au-delà de l’écriture, l’élégance que dégage l’ensemble de l’ouvrage serait-elle due à un brin de nostalgie ?

             

            « Ce soin que je porte à l’écriture, et que je partage avec mes auteurs, n’a rien à voir avec le sujet du livre. N’oublions pas que les œuvres d’art sont des pensées formelles, qui imposent à l’historien une forme très particulière d’exégèse : la réflexion, en histoire de l’art, est presque indissociable du regard que l’on porte sur les œuvres et des termes que l’on choisit (non sans mal) pour les commenter.

            Quant à la nostalgie, je ne crois pas qu’elle soit vraiment présente dans notre livre. La nostalgie est un sentiment de perte et de regret, que l’on peut éprouver à titre individuel, mais qui n’a pas sa place dans le travail et le discours d’un historien. Je n’ai aucune nostalgie envers le règne d’Henri IV et n’aspire en aucun cas à voir « restaurés » un jour la culture ou l’art de cette époque (ainsi, le projet de reconstitution des Tuileries est pour moi une aberration culturelle). De même, je n’ai rien à dire sur la destruction du Château-Neuf, qui est un fait historique comme un autre, si ce n’est qu’elle conditionne fortement mon enquête. Je suis sensible en revanche aux ruines, comme aux documents d’archives et à tous les témoignages fragmentaires du passé. »

             

            Le « Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye » est disponible à la bibliothèque Michelet en plusieurs exemplaires ainsi qu’au prêt à domicile aux cotes : CAT 2010-59  et CAT 2010-59+1

            Article wikipedia sur le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye.