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Mise en place d’un atelier de petites réparations (III)

Ça y est, ça marche !

  • L’atelier a commencé à fonctionner à partir du moment où l’espace a été équipé et où les collègues ont été sensibilisés, voire  recrutés.
  • La fibre du relieur/réparateur est montée petit à petit. D’abord lorsqu’il a fallu déballer les premières commandes de matériel, puis lors de la première séance et du premier ouvrage réparé.
  • Après recensement des ouvrages détériorés à réparer dans la bibliothèque, il est apparu que l’on pouvait intervenir sur les ouvrages aux cahiers de feuilles décollées, au dos et aux pages décollés. Il est plus rapide de réparer un ouvrage en cahier, c’est donc un de ceux-là qui le premier est sorti de l’atelier. Depuis, ce sont des ouvrages à dos décollé et aux feuilles volantes qui monopolisent notre temps.

  • On utilise la cisaille et la colle blanche pour reprendre également les ouvrages à la jaquette détériorée.

  • Les collègues viennent visiter l’atelier par curiosité. D’autres, plus téméraires, participent aux réparations. Le début de l’atelier est un franc succès, puisqu’il y a même des demandes provenant de l’extérieur (de la bibliothèque du site de Batignolles !) qui y sont satisfaites !
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Mise en place d’un atelier de petites réparations (II)

L’organisation générale de l’atelier (cf. le billet précédent) demande plusieurs ajustements.

  • La mise en place physique : l’atelier est installé dans la réserve, ce qui permet d’avoir un espace au calme, hors des espaces dédiés au public. Le matériel est disposé dans ce lieu, ce qui permet à chacun de l’utiliser avec indépendance.
  • La mise en place des agents : l’atelier nécessite pour fonctionner qu’un certains nombre d’agents y participent. Il existe des formations professionnelles pour se familiariser aux techniques de reliure. J’ai suivi deux formations au pôle du métier du livre Mediadix de Nanterres Paris X, tout comme une de mes collèges.  D’autres collèges se sont portés volontaire. Traditionnellement, les activités de reliure et de réparations sont dévolues aux agents de catégorie C. Des personnes volontaires d’autres catégorie se sont manifestées. Il faudra trouver la bonne formule pour les impliquer…
  • Mise en place d’une chaîne du document : les documents à réparer suivront plusieurs étapes. La première est d’enlever le document des espaces où les lecteurs empruntent les documents. Voici le document à remplir lorsqu’un collègue récupère un document détérioré :
Date signalement Cote ouvrage Etat ouvrage Réparation préconisée
 

 

Ensuite, le document est posée sur une étagère et transféré à l’atelier. Là, la personne qui effectue les réparations renseigne un cahier.

Une fois le document réparé, il est remis en circulation.

L’atelier est bientôt prêt à démarrer. A suivre…

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Mise en place d’un atelier de petites réparations (I)

- Pourquoi un atelier ?

C’est pour avoir la possibilité d’effectuer sur place, au sein de la bibliothèque,  de petites réparations, de la reliure préventive et de l’équipement sans passer par des prestataires extérieurs.

- Quel matériel est nécessaire ?

En discutant entre collègues de ce qui est nécessaire pour la réparation et la reliure, puis en réfléchissant au type de service dont l’IUFM a besoin, une liste de matériel a été arrêtée :

Les outils :

- Ciseaux,
– Presse : afin de pouvoir enserrer les documents une fois recollés,
-Scalpels : plus précis que les cutters pour la découpe,
– Règles métalliques : pour guider le scalpel,
– Plaque de découpe : pour protéger le bureau,
– Plaque de zinc : pour tailler les pages de remplaçement,
– Pinceaux : pour appliquer la colle,
– Plioirs : l’outil du relieur aux multiples fonctions,
– Racloirs : pour lisser les éléments collés,
– Ais : servant à équilibrer la répartition des poids une fois le document mis à sécher,
– Poids,
– Aiguilles.

Les fournitures :

- Fil de lin n°30
– Colle blanche
– Filmoplast P (pour les pages déchirées) ; P90 (pour consolider les charnières), 690…

Ce matériel est pour partie déjà présent à l’IUFM, comme par exemple les presses. Le reste a été commandé après établissement de devis auprès de trois prestataires différents.

Il reste encore à commander :

De la carte (qui permet de refaire une couverture souple) ; des gardes, de la mousseline,  de la ficelle et une scie à grecs (pour reforcer les réparations au niveau du dos de l’ouvrage).

Ce sera pour la prochaine commande !

L’ensemble du matériel est arrivé le 1er et le 2 septembre. La commande a été réceptionnée et pointée.

Il faut aussi trouver un lieu dédié à l’atelier. Un espace a été choisi dans la réserve, endroit réservé au personnel, au troisième étage. Il permet le travail d’une seule personne. Il reste encore à organiser l’atelier…

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La reliure à la chinoise

La reliure à la chinoise n’est pas une variante de massage thaï mais bel et bien une technique pour relier les ouvrages.

De quoi avez-vous besoin ?

D’une aiguille, évidemment ! L’acupuncture du livre est un métier d’avenir. Il vous faudra également du fil de lin, une perceuse (pas forcément celle que vous utilisez chez vous à moins d’être vraiment bricoleur, votre livre risquant d’achever son existence en papillotes) et une paire de ciseaux.

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Cette technique de reliure n’utilise pas de colle. Il s’agit de percer quatre à six trous dans l’épaisseur de la tranche du livre à relier.

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1ère étape :

A l’aide de votre fil et de votre aiguille, vous passez dans le deuxième trou, vous ressortez par le premier et vous laissez une longueur de 3-4 cm qui vous servira plus tard à faire un nœud qui maintiendra le tout.

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Vous repassez dans le nœud que vous avez préalablement laissé, puis vous replongez dans le deuxième trou.

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2ème étape :

Coudre en quinconce en changeant de trou à chaque fois.  N’hésitez pas à tirer un peu sur le fil pour resserrer et à bien maintenir la couture.  Cela évitera un relâchement du livre ultérieurement.

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Terminez en coupant le surplus de fil qui a servi à faire le nœud de soutien.

(Ces ciseaux-ci s’appellent « Fabrice » mais vous êtes totalement libre de leur donner le nom que vous voulez).

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Et voici le « Traité des nouveaux risques » recousu à la chinoise…

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Le résultat final est très élégant, le livre est bien maintenu et relié… mais l’histoire nous prouvera que John Fitzgerald Kennedy et Nikita Khrouchtchev ne resteront pas très liés… eux…  :-)

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Fabrice Cicard, Soline Astier.

L’Hôpital des livres

Renaissance d’un dictionnaire : la reliure


Vous souvenez-vous du dictionnaire lambda que vous avez saisi sur les rayonnages de votre bibliothèque et dont la couverture vous est restée dans la main ?

Êtes-vous allé, légèrement anxieux, voir un bibliothécaire en disant : « Regardez, je vous jure que ce n’est pas moi ! »

Que deviennent ces dictionnaires lorsqu’ils perdent leur carapace ?

Et bien leur dos ne repousse pas comme la queue des lézards, c’est ici l’occasion de vous présenter une des activités cachées des bibliothèques… La Reliure.

D’abord, les instruments de torture : la colle, les pinceaux, le bac, les scalpels, la règle …

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Rassurez-vous, vous n’êtes pas chez le dentiste et les dictionnaires ont beau avoir des lettres, ils ne disent rien.

Il faut d’abord ôter entièrement sa couverture, sa jaquette.  Poncer le dos au papier de verre fin pour uniformiser. C’est là que la colle entre en jeu, faite uniquement avec de l’eau et de la farine, que du bio !

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On prédécoupe des cartons qui formeront la nouvelle carapace de la bête lettrée. On les positionne (bien) sur la future jaquette préalablement badigeonnée.

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On replie les coins de la jaquette, les bordures…

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Sur le dos de l’ouvrage, on pose une mousseline que l’on recouvre de papier kraft. Il servira de soufflet :

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Lorsque la nouvelle couverture est posée,  le dictionnaire passe sous presse pour séchage. On pourra ensuite coller les nouvelles jaquettes, ou les anciennes si elles n’étaient pas trop abîmées.

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Quel est cet instrument de torture ?

Un pilori ? Un chausse-pied ?

C’est une presse ! Le dictionnaire est entouré de ais  pour le maintenir en place. La pression est ainsi la même partout.

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Ultime étape : le séchage pendant au moins douze heures sous presse entre deux ais. On pose des poids : ces deux blocs que vous voyez ci-dessous sont des morceaux de barre d’acier enveloppés de papier pour ne pas  se blesser.

Sous presse

Vous n’imaginiez jamais qu’il y avait tout ça dans une bibliothèque ? Vous découvrirez la suite des urgences des livres au prochain épisode de  « L’hôpital des livres ».

Fabrice Cicard et Soline Astier
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