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Jean Jaurès, juillet 1914

Une du journal L'Humanité du 1er août 1914

Une de L’Humanité, 1er août 1914 – Source : Gallica.fr

« JAURÈS ASSASSINÉ » : ainsi s’ouvre le journal L’Humanité du samedi 1er août 1914, au lendemain de la mort du dirigeant socialiste, victime de deux coups de feu porté par un étudiant nationaliste alors qu’il dînait avec des collaborateurs au Café du Croissant.

Depuis 1912, date à laquelle il écrivait dans la Dépêche de Toulouse que « l’odeur de charnier commence à se répandre sur toute l’Europe », Jaurès s’inquiétait de la montée des nationalismes en Europe et prônait le pacifisme face aux rivalités à l’œuvre entre les grandes puissances, notamment à l’occasion des guerres balkaniques des années 1912-1913. Il s’était alors illustré à travers de nombreux discours et articles de presse destinés à convaincre ses compatriotes de se mobiliser en faveur du maintien de la paix, et s’était ardemment opposé à l’augmentation à 3 ans de la durée du service militaire, mesure défendue par certains députés en prévision d’un éventuel conflit avec l’Allemagne.

Mais en ce début d’été 1914, avec l’attentat de Sarajevo du 28 juin, puis l’ultimatum autrichien envoyé à la Serbie le 23 juillet, les tensions politiques et économiques entre grandes puissances prennent une tournure nouvelle, et le jeu des alliances entraîne toute l’Europe dans une guerre que l’on imagine encore violente, mais brève.

Dès le lendemain de sa mort, Jaurès, qui prédisait le massacre, les ruines et la barbarie, fait figure de visionnaire. Il est aussitôt reconnu et salué par ses contemporains comme un homme politique engagé, tribun exceptionnel et avocat des grandes luttes sociales de son époque. Le jour même de sa mort, il se préparait à écrire pour L’Humanité, journal qu’il avait fondé en 1904 et qu’il dirigeait depuis, un article décisif, une sorte de nouveau « J’accuse » dans lequel il envisageait de dénoncer les causes et les responsables de la crise à laquelle il assistait, et qui deviendrait quelques jours plus tard la première Guerre Mondiale.

Dans le cadre du projet « 2014, année Jaurès », labellisé par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale, plusieurs manifestations sont à suivre cet été, dont le programme complet est en ligne sur le site de la Fondation Jean Jaurès.

Les Archives nationales lui consacrent une exposition à découvrir sur le site de l’Hôtel de Soubise jusqu’au 7 juillet. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site des Archives nationales.

Enfin, Arte diffusera le mardi 8 juillet en soirée un documentaire de Jean-Noël Jeanneney et Bernard George, réalisé en 2013 et intitulé Jaurès est vivant !, convoquant images d’archives, reconstitutions et évocations actuelles pour un portrait animé et inspirant.

Vous trouverez par ailleurs dans les collections de la bibliothèque Clignancourt plusieurs documents consacrés à Jean Jaurès, dont quelques nouveautés parues à l’occasion du centenaire de sa mort. En voici une petite sélection :

  • Jaurès 1859-1914 : la politique et la légende / Vincent Duclert. Paris : Autrement, 2013.

Cote : 944.08 JAU

  • Jaurès : la parole et l’acte / Madeleine Rebérioux. Paris : Gallimard, 1999.

Cote : 944.08 JAU

  • Jaurès : la passion du journaliste / Charles Silvestre. Paris : le Temps des cerises, 2010.

Cote : 070.92 JAU

  • Jaurès & Clémenceau : un duel de géants / Paul Marcus. Toulouse : Ed. Privat, 2014.

Cote : 944.081 MAR

  • Jean Jaurès / Gilles Candar et Vincent Duclert. Paris : Fayard, 2014.

Cote : 944.081 JAU

  • Jean Jaurès : l’assassinat, la gloire, le souvenir / Jacqueline Lalouette. Paris : Perrin, 2014.

Cote : 944.08 JAU

Nelson Mandela, mort d’une grande figure politique du XXe siècle

Nelson Mandela à Johannesburg, le 13 mai 2008.

Nelson Mandela à Johannesburg, le 13 mai 2008.
Source : South Africa The Good News, Wikimedia Commons

Nelson Mandela, né le 18 juillet 1918, entre au Congrès national africain (ANC) en 1944 afin de lutter contre la ségrégation raciale exercée par la minorité blanche en Afrique du Sud. Devenu avocat, il lutte contre les lois de l’apartheid d’abord de façon non-violente, puis en créant et dirigeant la branche militaire de l’ANC, qui mène à partir de 1961 des actions de sabotage contre des installations publiques. Arrêté en 1963, il est condamné aux travaux forcés à vie et emprisonné au pénitencier de Robben Island. Durant ses années de détention, il devient un symbole de la lutte contre l’apartheid et fait l’objet de campagnes internationales réclamant sa libération.

Relâché le 11 février 1990, Mandela œuvre pour la négociation avec le gouvernement du président Frederik De Klerk, avec qui il reçoit conjointement le prix Nobel de la paix en 1993. Élu président en 1994, il mène une politique de réconciliation entre les communautés et de lutte contre les inégalités sociales et économiques. Il se retire après un unique mandat en 1999, tout en continuant à s’engager via sa fondation ou aux côtés d’autres associations défendant l’accès de tous à l’éducation ou luttant contre la pauvreté et le sida. Considéré comme le père de l’Afrique du Sud moderne, salué au niveau international comme un ardent défenseur des droits de l’homme et de la non-violence, Nelson Mandela est décédé le jeudi 5 décembre 2013.

Pour en savoir plus sur son parcours et sa pensée, une exposition virtuelle créée par le Nelson Mandela Centre of Memory en partenariat avec l’Institut Culturel Google permet de consulter en ligne de nombreuses archives personnelles, des travaux inédits ou des photographies : http://archives.nelsonmandela.org/home

Vous trouverez par ailleurs dans les collections de la bibliothèque Clignancourt plusieurs documents consacrés à Nelson Mandela ou à l’histoire de l’Afrique du Sud. En voici une petite sélection :

  • Un long chemin vers la liberté / Nelson Mandela ; autobiographie traduite de l’anglais (Afrique du sud) par Jean Guiloineau. Paris : Librairie Générale Française, cop. 1995.

Cote : 320.968 MAN

  • Nelson Mandela : au nom de la liberté / film documentaire réalisé par Joël Calmettes ; 1 DVD (2h02 min). Paris : Chiloé Productions, 2010.

Cote : 968 MAN

  • « Le temps est venu » : discours de Nelson Mandela lors de son investiture à la présidence de la République démocratique d’Afrique du Sud, 10 mai 1994 [traduit de l’anglais par Pascale Haas]. Paris : Éd. Points, DL 2010.

Cote : 323 MAN

  • L’ Afrique du sud : le long chemin vers la démocratie / Raphaël Porteilla. Gollion [Suisse] : Infolio, 2010.

Cote : 320.968 POR

  • Histoire de l’Afrique du Sud : des origines à nos jours / Bernard Lugan. Paris : Ellipses, 2010.

Cote : 968 LUG